Arbre · Cupressacées
Cyprès de Provence Cupressus sempervirens
Aussi appelé : Cyprès d’Italie, Cyprès toujours vert, Cyprès commun, Cyprès méditerranéen, Italian cypress
Le cyprès de Provence est le conifère en colonne des paysages méditerranéens, originaire de l’est du bassin méditerranéen et planté depuis l’Antiquité. Sous sa forme fastigiée, la seule couramment cultivée, il atteint 10 à 20 m de haut pour 1 à 3 m de large seulement. Il demande le plein soleil et un sol sec, même pauvre ou calcaire, puis se passe d’arrosage une fois enraciné. Il craint l’argile gorgée d’eau et, au nord de la Loire, ses trois premiers hivers ; son pollen est en outre très allergisant.
- Type
- Arbre
- Famille
- Cupressacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 7b à 10, environ -15 °C pour un sujet adulte installé en sol sec. Les trois premiers hivers sont plus délicats et demandent un voile au nord de la Loire.
Dimensions : 10 à 20 m de haut pour 1 à 3 m de large sous la forme fastigiée, la seule couramment plantée. L’espèce type, à branches étalées, dépasse parfois 25 m.
Floraison : Aucune fleur décorative : c’est un conifère, qui porte de petits cônes ronds gris brun. Son pollen, émis de février à avril, est très allergisant.
Substrat : Ordinaire à pauvre, caillouteux, sec, franchement calcaire sans que cela le gêne ; il ne redoute que les argiles gorgées d’eau.
Exposition : Plein soleil toute la journée, à l’abri des vents froids.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours les deux premiers étés, le temps de l’enracinement, puis plus rien : un cyprès installé vit sur les pluies.
Durée de vie : Vivace, arbre de très longue vie : couramment plus de 150 ans, et plusieurs siècles dans son climat d’origine.
Multiplication : Semis au printemps sous abri après 4 à 6 semaines au froid, en gardant les plants les plus étroits ; bouturage à talon en automne.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieux mais espacé les deux premières années, tous les 7 à 10 jours de juin à début septembre, au pied et jamais sur le feuillage. Ensuite rien du tout : un sol tenu humide asphyxie les racines et affaiblit l’arbre.
Fertilisation : Inutile en pleine terre, où un sol pauvre donne un bois plus dur. En bac, un engrais à libération lente pour conifères au printemps, une fois l’an, suffit largement.
Rempotage : En bac, tous les 3 à 4 ans en mars, dans un contenant plus profond que large et fortement drainé. En pleine terre, la plantation se fait à l’automne et ne se refait pas : il déteste être déplacé.
Taille : Une cisaille sur les seules pousses de l’année, en septembre, une fois les nichées envolées, suffit à tenir la colonne. Ne jamais tailler dans le vieux bois : le cyprès n’a pas de bourgeons dormants et le trou reste ouvert pour toujours.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil toute la journée. Il tolère la mi-ombre mais s’étire, se dégarnit et perd sa silhouette en fuseau.
Emplacement : Extérieur strictement, en isolé ou en rideau brise-vent, plutôt au sud ou à l’ouest et à l’écart des vents froids du nord-est.
Substrat : Sol ordinaire, caillouteux, sec et profond. Aucun amendement n’est utile, un sol riche ne fait qu’accélérer une croissance fragile.
pH : 6 à 8,5, le calcaire actif ne le gêne en rien.
Drainage : Indispensable. En terre lourde, planter sur une butte : un cyprès dont les racines baignent jaunit par plaques et devient la proie du chancre. En bac, jamais de soucoupe pleine.
Multiplication
Semis : récolter les cônes mûrs, les laisser s’ouvrir au chaud, puis garder les graines 4 à 6 semaines au réfrigérateur dans du sable humide. En mars ou avril, sous abri, les semer couvertes de 3 mm de terreau sableux, vers 15 à 20 °C, pour une levée en 3 à 6 semaines. Les plants reproduisent l’espèce, mais une partie prend un port étalé : garder les plus étroits. Le semis au printemps, après un passage au froid, est la méthode la plus sûre pour un amateur et réussit assez bien. Mais une partie des semis perd la silhouette en colonne : il faut les trier jeunes, ou bouturer une forme fastigiée sélectionnée pour en être sûr.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles, fécondées par le vent. Les cônes mûrissent en 2 ans : récolter en automne ceux qui sont gris brun et encore fermés, sur un pied adulte à la silhouette bien étroite. Au sec, au réfrigérateur et dans un bocal fermé, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : En septembre et octobre, prélever des rameaux aoûtés de 10 à 15 cm avec un talon d’écorce et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Sous châssis froid, à l’ombre et à l’étouffée légère, avec une hormone de bouturage facultative, ils s’enracinent en 4 à 6 mois, avec une réussite faible mais une forme fidèle.
Division et autres méthodes : Aucune : c’est un conifère à tronc unique, qui ne drageonne pas ; la greffe des formes sélectionnées reste l’affaire des pépiniéristes.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le chancre du cyprès, dû à Seiridium cardinale, est le vrai danger : un rameau qui roussit isolément, une écorce fendue, une coulée de résine, puis des branches mortes de proche en proche. Rien ne guérit un sujet atteint : couper 20 cm sous la lésion, évacuer les déchets en déchetterie sans les composter ni les broyer en paillage, désinfecter la lame entre chaque coupe. La maladie gagne surtout les arbres affaiblis par la sécheresse, une blessure ou une taille sévère.
Parasites fréquents : Le scolyte du cyprès creuse sous l’écorce des sujets déjà stressés et y laisse des galeries en arête de poisson. Le puceron du cyprès, Cinara cupressi, brunit des branches entières à la fin du printemps. Les acariens argentent le feuillage lors des étés très secs, en particulier sur les arbres en bac.
Prévention : Ne jamais tailler par temps humide ni en pleine chaleur, et désinfecter les outils à l’alcool entre deux arbres. Éviter toute blessure sur le tronc, porte d’entrée du chancre. Espacer suffisamment les sujets d’un rideau pour que le feuillage sèche vite après la pluie.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible. Le feuillage et les cônes ne sont pas comestibles et ne provoquent au pire que des troubles digestifs ; la résine peut irriter une peau sensible. Le vrai sujet est ailleurs : son pollen, émis de février à avril, est l’un des premiers allergènes respiratoires du pourtour méditerranéen.
Toxicité animaux : Pas de toxicité notable connue pour le chien et le chat, qui n’y touchent guère ; l’ingestion de quelques rameaux se solde au plus par des vomissements sans gravité. L’huile essentielle de cyprès, elle, ne s’utilise jamais sur un chat.
Symptômes : Après ingestion, salivation, vomissements ou diarrhée passagers. Au contact, rougeurs et démangeaisons dues à la résine, surtout après une séance de taille.
Précautions : Tailler avec des gants et des manches longues, puis se laver les avant-bras. Si quelqu’un dans le foyer est allergique au pollen de cyprès, éviter d’en planter un rideau sous les fenêtres des chambres.
Associations de plantes
Bonnes associations : La lavande, le romarin et le ciste font le pied de cyprès classique : mêmes besoins de soleil et de sol sec et calcaire, aucune concurrence pour l’eau que l’arbre va chercher en profondeur. L’olivier, qui partage exactement le même climat et la même sobriété. Les graminées sèches, stipa en tête, qui habillent la base sans réclamer d’arrosage.
Associations à éviter : Hortensias, fougères et hostas, qui veulent un sol frais et acide et dépérissent à son pied. Un gazon arrosé tout l’été, qui entretient une humidité permanente défavorable au jeune arbre. Des cyprès serrés à moins de 2 m les uns des autres, où le feuillage sèche mal et où le chancre circule d’un sujet à l’autre.
Conseil : Planter à l’automne, à 5 m au moins d’un mur, d’une terrasse ou d’une canalisation, et poser chaque automne une ligature souple autour de la colonne avant les neiges.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet fastigié planté en pleine terre au plein soleil, dans un sol drainant même pauvre et calcaire, à l’écart des vents froids du nord-est.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement au pied et jamais sur le feuillage, le temps que les racines descendent ; un cyprès installé se passe d’eau, et un sol entretenu humide favorise l’asphyxie des racines. |
| Inspection parasitaire | De début avril à mi-octobre : chaque mois | Faire le tour du houppier une fois par mois à la belle saison : un rameau qui rougit seul signe le chancre ou le scolyte, et chaque semaine perdue coûte des branches entières. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Désinfecter la lame entre deux arbres et entre deux branches suspectes : le chancre à Seiridium cardinale se transporte d’abord sur le sécateur du jardinier. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De janvier à décembre | Supprimer la partie atteinte dès qu’elle se voit, par temps sec, en désinfectant la lame à chaque coupe ; aucun produit ne guérit un cyprès chancré, seule la dépose rapide freine la progression. |
| Taille de structure | De début septembre à mi-octobre | Passer la cisaille sur les seules pousses de l’année pour tenir la colonne, hors gel et hors grosse chaleur ; le cyprès n’a pas de bourgeons dormants et une coupe sur bois nu laisse un trou définitif. |
| Palissage, tuteurage | De mi-octobre à fin novembre | Ceinturer la colonne d’une ligature avant les premières neiges, car une branche écartée par le poids de la neige ne se redresse jamais d’elle-même. |
| Voile d'hivernage | De mi-novembre à mi-mars | Envelopper le jeune sujet d’un voile respirant au nord de la Loire : un cyprès adulte encaisse environ 15 °C sous zéro, un plant de 2 ans souffre bien avant. |