Arbre fruitier · Rosacées
Fraisier des bois Fragaria vesca
Aussi appelé : Fraisier sauvage, Fraisier commun, Fraise des bois, Wild strawberry
Le fraisier des bois est l’espèce sauvage des lisières et des clairières d’Europe, dont les petites fraises parfumées mûrissent au fil de l’été. Il forme des touffes de 15 à 25 cm de haut qui gagnent du terrain par leurs stolons, et fleurit en vagues successives de mai à septembre. Contrairement au fraisier de jardin, il préfère la mi-ombre, avec quelques heures de soleil doux le matin, et une terre fraîche et humifère, jamais détrempée. Le plein soleil d’été le fatigue ; il convient aux bordures ombragées, où il produit bien 3 à 4 ans.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De mai à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4 à 9, parfois donnée dès la zone 3. La souche tient jusque vers -25 °C sous un simple paillage, et une partie des feuilles reste verte l'hiver.
Dimensions : 15 à 25 cm de haut pour 25 à 30 cm d'étalement par touffe. Les stolons projettent de nouveaux plants à 30 ou 40 cm de la mère.
Floraison : De mai à septembre, en vagues successives, petites fleurs blanches à cœur jaune, sans parfum notable, qui donnent les fraises au fil de l’été.
Substrat : Terre fraîche, humifère, meuble et bien drainée, enrichie de compost mûr ou de terreau de feuilles. pH légèrement acide, entre 5,5 et 6,5.
Exposition : Mi-ombre, et c'est ce qui la sépare du fraisier de jardin : elle vient des lisières et supporte mal le plein soleil d'été. 3 à 5 heures de soleil doux, le matin de préférence.
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 2 à 3 jours en juillet et août en l'absence de pluie. Le sol doit rester frais sans jamais être détrempé.
Durée de vie : Vivace, mais réellement productive 3 à 4 ans. On renouvelle la planche avec les jeunes plants issus des stolons, ou par division des touffes.
Multiplication : Marcottage des stolons dans des godets de juin à début septembre, ou division des touffes de mi-août à fin septembre.
Arrosage & entretien
Arrosage : Arroser le matin au pied, jamais sur les fruits ni sur le cœur, tous les 5 à 7 jours d'avril à juin puis tous les 2 à 3 jours au plus chaud de l'été. En automne et en hiver l'eau du ciel suffit, sauf sécheresse prolongée.
Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr griffés en surface à la fin de l'hiver. Pour les variétés remontantes, un engrais riche en potasse toutes les 3 semaines de juin à septembre soutient les vagues successives.
Rempotage : En pot ou en jardinière, un rempotage annuel à la fin de l'été dans un terreau neuf additionné de compost. En pleine terre, on ne rempote pas : on renouvelle la planche tous les 3 ans à partir des jeunes couronnes.
Taille : Pas de taille à proprement parler. On coupe les feuilles sèches ou tachées au ras du collet à la fin de l'hiver, et on supprime les stolons au fur et à mesure si l'on préfère des fruits à des plants.
Exposition & substrat
Exposition : Mi-ombre lumineuse, 3 à 5 heures de soleil, idéalement le matin. Au soleil brûlant de l'après-midi, les fruits cuisent sur place et le feuillage se recroqueville.
Emplacement : Extérieur toute l'année, en bordure d'allée, en pied de haie ou sous des arbustes clairs, orientation est ou nord-est. Elle réussit aussi très bien en jardinière sur un balcon peu ensoleillé.
Substrat : Terre de jardin allégée et riche en humus, mélangée à du compost et à des feuilles décomposées. Le terreau de feuilles reproduit exactement le sol de sous-bois dont elle vient.
pH : Entre 5,5 et 6,5, légèrement acide. Un sol franchement calcaire provoque une chlorose jaune entre les nervures.
Drainage : Sol frais mais drainant, l'eau ne doit pas stagner autour du collet. En terre lourde, une butte de 10 cm règle la question une fois pour toutes.
Multiplication
Marcottage des stolons : de début juin à début septembre, caler la jeune plante d’un stolon sur un godet de terreau enterré, la maintenir par un crochet, arroser, puis couper le lien avec la mère au bout de 3 semaines. Il réussit presque toujours et renouvelle la planche sans rien acheter.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : le stolon, qui porte une jeune plante déjà formée, en tient lieu.
Semis :
SemerDe mi-février à début avril, à l’intérieur ou sous abri, laisser les graines en surface, juste pressées, car elles ont besoin de lumière pour lever, à 18 à 20 °C. La levée prend 3 à 4 semaines ; l’espèce se reproduit fidèlement, contrairement aux fraisiers de jardin hybrides.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent seules ou avec l’aide des insectes. Écraser au début de l’été des fraises bien mûres dans de l’eau, récupérer les akènes tombés au fond, les sécher sur un papier, puis les garder au sec et au frais, où ils restent bons 2 à 3 ans. Les fraisiers des quatre saisons se reproduisent ainsi fidèlement, et les graines du commerce de variétés nommées sont tout aussi sûres.
Division et autres méthodes : Division : de mi-août à fin septembre, tous les 3 ans, arracher les touffes épuisées et replanter les seules couronnes périphériques à 25 cm, le cœur au ras du sol, dans une terre enrichie de compost.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L'oïdium poudre les feuilles de blanc et les enroule vers le haut, surtout en fin d'été : couper les feuilles touchées et pulvériser une décoction de prêle. La pourriture grise gâte les fruits au contact du sol humide, le paillage et l'aération des touffes suffisent à la prévenir. La chlorose jaune, elle, trahit un sol trop calcaire et non une maladie.
Parasites fréquents : Limaces et escargots dévorent les fruits mûrs la nuit ; paillage sec, cendre ou piégeage à la bière les contiennent. Les oiseaux, merles en tête, sont le vrai concurrent sur cette espèce aux fruits minuscules et parfumés : un filet léger règle le problème. Les pucerons apparaissent au printemps sur les jeunes pousses.
Prévention : Pailler dès la floraison pour isoler les fruits du sol. Espacer les plants de 25 à 30 cm pour que l'air circule entre les touffes. Renouveler la planche tous les 3 ans, ce qui rompt le cycle des maladies du sol.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité : le fruit et les feuilles sont comestibles, les feuilles séchées donnant même une tisane traditionnelle. Seules de rares allergies aux fraises provoquent démangeaisons ou urticaire chez les personnes sensibles.
Toxicité animaux : Sans danger pour le chien, le chat et les rongeurs domestiques. Les fruits sont sucrés : une grande quantité peut tout au plus causer des selles molles.
Symptômes : Aucun symptôme d'intoxication n'est attendu, ni au contact ni à l'ingestion. Chez une personne allergique, la gêne se limite en général à des picotements de la bouche.
Précautions : Les fraises des bois cueillies au ras du sol en pleine nature demandent d'être cuites pour écarter tout risque d'échinococcose alvéolaire, un simple lavage ne détruisant pas les œufs. Au jardin, sur un paillage propre et hors passage d'animaux sauvages, le risque est négligeable.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le groseillier et le cassis partagent son exposition mi-ombragée et son sol frais, et elle couvre le sol à leur pied. La ciboulette et l'ail, riches en composés soufrés, limitent l'oïdium et la pourriture grise sur les touffes voisines. La bourrache attire les pollinisateurs et améliore la nouaison des fleurs.
Associations à éviter : Pommes de terre et tomates partagent avec elle la verticilliose, une maladie du sol qui s'installe pour des années. Les choux sont trop gourmands et trop couvrants, ils la privent d'eau et de lumière. La menthe étouffe la planche en deux saisons par ses rhizomes traçants.
Conseil : La glisser en bordure d'un massif ombragé plutôt qu'au potager : elle s'y comporte en couvre-sol et donne davantage qu'en plein soleil.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Plants installés en pleine terre, en bordure mi-ombragée au sol frais et humifère, laissés en place toute l'année sans protection hivernale particulière.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début avril à mi-juin : tous les 5 à 7 jours ; de mi-juin à fin août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à mars : toutes les 3 à 4 semaines | Garder le sol frais sans le détremper, en arrosant le matin à la base des touffes. Le rythme se resserre pendant la fructification, car un manque d'eau donne des fruits secs et sans parfum. |
| Inspection parasitaire | D’avril à mai : toutes les 2 à 3 semaines ; de début juin à mi-octobre : chaque semaine | Passer une fois par semaine pendant la fructification : limaces et oiseaux prélèvent en une nuit ce qu'on attendait depuis un mois. Au printemps, vérifier aussi le revers des jeunes feuilles pour les pucerons. |
| Ramassage des feuilles mortes | De début février à mi-mars | Nettoyer les touffes à la fin de l'hiver en coupant les vieilles feuilles au ras du collet, cœur intact. On retire du même geste les spores d'oïdium et de pourriture grise qui y ont hiverné. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Griffer un apport de compost en surface à la sortie de l'hiver, sans jamais enterrer le cœur des touffes qui pourrirait. En pleine terre, c'est la seule fumure dont l'espèce a besoin. |
| Semis | De mi-février à mi-avril | Semer sous abri sans recouvrir les graines, qui ont besoin de lumière pour lever, et compter 3 à 4 semaines de patience. L'espèce se ressème fidèle à elle-même, contrairement aux fraisiers de jardin hybrides. |
| Paillage | De mi-avril à fin mai | Pailler dès les premières fleurs pour isoler les fruits du sol et garder la terre fraîche en mi-ombre. Les aiguilles de pin servent doublement : elles entretiennent l'acidité que cette plante de sous-bois réclame. |
| Engrais liquide | De début juin à mi-septembre | Pour les formes remontantes qui produisent jusqu'aux gelées, un engrais riche en potasse toutes les 3 semaines soutient les vagues successives. En pleine terre bien compostée, il reste facultatif. |
| Fructification, récolte | De début juin à mi-octobre | Le type sauvage donne surtout en juin et juillet, les variétés remontantes comme « Reine des Vallées » ou « Mignonnette » jusqu'aux premières gelées. Cueillir bien mûr et consommer le jour même, la fraise des bois ne se conserve pas. |
| Marcottage | De début juin à mi-septembre | Caler chaque stolon sur un godet de terreau et laisser raciner 3 semaines avant de couper le lien avec la mère. C'est la façon la plus simple de renouveler la planche sans rien acheter. |
| Division de touffe | De mi-août à fin septembre, tous les 3 ans | Tous les 3 ans, arracher les touffes épuisées, ne conserver que les couronnes périphériques et les replanter à 25 cm dans une terre recompostée. La récolte chute nettement au-delà de la quatrième année. |