Vivace · Géraniacées
Géranium sanguin Geranium sanguineum
Aussi appelé : Géranium rouge sang, Bloody cranesbill
Le géranium sanguin est une vivace indigène en France, qui pousse spontanément sur les pelouses sèches et calcaires d’Europe. Il forme une touffe de 20 à 40 cm de haut, couverte de fleurs en coupe rose magenta de mai à août, et s’élargit lentement sans envahir. Il demande le plein soleil et un sol drainant, même pauvre et caillouteux, et presque pas d’arrosage une fois installé. Il convient aux rocailles et aux massifs secs ; c’est l’humidité de l’hiver, pas le froid, qui peut le faire disparaître.
- Type
- Vivace
- Famille
- Géraniacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mai à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3, soit environ -30 °C, sans la moindre protection. C’est l’humidité hivernale, jamais le froid, qui fait disparaître une touffe.
Dimensions : 20 à 40 cm de haut en fleur, pour 40 à 60 cm d’étalement. La touffe s’élargit lentement par un rhizome traçant, sans devenir envahissante.
Floraison : De mai à août, fleurs en coupe rose magenta à pourpre, sans parfum, avec souvent une remontée légère en fin d’été.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, même pauvre et caillouteuse, pourvu qu’elle soit drainante. L’espèce pousse spontanément sur les pelouses sèches calcaires et supporte donc parfaitement le calcaire, pH 6,5 à 7,5.
Exposition : Plein soleil, 6 heures et plus. À mi-ombre elle vit, mais s’étale, fleurit moins et prend un port lâche.
Arrosage : Très peu : la première année pour l’installation, ensuite seulement quand la pluie manque. Un arrosage copieux tous les 10 à 15 jours en mai et juin, tous les 7 à 10 jours au cœur de l’été.
Durée de vie : Vivace rhizomateuse de longue vie, 10 à 15 ans en place. Divisée tous les 4 ans, une touffe se perpétue indéfiniment.
Multiplication : Division de la touffe au couteau tous les 4 ans, de début septembre à début octobre, pendant que la terre est chaude.
Arrosage & entretien
Arrosage : En mai et juin, tous les 10 à 15 jours et seulement si la pluie fait défaut ; en juillet et août, tous les 7 à 10 jours. Arroser au pied, abondamment et espacé, plutôt qu’un peu chaque jour, pour que le rhizome descende.
Fertilisation : Aucun engrais en sol ordinaire. Une poignée de compost mûr griffée au débourrement, un printemps sur deux, suffit en terre pauvre : l’azote donne du feuillage et peu de fleurs.
Rempotage : En pleine terre, pas de rempotage, la touffe se renouvelant par division tous les 4 ans en septembre. En pot, rempoter au printemps tous les 2 ans dans un mélange très drainant.
Taille : Rabattre toute la touffe à 5 cm dès que la première vague de fleurs s’épuise, début juillet. Le feuillage se refait en 3 semaines et une seconde floraison suit souvent jusqu’en septembre.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures ; elle ne craint ni la réverbération ni la chaleur. C’est au soleil que le feuillage prend ses teintes rouges d’automne.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en rocaille, en bordure, sur un talus ou au pied d’un mur exposé au sud. Une exposition nord lui va mal.
Substrat : Terre ordinaire, plutôt maigre, additionnée de sable grossier ou de gravier si elle est lourde. Inutile de l’enrichir, elle fleurit mieux à la diète.
pH : 6,5 à 7,5 en optimum, et jusqu’à 8 sur sol franchement calcaire. Elle s’accommode aussi d’un sol légèrement acide.
Drainage : Le drainage hivernal est le point critique. Un sol détrempé de novembre à février fait pourrir le collet, alors que la même plante traverse -25 °C sans broncher en terrain sec.
Multiplication
Division : de début septembre à début octobre, tous les 4 ans, soulever la touffe et la découper au couteau en éclats portant racines et bourgeons. Replanter aussitôt dans une terre drainante, arroser, et jeter le centre dégarni. Les éclats s’enracinent avant l’hiver et la reprise est très sûre.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible mais peu utile : en avril, prélever des pousses basales de 5 cm avec un talon et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous abri à l’ombre. Elles racinent en 3 à 4 semaines.
Semis :
SemerSemer les graines dès leur récolte, en juillet et en août, ou au printemps, dehors sous châssis froid, couvertes de 2 mm ; la levée prend 3 à 6 semaines, un passage au froid l’aidant. L’espèce se reproduit fidèlement, mais pas ses variétés de couleur.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les fleurs forment des fruits en bec qui éclatent à maturité en projetant les graines, en juillet et en août : enfermer quelques fruits encore verts dans un sachet de papier pour les recueillir. Les graines se gardent environ un an au sec et au frais. Pour une variété de couleur, acheter les graines ou diviser.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium blanchit le feuillage en fin d’été, surtout en situation sèche et confinée, et le rabattage de juillet suffit le plus souvent à s’en débarrasser. La rouille du géranium, plus rare, laisse des pustules orange au revers des feuilles, qu’il faut retirer. La pourriture du collet survient en sol lourd gorgé d’eau l’hiver et se prévient par le drainage, pas par un traitement.
Parasites fréquents : L’espèce est remarquablement peu attaquée. Les limaces grignotent les jeunes pousses au printemps, surtout sur une touffe plantée de l’année. En pot, les larves d’otiorhynque dévorent le rhizome, et la plante vient toute seule quand on la tire.
Prévention : Espacer les pieds de 40 cm pour que l’air circule dans la touffe. Rabattre après la première floraison, ce qui remet du feuillage sain et coupe court à l’oïdium. Ne pas pailler épais contre le collet, surtout pas avec un paillis organique humide.
Toxicité
Toxicité humaine : Le géranium sanguin n’est pas considéré comme toxique ; c’est une plante de pelouse sèche, employée autrefois en tisane pour ses tanins astringents. Aucune partie ne présente de danger connu à la manipulation ou à l’ingestion accidentelle.
Toxicité animaux : Les géraniums vivaces du genre Geranium ne figurent pas sur les listes de plantes toxiques pour le chien et le chat. Attention à la confusion de noms : le géranium des balcons est un Pelargonium, et celui-là est bien toxique pour les chiens, les chats et les chevaux.
Symptômes : Rien n’est documenté pour cette espèce. Une ingestion importante de feuillage, très astringent, causerait tout au plus des troubles digestifs passagers.
Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire, ni au jardin ni avec les animaux. Se laver les mains après avoir manipulé la plante reste le réflexe valable pour toute plante d’ornement.
Associations de plantes
Bonnes associations : La népéta demande exactement le même sol sec et le même soleil, et son bleu répond au magenta des fleurs. L’achillée et le sédum d’automne prolongent la saison sur le même terrain maigre. Les graminées légères, fétuque bleue ou stipe, donnent de la hauteur sans lui faire d’ombre.
Associations à éviter : Hostas, astilbes et fougères réclament l’ombre et une fraîcheur constante, soit l’inverse de ses besoins. Les couvre-sols vigoureux, la bugle rampante en tête, passent par-dessus la touffe et l’étouffent en deux saisons. Les annuelles de massif arrosées tous les 2 jours la font pourrir au collet.
Conseil : La planter en haut de rocaille ou sur un talus plutôt qu’en creux de massif. Trois pieds au mètre carré, en quinconce, ferment la surface en 2 ans et laissent l’eau filer, ce qui règle d’avance le seul vrai problème de l’espèce.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe installée en pleine terre, en bordure, en rocaille ou sur un talus, en plein soleil, dans une terre ordinaire et bien drainée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : tous les 10 à 15 jours ; de juillet à août : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement mais très espacé, uniquement en l’absence de pluie : le rhizome charnu supporte la sécheresse bien mieux que l’excès d’eau. Une touffe de 2 ans traverse en général l’été sans un seul arrosage. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-février à mi-mars | Retirer les feuilles couchées et roussies de l’hiver avant que les nouvelles pousses ne percent. Le feuillage persiste à demi en climat doux, et ce qui reste au sol entretient l’humidité contre le collet. |
| Compost, amendement | En mars, tous les 2 ans | Griffer un peu de compost au débourrement, un printemps sur deux et seulement en terre pauvre. Mieux nourrie, la touffe fait du feuillage, s’ouvre au centre et fleurit moins. |
| Paillage | En avril | Poser un paillis minéral fin autour de la touffe plutôt qu’un paillis organique, qui garderait l’humidité contre le collet. Il limite le désherbage et renvoie la chaleur, ce qui convient à une plante de pelouse sèche. |
| Fleurs fanées | En juin | Pincer les fleurs fanées au fil de la floraison si l’on ne veut pas voir l’espèce se ressemer alentour. Le rabattage de juillet rend ensuite ce geste inutile. |
| Rabattage | De début juillet à mi-août | Rabattre la touffe entière dès que la première vague de fleurs s’épuise et que le feuillage se couche. Elle refait un coussin net en 3 semaines et refleurit souvent jusqu’en septembre. |
| Division de touffe | De début septembre à mi-octobre, tous les 4 ans | Diviser la touffe au couteau tous les 4 ans, en début d’automne, pendant que la terre est encore chaude. Les éclats s’enracinent avant l’hiver et le centre dégarni se renouvelle. |