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Vivace · Renonculacées

Rose de Carême Helleborus orientalis

Aussi appelé : Hellébore d’Orient, Hellébore oriental, Lenten rose

La rose de Carême est une hellébore originaire de Grèce, de Turquie et du Caucase, à feuillage persistant. De février à avril, ses coupes penchées blanches, roses, pourpres ou vert pâle, souvent mouchetées, s’ouvrent sur une touffe de 40 à 50 cm. Elle demande une terre profonde et riche en humus qui reste fraîche l’été, à mi-ombre sous des arbres caducs. Facile et durable, elle tient 15 à 20 ans au même endroit ; ce qui la gêne, c’est un sol qui se dessèche en été ou le plein soleil de juillet.

Rose de Carême (Helleborus orientalis)
Photo : KENPEI, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Renonculacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-20 °C
Floraison
De février à avril
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 4 à 8, la souche supporte -20 °C sans dommage. Le feuillage persistant peut brunir sous un vent glacé sans que la plante en souffre.

Dimensions : 40 à 50 cm en fleur, pour 45 à 60 cm d’étalement à maturité. La touffe met 3 à 4 ans à atteindre sa taille définitive.

Floraison : De février à avril, coupes penchées blanches, roses, pourpres ou vert pâle, souvent mouchetées, qui verdissent sur place des semaines durant ; sans parfum. Toute la plante est toxique.

Substrat : terre de jardin profonde, riche en humus, restant fraîche l’été. pH neutre à légèrement calcaire.

Exposition : mi-ombre, idéalement sous des arbres caducs qui laissent passer le soleil d’hiver et ombragent en juillet.

Arrosage : les pluies suffisent d’octobre à mai. En été, un arrosoir de 8 à 10 litres par pied si 10 jours passent sans pluie.

Durée de vie : vivace à feuillage persistant, qui tient facilement 15 à 20 ans au même endroit sans être touchée.

Multiplication : Semis de graines fraîches en juin ou repiquage des semis spontanés ; division en septembre pour reproduire un cultivar, avec 2 ans sans fleurs.

Arrosage & entretien

Arrosage : rien à faire d’octobre à mai. En été, un arrosage copieux et espacé, au pied et jamais sur le feuillage, quand la sécheresse dépasse 10 jours.

Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr étalés au pied en octobre ou novembre, au moment où elle prépare ses boutons. Pas d’engrais azoté, qui donne des feuilles au détriment des fleurs.

Rempotage : en pot, tous les 2 à 3 ans au printemps, dans un contenant profond car la racine plonge. En pleine terre on ne la déplace pas : la reprise prend 2 ans.

Taille : couper tout l’ancien feuillage entre fin décembre et janvier, avant l’ouverture des boutons. Puis les hampes défleuries en mai, avant que les graines ne se sèment partout.

Exposition & substrat

Exposition : mi-ombre lumineuse, 2 à 4 heures de soleil, celui du matin ou celui de l’hiver. Le plein soleil de juillet brûle le feuillage persistant.

Emplacement : extérieur toute l’année, orientation nord ou est, au pied d’une haie ou sous des arbres à feuilles caduques.

Substrat : terre profonde amendée de compost et de terreau de feuilles, argilo-calcaire plutôt que sableuse.

pH : 6,5 à 7,5. C’est une des rares vivaces d’ombre qui préfère un sol tendant vers le calcaire, corrigé au besoin d’une poignée de calcaire broyé.

Drainage : sol frais mais jamais gorgé. L’eau stagnante de l’hiver fait pourrir le collet : éviter les cuvettes et les terres compactes non amendées.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : récolter les graines dès que les capsules s’ouvrent, en juin, et les semer aussitôt dehors en terrine, couvertes de 5 mm de terreau, à l’ombre ; elles lèvent au printemps suivant, après le froid de l’hiver. La plupart des roses de Carême cultivées sont des hybrides : leurs graines donnent des couleurs variées, et les cultivars nommés ne se reproduisent que par division. Les semis spontanés repiqués au printemps, ou le semis de graines fraîches en juin : la réussite est excellente, mais les fleurs obtenues diffèrent souvent de la mère, et la floraison vient au bout de 3 ans. Toute la plante est toxique et sa sève irrite la peau : des gants.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs, butinées par les abeilles, donnent des graines aux couleurs variées. Les abeilles croisent librement les roses de Carême voisines : pour orienter les couleurs, on porte au pinceau le pollen de la fleur choisie sur une fleur à peine ouverte, puis on coiffe les capsules d’un sachet de tulle en mai. Les graines ne se gardent pas, et celles du commerce, vendues sèches, lèvent mal : un semis frais vaut mieux.

Les autres méthodes

Bouturage : Ne se bouture pas.

Division et autres méthodes : En septembre, soulever la touffe à la fourche-bêche et la trancher au couteau en éclats portant chacun au moins trois bourgeons et de bonnes racines. Les replanter aussitôt à la même profondeur, dans une terre riche en humus, et arroser ; ils mettent 2 ans à refleurir normalement.

Maladies & parasites

Maladies courantes : la maladie des taches noires marque les feuilles de taches brunes cerclées qui gagnent ensuite les hampes. Couper et évacuer les parties atteintes, jamais au compost. La nécrose noire, virale, strie et déforme le feuillage : la touffe s’arrache.

Parasites fréquents : le puceron de l’hellébore forme des colonies vert pâle sous les fleurs et au cœur des jeunes pousses, qu’un jet d’eau suffit le plus souvent à déloger, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les limaces coupent les hampes naissantes en février. Surveiller aussi les otiorhynques en pot.

Prévention : couper tout le feuillage en début d’hiver et l’évacuer supprime l’essentiel des spores hivernantes. Désinfecter le sécateur entre deux touffes. Espacer les plants de 45 cm pour que l’air circule.

Toxicité

Toxicité humaine : plante toxique dans toutes ses parties, la racine étant la plus dangereuse. Elle contient de la protoanémonine, irritante, et des hétérosides cardiotoxiques du type hellébrine.

Toxicité animaux : toxique pour le chien, le chat, le cheval et le bétail. L’ingestion reste rare car la plante est très amère, mais un chien fouilleur peut s’attaquer au rhizome.

Symptômes : hypersalivation, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée, puis pouls lent et irrégulier aux fortes doses. Au contact, la sève provoque rougeurs et cloques sur une peau sensible.

Précautions : porter des gants pour tailler et diviser, et se laver les mains ensuite. Ne pas laisser les feuilles coupées à portée d’un animal, et appeler un vétérinaire ou un centre antipoison en cas d’ingestion.

Associations de plantes

Bonnes associations : perce-neige et crocus botaniques, qui fleurissent en même temps à ses pieds et disparaissent en mai. Fougères persistantes comme le Polystichum, même mi-ombre et même sol frais, dont les frondes prennent le relais en été. Cyclamen de Naples, qui occupe le sol nu de septembre à novembre.

Associations à éviter : les plantes de terre de bruyère, azalées et bruyères, qui réclament l’acidité exactement contraire à ce qu’elle aime. Les couvre-sol traçants, lierre ou grande pervenche, qui étouffent le collet et rendent la coupe du feuillage impossible. Les graminées de plein soleil, qui veulent le sec et la lumière.

Conseil : ses fleurs regardent vers le sol, donc la planter en haut d’un talus, sur un muret ou au bord d’une allée en contrebas change tout. Couper le feuillage fin décembre fait passer la floraison de discrète à spectaculaire.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe installée en pleine terre à mi-ombre, sous le couvert léger d’arbres caducs, dans un sol profond qui reste frais en été.

GesteQuandComment
Désinfection des outilsUtile De janvier à décembreDès que : après avoir coupé une feuille ou une hampe marquée de taches noires Nettoyer le sécateur avant de passer à la touffe suivante : les taches noires voyagent surtout sur la lame du jardinier.alcool à 70 degrés sur la lame
FloraisonUtile De début février à mi-avril La floraison s’ouvre en plein hiver et dure très longtemps, les sépales verdissant sur place bien après la fécondation au lieu de tomber.fleurs pendantes, de 6 à 8 semaines
Inspection parasitaireUtile De mi-février à fin mai Regarder le revers des feuilles et le dessous des fleurs au printemps : le puceron de l’hellébore transmet la nécrose noire, qu’aucun traitement ne rattrape ensuite.pucerons groupés sous les hampes, taches brunes cerclées sur les feuilles
PaillageUtile De mi-mars à fin avril Pailler à la sortie de l’hiver pour garder le sol frais jusqu’en septembre, ce qui remplace la plupart des arrosages d’été.feuilles mortes broyées, collet dégagé
Fleurs fanéesUtile De mi-avril à fin mai Couper les hampes défleuries dès que les capsules gonflent, sinon la touffe s’entoure de semis spontanés qui ne ressembleront pas à la plante mère.avant que les capsules ne s’ouvrent
ArrosageEssentiel De juin à septembreDès que : plus de 10 jours sans pluie en été, ou première année après plantation Arroser copieusement et espacé plutôt que souvent : les racines plongent profond, et c’est la sécheresse d’août qui fait reculer une touffe, pas le froid de janvier.un arrosoir entier au pied, jamais sur le feuillage
Division de touffeOptionnel En septembre, tous les 5 ans Ne diviser que pour multiplier, jamais pour rajeunir : l’hellébore déteste être dérangée et met 2 ans à refleurir normalement après un éclatage.éclats portant au moins trois bourgeons
Compost, amendementEssentiel De mi-octobre à fin novembre Nourrir à l’automne et non au printemps : l’hellébore fabrique ses boutons pendant l’hiver, au moment où le reste du massif dort.2 à 3 cm de compost mûr, une poignée de calcaire broyé en terre acide
RabattageEssentiel De mi-décembre à fin janvier Couper l’ancien feuillage persistant avant l’ouverture des boutons : il porte les taches noires accumulées depuis l’été et masque des fleurs qui s’ouvrent au ras du sol.tout le feuillage de l’année précédente, coupé au ras de la souche

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