Arbuste · Oléacées
Troène de Californie Ligustrum ovalifolium
Aussi appelé : Troène à feuilles ovales, California privet
Le troène de Californie est, malgré son nom, un arbuste du Japon et de Corée, devenu l’un des grands classiques des haies taillées. Semi-persistant, il pousse de 40 à 60 cm par an et atteint 3 à 5 m en port libre, mais se tient sans peine entre 1,20 et 2,50 m en haie. Il s’accommode de tout sol, même pauvre, argileux ou calcaire, du plein soleil à la mi-ombre, et se passe d’arrosage après ses deux premières années. Il convient à qui veut une haie dense et rapide ; ses baies noires sont toxiques, et ses fleurs au parfum lourd ne paraissent que sur les sujets peu taillés.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Oléacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -18 °C
- Floraison
- De juin à juillet
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 8, environ -18 °C. Semi-persistant : il garde son feuillage lors des hivers doux et le perd en dessous de -10 à -12 °C, pour le refaire au printemps.
Dimensions : 3 à 5 m de haut sur 2,5 à 3 m de large en port libre ; en haie taillée, 1,20 à 2,50 m. Il pousse de 40 à 60 cm par an.
Floraison : De la mi-juin à fin juillet, en panicules de petites fleurs blanc crème au parfum lourd et capiteux, que beaucoup trouvent désagréable, et seulement sur les sujets peu taillés. Les baies noires qui suivent sont toxiques.
Substrat : Tout sol de jardin, y compris pauvre, argileux ou franchement calcaire. pH de 6 à 8.
Exposition : Du plein soleil à la mi-ombre. Les formes panachées ou dorées réclament davantage de soleil pour garder leur couleur.
Arrosage : Les deux premières années seulement, tous les 7 à 15 jours en saison chaude. Ensuite plus rien, sauf canicule prolongée.
Durée de vie : Vivace arbustive, 30 à 50 ans, bien davantage si on la rabat sévèrement tous les 8 à 10 ans.
Multiplication : Bouturage de rameaux aoûtés de 20 à 25 cm, d’octobre à fin novembre, piqués directement en pleine terre dehors.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieusement à la plantation, puis tous les 7 à 15 jours en été pendant 2 ans, le temps que les racines descendent. Passé ce délai, c’est l’un des arbustes de haie les plus sobres qui soient.
Fertilisation : Un paillage de compost mûr au printemps tient lieu d’engrais. Inutile d’en faire plus : mieux on le nourrit, plus il pousse, et plus il faut le tailler.
Rempotage : Il se cultive en pleine terre et ne demande aucun rempotage. En bac, réservé aux jeunes sujets, changer le substrat tous les 2 ans au printemps.
Taille : Deux passages, à la fin de l’hiver avant le 15 mars puis en septembre, pour laisser les oiseaux nicher entre les deux. Il repart du vieux bois et se rabat à 40 cm pour être rajeuni, ce qu’aucun conifère de haie ne permet.
Exposition & substrat
Exposition : 4 heures de soleil lui suffisent. À l’ombre franche il continue de pousser, mais s’éclaircit et se dégarnit du bas.
Emplacement : Extérieur, et particulièrement à l’aise en ville : il encaisse la pollution, la réverbération des murs et les embruns du littoral.
Substrat : N’importe quelle terre de jardin, simplement décompactée sur 40 cm à la plantation. C’est sa force : il s’installe là où les autres haies refusent.
pH : De 6 à 8, parfaitement indifférent au calcaire.
Drainage : Il tolère l’argile et une humidité passagère, ce que peu d’arbustes de haie supportent. Seule l’eau stagnante permanente finit par faire pourrir ses racines.
Multiplication
Bouturage : d’octobre à fin novembre, après la chute partielle du feuillage, prélever sur les rameaux de l’année des boutures ligneuses de 20 à 25 cm. Les enterrer aux deux tiers, dehors, dans un coin de terre meuble allégée de sable et à mi-ombre, sans autre protection. Elles s’enracinent au printemps suivant et se mettent en place à l’automne. Le bouturage de rameaux aoûtés en pleine terre est la méthode la plus simple : la reprise est presque assurée, de quoi combler les trous d’une haie.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPeu pratiqué, car le bouturage est bien plus rapide : semer à l’automne, dehors en caissette, les graines débarrassées de la pulpe des baies, toxiques, couvertes de 1 cm de terreau sableux. Le froid de l’hiver lève la dormance, et la levée, irrégulière, se fait au printemps. Les formes panachées ou dorées ne se reproduisent pas par semis, elles se bouturent ou se marcottent.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent sur le même pied, avec l’aide des insectes. Seuls les sujets peu taillés fleurissent et portent des baies, noires et mûres d’octobre à décembre ; une haie taillée chaque année n’en donne presque pas. Les graines nettoyées se sèment à l’automne, ou se gardent un an au frais.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : courber une branche basse, l’entailler légèrement, l’enterrer sur 10 cm et la maintenir par un crochet, puis la sevrer à l’automne suivant. Les rejets de souche, détachés à la bêche avec leurs racines en automne, se replantent aussitôt.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Rarement malade. Par printemps humide, une anthracnose noircit et dessèche des rameaux entiers : couper en bois sain et évacuer les déchets. En sol durablement détrempé, l’armillaire peut s’installer, et il n’y a alors rien d’autre à faire que drainer et replanter ailleurs.
Parasites fréquents : Le thrips du troène (Dendrothrips ornatus) donne au feuillage un reflet argenté et plombé lors des étés secs ; il suffit souvent d’arroser pour que la haie reparte. L’otiorhynque découpe des encoches en demi-lune sur le bord des feuilles et ses larves rongent les racines : nématodes au sol en septembre. La grosse chenille verte à corne du sphinx du troène, elle, est inoffensive et mérite d’être laissée tranquille.
Prévention : Arroser en canicule, car les thrips prospèrent sur un pied stressé. Ne pas tailler par forte chaleur ni en plein soleil de midi. Ramasser les déchets de taille, qui abritent cochenilles et œufs.
Toxicité
Toxicité humaine : Toute la plante est toxique, et surtout les baies noires, riches en glucosides et en saponosides. Brillantes et à hauteur d’enfant, elles sont un motif d’appel classique des centres antipoison.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien et le chat, et plus encore pour les herbivores : quelques kilos de feuillage suffisent à tuer un cheval. Les déchets de taille jetés par-dessus une clôture sont la cause d’intoxication la plus fréquente.
Symptômes : Vomissements, douleurs abdominales et diarrhée parfois sanglante dans les heures qui suivent l’ingestion, puis faiblesse, perte de coordination, respiration et rythme cardiaque accélérés. Le pollen, lui, est très allergisant en juillet.
Précautions : Là où passent des enfants ou des chevaux, la taille de septembre supprime les baies avant qu’elles ne mûrissent. Ne jamais donner ni jeter de rameaux dans un pré, et appeler le centre antipoison en cas d’ingestion.
Associations de plantes
Bonnes associations : En haie libre, le charme, le cornouiller sanguin et la viorne obier acceptent les mêmes sols ingrats et se taillent au même rythme, tout en offrant fleurs et fruits aux oiseaux. Le troène leur apporte le fond semi-persistant qui manque l’hiver.
Associations à éviter : Massif de vivaces, rosiers ou potager installés à son pied : ses racines traçantes assèchent et épuisent le sol sur près de 2 m. Le mêler à des conifères stricts comme le thuya déséquilibre la haie, puisque l’un se rabat sévèrement et l’autre jamais.
Conseil : À la plantation, rabattre de moitié les jeunes plants espacés de 60 à 80 cm. Ils se ramifient alors depuis la base, et la haie reste garnie en bas toute sa vie.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste planté en pleine terre, le plus souvent en haie taillée, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre de jardin ordinaire sans amendement particulier.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : tous les 10 à 15 jours ; de juillet à août : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement au pied le temps que les racines descendent. Une fois installé, le troène de Californie se passe d’arrosage, y compris en terre pauvre ou calcaire. |
| Taille de structure | De mi-février à mi-mars : toutes les 4 à 6 semaines ; en septembre : toutes les 4 à 6 semaines | Tailler à la cisaille ou au taille-haie à la fin de l’hiver puis en septembre, en gardant la base un peu plus large que le sommet et en laissant les oiseaux nicher du 15 mars au 31 août. Ne plus rien couper après septembre : les repousses tendres provoquées en octobre grilleraient à la première gelée. |
| Rabattage | De mi-février à mi-mars, tous les 8 ans | Rajeunir une haie devenue haute et dégarnie du bas en la coupant sévèrement, hors période de gel. Elle se refait entièrement en deux saisons. |
| Paillage | De début mars à mi-avril | Ce paillis tient lieu d’unique fertilisation de l’année. Le troène n’a besoin de rien d’autre, et un engrais azoté ne ferait qu’ajouter une taille. |
| Inspection parasitaire | De mai à août | Un feuillage qui prend un reflet argenté signale les thrips, des encoches en demi-lune sur le bord des feuilles trahissent l’otiorhynque. La grosse chenille verte à corne du sphinx du troène, elle, ne fait aucun dégât et se laisse vivre. |
| Floraison | De mi-juin à fin juillet | Une haie taillée chaque année fleurit peu. Pour avoir les fleurs, il faut laisser un sujet en port libre ou sauter la taille de fin d’hiver. |
| Fructification, récolte | De septembre à novembre | Les fruits succèdent aux fleurs sur les sujets non taillés et tiennent une partie de l’hiver. Là où passent des enfants ou des chevaux, la taille de septembre les supprime avant maturité. |
| Bouturage | D’octobre à novembre | Prélever des rameaux de l’année de 20 à 25 cm après la chute partielle du feuillage. La reprise est quasi systématique : de quoi combler gratuitement les trous d’une haie. |