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Arbuste · Oléacées

Troène commun Ligustrum vulgare

Aussi appelé : Troène vulgaire, Troène d’Europe, Troène sauvage, Common privet

Le troène commun est un arbuste semi-persistant indigène des haies et des lisières de toute l’Europe, France comprise. Il atteint 2 à 4 m en port libre et se maintient facilement entre 1 et 2 m en haie taillée, couvert en juin de panicules de fleurs blanches au parfum lourd et miellé. Il ne demande presque rien : toute terre bien drainée, même sèche ou très calcaire, du soleil ou de la mi-ombre, et de l’eau seulement les deux premiers étés. Il convient aux haies champêtres et aux jardins difficiles, mais ses baies noires sont toxiques et l’ombre le rend clairsemé.

Troène commun (Ligustrum vulgare)
Photo : CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Oléacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
En juin
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 4 à 8 : parfaitement rustique en France, il supporte -25 °C, mais perd une partie de ses feuilles quand l’hiver est rude.

Dimensions : 2 à 4 m de hauteur et d’étalement en port libre, facilement maintenu entre 1 et 2 m en haie taillée.

Floraison : En juin, des panicules de petites fleurs blanches au parfum lourd et miellé, suivies de baies noires toxiques.

Substrat : Toute terre bien drainée, même pauvre, sèche ou très calcaire, au pH de 6 à 8,5.

Exposition : Plein soleil ou mi-ombre ; il supporte l’ombre, mais y devient clairsemé et fleurit peu.

Arrosage : Tous les 10 à 15 jours par temps sec pendant les deux premiers étés, puis plus aucun arrosage une fois installé.

Durée de vie : Arbuste ligneux semi-persistant, d’une longévité de plusieurs décennies, que ses rejets de souche et sa reprise après rabattage prolongent encore.

Multiplication : Bouturage de rameaux ligneux de novembre à janvier, piqués aux deux tiers en pleine terre hors gel.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les deux premiers étés, arroser copieusement au pied tous les 10 à 15 jours sans pluie, soit une dizaine de litres par plant. Ensuite, le troène commun se passe d’arrosage, même en sol calcaire et sec.

Fertilisation : Aucun engrais n’est nécessaire pour cet arbuste indigène, qui prospère dans les terres les plus pauvres. Un paillis de broyat ou de feuilles mortes, renouvelé au printemps les premières années, nourrit le sol en se décomposant.

Rempotage : En haie de pleine terre, aucun rempotage n’est à prévoir. En bac, rempoter tous les 3 ans en mars dans un contenant plus grand, et renouveler la couche superficielle de terre les autres années.

Taille : Tailler au taille-haie de fin août à fin septembre, une fois les nichées envolées, et une seconde fois en juillet si l’on veut une haie très nette. Une haie dégarnie se rabat à 20 ou 30 cm du sol en fin d’hiver, car le troène repart vigoureusement du vieux bois.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil ou mi-ombre, avec au moins 4 heures de soleil par jour pour une haie dense et fleurie. À l’ombre, il pousse encore, mais lâche et presque sans fleurs.

Emplacement : Extérieur, en haie taillée ou champêtre, en bosquet ou en lisière, à toutes les orientations. Indigène en France, il résiste au vent, à la sécheresse et à la pollution urbaine.

Substrat : Toute terre de jardin, argileuse, limoneuse ou caillouteuse, avec une préférence pour les sols calcaires. À la plantation, ameublir sur 40 cm de profondeur et mêler un peu de compost à la terre.

pH : De 6 à 8,5 : il préfère les sols neutres à calcaires, où il pousse à l’état sauvage.

Drainage : Il tolère les sols lourds, pourvu qu’ils ne restent pas gorgés d’eau en hiver, ce qui asphyxie ses racines. En terrain argileux et humide, planter sur une légère butte.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : de novembre à fin janvier, prélever des rameaux de l’année de 20 à 25 cm, coupés sous un bourgeon, et les piquer aux deux tiers dans un coin de terre meuble et ombragé, dehors, hors période de gel. Tasser et laisser faire : elles s’enracinent au printemps et se mettent en place à l’automne suivant. La reprise est excellente et ne demande aucun abri.

Les autres méthodes

Semis :

SemerÀ l’automne, semer dehors les baies mûres débarrassées de leur pulpe, couvertes de 1 cm de terre : la levée vient au printemps ou au second printemps. L’espèce se reproduit fidèlement, mais les baies sont toxiques : se laver les mains après.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. Les baies mûrissent en septembre et octobre et restent sur l’arbuste une partie de l’hiver, si les oiseaux les laissent. Faute de semer à l’automne, les graines nettoyées se gardent un an au frais, dans du sable humide, pour un semis au printemps.

Division et autres méthodes : De novembre à mars, dehors, détacher à la bêche un rejet de souche muni de racines et le replanter aussitôt. Le marcottage simple d’une branche basse, au printemps, se sèvre un an plus tard.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’armillaire, un champignon des racines, est la seule maladie grave : le feuillage jaunit, la haie meurt par tronçons, et une pellicule blanche apparaît sous l’écorce du collet. Aucun traitement n’existe, et les pieds atteints s’arrachent avec leurs racines avant de replanter une essence peu sensible. Des taches foliaires apparaissent parfois par été humide, sans conséquence notable.

Parasites fréquents : Le puceron du troène enroule et jaunit les feuilles des jeunes pousses au printemps, et les thrips donnent au feuillage un aspect argenté et piqueté en été. Ces attaques affaiblissent peu une haie établie et ne justifient d’intervenir que sur de jeunes plants : un jet d’eau, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La grosse chenille verte rayée de violet et de blanc du sphinx du troène dévore quelques feuilles, sans dégâts réels.

Prévention : Planter en sol drainé et ne pas laisser de vieilles souches mortes à proximité, où l’armillaire s’installe. Désinfecter le taille-haie entre deux haies, surtout après avoir coupé des branches malades. Un troène vigoureux, à sa place, reste rarement malade.

Toxicité

Toxicité humaine : Toute la plante est toxique, surtout les baies noires qui mûrissent en septembre et restent accrochées une partie de l’hiver. Chez l’enfant, moins de cinq baies ne donnent en général que des troubles digestifs légers, mais un avis médical s’impose dès trois baies avant 30 mois, ou au-delà de cinq ensuite.

Toxicité animaux : L’ASPCA le classe toxique pour le chien, le chat et le cheval, avec salivation, douleurs abdominales, diarrhée, coliques et abattement. Les oiseaux, merles et grives en tête, mangent les baies sans dommage et en dispersent les graines.

Symptômes : Brûlures de la bouche et de la gorge, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée parfois abondante apparaissent peu après l’ingestion. Des troubles cardiaques, rénaux ou neurologiques restent rares et concernent les ingestions importantes.

Précautions : Apprendre aux enfants à ne pas goûter ces baies noires, qu’on peut prendre pour du cassis, et appeler le centre antipoison en cas d’ingestion. Porter des gants pour tailler si l’on a la peau sensible, car la sève peut irriter.

Associations de plantes

Bonnes associations : La viorne lantane, le cornouiller sanguin et l’églantier, indigènes comme lui et amateurs des mêmes sols calcaires, composent avec le troène une haie champêtre robuste. Leurs floraisons et leurs fruits se relaient du printemps à l’hiver, ce qui nourrit insectes et oiseaux toute l’année. Au pied, la pervenche ou le géranium vivace comblent les vides sans le gêner, car ils supportent l’ombre sèche.

Associations à éviter : Les rhododendrons, les azalées et les camélias, plantes de terre acide, jaunissent dans les sols calcaires où il se plaît. Les légumes et les vivaces gourmands en eau souffrent à moins d’1 m de la haie, dont les racines denses captent l’eau et les éléments nutritifs.

Conseil : Mêler le troène à trois ou quatre autres arbustes indigènes, en quinconce sur deux rangs : une haie diversifiée résiste mieux aux maladies et accueille davantage d’oiseaux qu’une haie d’une seule essence. Laisser un tronçon en port libre garde des fleurs pour les insectes et des baies pour les merles.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Haie taillée ou champêtre en pleine terre, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre ordinaire, même sèche et calcaire.

GesteQuandComment
RabattageUtile De début février à mi-marsDès que : Jeune haie à épaissir, ou vieille haie dégarnie à la base Le troène repart vigoureusement du vieux bois et se regarnit dès l’été suivant. Sur une jeune plantation, rabattre l’hiver qui suit la mise en place, puis tailler de moitié les nouvelles pousses l’hiver d’après, pour une haie dense dès la base.À 20 ou 30 cm du sol, avant le départ de la végétation
PaillageUtile De mi-mars à fin avril Étaler 5 à 10 cm de paillis sur une terre encore humide, sur toute la largeur de la jeune haie. Il garde la fraîcheur en été et empêche l’herbe de concurrencer des racines encore superficielles.Broyat ou feuilles mortes, les trois premières années
ArrosageEssentiel De mi-mai à mi-septembreDès que : Été sec, pendant les 2 années qui suivent la plantation Arroser copieusement tous les 10 à 15 jours sans pluie, pour que les racines descendent chercher la fraîcheur au lieu de rester en surface. Une fois installé, le troène commun se passe d’arrosage, même en sol calcaire et sec.Une dizaine de litres par plant, au pied
FloraisonOptionnel De début juin à mi-juillet Les fleurs attirent abeilles, syrphes et papillons, puis laissent des baies noires toxiques qui mûrissent en septembre et nourrissent les oiseaux tout l’hiver. Une haie tondue plusieurs fois par an fleurit peu, chaque coupe emportant les extrémités fleuries.Panicules blanches au parfum lourd
Taille après floraisonOptionnel En juillet Une première coupe légère après la floraison garde la haie nette jusqu’à l’automne. Vérifier auparavant qu’aucun nid n’est occupé : merles et fauvettes y élèvent encore des nichées en juillet.Pour une haie taillée au cordeau seulement
Taille de structureEssentiel De mi-août à fin septembre Garder la base plus large que le sommet, pour que la lumière atteigne les rameaux du bas. Une haie plus large en haut qu’en bas se dégarnit au pied en quelques années.Au taille-haie, une fois les nichées envolées
BouturageOptionnel De novembre à janvier Piquer les boutures aux deux tiers dans un coin de terre meuble et ombragé, hors période de gel : elles s’enracinent au printemps et se mettent en place à l’automne suivant.Rameaux de l’année, longs de 20 cm

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