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Vivace · Musacées

Bananier Musa acuminata

Aussi appelé : Bananier nain, Bananier Cavendish, Banana

Le bananier Musa acuminata est une grande herbe d’Asie du Sud-Est, l’ancêtre de la plupart des bananes de dessert, cultivée chez nous pour son ample feuillage tropical. Selon les conditions, il mesure de 2 à 8 m, et reste plus modeste en pot, où il passe l’été dehors en plein soleil. Il demande une terre riche, de la chaleur et des arrosages abondants pendant sa croissance. Son feuillage est détruit dès quelques degrés sous zéro : il lui faut un hiver à l’abri du gel, en véranda ou dans une pièce lumineuse.

Bananier (Musa acuminata)
Photo : Kurt Stüber [1], CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Musacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
0 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 9-11, résiste jusqu'à environ -2°C à 0°C pour de courtes périodes, sinon le feuillage est détruit dès quelques degrés négatifs.

Dimensions : 2 à 8 mètres de hauteur selon les conditions, avec un étalement de 2 à 4 mètres.

Floraison : Rare en France : une inflorescence pendante à grandes bractées pourpres, sans parfum, après plusieurs années ; la tige qui a fleuri et fructifié meurt ensuite, remplacée par ses rejets.

Substrat : Sol riche, humifère, bien drainé mais retenant l'humidité, avec un pH légèrement acide à neutre (6 à 7).

Exposition : Plein soleil à mi-ombre, une exposition ensoleillée favorisant une croissance vigoureuse.

Arrosage : Arrosage abondant et régulier en période de croissance (2 à 3 fois par semaine en été), en réduisant nettement en hiver.

Durée de vie : Vivace monocarpique par tige : chaque pseudo-tronc meurt après avoir fructifié, mais la souche vit 10 à 20 ans par ses rejets.

Multiplication : Prélèvement au printemps d’un rejet de 40 à 50 cm portant ses racines, rempoté au chaud jusqu’à la reprise.

Arrosage & entretien

Arrosage : Arrosez abondamment et régulièrement en été pour maintenir le sol humide sans excès d'eau stagnante, en réduisant nettement la fréquence en hiver (sol légèrement humide). L'humidité ambiante élevée est également bénéfique pour cette plante tropicale.

Fertilisation : Apportez un engrais riche en azote et potassium tous les 15 jours pendant la période de croissance (printemps-été). Suspendez toute fertilisation en automne et hiver lorsque la croissance ralentit.

Rempotage : Rempotez chaque année ou tous les 2 ans au printemps, en choisissant un pot légèrement plus grand avec un terreau riche et bien drainant. Cette plante ayant une croissance rapide, un système racinaire à l'étroit peut freiner son développement.

Taille : Retirez les feuilles jaunies ou endommagées à leur base pour favoriser l'esthétique et la santé de la plante. Aucune taille de structure n'est nécessaire, sauf pour supprimer les rejets indésirables si l'on souhaite limiter la formation de touffes.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive à forte, idéalement 6 à 8 heures de soleil direct ou lumineux par jour, avec protection contre le soleil brûlant de la mi-journée en climat très chaud.

Emplacement : Peut être cultivé en intérieur (véranda, serre) ou en extérieur dans les régions tropicales et subtropicales ; en extérieur, privilégier une exposition sud ou sud-est, à l'abri du vent fort.

Substrat : Un mélange riche, léger et bien drainant composé de terreau, compost, tourbe (ou fibre de coco) et sable ou perlite convient parfaitement.

pH : Le pH optimal se situe entre 5,5 et 7,0, avec une préférence pour un sol légèrement acide autour de 6,0-6,5.

Drainage : Un bon drainage est essentiel car cette plante ne tolère pas l'eau stagnante, qui favorise la pourriture des racines ; le sol doit rester humide mais jamais détrempé.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : en avril ou mai, dégager la terre autour d’un rejet de 40 à 50 cm, puis le trancher de la souche mère à la bêche ou au couteau en gardant un morceau de bulbe et des racines. Le rempoter dans un terreau riche, à l’intérieur ou sous abri, à 20 °C au moins et en lumière vive, en arrosant modérément jusqu’à la reprise, en 3 à 4 semaines. Il ne sort dehors qu’après les dernières gelées. Le prélèvement d’un rejet réussit très bien.

Les autres méthodes

Bouturage : Ne se bouture pas : ni les feuilles ni le pseudo-tronc ne s’enracinent.

Semis :

SemerLes bananiers fruitiers du commerce sont stériles et sans graines viables. Seule l’espèce sauvage se sème, à l’intérieur au printemps : graines dures trempées 24 à 48 h, couvertes de 1 cm de terreau, à 25 à 30 °C, avec une levée lente et irrégulière de 1 à 3 mois.

Récolter les grainesPas de graines en culture : les bananiers fruitiers sont stériles, leurs fruits se forment sans fécondation et ne contiennent que des traces de graines stériles, et la floraison reste d’ailleurs rare en France. Seules les graines de l’espèce sauvage, achetées dans le commerce spécialisé, germent ; elles perdent vite leur faculté de germer et se sèment dès réception. Pour reproduire une plante en place, le rejet reste la voie normale.

Maladies & parasites

# Musa acuminata (Bananier)

Maladies courantes :

- Cercosporiose (maladie des raies noires) : taches brunes/noires sur les feuilles qui fusionnent et provoquent un dessèchement prématuré ; supprimer les feuilles atteintes et améliorer l’aération du feuillage, puis en recours un fongicide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

- Maladie de Panama (Fusarium) : jaunissement des feuilles à partir de la base, flétrissement et pourriture interne du pseudo-tronc ; aucun traitement curatif efficace, il faut utiliser des variétés résistantes et détruire les plants infectés.

- Mosaïque du bananier (BSV) : stries jaunâtres discontinues sur les feuilles, ralentissement de croissance ; pas de traitement, élimination des plants malades et contrôle des vecteurs (pucerons).

Parasites fréquents :

- Charançon du bananier (Cosmopolites sordidus) : galeries dans le pseudo-tronc et le rhizome visibles à la coupe, affaiblissement de la plante ; pièges à phéromones et suppression des souches et débris de pseudo-tronc où il se réfugie.

- Nématodes (Radopholus similis) : racines nécrosées, plants qui se déracinent facilement lors de vents forts ; utilisation de plants sains certifiés et rotation des cultures.

- Thrips : décoloration argentée et taches sur les fruits ; douchage régulier du feuillage, puis en recours un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Prévention :

- Utiliser des rejets ou vitroplants certifiés sains et résistants aux maladies locales.

- Assurer un bon drainage, un espacement suffisant entre les plants et une fertilisation équilibrée pour renforcer la résistance naturelle.

- Pratiquer une rotation culturale et éliminer rapidement les débris végétaux et plants malades pour limiter la propagation des pathogènes.

Toxicité

Toxicité humaine : Musa acuminata (bananier) n'est pas toxique pour l'humain ; le fruit est comestible et les autres parties (feuilles, sève) sont sans danger notable, tout au plus légèrement irritantes en cas de contact avec la sève chez certaines personnes sensibles.

Toxicité animaux : Cette plante n'est pas considérée comme toxique pour les chiens, chats ou autres animaux domestiques ; la banane peut même être donnée en petite quantité comme friandise.

Symptômes : En cas d'ingestion, aucun symptôme toxique n'est attendu, mais une consommation excessive de fruit peut entraîner des troubles digestifs bénins (diarrhée) chez l'animal comme chez l'humain. Le contact cutané avec la sève peut occasionnellement provoquer une légère irritation ou tache chez les personnes à peau sensible.

Précautions : Aucune précaution particulière n'est nécessaire, si ce n'est de laver la peau en cas de contact prolongé avec la sève pour éviter les taches ou irritations mineures. Il est conseillé de donner les fruits en quantité raisonnée aux animaux pour éviter tout trouble digestif lié à l'excès de sucre.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le gingembre, le curcuma et le patchouli s'associent bien avec le bananier (Musa acuminata) car ils apprécient la même ombre partielle et l'humidité, tout en couvrant le sol pour limiter l'évaporation. Les légumineuses comme le pois d'Angole peuvent aussi être plantées à proximité pour fixer l'azote nécessaire à la croissance vigoureuse du bananier. Les fougères tropicales profitent également du microclimat humide créé sous la canopée du bananier.

Associations à éviter : Évitez les plantes gourmandes en eau et en nutriments similaires comme le maïs, qui entrerait en compétition directe pour les ressources. Les cultures nécessitant un plein soleil constant, comme la plupart des tomates, s'adaptent mal à l'ombre dense projetée par les larges feuilles du bananier. Les plantes sensibles à l'humidité stagnante, comme certains cactus ou succulentes, risquent de pourrir dans cet environnement.

Conseil : Utilisez les larges feuilles tombées du bananier comme paillis naturel autour des plantes compagnes pour conserver l'humidité et enrichir le sol en se décomposant.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en grand pot, dehors du printemps à l'automne dans un emplacement chaud et abrité du vent, puis hivernage en intérieur clair au-dessus de 12 degrés ; espèce tropicale gélive, à croissance très rapide et très gourmande en eau.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De début mai à mi-septembre : tous les 1 à 2 jours ; de mi-septembre à fin octobre : tous les 4 à 6 jours ; de novembre à mars : tous les 10 à 14 jours En pleine végétation, le substrat doit rester constamment frais, un grand sujet au soleil pouvant boire plusieurs litres par jour. En hiver, laisser sécher la surface entre deux apports, un excès d'eau au froid faisant pourrir le rhizome.eau non calcaire à température ambiante, en trempant toute la motte
Engrais liquideEssentiel De début avril à mi-septembre : toutes les 1 à 2 semaines Cette plante produit une feuille par semaine en été et épuise très vite les réserves du pot. Suspendre complètement les apports de l'automne à la fin de l'hiver.engrais riche en potasse, du type engrais tomates, sur substrat déjà humide
BrumisationUtile De début avril à mi-octobre : tous les 2 à 3 jours ; de mi-octobre à fin mars : tous les 1 à 2 jours L'air sec des maisons chauffées est le principal déclencheur des attaques d'araignées rouges durant l'hivernage. Un plateau de billes d'argile humides sous le pot complète utilement les brumisations.eau non calcaire tiède, en fine brume sur les deux faces des feuilles
Taille de structureUtile De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines Retirer au fur et à mesure les feuilles basses jaunies ou entièrement sèches, qui retiennent l'humidité et abritent les parasites. Conserver en revanche les feuilles simplement déchirées, encore pleinement fonctionnelles.couper le pétiole au ras du pseudo-tronc, sans entailler celui-ci
Inspection parasitaireEssentiel De janvier à décembre : toutes les 1 à 2 semaines Les araignées rouges sont le fléau de cette plante en intérieur et laissent un feuillage terne, piqueté de points clairs, avec de fines toiles. Doucher le feuillage à l'eau tiède dès les premiers signes, et surveiller aussi cochenilles et pucerons.examiner le revers des feuilles et l'enroulement de la feuille centrale
RempotageEssentiel De mi-mars à mi-mai Rempoter chaque printemps dans un contenant nettement plus grand, la motte se remplissant de racines en une seule saison. Un pot trop petit bloque immédiatement la croissance et fait jaunir les feuilles.terreau riche additionné de compost, dans un pot lourd et large
Gourmands et rejetsUtile De mai à septembre Supprimer les drageons surnuméraires concentre la vigueur sur le pied principal, qui reste ainsi bien plus haut et fourni. Toujours garder un rejet, car le pseudo-tronc meurt après avoir fructifié et c'est lui qui prend le relais.couper au ras du rhizome les rejets excédentaires, en conservant le plus vigoureux
Sortie au printempsUtile De mi-mai à fin juinDès que : après les dernières gelées, quand les nuits restent au-dessus de 12 degrés Sortir la plante à la belle saison lui offre la chaleur et la lumière nécessaires à sa croissance spectaculaire. Le moindre courant d'air déchire les grandes feuilles en lanières, ce qui est disgracieux mais sans gravité.emplacement chaud, lumineux et surtout bien abrité du vent
Acclimatation à la lumièreUtile De mi-mai à fin juinDès que : pendant les 2 semaines qui suivent la sortie Les feuilles formées à l'intérieur brûlent en plein soleil si le passage est brutal. Les nouvelles feuilles, elles, supportent ensuite très bien le soleil direct.mi-ombre les premiers jours, puis exposition croissante
Rentrée à l'automneEssentiel De mi-septembre à fin octobreDès que : quand les températures nocturnes descendent sous 12 degrés Rentrer bien avant les premiers froids, cette espèce tropicale souffrant déjà nettement en dessous de 10 degrés. Le feuillage est détruit dès le voisinage de zéro degré et le rhizome ne survit pas au gel.pièce claire maintenue au-dessus de 12 degrés

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