Vivace · Musacées
Bananier rose Musa velutina
Aussi appelé : Bananier velouté, Bananier nain rose, Pink banana
Le bananier rose est un petit bananier des contreforts de l’Himalaya oriental, dans le nord-est de l’Inde, l’un des plus rapides à fleurir et à fructifier. Il ne dépasse pas 1,50 à 2 m et offre dès l’été des bractées rose vif, puis de petites bananes roses et veloutées, pleines de graines. Il demande un sol très riche, beaucoup d’eau en été et un coin abrité du vent qui lacère ses feuilles. Son feuillage gèle dès -2 °C, mais la souche bien paillée repart au printemps après des froids de -10 °C.
- Type
- Vivace
- Famille
- Musacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -10 °C
- Floraison
- De juillet à août
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 8b, le feuillage gelant dès -2 °C mais la souche repartant après -10 °C si elle est bien paillée.
Dimensions : 1,50 à 2 mètres de haut pour 1,50 mètre d'étalement, c'est l'un des plus petits bananiers et le plus rapide à fructifier.
Floraison : En été, une inflorescence dressée aux bractées rose vif abritant des fleurs jaunes, suivie de petites bananes roses veloutées ; la tige qui a fleuri meurt ensuite et les rejets prennent le relais.
Substrat : sol profond, très riche et frais, pH de 5,5 à 7.
Exposition : plein soleil à mi-ombre, à l'abri du vent qui déchire les feuilles.
Arrosage : très abondant en été, la plante consommant énormément d'eau.
Durée de vie : Vivace monocarpique par tige, la souche se perpétuant 10 à 15 ans grâce à ses rejets.
Multiplication : Prélèvement des rejets en avril et mai, ou semis au chaud au printemps après un trempage de 24 h.
Arrosage & entretien
Arrosage : tous les 2 jours en été, quotidiennement en pot et par forte chaleur. Réduire nettement à l'automne et maintenir juste hors sécheresse en hiver sur une souche protégée.
Fertilisation : engrais riche en potasse toutes les 2 semaines de mai à septembre, plus un bon apport de compost au printemps. Un bananier affamé ne fructifie pas.
Rempotage : chaque printemps en pot, la souche grossissant vite et émettant de nombreux rejets.
Taille : couper au ras la tige qui a fructifié, elle ne refleurira jamais. Supprimer les feuilles sèches au fur et à mesure et rabattre l'ensemble avant hivernage sous nos climats.
Exposition & substrat
Exposition : 5 à 7 heures de soleil pour une floraison et une fructification correctes, une mi-ombre lumineuse restant acceptable.
Emplacement : extérieur de mai à octobre, dans un coin très abrité du vent, un mur au sud étant idéal. En pot, hivernage en pièce fraîche et claire au-dessus de 5 °C.
Substrat : terreau riche, terre de jardin et compost à parts égales, avec une bonne capacité de rétention.
pH : de 5,5 à 7, légèrement acide à neutre.
Drainage : bon drainage nécessaire malgré ses besoins en eau, la souche pourrissant dans un sol détrempé et froid en hiver. C'est l'humidité hivernale, pas le gel, qui tue le plus souvent.
Multiplication
Séparation des rejets : en avril ou mai, dégager la terre autour d’un rejet de 30 cm au moins et le détacher au couteau en gardant un morceau de souche et des racines. Le replanter aussitôt en pleine terre ou en pot, dans une terre riche, et l’arroser régulièrement : il reprend en 2 à 3 semaines. Le prélèvement des rejets en avril et mai réussit presque toujours ; le semis est aussi facile, ce bananier donnant des graines viables.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : ni les feuilles ni le pseudo-tronc ne s’enracinent.
Semis :
SemerAu printemps à l’intérieur, graines tirées des petites bananes roses, trempées 24 h dans de l’eau tiède et couvertes de 1 cm de terreau, à 25 à 30 °C : la levée, irrégulière, prend 2 à 8 semaines. Les plants sortent après les dernières gelées et reproduisent fidèlement l’espèce.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs, visitées par les insectes, se fécondent entre elles. Ses fleurs donnent des petites bananes roses garnies de graines noires et dures. On les cueille en automne quand la peau, mûre, se fend d’elle-même ; on lave les graines de la pulpe et on les sèche à l’ombre. Gardées au sec et au frais, elles restent bonnes un an environ, mais les plus fraîches lèvent mieux.
Maladies & parasites
Maladies courantes : la pourriture de la souche en hiver humide est le premier risque, elle se signale par une base molle et une odeur aigre au printemps. Les taches foliaires brunes en fin d'été n'ont pas de conséquence. Des feuilles déchirées ne sont pas malades : c'est l'effet normal du vent sur un limbe de cette taille.
Parasites fréquents : l'araignée rouge s'installe dès que l'air s'assèche, notamment pendant l'hivernage, et piquette le limbe. Pucerons sur les jeunes feuilles enroulées, cochenilles à la base des pétioles.
Prévention : pailler généreusement la souche avant l'hiver et la couvrir d'un abri qui écarte la pluie sans la confiner. Doucher le feuillage en été décourage les acariens.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune toxicité, les petits fruits roses velus étant comestibles, à la chair sucrée mais bourrée de grosses graines noires dures qu'il faut recracher.
Toxicité animaux : aucune toxicité documentée pour le chien ou le chat.
Symptômes : aucun n'est attendu ; les graines, très dures, présentent tout au plus un risque de fausse route ou de casse dentaire.
Précautions : prévenir les enfants que les fruits contiennent des graines à ne pas croquer. La plante elle-même est sans danger.
Associations de plantes
Bonnes associations : les cannas et les Colocasia partagent son appétit d'eau et de fumure et composent une scène exotique cohérente. Les Ricinus apportent une masse haute en une saison. Un couvre-sol de Tradescantia habille le pied à la belle saison.
Associations à éviter : toutes les plantes de sol sec et pauvre, dont les besoins sont opposés. Les vivaces basses permanentes, écrasées par la protection hivernale de la souche. Éviter les grands arbres à racines superficielles qui lui prendraient l'eau.
Conseil : planter la souche dans un creux plutôt que sur une butte, mais en drainant le fond au gravier. On concentre ainsi l'eau des arrosages d'été là où elle sert, sans laisser la souche baigner en hiver.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en grand bac, dehors en situation chaude et abritée de mai à octobre et hivernage hors gel dans une véranda ou une pièce lumineuse, ou pleine terre avec protection dans les régions les plus douces. Bananier de petite taille, dont le feuillage gèle dès zéro degré mais dont la souche repart si elle est protégée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 1 à 3 jours ; de mi-septembre à fin avril : tous les 8 à 15 jours | Ce bananier boit énormément en été et ses feuilles s'affaissent dès que le substrat sèche. Réduire fortement pendant l'hivernage, la souche pourrissant dans un substrat froid et détrempé. |
| Brumisation | De juin à août : tous les 1 à 2 jours ; de mi-octobre à mi-avril : tous les 2 à 3 jours | L'air sec brunit le bord des feuilles, aussi bien pendant les canicules qu'à l'intérieur en hiver. La brumisation limite nettement les araignées rouges, principal ravageur pendant l'hivernage. |
| Engrais liquide | De mai à août : toutes les 1 à 2 semaines | Nourrir très régulièrement pendant la belle saison, la croissance étant extrêmement rapide en bac. Cesser début septembre pour que la souche durcisse avant les froids. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De début mai à mi-octobre : toutes les 2 à 4 semaines | Retirer au fur et à mesure les feuilles du bas jaunies ou déchirées, qui gâchent la silhouette. Couper proprement au couteau sans arracher la gaine encore accrochée au tronc. |
| Compost, amendement | De début avril à mi-mai | Apporter 4 à 5 cm de compost bien décomposé au départ de végétation. La plante refait tout son feuillage chaque année et se montre très gourmande. |
| Division de touffe | D’avril à mai, tous les 2 ans | Détacher au couteau les rejets qui entourent le pied, la touffe s'épaississant vite et fleurissant moins. Chaque pseudo-tronc meurt après avoir fructifié, et ce sont ces rejets qui assurent le renouvellement. |
| Sortie au printemps | De début mai à mi-juin | Un été dehors donne des feuilles bien plus grandes et déclenche la floraison rose dressée, suivie des petits fruits velus. Le vent lacère les feuilles en lanières, ce qui ne nuit pas à la plante mais gâche complètement l'aspect. |
| Rentrée à l'automne | De début octobre à mi-novembre | Rentrer avant les premières gelées, qui détruisent tout le feuillage en une nuit. Un local trop chaud et sombre étiole la plante, qui perd ses feuilles une à une pendant l'hiver. |
| Rabattage | De novembre à décembre | Supprimer les feuilles détruites, qui se transforment en bouillie et font pourrir le cœur du pseudo-tronc. Conserver la base, d'où repartiront les nouvelles pousses au printemps. |
| Protection des racines | De début novembre à mi-mars | Recouvrir généreusement la souche d'un paillis sec et volumineux, coiffé d'une bâche qui écarte la pluie. C'est l'humidité hivernale bien plus que le froid qui fait pourrir le cœur. |