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Vivace · Papavéracées

Pavot d'Orient Papaver orientale

Aussi appelé : Pavot oriental, Pavot vivace, Oriental poppy

Le pavot d’Orient est une vivace à racine pivotante charnue, originaire du Caucase, de Turquie et d’Iran, cultivée pour ses grandes fleurs aux pétales froissés, orange vif, rouges, roses ou blanches, qui s’ouvrent en mai et juin. Ses hampes montent à 60 cm à 1 m en fleurs, puis tout le feuillage disparaît en été, pendant sa dormance. Il demande le plein soleil et une terre profonde, plutôt pauvre et bien drainée, même calcaire. Il ne craint pas le froid, mais l’eau stagnante de l’hiver, dans une terre lourde, fait pourrir sa racine.

Pavot d'Orient (Papaver orientale)
Photo : Christian Orlandi, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Papavéracées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-30 °C
Floraison
De mai à juin
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 7 : très rustique, il supporte -30 °C, mais un sol lourd et détrempé en hiver le fait pourrir bien avant le froid.

Dimensions : Hampes de 60 à 100 cm en fleurs, pour une touffe de 50 à 90 cm d’étalement dont le feuillage disparaît en été.

Floraison : De mai à juin, de grandes corolles de soie froissée orange vif à rouge, maculées de noir à la base, ou roses et blanches selon les variétés, chacune ne tenant que 2 ou 3 jours.

Substrat : Terre profonde, ordinaire et bien drainée, plutôt pauvre que riche ; pH idéal de 6,5 à 8, car il apprécie les sols calcaires.

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour.

Arrosage : Au printemps, un arrosage au pied tous les 10 à 15 jours en l’absence de pluie, surtout les deux premières années. Aucun en été pendant sa dormance.

Durée de vie : Vivace à racine pivotante charnue, de très longue vie : une touffe bien placée fleurit 20 ans et plus sans être dérangée.

Multiplication : Bouturage de tronçons de racine en octobre et novembre, ou division de la souche de mi-août à fin septembre, pendant la dormance.

Arrosage & entretien

Arrosage : Au printemps, arroser au pied tous les 10 à 15 jours pendant la montée des boutons si la pluie manque, surtout les deux premières années. Rien en juillet et en août pendant la dormance, puis un arrosage toutes les 3 à 4 semaines à l’automne par temps sec, quand la nouvelle rosette repart.

Fertilisation : Une poignée de compost mûr griffée au pied en mars suffit. Pas d’engrais azoté : en terre trop riche, les hampes s’allongent et versent au premier orage.

Rempotage : Plante de pleine terre, que sa longue racine pivotante rend impropre à la culture durable en pot, et qui déteste être déplacée. Ne diviser qu’une souche épuisée, tous les 5 ans au plus, de fin août à septembre pendant la dormance.

Taille : Couper les hampes défleuries au ras du feuillage, en gardant quelques capsules pour les bouquets secs si on le souhaite. Rabattre tout le feuillage au ras du sol dès qu’il jaunit après la floraison : c’est sa dormance normale, et une nouvelle rosette repart à l’automne.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures de soleil direct par jour. À mi-ombre, il fleurit peu et ses hampes s’étirent puis versent.

Emplacement : Extérieur uniquement, en massif ou en fond de bordure, exposé au sud ou à l’ouest et à l’abri des vents forts qui couchent les hampes. Prévoir autour de lui des vivaces tardives qui masqueront le vide laissé par sa dormance d’été.

Substrat : Terre de jardin profonde et meuble, même caillouteuse, où sa racine descend loin. Alléger une terre argileuse avec du sable grossier ou du gravier sur une bonne profondeur.

pH : De 6,5 à 8 : il préfère un sol neutre à calcaire et supporte mal une terre franchement acide.

Drainage : Indispensable, en hiver comme pendant la dormance estivale : la racine charnue pourrit dans une terre qui reste gorgée d’eau. En sol lourd, planter sur une butte.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage de racine : d’octobre à fin novembre, dégager une racine charnue, en couper des tronçons de 5 cm et les coucher à plat sur un mélange de terreau et de sable, à peine recouverts de 1 cm. Laisser dehors, sous un châssis ou à l’abri de la pluie, le substrat juste frais. Les pousses apparaissent au printemps suivant et se plantent en place à l’automne. La bouture de racine : sûre, elle reproduit fidèlement les cultivars, ce que le semis ne fait pas, sans déranger la souche. La division reste possible de mi-août à fin septembre, mais la plante divisée met souvent 2 ans à refleurir.

Les autres méthodes

Semis :

SemerAu printemps, sous abri à 15 à 20 °C, semer en surface ou à peine couvert, car la graine germe à la lumière ; la levée prend 2 à 3 semaines. Repiquer très tôt en godets, la racine pivotante supportant mal le dérangement. L’espèce se reproduit à peu près fidèlement, les cultivars nommés non.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le pavot d’Orient est en grande partie autostérile. En juillet, quand la capsule a séché, bruni et que les pores sous la couronne s’ouvrent, la couper et la secouer dans un sachet. Il faut les abeilles pour avoir des capsules bien garnies, et les cultivars voisins se croisent. Les graines se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais, mais celles du commerce restent plus sûres pour une couleur précise.

Division et autres méthodes : De mi-août à fin septembre, pendant la dormance, soulever la souche et la séparer en éclats portant chacun un bourgeon et un morceau de racine charnue. Replanter aussitôt dans un sol drainant, sans enterrer le collet. Ne le faire que sur une touffe épuisée.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Par printemps humide, le mildiou marque les feuilles de taches jaunâtres avec un duvet gris violacé au revers, et l’oïdium les couvre d’un feutrage blanc en fin de saison. Retirer les feuilles atteintes puis rabattre tout le feuillage après la floraison suffit en général, le soufre limitant l’oïdium si besoin. En sol détrempé, la pourriture du collet fait s’effondrer la touffe, et la pourriture grise peut gagner les boutons par temps pluvieux.

Parasites fréquents : Les pucerons noirs colonisent le haut des hampes et le dessous des boutons au printemps, et déforment les fleurs avant leur ouverture : un jet d’eau ferme en vient à bout au début, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les limaces s’attaquent aux jeunes rosettes d’automne et de printemps : les ramasser le soir ou disperser des granulés au phosphate ferrique.

Prévention : Plein soleil, sol drainé, pas d’excès d’azote et arrosage au pied, jamais sur le feuillage. Surveiller les boutons chaque semaine pendant leur montée, et couper le feuillage dès qu’il jaunit, avant qu’il ne pourrisse sur la souche.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxique en cas d’ingestion : toutes les parties contiennent des alcaloïdes (oripavine, thébaïne), en particulier le latex blanc et les capsules vertes. Les intoxications sont rares car la plante est amère, mais une ingestion importante est dangereuse, surtout pour un enfant.

Toxicité animaux : Toxique pour les chiens, les chats et les chevaux, qui le délaissent généralement à cause de son amertume et de ses poils rêches. Le risque vient surtout des capsules et des déchets de coupe laissés à portée.

Symptômes : Nausées, vomissements, douleurs abdominales et abattement ; à forte dose, agitation, tremblements voire convulsions, la thébaïne étant convulsivante. Au contact, les poils raides et le latex peuvent irriter une peau sensible.

Précautions : Porter des gants pour diviser la souche ou prélever des boutures de racines, et se laver les mains après avoir manipulé des tiges coupées. Ne pas laisser les capsules sèches à portée des enfants et des animaux, y compris dans un bouquet sec.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le gypsophile paniculé et la sauge d’Afghanistan (Perovskia) s’étoffent en été dans le même sol sec et calcaire, et masquent le vide laissé par sa dormance. Les iris des jardins fleurissent en même temps, dans les mêmes conditions, et répondent à ses larges coupes par leurs feuilles en glaive.

Associations à éviter : Les astilbes et autres vivaces de terre fraîche demandent un arrosage estival dont l’eau ferait pourrir sa souche au repos. Les couvre-sols envahissants comme le céraiste cotonneux s’installent sur la place qu’il laisse libre en juillet, et l’étouffent à la reprise.

Conseil : Le planter en arrière d’une vivace à développement tardif, et marquer l’emplacement de la souche d’un tuteur : en août on ne le voit plus, et un coup de bêche dans la racine est vite donné. Laisser le sol sec au-dessus de lui pendant l’été, sans goutte-à-goutte ni arroseur automatique.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe installée en pleine terre, en massif ou en fond de bordure, en plein soleil, dans une terre profonde et bien drainée, plutôt neutre à calcaire.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De début avril à mi-juin : tous les 10 à 15 jours ; de septembre à octobre : toutes les 3 à 4 semaines Arroser au pied, jamais sur le feuillage, tant que les boutons montent. Une souche installée descend chercher l’eau avec sa racine pivotante et se passe ensuite d’arrosage.En l’absence de pluie seulement, et surtout les deux premières années.
Compost, amendementUtile En mars Apporter le compost au départ des feuilles, sans enterrer le collet. Ce pavot fleurit mieux en terre pauvre qu’en terre grasse, où les hampes s’allongent et versent au premier orage.Une poignée de compost mûr, griffée en surface.
Inspection parasitaireUtile De début avril à mi-juin Regarder le haut des hampes une fois par semaine pendant la montée des boutons. Une colonie installée là déforme les fleurs avant même leur ouverture, et un jet d’eau ferme suffit à ce stade.Pucerons noirs, sous les boutons velus.
Palissage, tuteurageUtile En mai Poser un cercle de support ou quelques rameaux autour de la touffe avant que les boutons ne s’ouvrent. Une averse sur des fleurs larges comme la main couche les hampes en une nuit, et elles ne se redressent jamais.Hampes creuses de 80 à 100 cm.
FloraisonUtile De mai à juin La floraison est brève et spectaculaire, chaque corolle de soie froissée ne tenant que 2 ou 3 jours. Planter deux ou trois pieds d’époques légèrement différentes étale un peu le spectacle.2 à 3 semaines par pied, pas davantage.
Fleurs fanéesUtile De mi-mai à fin juin Couper dès la chute des pétales, en gardant deux ou trois capsules si l’on veut des bouquets secs. Les semis spontanés ne redonnent pas la couleur du pied mère, qui est presque toujours un cultivar.La hampe entière, coupée au ras du feuillage.
RabattageEssentiel De mi-juin à mi-aoûtDès que : Le feuillage jaunit et s’affaisse dans les semaines qui suivent la floraison. Couper dès que les feuilles jaunissent : c’est la dormance estivale normale de l’espèce, et non un manque d’eau. Un feuillage qui pourrit sur la souche entretient l’oïdium et la pourriture du collet.Tout le feuillage, au ras du sol.
Repos secEssentiel De juillet à août Ne plus rien arroser au-dessus de la souche de juillet à la fin août, elle dort et n’absorbe plus. L’eau d’été sur une racine pivotante en sommeil est la première cause de perte de ce pavot.Emplacement laissé sec pendant la dormance.
Division de touffeOptionnel De mi-août à fin septembre, tous les 5 ans Ne déranger la souche que si elle s’épuise, en séparant des éclats munis chacun d’un bourgeon et d’un morceau de racine charnue. Ce pavot supporte mal la transplantation et met souvent 2 ans à refleurir ensuite.En pleine dormance, jamais au printemps.
BouturageOptionnel D’octobre à novembre Coucher à plat des tronçons de racine de 5 cm dans un mélange sableux, à peine recouverts, et laisser dehors à l’abri de la pluie. C’est le moyen le plus sûr de multiplier un cultivar nommé sans déranger la souche, car le semis ne le reproduit pas.Boutures de racines, sous châssis froid.

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