Vivace · Géraniacées
Géranium lierre Pelargonium peltatum
Aussi appelé : Géranium retombant, Pélargonium lierre, Géranium à feuilles de lierre, Ivy geranium
Le géranium lierre est un pélargonium d’Afrique du Sud aux tiges retombantes et aux feuilles charnues qui rappellent celles du lierre, cultivé surtout en jardinière et en suspension. Ses tiges pendent sur 60 cm à 1 m, jusqu’à 1,50 m pour les variétés cascade, et fleurissent de mai aux premières gelées. Il veut le plein soleil, qu’il encaisse mieux que le géranium zonal, même plein sud contre un mur, et des arrosages fréquents en été. Gélif dès -1 °C, il s’hiverne hors gel ou se rachète chaque printemps.
- Type
- Vivace
- Famille
- Géraniacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 0 °C
- Floraison
- De mai à octobre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 9 à 11, plante gélive. Les dégâts commencent à -1 °C et la touffe est détruite vers -3 °C : en France métropolitaine elle s’hiverne hors gel, sauf sur le littoral méditerranéen bien abrité.
Dimensions : tiges retombantes de 60 cm à 1 m, jusqu’à 1,50 m pour les cultivars cascade, sur 40 à 60 cm de large.
Floraison : De mai aux premières gelées, en ombelles de fleurs simples ou doubles rouges, roses, mauves, violettes ou blanches, souvent bicolores, sans parfum notable.
Substrat : terreau géranium allégé d’un tiers de sable grossier ou de perlite. pH de 6 à 6,5.
Exposition : plein soleil, 6 heures au minimum. Contrairement au géranium zonal, il encaisse très bien le plein sud et la réverbération d’un mur de balcon.
Arrosage : tous les 1 à 2 jours en été en jardinière, en laissant sécher la surface entre deux fois. De novembre à février, un verre d’eau toutes les 3 à 4 semaines suffit.
Durée de vie : vivace arbustive, 3 à 5 ans en culture hivernée. Beaucoup la conduisent en annuelle et rachètent des plants chaque printemps.
Multiplication : Bouturage de tiges non fleuries en août et septembre ou en mars et avril, coupe séchée, en terreau sableux hors gel.
Arrosage & entretien
Arrosage : de mai à septembre, tous les 1 à 2 jours selon la chaleur, au pied et sans mouiller le feuillage, soucoupe vidée ensuite. Tous les 4 à 6 jours en mars-avril, une semaine en octobre, puis presque rien de novembre à février.
Fertilisation : engrais spécial géranium, riche en potasse, tous les 8 à 10 jours de mai à début septembre. Aucun apport pendant l’hivernage.
Rempotage : chaque printemps en mars, en terreau neuf et dans un contenant à peine plus large. Un pot trop grand donne de la tige et peu de fleurs.
Taille : pincer les jeunes pousses en mars-avril pour obtenir une touffe ramifiée. Rabattre toutes les tiges de moitié en octobre, juste avant de rentrer la plante.
Exposition & substrat
Exposition : plein soleil, 6 à 8 heures par jour. Sous 4 heures, les tiges s’allongent, les entre-nœuds s’étirent et la floraison se clairsème.
Emplacement : dehors de mai à octobre, en jardinière ou en suspension sur un balcon sud ou ouest. Le reste de l’année à l’abri, dans un local clair et frais entre 5 et 10 °C.
Substrat : terreau pour géraniums allégé d’un tiers de sable grossier, de perlite ou de pouzzolane. Il doit sécher en surface en un jour ou deux.
pH : 5,8 à 6,5, légèrement acide.
Drainage : déterminant chez cette espèce. Ses feuilles épaisses constituent une réserve d’eau, et l’excès se paie en taches liégeuses en relief au revers des feuilles, puis en pourriture du collet : trous de drainage dégagés et soucoupe vidée systématiquement.
Multiplication
Bouturage : prélever des extrémités non fleuries de 8 à 10 cm, coupées sous un nœud, ôter les feuilles du bas et laisser sécher la coupe 2 heures à l’air. Les piquer dans un mélange de terreau et de sable ou de perlite à peine humide, sous abri ou à l’intérieur, en lumière vive, surtout pas à l’étouffée. Les racines se forment en 3 à 4 semaines ; hiverner les jeunes pieds hors gel, vers 8 à 12 °C. Le bouturage de tiges en août et septembre, ou en mars et avril sur un pied hiverné : il réussit presque toujours et reproduit fidèlement la variété. Quelques boutures hivernées hors gel remplacent l’achat de plants au printemps.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPossible en janvier et février, à l’intérieur à 20 à 22 °C, en couvrant les graines de 2 à 3 mm de terreau fin ; la levée prend 1 à 2 semaines, et la plantation dehors attend la fin des gelées. Le semis ne vaut qu’avec des graines achetées : celles récoltées sur un hybride ne reproduisent pas la plante, et les variétés doubles en donnent peu.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. Après la fécondation, chaque fleur forme un fruit en long bec qui brunit en 4 à 6 semaines puis éclate en projetant ses graines : les récolter juste avant, quand le bec jaunit, ou l’enfermer dans un sachet de tulle. Séchées, elles se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais. Les variétés du commerce étant des hybrides, et souvent doubles, les graines achetées sont seules fiables.
Division et autres méthodes : Aucune : la plante forme un pied ligneux unique, et ses tiges retombantes ne s’enracinent pas d’elles-mêmes ; le bouturage suffit.
Maladies & parasites
Maladies courantes : l’œdème d’abord, petites taches liégeuses en relief au revers des feuilles, propre au géranium lierre et causé par un excès d’eau. Il est irréversible sur la feuille atteinte mais sans gravité, et espacer les arrosages suffit. Viennent ensuite la pourriture grise sur les fleurs par temps humide et la pourriture noire du collet en substrat détrempé ; la rouille, elle, touche surtout le géranium zonal.
Parasites fréquents : le papillon du géranium (Cacyreus marshalli), installé en France depuis la fin des années 1990, dont la chenille creuse les tiges de l’intérieur : une tige fane seule, percée d’un trou net. Pucerons sur les jeunes pousses au printemps. Aleurodes et araignées rouges pendant l’hivernage, dans l’air sec du local.
Prévention : inspecter les tiges et les boutons chaque semaine de mai à octobre. Couper et jeter aux ordures, pas au compost, toute tige atteinte. Aérer le local d’hivernage et y espacer les pots.
Toxicité
Toxicité humaine : faible. Le contact répété avec la sève peut irriter la peau des personnes sensibles, et l’ingestion de feuilles ne donne au pire que des troubles digestifs passagers.
Toxicité animaux : toxique pour le chien, le chat et le cheval, à cause du géraniol et du linalol présents dans toute la plante, le chat étant le plus sensible. À ne pas confondre avec les vrais géraniums, du genre Geranium, qui ne sont pas listés comme toxiques.
Symptômes : vomissements, perte d’appétit, abattement, et dermatite au point de contact. En cas de forte ingestion, démarche mal assurée et faiblesse musculaire.
Précautions : suspendre les jardinières hors de portée et ramasser les feuilles et fleurs tombées. Appeler un vétérinaire en cas d’ingestion par un chat.
Associations de plantes
Bonnes associations : bidens et surfinia, qui demandent le même plein soleil, la même eau et le même engrais, avec un port retombant complémentaire. Dichondra argentée pour habiller le bord du bac sans concurrencer les racines. Verveine retombante, qui accepte comme lui un substrat sec en surface.
Associations à éviter : fuchsia, impatiens et bégonia, qui veulent l’ombre et un terreau constamment humide, exactement ce qui fait pourrir le lierre. Les succulentes à l’inverse, dont l’arrosage très espacé le laisserait sécher en pleine floraison.
Conseil : une jardinière à réserve d’eau lisse les à-coups des journées chaudes, à condition de la laisser se vider complètement avant de la remplir de nouveau.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pieds en jardinière ou en suspension, terreau drainant, balcon exposé plein sud ou sud-ouest de mai à octobre, hivernés dans un local clair et hors gel.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à avril : tous les 4 à 6 jours ; de mai à septembre : tous les 1 à 2 jours ; en octobre : tous les 6 à 8 jours ; de novembre à février : toutes les 3 à 4 semaines | Arroser au pied quand la surface du terreau est sèche au toucher, et jamais sur le feuillage. Les feuilles charnues du lierre font réserve : trop arrosé, il se couvre de taches liégeuses au revers, l’œdème, que plus rien n’efface. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dans le quart d’heure qui suit l’arrosage, et après chaque averse d’orage. Les racines charnues du lierre pourrissent en quelques jours dans l’eau stagnante, y compris en hiver sous abri. |
| Rempotage | En mars | Dépoter à la fin de l’hivernage, dégager les racines du vieux terreau épuisé et remettre en place dans un pot d’1 ou 2 cm de plus seulement. Le géranium lierre fleurit mieux un peu à l’étroit : un grand pot lui fait faire des tiges. |
| Pincement | De mi-mars à fin avril | Pincer entre deux ongles l’extrémité des jeunes pousses après le rempotage. Sans ce geste, le lierre file en longues tiges nues qui ne fleurissent qu’à leur extrémité. |
| Sortie au printemps | En mai | Sortir la jardinière une fois tout risque de gelée écarté, à l’ombre légère les trois ou quatre premiers jours avant de la placer au plein soleil. Un feuillage formé sous abri brûle s’il reçoit le soleil de mai d’un seul coup. |
| Engrais liquide | De début mai à mi-septembre | Ajouter l’engrais à l’eau d’arrosage tous les 8 à 10 jours, de la sortie jusqu’au début de septembre. Une jardinière épuise sa réserve en 6 semaines environ, et la floraison s’arrête net sans apport. |
| Inspection parasitaire | De début mai à mi-octobre | Examiner chaque semaine les boutons percés d’un trou net et les tiges molles, signes de la chenille du papillon du géranium, très présente en France sur cette espèce. Couper la tige atteinte jusqu’au bois sain et la jeter avec les ordures, jamais au compost. |
| Fleurs fanées | De mi-mai à mi-octobre | Détacher l’ombelle fanée d’un coup de pouce latéral, en emportant toute sa tige jusqu’au point d’attache. Le lierre se nettoie mieux que le géranium zonal, mais un pédoncule laissé en place moisit et fait pourrir la tige qui le porte. |
| Rabattage | En octobre | Raccourcir toutes les tiges de moitié et retirer feuilles jaunes et fleurs restantes avant l’hivernage. Une touffe réduite tient dans peu de place, sèche vite et attrape beaucoup moins la pourriture grise dans un local fermé. |
| Rentrée à l'automne | En octobre | Rentrer la jardinière dans un local clair et hors gel, entre 5 et 10 °C, avant les premières nuits froides. Le géranium lierre est détruit dès -1 à -3 °C et ne repart pas d’une souche gelée. |
| Repos sec | De novembre à février | Laisser la plante au frais, au clair et presque sans eau pendant l’hiver, un verre toutes les 3 ou 4 semaines. Hivernée au chaud ou dans le noir, elle s’étiole en pousses blanches et molles qu’il faudra toutes couper au printemps. |