Annuelle · Géraniacées
Géranium zonale Pelargonium zonale
Aussi appelé : Géranium droit, Pélargonium zonal, Géranium des balcons, Zonal geranium
Le géranium zonale est un pélargonium originaire d’Afrique du Sud, roi des jardinières et des balcons, aux grosses ombelles rouges, roses, saumon ou blanches et aux feuilles souvent marquées d’une zone plus sombre. Vivace non rustique traitée en annuelle, il forme chez nous une touffe de 30 à 50 cm la première année et fleurit de mai aux premières gelées. Il demande surtout le plein soleil, au moins 6 heures par jour, et un terreau drainant qui ne reste jamais détrempé. Il convient aux balcons plein sud et se garde plusieurs années si on l’hiverne hors gel ; à l’ombre, il file et cesse de fleurir.
- Type
- Annuelle
- Famille
- Géraniacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -1 °C
- Floraison
- De mai à octobre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10, aucune rusticité réelle sous nos climats : le feuillage noircit dès -1 °C et le pied meurt vers -3 °C. Il se conserve d’une année sur l’autre uniquement s’il est hiverné hors gel.
Dimensions : 30 à 50 cm de haut la première année en jardinière, pour 30 à 40 cm d’étalement. Un pied hiverné plusieurs saisons monte à 60 ou 80 cm et se charpente comme un petit arbuste.
Floraison : De mai aux premières gelées, en grosses ombelles rondes de fleurs rouges, roses, saumon, orangées ou blanches, sans parfum, le feuillage dégageant une odeur forte au froissement.
Substrat : Terreau de plantation allégé d’un tiers de sable grossier ou de perlite, pH 6 à 6,5. Il refuse la tourbe pure qui reste détrempée.
Exposition : Plein soleil, 6 heures minimum ; il encaisse sans broncher un balcon plein sud. À l’ombre il file, allonge ses entre-noeuds et ne fleurit plus.
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours au printemps, presque tous les jours en juillet et août en jardinière exposée, tous les 4 à 6 jours en septembre, tous les 15 à 21 jours pendant l’hivernage.
Durée de vie : Vivace non rustique, le plus souvent traitée en annuelle. Hiverné correctement, un pied donne 4 à 6 belles années, davantage si on le renouvelle par bouture.
Multiplication : Bouturage de tiges non fleuries de mi-août à fin septembre, coupe séchée 2 heures, en terreau sableux sans étouffée.
Arrosage & entretien
Arrosage : Laisser sécher 3 cm en surface, puis arroser au pied jusqu’à ce que l’eau ressorte du pot : tous les 2 à 3 jours d’avril à juin, tous les 1 à 2 jours en pleine chaleur, tous les 15 à 21 jours l’hiver. Ne jamais mouiller le feuillage ni laisser d’eau dans la soucoupe.
Fertilisation : Engrais géranium, plus riche en potasse qu’en azote, tous les 12 à 15 jours en avril-mai puis tous les 7 à 10 jours de juin à août. Arrêt fin septembre : un pied encore en croissance au moment de la rentrée pourrit pendant l’hivernage.
Rempotage : Chaque année en mars, dans du terreau neuf et un pot à peine plus grand. Un contenant trop large produit des feuilles et peu de fleurs, la floraison venant d’une motte un peu serrée.
Taille : Rabattre d’un tiers à la moitié en octobre, avant de rentrer, en retirant toutes les feuilles jaunes. Pincer les têtes en mars après le rempotage pour obtenir une touffe ramifiée plutôt que trois tiges nues.
Exposition & substrat
Exposition : 6 à 8 heures de soleil direct, c’est la condition de la floraison continue. En dessous de 4 heures, il fait des feuilles et des tiges molles.
Emplacement : Dehors de mi-mai à début octobre, sud ou sud-ouest ; à l’intérieur le reste de l’année, dans une pièce claire et fraîche entre 5 et 12 °C. Un salon chauffé à 20 °C est le pire hivernage possible.
Substrat : Deux tiers de terreau, un tiers de sable grossier ou de perlite, avec une poignée de compost mûr. L’objectif est un mélange qui ressuie en quelques heures.
pH : 6,0 à 6,8, légèrement acide à neutre.
Drainage : Indispensable, trou d’évacuation dégagé et couche de billes d’argile au fond. La pourriture noire du collet, favorisée par un substrat gorgé d’eau, est la première cause de perte de la plante.
Multiplication
Bouturage : prélever des extrémités non fleuries de 8 à 10 cm, coupées sous un nœud, ôter les feuilles du bas et laisser sécher la coupe 2 heures à l’air. Les piquer dans un terreau sableux ou mêlé de perlite à peine humide, sous abri ou à l’intérieur, en lumière vive, jamais à l’étouffée, qui les fait pourrir. Les racines se forment en 3 à 4 semaines ; hiverner hors gel, vers 8 à 12 °C, au sec. Le bouturage de tiges de mi-août à fin septembre : il réussit presque toujours, reproduit fidèlement la variété et assure contre un hivernage raté. Les jeunes pieds fleurissent plus tôt que la plante mère.
Les autres méthodes
Semis :
SemerEn janvier, à l’intérieur à 22 à 24 °C, en couvrant les graines de 3 mm de terreau fin ; la levée prend 1 à 2 semaines et la plantation dehors attend la fin des gelées, mi-mai. On sème des graines d’hybrides F1 achetées : celles récoltées au jardin ne reproduisent pas la plante.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. Les fleurs fécondées forment un fruit en bec de grue qui éclate à maturité, de juillet à octobre : le cueillir dès qu’il brunit, avant que les graines ne soient projetées. Séchées, celles-ci se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais, mais les fleurs doubles en donnent très peu. Les graines d’hybrides F1 du commerce restent la seule voie pour un semis qui ressemble à ce qu’on attend.
Division et autres méthodes : Aucune : le géranium zonal forme un pied ligneux unique, sans rejets ni touffe à diviser.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La rouille du pélargonium, propre au zonale, pose des pustules brunes disposées en cercles au revers des feuilles : couper et jeter les feuilles atteintes, espacer les pots, ne plus mouiller le feuillage. Le botrytis grise les fleurs et les tiges par temps humide, surtout pendant l’hivernage. La pourriture noire du collet fait brunir la base de la tige et ne se rattrape pas, seule une bouture saine sauve la variété.
Parasites fréquents : Le papillon du géranium, Cacyreus marshalli, est le vrai problème en France : sa chenille creuse les tiges de l’intérieur et laisse un petit trou entouré de sciure. Les aleurodes s’installent au revers des feuilles et s’envolent en nuage quand on touche le pot. Les pucerons se contentent des jeunes pousses au printemps.
Prévention : Espacer les pots et ne jamais arroser le feuillage le soir. Inspecter les tiges chaque semaine de juin à septembre et couper sous la galerie au premier trou. Rabattre et nettoyer soigneusement avant la rentrée, un feuillage abondant et humide dans un local fermé donne toujours du botrytis.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible. La sève peut provoquer une irritation ou une dermite de contact chez les peaux sensibles lors de longues séances de taille ou de bouturage, et l’ingestion, sans gravité connue, reste à éviter.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le cheval selon l’ASPCA, les principes en cause étant le géraniol et le linalol. Le chat y est le plus sensible ; à ne pas confondre avec le géranium vivace de massif, genre Geranium, qui est une autre plante.
Symptômes : Chez l’animal, vomissements, perte d’appétit, abattement et irritation de la peau ou de la bouche après ingestion. Chez l’humain, rougeur et démangeaison au contact répété de la sève, sans atteinte générale.
Précautions : Placer jardinières et pots hors de portée d’un chat qui mordille les plantes, et ramasser les tiges taillées au lieu de les laisser au sol. Gants pour les longues tailles, rinçage à l’eau en cas de contact prolongé.
Associations de plantes
Bonnes associations : La lavande et l’hélichryse demandent exactement le même substrat sec et le même plein soleil, sans jamais imposer d’arrosage supplémentaire. Le bidens et la sanvitalia retombent devant la jardinière et supportent le même rythme de séchage. Le gaura apporte de la hauteur légère sans faire d’ombre au feuillage.
Associations à éviter : Fuchsia, impatiens et bégonia réclament un substrat constamment humide, fatal au collet du pélargonium planté dans le même bac. Les coléus et autres grands feuillages le couvrent d’ombre et le font filer. Enfin, deux pélargoniums de variétés différentes mais serrés dans un bac étroit se font concurrence et fleurissent moins que s’ils étaient espacés.
Conseil : Pas plus de trois pieds dans une jardinière de 60 cm : chaque tige doit recevoir la lumière sur toute sa longueur pour porter des fleurs. Un pied de moins et un arrosage plus espacé donnent toujours plus d’ombelles qu’un bac surchargé.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pied en pot ou en jardinière de balcon plein sud, dehors de mai à octobre, hiverné hors gel dans une pièce claire et fraîche le reste de l’année.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à juin : tous les 2 à 3 jours ; de juillet à août : tous les 1 à 2 jours ; de septembre à octobre : tous les 4 à 6 jours ; de novembre à mars : tous les 15 à 21 jours | Arroser au pied jusqu’à ce que l’eau ressorte du pot, puis attendre que le substrat sèche vraiment. Le pélargonium supporte très bien la soif, jamais l’humidité permanente. |
| Engrais liquide | D’avril à mai : tous les 12 à 15 jours ; de juin à août : tous les 7 à 10 jours ; en septembre : tous les 15 à 20 jours | Apporter l’engrais dans l’eau d’arrosage sur un substrat déjà humide, jamais sur motte sèche. Rien après fin septembre : les tissus doivent durcir avant l’hivernage. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider systématiquement la soucoupe : la pourriture noire du collet, première cause de perte de la plante, part presque toujours d’un fond d’eau oublié. |
| Rempotage | En mars | Dégager le vieux terreau épuisé et rempoter dans un mélange drainant dès que les jours rallongent, puis pincer les têtes pour faire ramifier. Un pot trop large donne du feuillage et très peu de fleurs. |
| Sortie au printemps | En mai | Sortir la plante quand les nuits repassent durablement au-dessus de 8 °C. Une seule gelée à -1 °C noircit les tiges et fait perdre le pied conservé tout l’hiver. |
| Acclimatation à la lumière | De début mai à mi-juin | Installer d’abord à l’ombre claire, puis donner une heure de soleil de plus chaque jour. Un feuillage sorti d’un local sombre brûle en une seule après-midi de plein sud. |
| Fleurs fanées | De début mai à mi-octobre | Supprimer chaque semaine les ombelles défleuries en cassant net le pédoncule contre la tige. Un moignon laissé en place pourrit et ouvre la porte au botrytis, et la plante cesse de refleurir si elle monte en graines. |
| Inspection parasitaire | De juin à septembre | Chercher les petits trous et la sciure sur les tiges, et couper sous la galerie dès le premier repéré. La chenille creuse de l’intérieur et le pied s’effondre d’un coup, sans signe sur le feuillage. |
| Bouturage | De mi-août à fin septembre | Prélever des extrémités non fleuries, laisser sécher la coupe 2 heures à l’air puis piquer dans un terreau à peine humide. C’est l’assurance contre un hivernage raté, et ces jeunes pieds fleurissent plus tôt que la plante mère. |
| Rabattage | En octobre | Raccourcir les tiges et retirer toutes les feuilles jaunes juste avant de rentrer la plante. Une touffe entière hivernée telle quelle moisit dans un local peu aéré. |
| Rentrée à l'automne | En octobre | Rentrer avant la première gelée annoncée, dans une véranda froide, un garage éclairé ou une chambre non chauffée. Au chaud et dans la pénombre, la plante file, s’épuise et ne repart pas au printemps. |