Orchidée · Orchidacées
Orchidée papillon Phalaenopsis hybrida
Aussi appelé : Orchidée phalène, Moth orchid
L’orchidée papillon, ou phalaenopsis hybride, descend d’orchidées épiphytes qui vivent accrochées aux arbres des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est. Sa rosette de feuilles charnues mesure 20 à 40 cm d’envergure, et ses hampes, fleuries 2 à 3 mois, la portent à 40 à 70 cm. Elle demande une lumière vive sans soleil direct, de l’écorce de pin calibrée et un arrosage copieux, suivi d’un égouttage complet, quand ses racines virent au gris argenté. Elle convient à un intérieur entre 18 et 28 °C ; elle souffre dès 15 °C, et ses racines aériennes ne doivent pas être coupées.
- Type
- Orchidée
- Famille
- Orchidacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 10 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 11 à 12, plante non rustique qui souffre dès 15 °C et meurt en dessous de 10 °C. Elle se cultive exclusivement en intérieur en France métropolitaine, entre 18 et 28 °C.
Dimensions : Rosette de 20 à 40 cm d'envergure, pour une hauteur totale de 40 à 70 cm hampes florales comprises.
Floraison : Surtout de l’hiver au printemps, mais possible toute l’année, longues hampes de grandes fleurs blanches, roses, pourpres ou tachetées, qui tiennent 2 à 3 mois, rarement parfumées.
Substrat : Écorce de pin calibrée pour orchidées, éventuellement additionnée de sphaigne et de billes de polystyrène, jamais de terreau. Le pH idéal se situe entre 5,5 et 6,5.
Exposition : Lumière vive tamisée, sans aucun soleil direct aux heures chaudes, qui brûle les feuilles charnues en taches sèches.
Arrosage : Tous les 6 à 9 jours en été et tous les 10 à 15 jours en hiver, en attendant que les racines virent du vert au gris argenté. Arroser abondamment puis laisser égoutter complètement.
Durée de vie : Vivace épiphyte, 10 à 20 ans. Les racines aériennes sont normales et ne doivent pas être coupées.
Multiplication : Détachement des keikis formés sur la hampe, munis de racines de 5 cm, de préférence au printemps, à l’intérieur.
Arrosage & entretien
Arrosage : Arroser le matin, à l'eau non calcaire tempérée, tous les 6 à 9 jours d'avril à septembre et tous les 10 à 15 jours le reste de l'année, en se fiant à la couleur des racines plutôt qu'au calendrier. Le bassinage du pot pendant 10 à 15 minutes réhydrate mieux l'écorce, à condition de sécher ensuite le cœur de la rosette au papier absorbant.
Fertilisation : Utiliser un engrais spécial orchidées à demi-dose, un arrosage sur deux ou trois de mars à début octobre, puis une fois par mois en hiver. Ne jamais fertiliser sur des racines sèches et rincer le substrat à l'eau claire tous les 2 mois pour évacuer les sels.
Rempotage : Rempoter tous les 2 ans environ, quand l'écorce est décomposée et retient l'eau, de préférence après une floraison et dans un pot transparent à peine plus grand. Dégager toutes les vieilles écorces, couper les racines brunes et creuses au sécateur désinfecté, et attendre une semaine avant le premier arrosage.
Taille : Couper la hampe défleurie encore verte au-dessus du deuxième ou troisième œil pour obtenir une ramification florale en quelques semaines. Supprimer à sa base une hampe entièrement sèche et brune, ainsi que les feuilles jaunies qui se détachent seules.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive mais toujours filtrée, l'équivalent de 10 à 12 heures de clarté sans soleil direct. Le soleil du matin, doux et bref, reste acceptable derrière une fenêtre est.
Emplacement : Intérieur toute l'année, devant une fenêtre est ou nord-est, ou une fenêtre sud voilée d'un rideau léger. Éviter la proximité immédiate d'un radiateur et les courants d'air froid en hiver.
Substrat : Écorce de pin de calibre moyen, seule ou mélangée à un peu de sphaigne, de charbon de bois et de billes de polystyrène pour l'aération. Le terreau classique asphyxie les racines et provoque leur pourriture en quelques semaines.
pH : Fourchette optimale de 5,5 à 6,5, ce qui justifie une eau de pluie ou déminéralisée plutôt qu'une eau calcaire.
Drainage : Le drainage doit être total, avec un pot largement percé et aucun fond d'eau dans le cache-pot. Des racines qui baignent brunissent et deviennent molles en quelques jours, ce qui reste la première cause d'échec en appartement.
Multiplication
Séparation d’un keiki : quand le keiki a 2 ou 3 feuilles et des racines de 5 cm, le couper avec 1 cm de hampe au sécateur désinfecté et l’installer dans un petit pot d’écorce fine. Le garder à l’intérieur, à 22 à 25 °C, en lumière vive tamisée, en brumisant ses racines plutôt qu’en arrosant les premières semaines. Le détachement d’un keiki, petite plante qui se forme parfois sur un nœud de la hampe, de préférence au printemps.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : la plante n’a qu’une rosette sans tige, et ni feuille ni morceau de hampe ne forme de racines.
Semis :
SemerUn amateur ne le sème pas : les graines poussiéreuses ne germent que sur gélose stérile, en laboratoire, et les hybrides ne se reproduisent pas fidèlement.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : pollinisée à la main, une fleur se féconde avec son propre pollen. Sans pollinisation faite à la main, la plante ne forme pas de capsule, et celle-ci ne contient qu’une poussière de graines sans réserves, qui ne germe que sur gélose stérile, en laboratoire. Les semis d’un hybride seraient en outre tous différents. Le keiki et la séparation des rosettes restent les voies de l’amateur.
Division et autres méthodes : Une plante à deux rosettes se coupe entre les deux au rempotage, chaque partie gardant ses racines.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture des racines, due à un excès d'eau ou à une écorce décomposée, donne des racines brunes et creuses et un feuillage mou et fripé, et impose un rempotage d'urgence avec parage des parties atteintes. La pourriture du cœur apparaît quand de l'eau stagne entre les feuilles et fait noircir la base de la rosette, souvent sans retour possible. Les taches foliaires bactériennes forment des plages translucides suintantes qu'il faut découper au sec, dans les tissus sains, puis cicatriser à la cannelle.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses forment des amas blancs cotonneux dans les aisselles et sous les feuilles, les cochenilles à bouclier de petites carapaces brunes adhérentes. Les araignées rouges couvrent le revers du feuillage de fines ponctuations claires dans l’air sec du chauffage, et les thrips déforment et argentent les boutons floraux. Retirer les cochenilles une à une au coton imbibé d’alcool à 70 °C et doucher le feuillage en renouvelant à une semaine d’intervalle, sinon traiter avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Arroser le matin, sécher systématiquement le cœur de la rosette et ne jamais laisser d'eau dans le cache-pot. Renouveler l'écorce tous les 2 ans, désinfecter les outils avant chaque coupe et isoler 15 jours toute plante nouvellement acquise. Assurer une bonne circulation d'air sans courant d'air froid, ce qui limite à la fois les champignons et les parasites.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante non toxique, absente des listes de végétaux dangereux des centres antipoison. Aucune partie ne présente de risque en cas d'ingestion accidentelle, même par un jeune enfant.
Toxicité animaux : Considérée comme non toxique pour le chien, le chat et les oiseaux, et l'une des rares plantes d'intérieur recommandées dans les foyers avec animaux. Le risque principal vient des engrais et des traitements appliqués, non de la plante elle-même.
Symptômes : Tout au plus des vomissements ou une diarrhée passagère chez un animal ayant mâché plusieurs feuilles ou fleurs. Aucune irritation cutanée n'est associée au contact avec la sève.
Précautions : Placer la potée hors de portée d'un chat joueur, surtout pour préserver les hampes fragiles, et rincer le feuillage avant de le laisser accessible après un traitement. Ne pas laisser un animal boire l'eau de bassinage, qui peut contenir de l'engrais.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les fougères d'intérieur et le spathiphyllum partagent son goût pour la lumière tamisée et élèvent l'humidité de l'air autour du feuillage. Les broméliacées, également épiphytes, réclament la même chaleur et le même arrosage espacé, et forment un ensemble cohérent. Le tillandsia se pose simplement à côté et profite exactement des mêmes conditions.
Associations à éviter : Les cactées et les plantes grasses veulent un plein soleil et un air très sec qui grillent ses feuilles charnues. Le ficus et les grandes plantes vertes vigoureuses lui font une ombre trop dense et captent toute la lumière disponible. Éviter aussi de la planter dans le même contenant qu'une plante en terreau, dont le substrat asphyxierait ses racines.
Conseil : Rassembler les potées sur un large plateau de billes d'argile humides, en pots séparés, ce qui crée un microclimat humide sans qu'aucune racine ne baigne. Garder chaque plante dans son propre pot transparent permet de continuer à surveiller la couleur des racines.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pot transparent à l'intérieur toute l'année, devant une fenêtre lumineuse sans soleil direct, dans une écorce spéciale orchidées. Plante épiphyte de climat chaud, qui ne supporte ni le gel ni un séjour prolongé sous 15 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 6 à 9 jours ; d’octobre à mars : tous les 10 à 15 jours | Attendre que les racines aient viré du vert au gris argenté avant d'arroser, ce que le pot transparent permet de voir d'un coup d'œil. Arroser le matin et sécher le cœur de la plante avec un papier absorbant, l'eau qui stagne entre les feuilles faisant pourrir le collet. |
| Bassinage | D’avril à septembre : tous les 6 à 9 jours ; d’octobre à mars : tous les 10 à 15 jours | Plonger le pot dans une eau tempérée permet à l'écorce de se réhydrater complètement, ce qu'un simple arrosage en surface ne fait pas. Laisser ensuite l'excédent s'égoutter longuement avant de replacer le pot dans son cache-pot. |
| Engrais liquide | De début mars à mi-octobre : toutes les 2 à 3 semaines ; de mi-octobre à fin février : toutes les 5 à 7 semaines | Nourrir un arrosage sur deux ou trois pendant la croissance, jamais sur des racines sèches, qui brûleraient. Rincer le substrat à l'eau claire tous les 2 mois pour évacuer les sels accumulés dans l'écorce. |
| Inspection parasitaire | De mi-octobre à fin mars : toutes les 1 à 2 semaines ; de début avril à mi-octobre : toutes les 3 à 4 semaines | Chercher les amas blancs cotonneux des cochenilles farineuses et les petites carapaces brunes des cochenilles à bouclier, très fréquentes sur cette plante. Les retirer une à une avec un coton imbibé d'alcool à 70 °C, avant qu'elles ne gagnent les hampes. |
| Dépoussiérage du feuillage | De janvier à décembre : toutes les 3 à 5 semaines | Essuyer les deux faces des feuilles charnues, que la poussière ternit vite en appartement. C'est aussi l'occasion de repérer les premiers parasites. |
| Rotation du pot | De janvier à décembre : toutes les 2 à 3 semaines | Un quart de tour régulier garde une rosette équilibrée devant la fenêtre. Une hampe en formation s'oriente vers la lumière et se vrille définitivement si on déplace la plante à ce moment-là. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Les racines aériennes de cette plante pourrissent en quelques jours si elles baignent, et deviennent alors brunes et molles. C'est de loin la première cause d'échec en appartement. |
| Taille après floraison | De janvier à décembre | Couper la hampe encore verte au-dessus du deuxième ou troisième œil visible pour obtenir une ramification florale en quelques semaines. Supprimer en revanche à sa base une hampe entièrement sèche et brune, qui ne redonnera rien. |
| Rempotage | D’avril à juin, tous les 2 ans | Dégager toutes les vieilles écorces des racines et couper au sécateur désinfecté celles qui sont brunes et creuses. Ne pas rempoter une plante en fleurs, sauf si le substrat est pourri, et attendre une semaine avant le premier arrosage. |
| Déplacement saisonnier | De mi-septembre à mi-novembre | Un écart de 6 à 8 °C entre le jour et la nuit déclenche la formation d'une nouvelle hampe florale. Une pièce peu chauffée ou le voisinage d'une fenêtre fraîche suffit, sans jamais descendre sous 15 °C. |