Légume · Fabacées
Haricot d'Espagne Phaseolus coccineus
Aussi appelé : Haricot écarlate, Haricot multiflore, Runner bean
Le haricot d’Espagne est une légumineuse grimpante originaire des montagnes du Mexique, où elle vit plusieurs années sur une racine tubéreuse. Chez nous, on la sème chaque printemps comme une annuelle, et ses tiges volubiles couvrent en un été 2,50 à 4 m de rames. Elle demande du plein soleil à l’abri du vent, une terre profonde et riche en humus, et de l’eau tous les 2 à 3 jours en juillet et août. Ses grappes de fleurs écarlates attirent les bourdons ; ses graines se mangent cuites, jamais crues, et la première gelée noircit son feuillage.
- Type
- Légume
- Famille
- Fabacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 0 °C
- Floraison
- De juillet à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 8 à 11 comme vivace : le feuillage noircit dès la première gelée, mais la souche tubéreuse peut passer l’hiver sous un épais paillis dans les régions douces.
Dimensions : 2,50 à 4 m de tiges volubiles, sur 30 à 50 cm de large par pied.
Floraison : De juillet à septembre, des grappes de fleurs rouge écarlate, blanches ou bicolores selon les variétés, qui attirent les bourdons ; ses graines crues sont toxiques.
Substrat : Terre profonde, riche en humus, fraîche et bien drainée ; pH 6 à 7,5, idéalement proche de la neutralité.
Exposition : Plein soleil, à l’abri du vent qui secoue les rames et gêne les bourdons.
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en juillet et août, tous les 4 à 5 jours en juin et en septembre, environ 10 litres par mètre de rang.
Durée de vie : Vivace à racine tubéreuse dans les montagnes du Mexique, il se cultive en France comme une annuelle semée chaque printemps. Une souche paillée, ou hivernée comme un dahlia, repart l’année suivante pour une récolte plus précoce mais plus faible.
Multiplication : Semis en place au pied des rames de mi-mai à fin juin, dans une terre réchauffée, à 3 à 4 cm de profondeur.
Arrosage & entretien
Arrosage : Au pied et sans mouiller le feuillage, tous les 4 à 5 jours en juin et en septembre, tous les 2 à 3 jours en juillet et août. L’eau compte surtout à partir de la floraison : une terre qui sèche fait tomber les fleurs avant qu’elles ne nouent.
Fertilisation : Du compost mûr incorporé avant le semis suffit, car la plante fixe l’azote de l’air grâce à ses racines. En bac, un engrais liquide riche en potasse tous les 15 jours dès la floraison.
Rempotage : Sans objet pour une culture annuelle semée en place, de la mi-mai à fin juin. En bac, prévoir au moins 30 litres de terreau riche pour deux ou trois pieds, renouvelé chaque année.
Taille : Pincer l’extrémité des tiges quand elles atteignent le haut de la rame, pour qu’elles se ramifient plus bas. Aucune autre taille, mais une cueillette tous les 2 à 3 jours entretient la floraison.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une floraison et une récolte abondantes. Dans le Midi, une ombre légère aux heures les plus chaudes aide les fleurs à nouer.
Emplacement : À l’extérieur, au potager ou contre un grillage, une pergola ou une clôture qu’il couvre en un été. Des rangs orientés nord-sud, abrités des vents dominants, éclairent les deux faces des rames.
Substrat : Terre de potager profonde et meuble, enrichie de compost bien décomposé. Jamais de fumier frais, qui attire la mouche des semis.
pH : Entre 6 et 7,5, idéalement proche de la neutralité. Une terre acide se corrige par un chaulage à l’automne précédent.
Drainage : Bon drainage nécessaire, car dans une terre froide et gorgée d’eau les graines pourrissent avant de lever. La terre doit pourtant rester fraîche en profondeur pendant tout l’été.
Multiplication
Semis : dehors, de mi-mai à fin juin, quand la terre dépasse 12 °C, semer deux graines au pied de chaque rame, à 3 à 4 cm de profondeur, les rames espacées de 20 à 30 cm. Garder la terre juste fraîche, sans trempage préalable, sinon les graines pourrissent ; la levée prend 1 à 2 semaines. Les graines récoltées reproduisent la variété si une seule est cultivée, les bourdons croisant facilement les variétés voisines.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent elles-mêmes, mais seulement quand les bourdons les visitent. Laisser sécher sur pied quelques gousses parmi les plus belles, et les cueillir en septembre ou octobre quand elles sont parcheminées et que les graines sonnent dedans, avant les premières gelées. Les floraisons coulent par temps chaud et sans insectes. Écossées et bien sèches, les graines se gardent 3 ans au sec et au frais, à l’abri des bruches.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas : la plante se multiplie par graines, et à la rigueur par sa racine tubéreuse.
Division et autres méthodes : Arracher la souche tubéreuse en novembre, après les premières gelées, la garder au sec et hors gel dans du sable comme un dahlia, puis la replanter à 5 cm de profondeur en mai, après les gelées. Elle donne une récolte plus précoce mais plus faible.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’anthracnose marque les gousses de taches brunes creusées, et la graisse du haricot couvre les feuilles de taches huileuses cernées d’un halo jaune. Transmises par les semences et les éclaboussures, elles n’ont pas de traitement curatif au jardin : arracher les pieds atteints. La rouille et la pourriture grise apparaissent par temps humide en fin de saison.
Parasites fréquents : Le puceron noir forme des manchons serrés au bout des tiges : pincer les extrémités colonisées ou les doucher au jet d’eau, sinon employer un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les acariens piquètent le feuillage de jaune par temps chaud et sec, et une terre paillée et bien arrosée les freine. Limaces et mouche des semis s’attaquent aux graines et aux plantules à la levée.
Prévention : Semer des graines saines dans une terre réchauffée, et ne pas revenir au même endroit avant 3 ou 4 ans. Arroser au pied et ne pas manipuler les plants au feuillage mouillé, ce qui propage les maladies bactériennes. Récolter souvent et retirer les gousses tachées.
Toxicité
Toxicité humaine : Les graines crues, fraîches ou sèches, sont toxiques à cause d’une lectine, la phytohémagglutinine, et quelques-unes suffisent parfois à provoquer des troubles digestifs. Une ébullition franche d’au moins 10 minutes la détruit, et gousses comme graines se consomment alors sans danger.
Toxicité animaux : Les graines crues sont également toxiques pour les chiens, les chats et les petits mammifères de compagnie comme les lapins. Cuites, elles ne présentent plus ce risque.
Symptômes : Nausées, vomissements violents, diarrhée et douleurs abdominales, 1 à 3 heures après l’ingestion de graines crues ou mal cuites. Les troubles cèdent en général en quelques heures, sans séquelles.
Précautions : Faire tremper les graines sèches une nuit, jeter l’eau, puis les faire bouillir au moins 10 minutes, jamais à basse température en mijoteuse. Ranger les semences hors de portée des enfants.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le maïs, semé 3 semaines avant lui, qui sert de tuteur vivant pendant que le haricot enrichit le sol en azote. Les courges au pied, dont les larges feuilles couvrent le sol et le gardent frais. La sarriette, traditionnellement semée près des haricots et réputée éloigner le puceron noir.
Associations à éviter : L’ail, l’oignon, le poireau et l’échalote, réputés freiner la croissance des légumineuses. Le fenouil, qui gêne la plupart des légumes voisins.
Conseil : Installer les rames sur le côté nord du potager, pour que leur ombre ne tombe pas sur les légumes bas. Ses fleurs rouges attirent les bourdons, qui profitent aussi aux tomates et aux courges voisines.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Cultivé comme une annuelle au potager ou le long d’un grillage, semé en place après les gelées sur des rames de 2,50 m, au soleil, dans une terre riche et fraîche.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | En juin : tous les 4 à 5 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 3 jours ; en septembre : tous les 4 à 5 jours | L’eau compte surtout à partir de la floraison : une terre qui sèche fait tomber les fleurs avant qu’elles ne nouent. Arroser le soir en été, sans mouiller le feuillage. |
| Compost, amendement | De début avril à mi-mai | Incorporer 3 à 4 L de compost par mètre carré en ameublissant la terre en profondeur. La plante fixe l’azote de l’air grâce à ses racines et n’a besoin d’aucun engrais azoté. |
| Semis | De mi-mai à fin juin | Semer deux graines au pied de chaque rame, les rames espacées de 20 à 30 cm, et garder la terre juste fraîche jusqu’à la levée. Dans une terre froide et mouillée, les graines pourrissent avant de germer. |
| Palissage, tuteurage | De début juin à mi-juillet | Enrouler les jeunes tiges autour de leur rame dans le sens où elles tournent d’elles-mêmes, sinon elles se déroulent. Des rames croisées en tipi ou en double rang tiennent mieux au vent une fois la plante chargée. |
| Inspection parasitaire | De juin à août | Surveiller les colonies de pucerons noirs au bout des tiges, et le feuillage piqueté de jaune qui trahit les acariens par temps sec. Pincer les extrémités colonisées ou les doucher au jet d’eau suffit à contenir les pucerons, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». |
| Paillage | De mi-juin à mi-juillet | Étaler 5 à 10 cm de tontes sèches ou de paille sur une terre bien arrosée. Le sol reste frais au plus chaud de l’été et les arrosages s’espacent. |
| Pincement | En juillet | Couper l’extrémité de chaque tige au sommet du support. La plante cesse de grimper dans le vide et se ramifie plus bas, là où se cueillent les gousses. |
| Floraison | De juillet à septembre | Contrairement au haricot commun, il compte sur les insectes pour bien nouer ses gousses. Par forte chaleur, par sécheresse ou faute de bourdons, les fleurs tombent sans rien donner, surtout en début de saison. |
| Fructification, récolte | De mi-juillet à mi-octobre | Cueillir tous les 2 à 3 jours : des gousses laissées à mûrir freinent la floraison. Les dernières gousses de l’automne peuvent sécher sur pied pour récolter les gros grains, qui se mangent toujours bien cuits. |