Vivace · Polémoniacées
Phlox Phlox paniculata
Aussi appelé : Phlox paniculé, Phlox d’été, Phlox vivace, Phlox des jardins, Garden phlox
Le phlox paniculé est une grande vivace d’Amérique du Nord, pilier des massifs d’été pour ses grosses panicules parfumées, roses, mauves, rouges ou blanches. Il forme une touffe de 80 à 120 cm de haut qui disparaît l’hiver et repart du sol en avril, sans craindre -30 °C. Il demande une terre riche et fraîche, du soleil et deux arrosages copieux par semaine en plein été, toujours au pied. À l’ombre franche, ses tiges s’étiolent et l’oïdium s’installe, comme sur un feuillage mouillé.
- Type
- Vivace
- Famille
- Polémoniacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De juillet à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4 à 8, soit une résistance de l’ordre de -30 °C sans aucune protection, dans toute la France métropolitaine. La souche disparaît complètement en hiver et repart du sol en avril.
Dimensions : 80 à 120 cm de haut selon la variété, pour 45 à 60 cm d’étalement ; la touffe s’élargit lentement d’année en année.
Floraison : De juillet à septembre, en grosses panicules de fleurs roses, mauves, rouges, violettes ou blanches, souvent à œil contrasté, au parfum doux et poivré.
Substrat : Sol profond, riche, frais et bien travaillé, largement amendé de compost. pH de 6,0 à 7,5, avec un optimum proche de la neutralité.
Exposition : Plein soleil si le sol reste frais, ombre légère de l’après-midi au sud de la Loire. À l’ombre franche, les tiges s’étiolent et l’oïdium s’installe.
Arrosage : Deux arrosages copieux par semaine en juillet et en août, soit tous les 3 à 4 jours, et tous les 7 à 14 jours au printemps et à l’automne. Toujours au pied, le matin, jamais sur le feuillage.
Durée de vie : Vivace de longue vie, 5 à 10 ans en place sans intervention. Divisée tous les 4 ans, la même souche se maintient indéfiniment.
Multiplication : Division des touffes en mars et avril, au départ de la végétation, ou boutures de jeunes pousses au printemps, sous abri.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 3 à 4 jours de juin à début septembre, en mouillant abondamment le sol au pied, le matin de préférence, et tous les 7 à 14 jours hors de cette période. Une feuille qui passe la nuit mouillée blanchit : l’arrosage par aspersion est la première cause d’oïdium.
Fertilisation : Compost mûr ou engrais organique griffé autour de la touffe au débourrement, en mars. C’est une plante gourmande, mais un second apport azoté en été allonge les tiges et les couche au premier orage.
Rempotage : En pleine terre, la division remplace le rempotage : tous les 4 ans en mars, en ne replantant que les éclats périphériques. Passé cet âge, le centre de la touffe se lignifie et cesse de fleurir.
Taille : Éclaircir à cinq ou six tiges en avril, pincer la moitié d’entre elles fin mai pour étaler la floraison, couper les panicules fanées au-dessus d’une paire de feuilles. Rabattre à 10 cm fin octobre et évacuer les déchets.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures et plus, à la seule condition que le sol ne sèche jamais. Au sud de la Loire, une ombre légère l’après-midi conserve mieux la couleur des fleurs rouges et mauves.
Emplacement : Extérieur uniquement, en deuxième ou troisième plan de massif, au sud ou à l’ouest. Choisir un endroit aéré : un coin confiné entre deux murs favorise l’oïdium plus sûrement que n’importe quel autre facteur.
Substrat : Terre de jardin profonde, enrichie de compost et d’un amendement organique. Il ne supporte ni le sol maigre et sableux, ni l’argile compacte laissée en l’état.
pH : De 6,0 à 7,5, avec un optimum autour de la neutralité.
Drainage : Il lui faut un sol à la fois frais et perméable. L’eau stagnante de l’hiver sur terre lourde fait pourrir la souche, mais c’est la sécheresse d’été qui le fait souffrir le plus souvent.
Multiplication
Division : en mars et avril, soulever la touffe, la fendre à la bêche en éclats de 3 à 5 tiges munis de bonnes racines, jeter le centre lignifié et replanter aussitôt à la même profondeur. Arroser copieusement jusqu’à la reprise. La division de la touffe, au départ de la végétation, réussit presque à coup sûr. Les éclats jeunes de la périphérie fleurissent dès l’été suivant.
Les autres méthodes
Bouturage : Des pousses herbacées de 8 à 10 cm, prélevées en avril et mai, s’enracinent en 3 à 4 semaines dans un mélange de terreau et de sable, sous abri, à l’ombre et à l’étouffée. Des boutures de racines, tronçons de 5 cm prélevés en hiver et couchés sous 1 cm de terreau sableux en caissette froide, donnent aussi des plants sains, même d’une touffe atteinte par les nématodes des tiges.
Semis :
SemerPossible à l’automne en terrine dehors, graines couvertes de 3 mm, car elles demandent un passage au froid de plusieurs semaines et lèvent au printemps suivant. Les variétés de jardin ne se reproduisent pas fidèlement : les plants donnent des couleurs imprévisibles, souvent mauves.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : ses fleurs se fécondent mal entre elles. Les capsules mûrissent de septembre à octobre : couper les panicules quand elles virent au brun, avant qu’elles n’éclatent et ne projettent leurs graines, et les laisser finir de sécher dans un sac en papier. Pollinisée par les papillons et les sphinx, la plante se féconde mal seule, et un second pied d’une autre variété améliore la grenaison, au prix de couleurs encore plus mêlées. Les graines perdent vite leur faculté germinative et se sèment de préférence l’automne même ; celles du commerce, issues de mélanges, ne promettent pas davantage une couleur précise.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium est la maladie du phlox : un feutrage blanc qui part des feuilles du bas en juillet et remonte la tige. Traiter au soufre mouillable ou au bicarbonate dès la première tache, éclaircir les tiges et ôter les feuilles atteintes. Des taches foliaires brunes et la septoriose apparaissent sur les pieds trop serrés, sans conséquence réelle.
Parasites fréquents : Le nématode des tiges, Ditylenchus dipsaci, épaissit les tiges et réduit les feuilles à des filaments ; il ne se traite pas, il faut arracher le pied et ne plus replanter de phlox au même endroit pendant plusieurs années. Les araignées rouges piquent le feuillage en été sec, qui devient gris et terne. Les limaces s’attaquent aux jeunes pousses d’avril.
Prévention : Éclaircir à cinq ou six tiges, espacer les touffes de 50 cm, arroser au pied le matin, pailler et rabattre à l’automne en évacuant les déchets. Choisir des variétés réputées résistantes à l’oïdium règle l’essentiel du problème à la plantation. Diviser tous les 4 ans évite les touffes denses où l’air ne circule plus.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue. Ni les feuilles, ni les fleurs, ni les racines ne contiennent de principe toxique identifié, et la plante ne figure sur aucune liste de vigilance.
Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat et le cheval : l’ASPCA range le phlox parmi les plantes sans danger. Une ingestion importante ne provoque tout au plus qu’un trouble digestif passager, comme n’importe quel végétal inhabituel.
Symptômes : Rien à attendre d’un contact cutané, même prolongé lors de la taille. En cas d’ingestion massive, une salivation ou des selles molles sans gravité.
Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire. C’est l’une des vivaces de massif que l’on peut planter sans réserve dans un jardin fréquenté par de jeunes enfants ou des animaux.
Associations de plantes
Bonnes associations : Rudbeckias et échinacées fleurissent en même temps, demandent le même sol riche et la même exposition, et leurs fleurs en marguerite allègent les panicules. Les graminées légères, calamagrostis ou molinie, gardent le pied aéré et voilent le bas des tiges. Les asters d’automne prennent le relais en septembre, quand le phlox finit.
Associations à éviter : Lavande, ciste et sedum réclament un sol sec et pauvre, exactement l’inverse, et l’un des deux y laissera sa place. Les monardes, sensibles au même oïdium, doublent la pression de la maladie si on les serre contre lui. Un couvre-sol dense au pied, type géranium macrorrhizum planté trop près, retient l’humidité à la base des tiges.
Conseil : Planter par groupes de trois, espacés de 50 cm, dans un endroit où l’air circule, et garnir le premier plan d’une vivace basse : le phlox se dégarnit toujours du bas, et c’est ce qu’il faut masquer.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Touffe en pleine terre dans un massif aéré, sol profond, riche et restant frais, au soleil ou sous une ombre légère d'après-midi, en France métropolitaine.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : toutes les 1 à 2 semaines ; de début juin à mi-septembre : tous les 3 à 4 jours ; de mi-septembre à fin octobre : toutes les 1 à 2 semaines | Arroser abondamment et espacé plutôt que peu et souvent, pour que l'eau descende où les racines la cherchent. En juillet et en août, deux arrosages copieux par semaine valent mieux qu'un filet quotidien. |
| Inspection parasitaire | De mai à juin : toutes les 1 à 2 semaines ; de début juillet à mi-septembre : tous les 3 à 5 jours | Regarder le revers des feuilles du bas et traiter au soufre mouillable dès la première tache farineuse. Un pied atteint de nématode s'arrache et se jette, et l'on ne replante pas de phlox au même endroit. |
| Division de touffe | De début mars à mi-avril, tous les 4 ans | Fendre la touffe à la bêche au départ de la végétation et ne replanter que les éclats de la périphérie, jeunes et vigoureux. Passé 4 ans, le centre se lignifie, fleurit court et blanchit le premier. |
| Compost, amendement | De début mars à mi-avril | Griffer une bonne poignée de compost mûr ou d'engrais organique autour de la touffe au débourrement. La taille des panicules tient à ce que le sol a reçu en mars. |
| Taille de structure | De début avril à mi-mai | Supprimer à la base une tige sur trois quand la touffe atteint 20 cm, en gardant les cinq ou six plus fortes. L'air qui circule entre les tiges fait davantage contre l'oïdium que n'importe quel traitement. |
| Paillage | De mi-avril à fin mai | Étaler 5 cm de paillis autour de la touffe, sans toucher les tiges, dès que le sol s'est réchauffé. Un phlox qui a soif à midi est un phlox qui blanchit en juillet. |
| Pincement | De mi-mai à mi-juin | Pincer de 10 cm la moitié des tiges fin mai pour décaler leur floraison de 2 à 3 semaines. La touffe fleurit alors de juillet à septembre au lieu de tout donner en 3 semaines. |
| Fleurs fanées | De mi-juillet à mi-septembre | Couper la panicule fanée juste au-dessus de la première paire de feuilles, ce qui fait partir des ramifications secondaires jusqu'en septembre. Cela évite aussi les semis spontanés, qui reviennent toujours mauves et étouffent la variété. |
| Rabattage | De mi-octobre à fin novembre | Rabattre les tiges à 10 cm du sol dès que le feuillage noircit, et évacuer les déchets au lieu de les laisser sur place. C'est sur ces feuilles que l'oïdium passe l'hiver. |