Connexion / Inscription →

Aromatique · Lamiacées

Sarriette vivace Satureja montana

Aussi appelé : Sarriette des montagnes, Poivre d’âne, Winter savory

La sarriette vivace est un sous-arbrisseau aromatique des coteaux secs et rocailleux du sud de l’Europe, au feuillage fortement parfumé. Elle forme un coussin compact de 30 à 40 cm, couvert de juillet à septembre de petits épis blancs à rose mauve pâle que recherchent les butineuses. Elle demande surtout le plein soleil et un sol pauvre, caillouteux et très drainant, et se passe d’arrosage en pleine terre après la première année. L’humidité de l’hiver la fait disparaître bien plus que le froid ; on la renouvelle par bouturage dès qu’elle se dégarnit.

Sarriette vivace (Satureja montana)
Photo : Jacob Sturm, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Aromatique
Famille
Lamiacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-20 °C
Floraison
De juillet à septembre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 5 à 9, environ -20 °C en sol sec et drainé. C’est l’humidité hivernale, bien plus que le froid, qui fait disparaître les pieds.

Dimensions : Sous-arbrisseau compact de 30 à 40 cm de haut pour autant d’étalement, jusqu’à 50 cm sur un vieux pied bien exposé.

Floraison : De juillet à fin septembre, de petites fleurs blanches à rose mauve pâle en épis serrés, très appréciées des butineuses, sur un feuillage fortement aromatique. Pour la cuisine, on récolte juste avant l’ouverture des fleurs.

Substrat : Pauvre, caillouteux, très drainant et volontiers calcaire : deux tiers de terre sableuse pour un tiers de gravier ou de pouzzolane.

Exposition : Plein soleil sans réserve ; c’est de la chaleur que vient le parfum.

Arrosage : Quasi nul en pleine terre passé la première année. En pot, tous les 10 à 15 jours de juin à août, en laissant sécher complètement entre deux apports.

Durée de vie : Vivace ligneuse, 5 à 8 ans au jardin et trois à quatre en pot ; on la renouvelle par bouturage dès qu’elle se dégarnit du pied.

Multiplication : Bouturage de pousses non fleuries en juin et juillet, dans un mélange de terreau et de sable, à l’ombre.

Arrosage & entretien

Arrosage : En pleine terre, la première année seulement, puis plus rien : les racines vont chercher l’eau en profondeur. En pot, tous les 10 à 15 jours en plein été, à peine une à deux fois par mois l’hiver, et jamais de soucoupe pleine.

Fertilisation : Aucune. Un sol riche ou un engrais azoté donne des tiges molles, sensibles au gel, et un feuillage nettement moins parfumé.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans en mars, dans un pot de terre cuite à peine plus grand, avec un lit de graviers au fond. Les autres années, un simple surfaçage suffit.

Taille : Rabattre d’un tiers en mars, au-dessus des premières feuilles vertes. Une coupe légère après la floraison garde la touffe dense, mais jamais dans le vieux bois, qui ne repart pas.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum et le plus chaud possible. À mi-ombre elle file, se couche et perd son arôme.

Emplacement : Extérieur toute l’année, plein sud, en rocaille, en bordure de potager ou au pied d’un mur ; elle passe l’hiver dehors dans toute la France en sol drainé.

Substrat : Minéral et pauvre : terre de jardin sableuse allégée d’un tiers de sable grossier, de gravier ou de pouzzolane, sans terreau ni compost.

pH : 6,5 à 8, avec une nette préférence pour les terres calcaires.

Drainage : C’est le point décisif. Une terre lourde qui reste froide et humide de novembre à mars fait pourrir le collet : planter alors sur butte ou en pot, et pailler de gravier plutôt que de matière organique.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : de juin à fin juillet, prélever des pousses non fleuries de 5 à 8 cm, effeuiller la base et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. À l’ombre, dehors ou sous abri, sans étouffée, le mélange juste humide, elles s’enracinent en 3 à 4 semaines. Le bouturage de juin à fin juillet est le plus sûr ; prélever quelques boutures tous les 3 ans tient une relève prête, la souche devenant ligneuse et moins parfumée en vieillissant.

Les autres méthodes

Semis :

Semerau printemps, de mars à avril sous abri à 18 à 20 °C, graines laissées en surface et à peine pressées, car elles germent à la lumière ; la levée prend 2 à 3 semaines. L’espèce se reproduit fidèlement de graines.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des butineuses. Laisser quelques tiges fleurir sans les récolter ; les graines mûrissent en septembre et octobre dans les calices secs. On coupe les tiges, on les secoue dans un sac en papier, et les graines se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais.

Division et autres méthodes : division au printemps, en mars et avril, dehors, d’une jeune touffe : la soulever, l’éclater en 2 ou 3 éclats racinés et replanter aussitôt. Un vieux pied ligneux se marcotte plutôt, en couchant une tige basse en terre sableuse au printemps, à sevrer à l’automne.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Très peu de maladies, et l’essentiel des pertes vient de la pourriture du collet en sol humide, qui fait brunir puis dessécher la touffe entière sans remède. L’oïdium peut fariner le feuillage en fin d’été dans un coin confiné. Aérer, espacer les pieds et supprimer les parties atteintes suffit le plus souvent.

Parasites fréquents : Quelques pucerons sur les jeunes pousses au printemps, faciles à déloger au jet d’eau. L’araignée rouge s’installe en pot sous forte chaleur, avec un feuillage qui se pique de jaune et de fines toiles à l’aisselle des tiges. Les limaces ne s’attaquent qu’aux tout jeunes plants.

Prévention : Drainage, plein soleil et aucun engrais : une sarriette qui pousse lentement est une sarriette saine. Rabattre chaque printemps pour éviter un cœur encombré de bois mort. Ne pas mouiller le feuillage, surtout le soir.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune, c’est une plante condimentaire consommée couramment, feuilles et fleurs comprises. Son huile essentielle, très riche en carvacrol, est en revanche caustique pure et ne s’emploie ni non diluée ni pendant la grossesse.

Toxicité animaux : La plante n’est pas répertoriée comme toxique pour le chien et le chat, qui la dédaignent de toute façon. L’huile essentielle, elle, est dangereuse pour le chat, qui métabolise mal les phénols : ni diffusion prolongée, ni application cutanée.

Symptômes : L’ingestion de feuillage ne provoque au pire qu’un trouble digestif passager. Le contact répété avec l’huile essentielle irrite la peau et les muqueuses.

Précautions : Rien de particulier au jardin, la sarriette peut pousser à portée des enfants et des animaux. Ranger l’huile essentielle hors d’atteinte et ne jamais l’appliquer sur un animal.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les haricots avant tout, dont elle est la compagne classique : plantée au pied des rangs, elle gêne le puceron noir et parfume ensuite la cuisson. Le thym, la lavande et le romarin, qui réclament exactement le même sol sec et calcaire et le même plein soleil. L’oignon et la carotte, qui s’accommodent bien de sa sobriété.

Associations à éviter : La menthe, qui étouffe la touffe en quelques mois par ses stolons. Le basilic et les courgettes, arrosés bien trop souvent pour elle. Plus généralement tout ce qui demande un sol riche et frais, qui la fait pousser mou et pourrir au collet.

Conseil : Récolter les rameaux en début de matinée, juste avant l’ouverture des fleurs : c’est le moment où la teneur en arômes est la plus haute, et la coupe tient lieu de taille d’entretien.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Pied installé en plein soleil dans un sol pauvre, caillouteux et très drainant ; les repères valent pour la pleine terre, un sujet en pot demandant un arrosage plus suivi et une soucoupe toujours vide.

GesteQuandComment
ArrosageUtile De juin à août : tous les 10 à 15 jours ; de novembre à février : tous les 1 à 2 mois Arroser copieusement puis laisser le substrat sécher entièrement avant le suivant : la sarriette encaisse la soif sans broncher et meurt de l’eau qui stagne.rythme donné pour un pot ; en pleine terre, plus rien passé la première année
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : eau restée dans la soucoupe après un arrosage ou une pluie Une soucoupe pleine noie les racines et fait pourrir le collet ; l’hiver, quand la plante ne boit presque plus, l’eau y séjourne des jours et c’est là qu’on perd le pied.vider dans le quart d’heure, y compris en hiver
RabattageEssentiel En mars Rabattre la touffe dès que les nouvelles pousses pointent, car une sarriette jamais taillée se dégarnit par le bas et le vieux bois nu ne refait plus de bourgeons.d’un tiers, toujours au-dessus des premières feuilles vertes
BouturageUtile De juin à juillet, tous les 3 ans Prélever quelques boutures tous les 3 ans pour tenir une relève prête, la souche devenant ligneuse et moins parfumée en vieillissant.boutures de 8 cm sur tiges semi-aoûtées
FloraisonUtile De juillet à septembre Laisser fleurir si l’on tient aux butineuses, ou récolter les rameaux juste avant l’ouverture des fleurs, moment où le feuillage est le plus parfumé.petites fleurs blanc rosé, très visitées par les abeilles
Taille après floraisonUtile De mi-septembre à mi-octobre Raccourcir les tiges défleuries d’un quart pour garder une touffe dense, sans jamais entamer le bois nu ; au-dessus de la Loire, mieux vaut laisser cette coupe au printemps.taille légère ; en région froide, attendre mars
PaillageUtile De mi-octobre à fin novembre Glisser une couche de gravillons au collet avant les pluies d’automne : c’est l’humidité hivernale, et non le gel, qui tue la sarriette des montagnes.gravier ou pouzzolane, jamais de paillage organique

Autres Satureja