Fougère · Cyathéacées
Fougère arborescente australienne Sphaeropteris cooperi
Aussi appelé : Australian tree fern, Lacy tree fern
La fougère arborescente australienne, originaire de l’est de l’Australie, dresse un stipe élancé sous une couronne de grandes frondes finement découpées, d’environ 4 m d’envergure. En culture, le stipe atteint 3 à 6 m et gagne jusqu’à 50 cm par an, ce qui en fait la plus rapide de son groupe. Elle demande une mi-ombre lumineuse, un humus riche toujours frais et des arrosages abondants, sur le substrat comme sur le stipe. C’est aussi la moins rustique des fougères arborescentes courantes : elle ne tient que -2 °C brièvement et doit passer l’hiver hors gel.
- Type
- Fougère
- Famille
- Cyathéacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -2 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Exigeante
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 9b à 10, environ -2 °C brièvement ; c'est la moins rustique des fougères arborescentes couramment proposées, à hiverner hors gel.
Dimensions : stipe de 3 à 6 mètres en culture, gagnant jusqu'à 50 centimètres par an, ce qui en fait la plus rapide du groupe, pour une couronne de 4 mètres.
Floraison : Aucune : fougère arborescente, elle se reproduit par spores, portées sous ses frondes.
Substrat : humus riche, léger et constamment frais, pH de 5 à 6,5.
Exposition : mi-ombre lumineuse, elle tolère plus de soleil que ses cousines néo-zélandaises si l'air reste humide.
Arrosage : abondant et fréquent, sur le substrat et sur le stipe.
Durée de vie : Fougère arborescente vivace, 30 à 50 ans. Son stipe monte plus vite que celui des dicksonias, et vieillit plus tôt.
Multiplication : Semis de spores en surface, à l’intérieur au chaud sous couvercle, en été dès leur récolte ; ni bouture ni division.
Arrosage & entretien
Arrosage : trois fois par semaine en été en mouillant le stipe sur toute sa hauteur, deux fois en hiver. Sa croissance rapide s'accompagne d'une consommation d'eau supérieure à celle des autres fougères arborescentes.
Fertilisation : engrais liquide à demi-dose tous les 15 jours d'avril à septembre, plus soutenu que pour Dicksonia, sa vigueur le justifiant.
Rempotage : chaque année sur un jeune sujet, tous les 2 ans ensuite, dans un contenant lourd assurant la stabilité du stipe.
Taille : couper les frondes sèches à quelques centimètres du stipe. Contrairement à Dicksonia, le stipe reste fin et couvert d'écailles brunes plutôt que de fibres épaisses, et ne doit pas être dégarni.
Exposition & substrat
Exposition : mi-ombre lumineuse, 3 à 4 heures de soleil doux étant tolérées si l'hygrométrie suit. En plein soleil sec, les frondes se recroquevillent en quelques jours.
Emplacement : serre froide, véranda humide ou extérieur estival dans un coin abrité du vent. Elle ne passe pas l'hiver dehors en France métropolitaine, sauf sur la Côte d'Azur avec protection.
Substrat : terreau de feuilles, tourbe ou fibre de coco et écorce fine, riche et aéré.
pH : acide à légèrement acide, de 5 à 6,5.
Drainage : le mélange doit rester humide sans asphyxier, l'écorce assurant l'aération. Le stipe ne doit jamais tremper.
Multiplication
Semis de spores : de mai à août, couper une fronde dont les sores brunissent et la laisser sécher sur un papier blanc, où tombe une poussière de spores. La saupoudrer en surface, sans la couvrir, sur un terreau fin ébouillanté puis refroidi, sous un couvercle transparent, à 20 à 25 °C et en lumière vive sans soleil : un voile vert apparaît en 4 à 8 semaines, les premières frondes en 3 à 6 mois. Les spores reproduisent fidèlement l’espèce. C’est la seule méthode, facile chez cette espèce, mais il faut compter 1 à 2 ans avant d’avoir un petit plant.
Récolter les grainesPas de graines en culture : c’est une fougère, elle se reproduit par spores, portées par toute fronde adulte, sans pied mâle ni femelle : la fécondation a lieu plus tard, sur le prothalle, dans l’humidité du couvercle. Récoltées, elles se gardent quelques mois en enveloppe de papier au réfrigérateur, mais lèvent mieux semées dans les semaines qui suivent. Des spores de cette espèce se trouvent aussi chez les spécialistes.
Les autres méthodes
Bouturage : ne se bouture pas : contrairement aux dicksonias, un tronçon de stipe coupé ne s’enracine pas.
Division et autres méthodes : aucune : la fougère pousse sur un stipe unique, sans rejets.
Maladies & parasites
Maladies courantes : les ennuis viennent presque tous de l'air sec, qui brunit les pointes et fait avorter les crosses. La pourriture du cœur survient si de l'eau y stagne par temps froid. Un stipe qui se dessèche à la base signale un bassinage insuffisant de sa surface.
Parasites fréquents : cochenilles farineuses dans les écailles du stipe et à la base des frondes. Limaces sur les crosses en développement. Araignée rouge en atmosphère sèche.
Prévention : maintenir une hygrométrie élevée et bassiner le stipe. Sa croissance rapide fait que la plante compense mieux une attaque que les fougères lentes, à condition de la nourrir.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune toxicité documentée. Les écailles brunes du stipe et des crosses sont en revanche fortement irritantes et provoquent des démangeaisons tenaces au contact de la peau.
Toxicité animaux : aucune toxicité connue pour le chien ou le chat.
Symptômes : démangeaisons et micro-piqûres après manipulation à mains nues, les écailles s'implantant comme de fines échardes.
Précautions : gants, manches longues et lunettes pour rempoter ou tailler. Cette espèce est par ailleurs classée envahissante dans plusieurs régions tropicales : ne pas la disséminer hors culture.
Associations de plantes
Bonnes associations : les Alocasia et les Philodendron partagent son ombre chaude et humide sous serre. Les fougères basses occupent son pied. Les Begonia rex apportent de la couleur au même étage.
Associations à éviter : les plantes de plein soleil et de sol drainé. Les végétaux lents, qu'elle domine en une seule saison tant elle pousse vite. Éviter de la planter à moins de 2 m d'une compagne fragile.
Conseil : lui prévoir dès le départ deux fois plus de place qu'on ne croit nécessaire. C'est la fougère arborescente qui pousse le plus vite, et un sujet acheté en pot de 20 cm occupe une véranda entière en 3 ou 4 ans.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en grand bac, dehors à l'ombre claire de mai à octobre et hivernage sous véranda ou serre hors gel, lumineuse et humide. Fougère arborescente australienne à croissance rapide, gélive sous zéro degré, qui ne reste dehors l'hiver que sur le littoral le plus doux.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 1 à 3 jours ; de mi-septembre à fin avril : tous les 4 à 8 jours | Le stipe fibreux absorbe l'eau sur toute sa hauteur et c'est lui qu'il faut mouiller en priorité, en plus du substrat gardé frais. Cette espèce pousse vite et boit beaucoup, un tronc desséché faisant avorter les crosses en cours de déroulement. |
| Brumisation | De juin à août : tous les 1 à 2 jours ; de mi-octobre à mi-avril : tous les 1 à 2 jours | L'air sec de nos étés comme celui d'un local chauffé brunit très vite le bord des frondes. Doucher généreusement le tronc en fin de journée pendant les canicules, et tous les jours pendant l'hivernage. |
| Engrais liquide | De mai à août : toutes les 3 à 4 semaines | Cette espèce vigoureuse profite bien d'apports légers et réguliers pendant la belle saison. Les fortes concentrations de sels brunissent la pointe des frondes. |
| Inspection parasitaire | De mi-octobre à mi-avril : toutes les 1 à 2 semaines ; de mi-avril à mi-octobre : toutes les 3 à 5 semaines | Les limaces dévorent les jeunes crosses tendres en une nuit, ce qui coûte une fronde entière. Sous abri, surveiller les cochenilles et les araignées rouges, sans confondre avec les sores bruns alignés au revers des folioles. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De début mars à mi-novembre | Ne retirer que les frondes complètement sèches, la plante rapatriant ses réserves tant qu'il reste du vert. Les écailles brunes du stipe irritent la peau et les voies respiratoires, aussi vaut-il mieux travailler avec des gants. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 2 ans | Rempoter plus souvent que les autres fougères arborescentes, la croissance rapide remplissant vite le contenant. Choisir un bac large et lourd et garder le tronc au même niveau, sans enterrer les racines aériennes. |
| Ombrage estival | De mi-avril à fin septembre | Le soleil direct brûle les grandes frondes en larges plages brunes définitives. Sous abri, blanchir les vitres ou poser un voile d'ombrage dès le mois d'avril. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à mi-juin | Les frondes légères de cette espèce se déchirent au moindre coup de vent, plus nuisible encore que le manque de chaleur. Un coin fermé, entouré d'arbustes ou de murs, convient bien mieux qu'une terrasse dégagée. |
| Rentrée à l'automne | De début octobre à mi-novembre | Cette espèce est nettement plus frileuse que les fougères arborescentes de Tasmanie et souffre dès le premier gel. Continuer à mouiller le tronc pendant tout l'hivernage, même si les arrosages du substrat sont espacés. |
| Voile d'hivernage | De début novembre à mi-mars | Remplir le sommet du tronc de paille ou de fougères sèches protège le bourgeon terminal, seul point de croissance de la plante. Replier les frondes autour du stipe et les envelopper d'un voile, en aérant dès le retour du redoux. |