Fougère · Cyathéacées
Fougère arborescente noire Sphaeropteris medullaris
Aussi appelé : Mamaku, Black tree fern
La fougère arborescente noire, ou mamaku, est originaire de Nouvelle-Zélande ; elle se reconnaît à son stipe noir et à sa couronne de frondes, la plus vaste de son groupe avec jusqu’à 6 m d’envergure. Son stipe monte à 10 à 20 m dans son aire d’origine, mais reste à 2 à 4 m en culture. Elle réclame l’ombre ou la mi-ombre, une hygrométrie très élevée et un humus profond constamment détrempé : c’est la plus gourmande en eau des fougères arborescentes cultivées. Elle ne supporte que -2 à -3 °C très brièvement et ne passe donc pas l’hiver dehors en France métropolitaine.
- Type
- Fougère
- Famille
- Cyathéacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -2 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Exigeante
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 9b à 10, environ -2 à -3 °C très brièvement ; le mamaku néo-zélandais ne passe pas l'hiver dehors en France métropolitaine.
Dimensions : stipe noir de 10 à 20 mètres dans son aire d'origine, 2 à 4 mètres en culture, pour une couronne pouvant atteindre 6 mètres, la plus vaste du groupe.
Floraison : Aucune : fougère arborescente, elle se reproduit par spores, portées sous ses frondes.
Substrat : humus profond, riche et constamment détrempé, pH de 5 à 6.
Exposition : ombre à mi-ombre, avec une hygrométrie très élevée.
Arrosage : le plus exigeant en eau de toutes les fougères arborescentes cultivées.
Durée de vie : Fougère arborescente vivace, 50 à 100 ans, avec un stipe qui peut atteindre une vingtaine de mètres.
Multiplication : Semis de spores fraîches en surface, à l’intérieur au chaud sous couvercle, en été dès leur récolte ; ni bouture ni division.
Arrosage & entretien
Arrosage : tous les jours en été, en arrosant le substrat et en bassinant abondamment le stipe, deux à trois fois par semaine en hiver. Le substrat ne doit jamais approcher de la sécheresse.
Fertilisation : engrais liquide dilué tous les 15 jours d'avril à septembre, la plante étant vigoureuse et gourmande.
Rempotage : tous les 2 ans au printemps, dans un contenant très large et lourd, une couronne de cette envergure faisant levier au moindre vent.
Taille : couper les frondes sèches à 10 cm du stipe. Les bases persistantes forment le manchon caractéristique et ne se retirent pas jusqu'au bois.
Exposition & substrat
Exposition : ombre claire, 1 ou 2 heures de soleil très doux au maximum. Elle vient du sous-bois humide néo-zélandais et supporte moins de lumière que Sphaeropteris cooperi.
Emplacement : serre chaude humide ou grand jardin d'hiver, l'extérieur n'étant envisageable qu'en été et dans un coin très abrité. Le vent est destructeur pour des frondes de cette taille.
Substrat : terreau de feuilles, fibre de coco et écorce, riche, profond et retenteur.
pH : acide, de 5 à 6.
Drainage : le substrat doit rester saturé sans devenir croupissant, ce qui suppose une matière organique aérée par de l'écorce plutôt qu'une tourbe compacte.
Multiplication
Semis de spores : de juin à septembre, couper une fronde dont les sores brunissent et la laisser sécher sur un papier blanc pour recueillir la poussière de spores, à semer aussitôt car elle perd vite sa vigueur. La saupoudrer en surface, sans la couvrir, sur un terreau fin ébouillanté puis refroidi, sous un couvercle transparent toujours embué, à 20 à 25 °C et en lumière vive sans soleil : un voile vert apparaît en 4 à 8 semaines, les premières frondes en 3 à 6 mois. Les spores reproduisent fidèlement l’espèce. C’est la seule méthode, et il faut compter 1 à 2 ans avant d’avoir un petit plant.
Récolter les grainesPas de graines en culture : c’est une fougère, elle se reproduit par spores, que porte toute fronde adulte, sans besoin d’un second pied : la fécondation se fait ensuite sur le prothalle, grâce à l’eau du couvercle embué. Elles ne se conservent pas, d’où le semis immédiat ; les spores du commerce, rarement fraîches, réussissent mal chez cette espèce.
Les autres méthodes
Bouturage : ne se bouture pas : un tronçon de stipe coupé ne s’enracine pas.
Division et autres méthodes : aucune : la fougère pousse sur un stipe unique, sans rejets.
Maladies & parasites
Maladies courantes : le brunissement des frondes par manque d'hygrométrie est la difficulté principale en culture sous nos climats. La pourriture du cœur suit une eau stagnante dans la couronne par temps froid. Les crosses qui avortent signalent presque toujours un air trop sec ou un arrosage insuffisant du stipe.
Parasites fréquents : cochenilles farineuses à la base des frondes, limaces sur les crosses tendres, araignée rouge dès que l'hygrométrie chute.
Prévention : viser une humidité relative supérieure à soixante-dix pour cent et bassiner le stipe quotidiennement en été. C'est la fougère arborescente qui pardonne le moins une atmosphère sèche.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune toxicité documentée ; la moelle du stipe, dont l'espèce tire son nom, était consommée cuite par les Maoris. Les écailles et les poils du stipe restent irritants pour la peau.
Toxicité animaux : aucune toxicité connue pour le chien ou le chat.
Symptômes : démangeaisons après manipulation à mains nues ; rien de notable en cas d'ingestion de fronde.
Précautions : porter gants et manches longues pour toute intervention. Une couronne de plusieurs mètres au-dessus d'un lieu de passage impose aussi de surveiller la chute des vieilles frondes, qui sont lourdes.
Associations de plantes
Bonnes associations : les autres fougères de sous-bois humide, Blechnum et Asplenium, occupent le pied dans les mêmes conditions. Les Anthurium et les Calathea apprécient l'ombre humide qu'elle crée. Un tapis de Selaginella conserve l'humidité au sol.
Associations à éviter : toute plante de plein soleil ou de sol drainé. Les végétaux qui craignent l'ombre dense de sa couronne. Éviter de l'installer près d'un chemin, l'envergure des frondes rendant le passage impraticable en deux saisons.
Conseil : prévoir la hauteur sous plafond avant l'achat, pas après. Cette espèce monte plus vite et plus haut que Dicksonia, et une serre de 3 m est vite trop basse pour elle.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en grand bac, dehors à l'ombre claire d'avril à octobre et hivernage sous véranda ou serre hors gel, très lumineuse et humide. Fougère arborescente néo-zélandaise gélive, qui ne passe l'hiver dehors que sur la façade atlantique la plus douce, avec protection.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 1 à 3 jours ; de mi-septembre à fin avril : tous les 4 à 7 jours | Le tronc fibreux absorbe l'eau sur toute sa hauteur et doit rester humide, en plus du substrat maintenu frais en permanence. Un seul dessèchement grille les frondes en cours de déroulement, perdues pour toute la saison. |
| Brumisation | De début mai à mi-septembre : tous les 1 à 2 jours ; de mi-septembre à fin avril : chaque jour | Cette plante des forêts humides réclame une hygrométrie très élevée, faute de quoi le bord des frondes brunit et les crosses avortent. Doucher généreusement le tronc plusieurs fois par jour pendant les canicules. |
| Engrais liquide | De mai à août : toutes les 3 à 4 semaines | Nourrir légèrement pendant la croissance, sur un substrat déjà humide. Les fougères supportent mal les fortes concentrations de sels, qui brunissent la pointe des frondes. |
| Inspection parasitaire | De mi-octobre à mi-avril : toutes les 1 à 2 semaines ; de mi-avril à mi-octobre : toutes les 3 à 4 semaines | Les limaces dévorent les jeunes crosses tendres en une nuit, ce qui coûte une fronde entière. Sous abri, surveiller les cochenilles le long des nervures, sans confondre avec les sores bruns alignés, parfaitement normaux. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De début mars à mi-novembre | Ne retirer que les frondes complètement sèches, la plante rapatriant ses réserves tant qu'il reste du vert. Les bases laissées en place forment progressivement le manchon fibreux caractéristique du tronc. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 3 ans | Rempoter dans un bac large et lourd, la plante devenant très haute et instable. Garder le tronc au même niveau qu'auparavant, car les racines aériennes qui l'entourent ne doivent pas être enterrées. |
| Ombrage estival | De mi-avril à fin septembre | Le soleil direct brûle les immenses frondes en larges plages brunes définitives, qui ne seront remplacées qu'à la saison suivante. Sous abri, blanchir les vitres ou poser un voile d'ombrage dès le mois d'avril. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à mi-juin | Les grandes frondes se déchirent et se dessèchent au moindre vent, qui reste plus nuisible que le manque de chaleur. Un coin fermé, entouré d'arbustes ou de murs, convient bien mieux qu'une terrasse dégagée. |
| Rentrée à l'automne | De début octobre à mi-novembre | Cette espèce est nettement plus frileuse que les fougères arborescentes australiennes et souffre déjà autour de zéro degré. Continuer à mouiller le tronc pendant tout l'hivernage, même si les arrosages sont espacés. |
| Voile d'hivernage | De début novembre à mi-mars | Remplir le sommet du tronc de paille ou de fougères sèches protège le bourgeon terminal, seul point de croissance de la plante. Replier les frondes autour du stipe et les envelopper d'un voile, en aérant dès le retour du redoux. |