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Vivace · Lamiacées

Oreille de lapin Stachys byzantina

Aussi appelé : Épiaire de Byzance, Épiaire laineuse, Lamb’s ear

L’oreille de lapin est une vivace du Caucase et d’Asie Mineure, cultivée pour son tapis de feuilles laineuses et argentées, douces au toucher. Le feuillage reste à 20 à 30 cm, les épis floraux montent à 40 à 60 cm en juin, et la touffe gagne 40 à 60 cm de large par saison. Elle veut le plein soleil et un sol pauvre, sableux ou caillouteux, parfaitement drainé ; une fois installée, elle ne s’arrose presque plus. C’est l’humidité stagnante en hiver, et non le froid, qui la fait disparaître.

Oreille de lapin (Stachys byzantina)
Photo : Arnaud 25, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Lamiacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-30 °C
Floraison
De juin à juillet
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4, environ -30 °C, à la condition que le sol soit sec en hiver. C’est l’humidité stagnante, jamais le froid, qui fait disparaître une touffe.

Dimensions : 20 à 30 cm de feuillage, 40 à 60 cm avec les hampes florales. Elle s’étale en tapis et gagne 40 à 60 cm de large par saison.

Floraison : De juin à la mi-juillet, de petites fleurs rose pourpré, presque cachées dans des épis laineux et argentés qui dépassent du tapis gris. Pas de parfum notable, mais abeilles et bourdons les visitent beaucoup.

Substrat : Sol pauvre, sableux ou caillouteux, parfaitement drainé. pH idéal de 6,5 à 7,5, neutre à légèrement calcaire ; une terre riche lui est défavorable.

Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum. Une ombre d’après-midi reste tolérable dans le Midi, où elle limite les brûlures.

Arrosage : Presque jamais une fois installée. En sécheresse durable, un seul arrosage copieux au pied toutes les 3 semaines suffit.

Durée de vie : Vivace à feuillage persistant, mais chaque pied s’épuise en 3 ou 4 ans ; le tapis se perpétue par les rosettes du pourtour, qu’on divise.

Multiplication : Division des touffes de la mi-mars à fin avril, en replantant les rosettes enracinées du pourtour, tous les 3 ans.

Arrosage & entretien

Arrosage : Aucun besoin régulier ; l’eau ne se justifie qu’après 3 semaines sans pluie, si le feuillage reste affaissé au petit matin. Toujours au collet et jamais par aspersion, car les poils retiennent l’eau et le duvet pourrit.

Fertilisation : Aucune. Un apport d’engrais ou de compost donne des feuilles molles, vertes plutôt que grises, qui s’effondrent à la première pluie d’orage.

Rempotage : En pot, un rempotage annuel au printemps dans un mélange très sableux, sur une couche drainante. En pleine terre, c’est la division qui tient ce rôle.

Taille : Rabattre à ras les feuilles brunies en mars, puis couper les hampes défleuries fin juillet pour retrouver un tapis net. Certains suppriment les hampes dès leur montée, pour la seule beauté du feuillage.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour : c’est la lumière qui fait l’argenté du feuillage. À l’ombre, les rosettes s’étirent, verdissent et se couchent.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en bordure, sur un talus ou en rocaille, orienté au sud ou à l’ouest. Éviter le pied d’un mur où ruisselle l’eau de toiture.

Substrat : Terre de jardin allégée de sable grossier ou de gravier, pauvre et filtrante. Ni terreau ni amendement organique.

pH : De 6,5 à 7,5, avec une préférence pour le légèrement calcaire. Les terres acides et lourdes ne lui conviennent pas.

Drainage : C’est le point décisif : l’eau doit traverser sans jamais stagner, surtout de novembre à mars. Un excès d’eau fait fondre le cœur des rosettes en quelques jours, et un paillage organique produit exactement le même effet.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : de touffe, de la mi-mars à fin avril, dehors : soulever la touffe à la fourche, jeter le cœur dégarni et séparer à la main les rosettes périphériques déjà enracinées. Les replanter en sol drainant, espacées de 30 à 40 cm, et arroser une seule fois. La reprise est quasi totale. Ses cultivars se multiplient de la même façon, le semis ne les reproduisant pas.

Les autres méthodes

Bouturage : possible mais peu utile : en avril et mai, une rosette de 5 cm détachée sans racines, piquée dans du sable humide à l’ombre, s’enracine en 3 à 4 semaines.

Semis :

Semeren mars et avril, sous abri, graines à peine couvertes de 2 mm de terreau sableux, à 18 à 20 °C ; elles lèvent en 2 à 3 semaines. Elles reproduisent l’espèce, pas les cultivars, dont certains ne fleurissent pas.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : abeilles et bourdons fécondent ses fleurs, et il en donne en abondance. Couper en août les épis laineux devenus secs et bruns, puis les secouer dans un sac pour recueillir les petites graines brunes. Les cultivars qui ne fleurissent pas n’en fournissent aucune. Au sec et au frais, elles restent bonnes 2 à 3 ans.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet est le problème central : les rosettes brunissent, se détachent et fondent après un hiver pluvieux. L’oïdium blanchit le feuillage lors des étés lourds et mal aérés. Dans les deux cas on supprime les parties atteintes et on corrige le drainage ou l’espacement, plutôt que de traiter.

Parasites fréquents : Limaces et escargots s’abritent sous le feutrage des feuilles et dévorent les jeunes rosettes au printemps. Les dégâts se voient au centre de la touffe, en trous nets sur les feuilles neuves. Des pucerons montent parfois sur les hampes florales, sans conséquence.

Prévention : Plein soleil, espacement généreux et paillis minéral plutôt qu’organique. Retirer les feuilles mortes posées sur les rosettes pendant tout l’automne. Diviser la touffe tous les 3 ans, avant que le centre ne s’épuise.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue. L’oreille d’ours ne figure sur aucune liste de plantes vénéneuses, et ses feuilles ont même servi autrefois de pansement de fortune.

Toxicité animaux : Classée non toxique pour le chien, le chat et le cheval par l’ASPCA. Elle ne présente aucun risque particulier dans un jardin fréquenté par des animaux.

Symptômes : Aucun par contact : le feuillage duveteux n’irrite pas la peau. Une ingestion importante ne provoque qu’un trouble digestif léger, dû aux fibres et aux poils, comme avec n’importe quelle plante non alimentaire.

Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire. Il reste sage de rappeler que ce n’est pas une plante alimentaire, malgré une texture qui invite les enfants à la toucher.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les népétas et les lavandes demandent le même sol sec et le même plein soleil, et leur bleu ressort sur le gris. Les sédums et les achillées prolongent l’intérêt jusqu’en automne sans réclamer une goutte d’eau. En bordure devant des rosiers, le tapis argenté masque le bas des tiges qui se dégarnit.

Associations à éviter : Tout ce qui demande un sol frais et un paillage organique, hostas, astilbes ou fougères : l’arrosage nécessaire à ces plantes la fait pourrir. Les graminées couvrantes vigoureuses et les géraniums vivaces étalés la recouvrent en une seule saison. Éviter enfin toute plate-bande sous arrosage automatique.

Conseil : Planter les rosettes un peu plus haut que le niveau du sol, collet dégagé, sur un lit de gravier : c’est ce geste qui décide de la reprise et de la survie du premier hiver.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe en pleine terre, en plein soleil, dans un sol pauvre et caillouteux qui ne retient pas l’eau, hors de portée d’un arrosage automatique.

GesteQuandComment
Inspection parasitaireUtile De mi-mars à fin mai : toutes les 1 à 2 semaines Regarder les pousses neuves chaque semaine au printemps : les limaces s’abritent sous le feutrage des feuilles et dévorent les rosettes avant qu’on ne voie les dégâts.Limaces sur les jeunes rosettes au printemps, oïdium dans les étés lourds
RabattageEssentiel En mars Nettoyer la touffe à la cisaille dès que le froid desserre : les rosettes repartent du cœur, et le feuillage mort laissé en place fait pourrir ce cœur.Les feuilles brunies et collées par l’hiver, coupées à ras
Division de touffeEssentiel De mi-mars à fin avril, tous les 3 ans Tous les 3 ans, soulever la touffe, jeter le cœur dégarni et remettre en terre les rosettes périphériques déjà enracinées, plus espacées qu’on ne le croit nécessaire.Le centre de la touffe s’épuise et meurt : ce sont les rosettes du pourtour qu’on replante
PaillageUtile En avril 2 cm de paillis minéral autour des rosettes tiennent le feutrage hors de la terre humide, qui est le seul vrai danger pour cette plante.Gravier ou pouzzolane, jamais de paillis organique qui garderait l’humidité au collet
FloraisonUtile De juin à juillet Les épis montent bien au-dessus du tapis gris au début de l’été. L’abeille cotonnière y récolte les poils pour tapisser son nid, raison suffisante d’en laisser quelques-uns.Hampes laineuses de 40 à 60 cm, fleurs mauves discrètes
ArrosageOptionnel De début juin à mi-septembreDès que : Plus de 3 semaines sans pluie et feuillage encore affaissé au petit matin Une fois installée, l’oreille d’ours se passe d’arrosage. En sécheresse durable, un seul apport copieux au collet vaut mieux que des arrosages répétés.Au pied, jamais sur le feuillage : les poils retiennent l’eau et le duvet pourrit
Fleurs fanéesUtile De mi-juillet à fin août Couper les épis défleuris à la base empêche les semis spontanés et redonne un feuillage propre pour la fin de l’été.Certains coupent les hampes dès leur montée, pour la seule beauté du tapis gris
Ramassage des feuilles mortesEssentiel De mi-octobre à mi-mars Enlever régulièrement tout ce qui se pose sur le feutrage pendant l’automne et l’hiver : c’est l’humidité retenue, bien plus que le gel, qui tue l’oreille d’ours.Surtout les feuilles d’arbres tombées sur les rosettes, qui les étouffent en quelques semaines

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