Arbuste · Adoxacées
Viorne lantane Viburnum lantana
Aussi appelé : Viorne mancienne, Mancienne, Viorne cotonneuse, Wayfaring tree
La viorne lantane est un arbuste caduc indigène des haies et des lisières calcaires de France, reconnaissable à ses rameaux souples couverts d’un duvet feutré. Elle atteint 3 à 4 m de haut et se couvre au printemps d’ombelles blanc crème, suivies de fruits qui passent du rouge au noir et sont légèrement toxiques. Elle pousse dans les terres pauvres, sèches et caillouteuses où d’autres arbustes peinent, et n’a plus besoin d’arrosage après deux étés. Elle convient aux haies champêtres et aux jardins sur calcaire ; seuls les sols détrempés lui font du tort.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Adoxacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 4 à 8 : indigène en France, elle supporte des froids de −30 °C et, une fois installée, les étés secs.
Dimensions : 3 à 4 m de haut, parfois 5 m, pour 2 à 4 m d’étalement à maturité, en arbuste touffu aux rameaux souples et feutrés.
Floraison : De mi-avril à fin mai, des ombelles aplaties de petites fleurs blanc crème à l’odeur un peu forte, suivies de fruits rouges puis noirs, légèrement toxiques.
Substrat : Terre ordinaire, même pauvre, sèche et caillouteuse, de préférence calcaire, au pH de 6 à 8 ; elle ne craint que les sols détrempés.
Exposition : Soleil ou mi-ombre, le plein soleil donnant la floraison et la fructification les plus abondantes.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours en été par temps sec, les deux premières années seulement ; ensuite, elle se passe d’arrosage.
Durée de vie : Arbuste caduc de longue vie, plusieurs dizaines d’années, qui se renouvelle par de nouvelles tiges parties de la base.
Multiplication : Bouturage de rameaux semi-aoûtés en juin ou juillet sous abri, ou marcottage d’une branche basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les deux premiers étés, verser 10 à 15 litres au pied tous les 7 à 10 jours quand il ne pleut pas. Une fois enracinée, elle supporte la sécheresse et se contente des pluies.
Fertilisation : Aucun engrais n’est nécessaire : cette viorne des coteaux calcaires pousse très bien en terre pauvre. Un paillis de broyat ou de feuilles mortes, étalé de mi-mars à fin avril les trois premières années, suffit à nourrir le sol.
Rempotage : Aucun rempotage pour cet arbuste de pleine terre : il se plante de novembre à mars, hors gel, en racines nues ou en godet pour une haie. Les jeunes plants de 60 à 80 cm sont ceux qui reprennent le mieux.
Taille : Elle se passe de taille : tous les 3 ans environ, de novembre à février, couper à la base une ou deux des plus vieilles tiges, sans raccourcir les autres, qui portent déjà leurs boutons. Ne pas tailler de mi-mars à fin juillet, pendant la nidification des oiseaux.
Exposition & substrat
Exposition : Soleil ou mi-ombre, avec au moins 4 à 6 heures de soleil par jour. En plein soleil, elle fleurit et fructifie davantage, et son feuillage rougit mieux à l’automne.
Emplacement : En extérieur et en pleine terre, en haie champêtre, en lisière ou en isolé, à toutes les orientations. Elle supporte le vent, les talus secs et les situations exposées.
Substrat : Terre ordinaire, même pauvre, sèche ou caillouteuse, de préférence calcaire. Elle pousse aussi en terre argileuse, pourvu qu’elle ne reste pas gorgée d’eau.
pH : De 6 à 8, du légèrement acide au franchement calcaire, ce qui en fait l’une des meilleures viornes pour les sols crayeux. En terre acide, elle pousse moins bien.
Drainage : Un sol drainé lui convient le mieux, car elle supporte bien mieux la sécheresse que l’excès d’eau. Une terre gorgée d’eau en hiver asphyxie ses racines.
Multiplication
Bouturage : en juin et juillet, boutures semi-aoûtées de 10 à 15 cm, avec un talon, dans un mélange de terreau et de sable, à l’étouffée sous abri et à l’ombre. Les racines se forment en 6 à 8 semaines ; l’hormone de bouturage, facultative, aide. Le bouturage de rameaux semi-aoûtés, ou le marcottage simple au printemps : deux méthodes sûres pour un amateur.
Les autres méthodes
Semis :
SemerEn automne, dehors en terrine ou en pleine terre, graines débarrassées de leur pulpe et couvertes de 1 cm : il leur faut un été puis un hiver, et elles lèvent souvent au deuxième printemps seulement. L’espèce sauvage se reproduit fidèlement ; des gants pour nettoyer les fruits, légèrement toxiques.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : un pied isolé fructifie mal, un second semis garnit les ombelles. En août et septembre, cueillir les fruits quand ils passent du rouge au noir, puis les nettoyer et semer les graines fraîches à l’automne, sans les laisser sécher. Les fleurs sont fécondées par les insectes. Ne pas compter garder les graines d’une année sur l’autre.
Division et autres méthodes : Marcottage simple de mars à mai, dehors : coucher une branche basse, l’entailler sous un nœud, l’enterrer à 10 cm en la fixant d’un crochet, et la sevrer au printemps suivant. Les rejets de la base se détachent aussi en hiver avec un morceau de souche.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre parfois les feuilles d’un feutrage blanc en fin d’été, sans gravité sur un arbuste installé. Des taches brunes apparaissent sur les feuilles par temps humide et disparaissent avec leur chute à l’automne. Aucun traitement n’est nécessaire : ramasser les feuilles tombées si les attaques se répètent d’année en année.
Parasites fréquents : La galéruque de la viorne est la principale menace : ses larves jaunâtres ponctuées de noir dévorent les feuilles de fin avril à juin jusqu’à n’en laisser que les nervures, puis les adultes brunâtres prennent le relais en été. Le puceron de la viorne enroule les jeunes feuilles au printemps, sans grand dommage. Couper les pousses envahies de larves et laisser coccinelles et oiseaux réguler le reste.
Prévention : En hiver, couper et évacuer les extrémités de rameaux qui portent les pontes de la galéruque, reconnaissables à leurs petits capuchons bruns alignés. Mêler la viorne à d’autres arbustes plutôt que de planter une haie de viornes seules, où l’insecte prolifère. Éviter les engrais azotés, qui donnent des pousses tendres recherchées par les pucerons.
Toxicité
Toxicité humaine : Faiblement toxique : les fruits verts ou rouges provoquent des troubles digestifs, et les fruits noirs, pourtant mûrs, peuvent aussi faire vomir s’ils sont mangés en quantité. L’écorce, autrefois employée comme révulsif, peut irriter la peau.
Toxicité animaux : Aucune intoxication grave n’est décrite chez le chien ou le chat, mais l’ingestion de nombreux fruits peut provoquer vomissements et diarrhée. Merles, grives et fauvettes en mangent les fruits mûrs sans dommage.
Symptômes : Irritation de la bouche, nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée, en général sans gravité. Les troubles surviennent surtout après l’ingestion de fruits encore verts.
Précautions : Apprendre aux enfants à ne pas goûter les fruits, même noirs, et appeler un centre antipoison si un jeune enfant en a avalé plusieurs. Porter des gants pour tailler si l’on a la peau sensible.
Associations de plantes
Bonnes associations : En haie champêtre sur sol calcaire, le cornouiller sanguin, le troène commun et le prunellier partagent ses goûts et offrent avec elle fleurs et fruits aux insectes et aux oiseaux du printemps à l’hiver. L’églantier ajoute ses cynorrhodons aux fruits rouges et noirs de la viorne. Devant elle, des vivaces de sol sec et calcaire comme l’origan ou la sauge des prés fleurissent au soleil en lisière.
Associations à éviter : Les rhododendrons, les azalées et les camélias réclament une terre acide, à l’opposé de celle qu’elle aime. La viorne obier, sensible à la même galéruque, multiplie les foyers de l’insecte si on les plante en nombre côte à côte, et demande en outre une terre fraîche que la lantane n’exige pas. Les grands arbres à l’ombre dense, comme le hêtre, réduisent sa floraison et sa fructification.
Conseil : Planter en quinconce sur deux rangs, en alternant quatre ou cinq essences, et laisser la haie pousser librement : la viorne lantane y donne fleurs et fruits sans taille. Une éclaircie à la base tous les 3 ans, en hiver, suffit à la garder vigoureuse.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste installé en pleine terre, en isolé ou en haie champêtre libre, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre ordinaire, même sèche, caillouteuse et calcaire.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 7 à 10 jours | Verser 10 à 15 litres au pied en une fois quand il n’a pas plu, pour que l’eau descende jusqu’aux racines. Une fois enracinée, la viorne lantane se passe d’arrosage, même sur un talus sec et caillouteux. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Couvrir la terre encore humide de 5 à 10 cm de broyat, de feuilles mortes ou de paille. Le paillis retient l’eau des pluies de printemps et étouffe l’herbe, principale rivale d’une jeune viorne. |
| Floraison | De mi-avril à fin mai | Les fleurs s’ouvrent avec les jeunes feuilles et attirent abeilles, syrphes et papillons. Leurs boutons, nus et feutrés de gris, sont visibles tout l’hiver au bout des rameaux : une taille générale les supprimerait. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à mi-juin | Retourner les feuilles du bas dès la fin avril : de petites larves jaunâtres ponctuées de noir y dévorent le limbe jusqu’à n’en laisser que la dentelle des nervures. Couper les pousses envahies tant que les larves sont jeunes, et laisser coccinelles et syrphes venir à bout des pucerons. |
| Fructification, récolte | De mi-juillet à fin septembre | Les fruits mûrissent de façon échelonnée, si bien que les bouquets portent à la fois des fruits rouges et des fruits noirs pendant plusieurs semaines. Merles, grives et fauvettes s’en nourrissent, mais ils sont faiblement toxiques pour l’homme, surtout avant maturité. |
| Taille de structure | De novembre à février, tous les 3 ans | Couper au ras du sol une ou deux des plus vieilles tiges pour renouveler l’arbuste, sans raccourcir les autres, qui portent déjà les boutons de l’année. En haie, ne jamais tailler pendant la nidification des oiseaux, de mi-mars à fin juillet. |
| Traitement préventif | De début novembre à mi-mars | Chercher sous les rameaux de l’année de petites rangées de capuchons bruns, qui recouvrent les œufs de la galéruque, et couper ces extrémités avant l’éclosion d’avril. Emporter les coupes à la déchetterie ou les enfermer dans un sac, plutôt que de les laisser au sol ou au compost. |