Arbuste · Adoxacées
Laurier-tin Viburnum tinus
Aussi appelé : Viorne tin, Laurier-thym, Laurustinus
Le laurier-tin est une viorne persistante du pourtour méditerranéen, l’un des rares arbustes qui fleurissent en plein hiver. Il atteint 2 à 3 m en une dizaine d’années, jusqu’à 4 m à terme, et ses boutons rose carmin s’ouvrent de novembre à avril en petites fleurs blanches au parfum léger. Peu regardant sur la terre, calcaire compris, il ne demande d’arrosage que ses trois premiers étés. Il convient aux haies persistantes de la plupart des régions, mais les fortes gelées brûlent ses boutons et son feuillage, et le soleil du Midi le grille sans ombre l’après-midi.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Adoxacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -12 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 8, soit environ -12 °C, et jusqu’à -15 °C sur un sujet installé et abrité. Les boutons floraux gèlent dès -8 °C et le feuillage brunit vers -12 °C, mais la souche repart presque toujours au printemps.
Dimensions : 2 à 3 m de haut pour autant d’étalement en 10 ans, jusqu’à 4 m à terme, avec une croissance de 20 à 30 cm par an.
Floraison : De novembre à avril, avec une pause pendant les gelées, des corymbes de boutons rose carmin qui s’ouvrent en petites fleurs blanches. Le parfum est léger et miellé.
Substrat : tout sol drainé, y compris argilo-calcaire, amélioré de compost à la plantation. pH 6,5 à 8 : il supporte le calcaire actif sans jaunir.
Exposition : soleil ou mi-ombre. Au sud de la Loire, une ombre l’après-midi lui évite de griller.
Arrosage : tous les 7 à 10 jours de juin à mi-septembre les trois premières années, 10 à 15 L à chaque fois. Ensuite plus rien, sauf sécheresse prolongée.
Durée de vie : arbuste persistant vivace, 30 à 50 ans en place, davantage sur une souche régulièrement rajeunie.
Multiplication : Bouturage de rameaux semi-aoûtés en août et septembre sous abri, ou marcottage d’une branche basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : tous les 10 à 15 jours en avril et mai, tous les 7 à 10 jours de juin à mi-septembre, en apports copieux et espacés plutôt qu’en petites doses. Les pluies d’automne et d’hiver suffisent le reste de l’année, sauf en bac.
Fertilisation : une pelletée de compost mûr griffée au pied en mars, une seule fois par an. En bac, un engrais à libération lente pour arbustes à fleurs au débourrement ; l’excès d’azote fabrique des pousses molles que les pucerons colonisent aussitôt.
Rempotage : sans objet en pleine terre. En bac, tous les 2 à 3 ans en mars dans un contenant 5 cm plus large, en terre de jardin, terreau et sable ; les autres années, surfacer sur 5 cm.
Taille : juste après la floraison, en mai, en retirant un tiers de la longueur au maximum. Les boutons de l’hiver suivant se forment dès l’été, donc tailler en automne supprimerait la floraison, et tailler en mai coûte les baies de l’automne.
Exposition & substrat
Exposition : plein soleil à mi-ombre, 4 à 6 heures de soleil direct. À l’ombre franche il végète, fleurit peu et ne fructifie pas.
Emplacement : extérieur toute l’année, pleine terre ou grand bac. Au nord de la Loire, le placer au pied d’un mur sud ou ouest, à l’abri des vents froids d’est qui brûlent le feuillage persistant.
Substrat : terre de jardin ordinaire, même argileuse ou calcaire, enrichie de compost à la plantation. Il est peu exigeant sur la nature du sol et très exigeant sur son ressuyage.
pH : 6,5 à 8,0. Neutre à franchement calcaire lui convient, c’est une plante de maquis méditerranéen.
Drainage : drainage indispensable. En terre lourde gorgée d’eau l’hiver, le Phytophthora jaunit puis sèche des branches entières sans retour possible : planter alors sur une butte de 20 cm.
Multiplication
Bouturage : en août et septembre, boutures semi-aoûtées de 10 à 12 cm, deux ou trois feuilles gardées et réduites de moitié, dans un mélange de terreau et de sable, à l’étouffée sous abri froid ou sous châssis. Les racines se forment en 2 à 3 mois, parfois au printemps suivant seulement ; l’hormone de bouturage, facultative, aide. Hiverner hors gel la première année. Le bouturage : bonne réussite, à condition d’être patient.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPeu pratiqué : graines nettoyées semées à l’automne dehors, couvertes de 1 cm, qui lèvent lentement et irrégulièrement, en un an ou plus. Les variétés sélectionnées ne se reproduisent pas fidèlement de semis et se bouturent.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : un pied isolé fructifie peu, plusieurs d’origine différente bien davantage. De la fin de l’été à l’automne, cueillir les fruits quand ils prennent leur teinte bleu métallique foncé, en ôter la pulpe et semer les graines fraîches, car elles se conservent mal une fois sèches. Les fleurs sont fécondées par les insectes.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, dehors : coucher une branche basse, l’entailler sous une feuille, l’enterrer à 10 cm en la fixant d’un crochet, et la sevrer un an plus tard. C’est la méthode la plus sûre quand on n’a pas d’abri.
Maladies & parasites
Maladies courantes : l’oïdium pose un feutrage blanc sur les jeunes pousses par temps doux et confiné, à traiter au soufre mouillable. Le dépérissement à Phytophthora, en sol mal drainé, jaunit le feuillage et sèche des branches entières, sans traitement curatif. Des taches foliaires brunes suivent un printemps pluvieux, sans gravité si on ramasse les feuilles atteintes.
Parasites fréquents : la galéruque de la viorne est le ravageur numéro un ; ses larves vert jaunâtre dévorent le revers des feuilles en mai et juin jusqu’à n’en laisser que les nervures, et les adultes reprennent de juillet aux gelées. Le thrips du laurier-tin décolore et gaufre le feuillage en gris argenté. Les pucerons noirs recroquevillent les jeunes pousses au printemps.
Prévention : en hiver, couper et évacuer en déchetterie les extrémités de rameaux portant les pontes de galéruque, reconnaissables à leurs petites cicatrices brunes alignées. Traiter les jeunes larves dès mai en supprimant les feuilles les plus infestées, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », en mouillant le revers des feuilles, car rien de doux n’agit sur les adultes. Espacer les sujets pour que l’air circule, ce qui tient oïdium et thrips à distance.
Toxicité
Toxicité humaine : faiblement toxique. Ce sont les fruits, surtout verts et avant maturité, qui posent problème ; écorce et feuilles contiennent des tanins, de la viburnine et des coumarines, mais personne ne les consomme.
Toxicité animaux : chez le chien et le chat, les baies sont irritantes et provoquent vomissements et diarrhée après une ingestion notable. Aucune atteinte grave, cardiaque ou rénale, n’est documentée, et une ou deux baies avalées par curiosité ne justifient pas d’inquiétude.
Symptômes : troubles digestifs de type gastro-entérite dans les heures suivant l’ingestion, avec nausées, vomissements et un effet purgatif marqué. Le contact du feuillage ou de la sève n’est pas irritant pour la peau.
Précautions : apprendre aux enfants à ne pas cueillir ces baies bleu métallique, très attirantes, et balayer celles qui tombent sur une terrasse. En cas d’ingestion importante, appeler le centre antipoison plutôt que de faire vomir.
Associations de plantes
Bonnes associations : les hellébores et le cyclamen de Naples à son pied, qui fleurissent en même temps que lui, l’hiver, et acceptent l’ombre sèche de son feuillage. Un cornouiller à bois coloré à côté, qui prend le relais du décor quand il défleurit. Le choisya ou l’eleagnus dans une haie libre persistante, mêmes besoins de sol drainé et même taille légère après floraison.
Associations à éviter : les autres viornes, obier, mancienne ou plicatum, plantées à proximité : elles hébergent la même galéruque et transforment un foyer en épidémie. Les plantes de terre de bruyère, rhododendron, camélia, azalée, qui veulent un sol acide et frais quand lui accepte le calcaire. Les vivaces gourmandes en eau à son pied, qui entretiennent l’humidité estivale dont profite le Phytophthora.
Conseil : le planter à portée de vue d’une fenêtre ou le long d’un passage quotidien, car il fleurit de novembre à avril, quand plus rien ne fleurit : c’est là qu’il gagne sa place. Compter 1 m entre deux plants pour une haie taillée, 1,50 m pour une haie libre.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste en pleine terre, sol drainé même argilo-calcaire, exposition soleil ou mi-ombre abritée des vents froids d’est, sujet installé depuis 2 à 3 ans.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 10 à 15 jours ; de début juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement au pied et espacé plutôt qu’un peu tous les jours, pour que les racines descendent. Les pluies d’automne et d’hiver suffisent le reste de l’année, sauf en bac où le substrat sèche même en janvier. |
| Bois mort et feuilles abîmées | En mars | Couper en mars les rameaux noircis par le froid, jusqu’au bois vert. Attendre cette date permet de voir ce que l’hiver a réellement tué : une branche qui semblait perdue en janvier repart souvent. |
| Compost, amendement | En mars | Griffer une pelletée de compost mûr sur la zone des racines au départ de la végétation, puis arroser. Un excès d’azote donne des pousses molles que les pucerons colonisent aussitôt. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Renouveler le paillis avant les chaleurs, sans jamais l’accumuler contre le tronc. Le laurier-tin a des racines superficielles qui souffrent vite d’un sol chaud et sec. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin août | Retourner les feuilles toutes les 2 semaines de fin avril à août. Les larves de galéruque réduisent le feuillage à ses seules nervures en une quinzaine de jours si personne ne les voit. |
| Taille après floraison | De début mai à mi-juin | Remettre l’arbuste en forme dès la fin de la floraison, en mai, par une taille légère et seulement après avoir vérifié qu’aucun nid n’y est occupé, surtout dans une haie.Les boutons de l’hiver suivant se forment dès l’été : une taille d’automne ou d’hiver supprimerait toute la fleur. |
| Traitement préventif | De début mai à mi-juin | Traiter dès l’éclosion des larves de galéruque, en mai, en mouillant bien le dessous du feuillage. Passé leur passage à l’état adulte en juillet, plus aucun traitement doux ne fonctionne. |
| Fructification, récolte | D’août à novembre | Les fruits passent du vert au bleu-noir métallique en fin d’été et tiennent jusqu’en novembre. Ils sont faiblement toxiques, surtout encore verts : ne pas les laisser à portée d’un jeune enfant sur une terrasse. |
| Floraison | De début novembre à mi-avril | La floraison s’étale de novembre à avril, avec une pause pendant les gelées puis une reprise. C’est la raison d’être de l’arbuste au jardin, et c’est elle qui fixe la date de taille. |
| Protection des racines | De début novembre à mi-décembre | Butter le pied et porter le paillis à 10 cm avant les premières fortes gelées. Le feuillage peut brunir sans que la souche soit perdue : protégée, elle repart au printemps. |