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Vivace · Violacées

Violette cornue Viola cornuta

Aussi appelé : Pensée cornue, Violette des Pyrénées, Horned violet

La violette cornue est une petite vivace des montagnes des Pyrénées et du nord de l’Espagne, reconnaissable à l’éperon qui prolonge ses fleurs violettes, bleues, jaunes, blanches ou bicolores. Au jardin, elle forme des touffes basses de 15 à 25 cm qui s’étalent en nappe de 30 à 40 cm et fleurissent d’avril à octobre si l’on coupe les fleurs fanées. Elle demande une terre fraîche et humifère, arrosée sans à-coups, et préfère le soleil du matin à celui de l’après-midi. Ce sont les étés au-dessus de 30 °C qui l’épuisent, bien plus que le froid, et elle ne tient que 2 à 3 ans en beauté.

Violette cornue (Viola cornuta)
Photo : Cptcv at French Wikipedia, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Violacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-15 °C
Floraison
D’avril à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 6, soit environ -15 °C, davantage sous un couvert de neige ou un paillage sec ; quelques hybrides descendent à la zone 5. Elle craint bien plus les étés au-dessus de 30 °C, qui l’épuisent, que le froid de nos hivers.

Dimensions : 15 à 25 cm de hauteur pour une nappe de 30 à 40 cm de large, qui s’étale en touffes basses et se referme sur elle-même.

Floraison : D’avril à la fin octobre, sans interruption si l’on coupe les fleurs fanées, de petites fleurs à éperon violettes, bleues, jaunes, blanches ou bicolores. Certaines variétés ont un léger parfum.

Substrat : Terre fraîche, humifère et drainée, enrichie de compost ou de terreau de feuilles. pH de 6 à 7.

Exposition : Plein soleil au nord de la Loire, mi-ombre ailleurs. L’idéal partout reste le soleil du matin et l’ombre de l’après-midi.

Arrosage : Régulier et sans à-coups : tous les 2 à 3 jours en juillet et août, tous les 4 à 6 jours au printemps. Elle se remet mal d’une motte desséchée.

Durée de vie : Vivace, mais de courte vie en plaine : 2 à 3 ans de belle tenue, à renouveler ensuite par division ou par semis.

Multiplication : Division des touffes de la fin août à septembre, ou semis en juin et juillet pour fleurir au printemps suivant.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en juillet et août, tous les 4 à 6 jours au printemps, tous les 7 à 10 jours en septembre et octobre. Arroser le matin et au pied, les fleurs mouillées se tachent et collent entre elles.

Fertilisation : En jardinière, un engrais liquide pour plantes fleuries pauvre en azote, à demi-dose, toutes les 2 à 3 semaines d’avril à septembre. En pleine terre, un apport de compost au printemps suffit pour l’année.

Rempotage : En pot, rempotage annuel en fin d’été dans un terreau neuf allégé de perlite. Les racines sont fines et n’aiment pas les grands volumes : un contenant de 18 à 20 cm est la bonne mesure.

Taille : Supprimer les fleurs fanées tige comprise, tous les 5 à 7 jours d’avril à octobre. Rabattre toute la touffe de moitié en juillet pour relancer une seconde floraison.

Exposition & substrat

Exposition : 4 à 6 heures de soleil, de préférence avant midi. Le plein soleil du sud de la France la met en sommeil dès la mi-juillet.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en massif, en bordure, en rocaille fraîche ou en jardinière. Orientation est ou sud-est, ou ouest avec une ombre portée l’après-midi.

Substrat : Terre de jardin allégée d’un tiers de terreau de feuilles ou de compost bien décomposé, avec une poignée de sable grossier pour le drainage.

pH : De 6 à 7, légèrement acide à neutre.

Drainage : Sol frais en permanence mais jamais gorgé. L’eau qui stagne en hiver provoque la pourriture du collet, qui fait flétrir une touffe entière en quelques jours ; en jardinière, une soucoupe laissée pleine est la première cause de perte.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : de la fin août à fin septembre, dehors : déterrer la touffe, séparer à la main des éclats munis de racines, les replanter aussitôt et bien arroser. Repris en fin d’été, ils fleurissent dès le printemps suivant. La division des touffes, ou le semis en juin et juillet pour remplacer les pieds épuisés au bout de 2 ou 3 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Possible : en août ou septembre, pousses basses non fleuries de 5 cm, dans un mélange de terreau et de sable, à l’ombre sous châssis, légèrement à l’étouffée ; racines en 3 à 4 semaines. C’est la façon de garder fidèlement une variété hybride.

Semis :

SemerDe juin à fin juillet, en terrine dehors à l’ombre ou sous châssis, graines couvertes de 2 à 3 mm car elles lèvent mieux à l’obscurité, au-dessous de 20 °C ; levée en 2 à 3 semaines, repiquage en septembre. L’espèce se reproduit fidèlement, ses variétés et ses hybrides beaucoup moins.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des insectes. De juin à septembre, cueillir les capsules quand elles se redressent et pâlissent, juste avant qu’elles éclatent et projettent leurs graines, puis les laisser s’ouvrir dans un sac en papier. Des variétés voisines se croisent : pour une couleur précise, les graines du commerce sont plus sûres. Les graines se sèment fraîches en été, ou se gardent un an au sec et au frais.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium poudre les feuilles de blanc en fin d’été, surtout sur une plante qui a soif ; couper les parties atteintes et arroser plus régulièrement. Les taches foliaires brunes et cerclées apparaissent après un printemps pluvieux, à limiter en espaçant les pieds. La pourriture du collet, en terre lourde et détrempée, est la seule qui tue et ne se rattrape pas.

Parasites fréquents : Les limaces sont le premier danger sur les jeunes plants au printemps, elles rasent une bordure en une nuit. L’araignée rouge s’installe en été sec, reconnaissable au piqueté clair et au feutrage sous les feuilles ; un bassinage du revers du feuillage la fait fuir. En pot, les larves d’otiorhynque rongent les racines et la touffe s’effondre d’un coup, sans signe annonciateur.

Prévention : Garder la terre fraîche sous un paillage léger, ce qui écarte l’oïdium et les acariens d’un seul geste. Espacer les plants de 25 à 30 cm pour que l’air passe. Le rabattage de juillet retire d’un coup tout le feuillage fatigué où ces ennuis s’installent.

Toxicité

Toxicité humaine : Non toxique, et même comestible : les fleurs de violette cornue se servent en décoration de salades et de desserts, comme celles des pensées. Seules les racines et les graines, amères, peuvent provoquer des nausées si l’on en avale beaucoup, ce qui n’arrive pas par accident.

Toxicité animaux : Sans danger connu pour le chien et le chat. Les violettes et pensées ornementales figurent parmi les plantes classées non toxiques par les centres antipoison animaliers.

Symptômes : Aucun symptôme attendu au contact ni à l’ingestion des feuilles et des fleurs. Une ingestion massive de racines pourrait provoquer des troubles digestifs légers, vomissements ou diarrhée.

Précautions : Ne consommer les fleurs que si la plante n’a reçu ni traitement ni engrais de synthèse, les violettes du commerce n’étant pas cultivées pour l’alimentation. Au-delà, c’est l’une des rares plantes fleuries qu’on installe sans réserve là où jouent enfants et animaux.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les bulbes de printemps, tulipes et narcisses, dont elle masque le feuillage jaunissant en mai. Les heuchères et les petites fougères, qui partagent son goût de la fraîcheur et de la mi-ombre. Les rosiers, au pied desquels elle fait un couvre-sol qui garde la terre fraîche sans concurrencer des racines profondes.

Associations à éviter : Les plantes de sol sec et brûlant, lavandes, sédums, cistes, dont le régime d’arrosage est exactement l’inverse du sien. Les vivaces traçantes comme la menthe ou la renouée, qui l’étouffent en une saison. Les graminées hautes, qui la privent d’air au ras du sol et favorisent l’oïdium.

Conseil : La planter par groupes de cinq à sept pieds espacés de 25 cm plutôt qu’en ligne : la nappe se referme et la floraison paraît continue, là où un pied isolé souligne chaque creux.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Pleine terre en massif ou en bordure, terre fraîche, humifère et drainée, soleil du matin et ombre aux heures chaudes ; en jardinière, resserrer les arrosages d’un tiers.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mars à mai : tous les 4 à 6 jours ; de juin à août : tous les 2 à 3 jours ; de début septembre à mi-novembre : tous les 7 à 10 jours Arroser le matin et au pied, sans mouiller les fleurs, qui se tachent et collent. En hiver, la pluie suffit en pleine terre.Elle ne supporte pas de sécher : une motte desséchée une seule fois coûte un mois de floraison.
Fleurs fanéesEssentiel De début avril à mi-octobre : tous les 5 à 7 jours C’est le geste qui décide de tout : sans lui, la plante monte en graines et cesse de fleurir en 6 semaines.Pincer la fleur avec sa tige à la base, pas seulement la corolle.
Engrais liquideUtile D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines En pot, le terreau est épuisé au bout de 6 semaines et la floraison s’essouffle. En pleine terre, un apport de compost au printemps remplace tous les engrais liquides.Engrais pour plantes fleuries, pauvre en azote, à demi-dose, surtout en jardinière.
Inspection parasitaireUtile De mars à mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à août : tous les 7 à 10 jours Regarder le revers des feuilles : un piqueté clair et un fin feutrage signent l’acarien, qui s’installe exactement quand la plante souffre de la chaleur.Limaces sur les jeunes pousses au printemps, araignée rouge sous les feuilles dès que l’air devient sec et chaud.
PaillageUtile De début avril à mi-mai Un paillage léger garde la terre fraîche, ce dont elle a le plus besoin en juin. Trop épais ou collé au collet, il la fait pourrir.2 à 3 cm de paillage fin seulement, écartés du cœur de la touffe.
FloraisonUtile D’avril à octobre Les premières fleurs s’ouvrent dès la fin mars en année douce et les dernières tiennent aux petites gelées de novembre.Floraison presque continue, avec un creux en juillet et août dans le Midi.
Ombrage estivalUtile De juin à aoûtDès que : Dès que les après-midi dépassent 28 °C plusieurs jours de suite Plante de montagne pyrénéenne, elle jaunit et cesse de fleurir au-delà de 30 °C. L’ombre des heures chaudes lui fait passer l’été sans ce coup d’arrêt.Voile d’ombrage tendu, ou jardinière déplacée à l’est pour l’après-midi.
SemisOptionnel De juin à juillet Semer en juin pour repiquer en septembre et fleurir au printemps suivant. C’est ainsi qu’on remplace les pieds qui s’épuisent au bout de 2 ou 3 ans.Semis en terrine à l’ombre, autour de 15 °C : la graine lève mal au-delà de 20 °C.
RabattageEssentiel En juillet Ce rabattage de plein été relance une seconde floraison en 3 semaines. Arroser et pailler juste après, la repousse démarre vite malgré la chaleur.Toute la touffe rabattue de moitié, à 5 cm du sol, quand elle s’étale et se dégarnit au centre.
Division de touffeUtile De mi-août à fin septembre, tous les 3 ans Séparer des éclats munis de racines et les replanter aussitôt, bien arrosés. Repris en fin d’été, ils fleurissent dès le printemps suivant.Tous les 2 ou 3 ans, quand le centre de la touffe se creuse et que les tiges se couchent.

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