Bisannuelle · Violacées
Pensée Viola × wittrockiana
Aussi appelé : Pensée des jardins, Pensée à grandes fleurs, Pansy
La pensée est un hybride horticole obtenu au XIXe siècle à partir de la pensée sauvage et d’espèces voisines, devenu la fleur des jardinières d’automne et de printemps. Elle forme une petite touffe de 15 à 25 cm aux larges fleurs de 4 à 10 cm, de toutes couleurs, souvent marquées d’une tache sombre au centre. Plantée en septembre, elle fleurit d’octobre à mai avec une pause au plus froid, dans un terreau riche et frais arrosé souvent au printemps. La chaleur de juin met fin à sa saison, et en jardinière une motte prise en glace peut la tuer.
- Type
- Bisannuelle
- Famille
- Violacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -12 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 6 à 9, le feuillage tient jusqu’à -12 °C environ en pleine terre, bien enraciné. Les fleurs ouvertes fondent dès -5 °C mais les boutons repartent au premier redoux, alors qu’en jardinière la motte prise en glace peut tuer le pied.
Dimensions : 15 à 25 cm de haut pour 20 à 30 cm d’étalement, avec des fleurs de 4 à 10 cm selon les séries.
Floraison : D’octobre à mai, avec une pause au plus froid de l’hiver et un pic de mars à mai, de larges fleurs de toutes couleurs, souvent marquées d’une macule sombre au centre. Le parfum est léger et ne se sent que de près ; la chaleur de juin met fin à la floraison.
Substrat : Terreau riche en humus, frais et bien drainé, additionné d’un tiers de terre de jardin en jardinière pour qu’il ne sèche pas trop vite.
Exposition : Plein soleil de l’automne au début du printemps, mi-ombre dès que la chaleur s’installe en mai.
Arrosage : Tous les 4 à 7 jours à l’automne, tous les 10 à 15 jours seulement en plein hiver, puis tous les 2 à 4 jours pendant la grande floraison de mars à mai.
Durée de vie : Bisannuelle, conduite en annuelle de saison froide : semée en juin, plantée en septembre, fleurie d’octobre à mai, arrachée quand la chaleur de juin la fait filer.
Multiplication : Semis en terrine sous châssis ombragé de juin à fin juillet, graines couvertes de 3 mm, mise en place en septembre.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 4 à 7 jours à l’automne, tous les 10 à 15 jours de décembre à février, et tous les 2 à 4 jours de mars à mai quand la floraison consomme beaucoup. Toujours au pied et le matin, jamais sur les fleurs qui se tachent et pourrissent, et jamais sur un substrat gelé.
Fertilisation : Engrais liquide pour plantes fleuries tous les 15 jours de la fin février à début mai, surtout en jardinière où le terreau est épuisé après 6 mois. Rien pendant l’hiver, la plante ne pousse plus et l’engrais resterait dans le substrat.
Rempotage : On ne rempote pas une pensée, on la plante une seule fois, de septembre à octobre, sept à neuf plants au mètre carré et le collet au ras du terreau. Renouveler le terreau à chaque saison et changer d’emplacement en massif, car les maladies du sol s’y accumulent d’une année sur l’autre.
Taille : Supprimer les fleurs fanées avec leur pédoncule deux fois par semaine, sinon la plante fait des graines et cesse de fleurir. Pincer d’un tiers les tiges étirées par l’hiver à la fin février pour retrouver une touffe compacte.
Exposition & substrat
Exposition : Le plus de soleil possible d’octobre à avril, où la lumière rasante de l’hiver ne brûle rien et fait ouvrir les fleurs. Dès la mi-mai, une ombre aux heures chaudes prolonge la floraison de plusieurs semaines.
Emplacement : Extérieur toute sa vie, en jardinière, en potée, en bordure ou en massif. Une orientation sud ou est en hiver, et de préférence à l’abri des pluies battantes qui couchent les fleurs.
Substrat : Deux tiers de terreau riche pour un tiers de terre de jardin, avec une poignée de compost. Un terreau pur en jardinière sèche trop vite en avril et se compacte en hiver.
pH : 5,5 à 6,5, légèrement acide. Au-delà de 7, le feuillage jaunit par blocage du fer et du bore.
Drainage : Indispensable malgré son goût pour la fraîcheur, car l’excès d’eau provoque le pied noir, qui fait faner un plant vert en 2 jours. Trous de drainage dégagés, lit de billes d’argile et soucoupe vidée après chaque pluie.
Multiplication
Semis : de juin à fin juillet, en terrine sous châssis ombragé ou au frais à l’intérieur, graines couvertes de 3 mm de terreau, car elles lèvent à l’obscurité, sous 18 °C. La levée prend 1 à 3 semaines ; repiquer en godets au stade de 3 ou 4 feuilles, puis mettre en place en septembre ou octobre. Les graines du commerce sont souvent des hybrides F1 : celles récoltées sur ses propres plants ne reproduisent pas fidèlement les fleurs. Le semis, pour une floraison d’octobre à mai : facile si l’on évite la chaleur.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les insectes fécondent ses fleurs, mais les graines d’hybrides donnent des fleurs mélangées. De mai à juin, des capsules se forment sur les fleurs fécondées et projettent leurs graines en s’ouvrant ; on peut les cueillir juste avant. Les graines du commerce sont donc plus sûres. Gardé au sec et au frais, un sachet entamé reste bon 2 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Pratiquement jamais : la pensée se cultive en bisannuelle et se renouvelle par semis chaque année.
Division et autres méthodes : Aucune : plante bisannuelle arrachée après sa floraison, dont la souche ne se divise pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Le pied noir, une pourriture racinaire due à Thielaviopsis et à Pythium, noircit le collet et fait faner brutalement un plant d’apparence saine : il n’y a pas de traitement, on arrache et on renouvelle le terreau. La pourriture grise couvre de moisissure les fleurs abîmées par la pluie en hiver, et l’oïdium blanchit le feuillage au printemps dans les emplacements confinés. Des taches rondes brunes cerclées de foncé signalent une anthracnose, à contenir en supprimant les feuilles atteintes.
Parasites fréquents : Les limaces et les escargots rasent les jeunes plants dans les 15 jours qui suivent la plantation d’automne, et c’est la perte la plus fréquente. Les pucerons colonisent le revers des feuilles et la base des boutons dès le redoux de mars, déformant les fleurs et transmettant des viroses. Les larves d’otiorhynque rongent les racines en potée, l’araignée rouge apparaît sur les plants qui ont eu trop chaud et trop sec en avril.
Prévention : Ne jamais replanter des pensées 2 années de suite au même endroit ni dans le même terreau, la plupart de leurs ennuis venant du sol. Arroser au pied et le matin, espacer les plants pour que l’air circule, et retirer aussitôt les fleurs fanées qui servent de point de départ à la pourriture grise. Un cordon de cendre ou un granulé au phosphate de fer les premières nuits humides règle la question des limaces.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue aux quantités habituelles, et les fleurs sont même comestibles, couramment utilisées pour décorer salades et desserts. Les graines et les parties souterraines contiennent des saponines et peuvent être vomitives en grande quantité, ce qui suppose une ingestion massive et volontaire.
Toxicité animaux : L’ASPCA classe la pensée non toxique pour le chien, le chat et le cheval. Un animal qui en mâche quelques fleurs ne risque qu’un désagrément digestif passager, comme avec n’importe quel végétal.
Symptômes : Nausées, vomissements et diarrhée en cas d’ingestion importante de graines ou de racines, sans gravité. Aucune irritation de contact n’est rapportée, la manipulation se fait à mains nues sans précaution.
Précautions : Ne consommer que des fleurs issues de plants cultivés sans traitement, jamais celles d’une potée achetée en jardinerie, qui reçoivent presque toujours des insecticides systémiques persistants. C’est l’une des rares plantes fleuries d’hiver que l’on peut installer sans réserve à portée d’un enfant ou d’un chat.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les bulbes de printemps, tulipes, narcisses et muscaris, plantés dessous à l’automne : la pensée couvre le sol nu tout l’hiver puis les tiges le traversent en mars. Les myosotis et les pâquerettes, qui suivent exactement le même calendrier de plantation et d’arrachage et demandent la même fraîcheur. Le chou d’ornement et l’heuchère pourpre, dont le feuillage tient la jardinière quand les fleurs marquent le pas en décembre.
Associations à éviter : Les plantes de plein été installées dans la même potée, géranium-lierre ou surfinia, qui étoufferont les pensées en avril alors qu’elles ont encore 6 semaines de floraison devant elles. Les succulentes et les aromatiques sèches, sauge ou romarin, dont l’arrosage espacé ne convient pas du tout à un pied qui boit tous les 2 jours au printemps. Et les pensées ou violas de l’année précédente, au même endroit et dans le même terreau, qui transmettent le pied noir à la nouvelle plantation.
Conseil : Plantez dès septembre plutôt qu’en novembre, même si les plants sont plus chers et le jardin encore fleuri. Un pied qui a eu 6 semaines de douceur pour s’enraciner traverse l’hiver debout et fleurit dès février, là où un plant installé tard attend mars pour démarrer.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Plants achetés ou semés sous abri, mis en place à l’automne en jardinière ou en bordure de massif, dans un terreau riche et frais, au soleil d’hiver puis à mi-ombre dès la chaleur venue.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-septembre à fin novembre : tous les 4 à 7 jours ; de décembre à février : tous les 10 à 15 jours ; de mars à mai : tous les 2 à 4 jours | Maintenir le terreau frais sans jamais le détremper, en arrosant le matin pour que le feuillage soit sec le soir. En hiver on n’arrose qu’une jardinière abritée de la pluie, et jamais sur un substrat gelé. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dès que l’eau y stagne, en toute saison. L’hiver, sous la pluie, une soucoupe pleine asphyxie les racines et ouvre la porte au pied noir, qui fait faner la plante en quelques jours. |
| Pincement | De mi-février à fin mars | Pincer l’extrémité des pousses qui se sont allongées pendant les mois sombres, juste avant la reprise. La plante se ramifie depuis la base et refait une touffe compacte pour la grande floraison d’avril. |
| Engrais liquide | De mi-février à mi-mai | Reprendre les apports à la reprise de la végétation, un arrosage sur deux ou trois, car un terreau de jardinière est épuisé après 6 mois. Un excès d’azote donnerait beaucoup de feuilles et peu de fleurs. |
| Semis | De juin à juillet | Semer en terrine sous châssis ombragé, en recouvrant les graines de 3 mm de terreau car elles lèvent mieux à l’obscurité et sous 18 °C. Un semis fait plus tard donne des plants trop jeunes pour fleurir avant l’hiver. |
| Mise en place des plants | De septembre à octobre | Mettre en place assez tôt pour que les racines s’installent avant les premiers froids, en enterrant le collet ni plus haut ni plus bas que dans le godet. Planté en novembre, le pied passe l’hiver sans s’enraciner et fleurit mal au printemps. |
| Inspection parasitaire | De mi-septembre à fin mai | Surveiller les limaces les quinze premiers jours après la mise en place, car elles rasent les jeunes plants en une nuit d’automne humide. À partir de mars, retourner les feuilles pour chercher les colonies de pucerons sous le feuillage et à la base des boutons. |
| Fleurs fanées | D’octobre à mai | Ôter les fleurs passées avant qu’elles ne forment leur capsule de graines, sans quoi la plante cesse d’en produire de nouvelles. C’est le geste qui fait la différence entre 6 semaines et 6 mois de floraison. |
| Voile d'hivernage | De mi-novembre à fin février | Jeter un voile sur les potées les nuits de grand froid, ou mieux, les plaquer contre un mur : c’est la motte prise en glace dans un contenant qui tue, pas le froid de l’air. Retirer le voile dès le redoux pour ne pas favoriser la pourriture grise. |