Connexion / Inscription →

Succulente · Asphodélacées

Aloès candélabre Aloe arborescens

Aussi appelé : Aloès arborescent, Krantz aloe, Candelabra aloe

L’aloès candélabre est une grande succulente d’Afrique australe dont la souche se ramifie en une touffe arbustive de rosettes aux feuilles charnues et dentées. Il atteint 2 à 3 m de haut et autant de large en pleine terre sur le littoral méditerranéen ; ailleurs, il se cultive en grand pot rentré hors gel. Il lui faut le plein soleil, un sol très minéral et des arrosages copieux mais rares, presque nuls sous 10 °C. Il fleurit en plein hiver en épis rouge orangé, mais un sol mouillé par temps froid ou un gel sous -4 °C l’abîment vite.

Aloès candélabre (Aloe arborescens)
Photo : Andrew massyn, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Succulente
Famille
Asphodélacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-4 °C
Floraison
De janvier à décembre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 9b à 11, l’aloès candélabre supporte de brèves gelées jusqu’à environ -4 °C à condition que le sol soit parfaitement sec.

Dimensions : 2 à 3 m de hauteur (jusqu’à 4 m en climat doux) pour un étalement équivalent, la souche se ramifiant en touffe arbustive dense.

Floraison : En hiver, de décembre à février, épis en candélabre de fleurs tubulaires rouge orangé, sans parfum, très appréciées des insectes en climat doux.

Substrat : Mélange très drainant à dominante minérale (terre sableuse, gravier, pouzzolane), pH légèrement acide à neutre, entre 6 et 7,5.

Exposition : Plein soleil toute l’année ; une ombre légère aux heures brûlantes n’est utile qu’en climat très aride ou sur sujet fraîchement rempoté.

Arrosage : Arrosages copieux mais très espacés, en laissant le substrat sécher entièrement entre deux apports, et pratiquement nuls dès que la température descend sous 10 °C.

Durée de vie : Vivace succulente ligneuse, 20 à 30 ans, et davantage en pleine terre sous climat doux où la touffe s’élargit sans fin.

Multiplication : Séparation des rejets de la base ou bouture de tige, d’avril à juin, après quelques jours de séchage de la plaie.

Arrosage & entretien

Arrosage : Du printemps à l’automne, arroser à fond puis attendre que la motte soit sèche sur toute sa profondeur, soit environ tous les 10 à 20 jours selon la chaleur. En hiver, un arrosage léger par mois suffit en véranda fraîche, et rien du tout si la plante hiverne hors gel entre 5 et 10 °C.

Fertilisation : Un engrais pour cactées et plantes grasses, pauvre en azote, dilué de moitié, une fois par mois d’avril à septembre. Aucun apport en hiver ni dans les 6 semaines qui suivent un rempotage.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans au printemps, dans un pot à peine plus grand mais lourd et large, car la plante devient haute et prend le vent. Dépoter au sec, éliminer les racines noircies, replanter dans un substrat neuf et attendre une semaine avant le premier arrosage.

Taille : Aucune taille de formation n’est nécessaire ; on supprime seulement les hampes florales fanées et les feuilles sèches de la base. Une branche trop longue ou dégarnie se rabat en fin de printemps avec un outil propre, et le tronçon prélevé fait une bouture après 3 à 5 jours de cicatrisation à l’air.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, avec 6 heures directes au minimum, ce qui garde le port compact et favorise la floraison hivernale. Une plante hivernée à l’intérieur se réhabitue progressivement au soleil au printemps, sous peine de taches brunes de brûlure.

Emplacement : En pleine terre à partir de la zone 9b, en situation abritée exposée au sud ou au sud-ouest, idéalement en pente ou en rocaille. Ailleurs, culture en pot sorti dehors de mai à octobre et rentré hors gel devant une fenêtre très lumineuse.

Substrat : Un tiers de terreau ou de terre franche, un tiers de sable grossier, un tiers de pouzzolane ou de gravillons ; en pleine terre, un sol caillouteux, pauvre et jamais argileux compact. Un paillage minéral en surface garde le collet au sec.

pH : Entre 6,0 et 7,5, l’optimum se situant autour de la neutralité ; les sols calcaires légers sont tolérés.

Drainage : Le drainage est le point critique : pot percé, lit de billes ou de graviers, et jamais de soucoupe remplie. Un excès d’eau, surtout par temps frais, provoque la pourriture du collet et des racines, souvent fatale avant même que les feuilles ne jaunissent.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : d’avril à fin juin, dégager la motte et détacher au couteau propre les rejets de la base, avec leurs racines. Laisser sécher la plaie 2 à 3 jours, puis rempoter chaque rejet à part dans un mélange sec et attendre une semaine avant d’arroser. La séparation des rejets de la base ou la bouture d’une tige : deux méthodes très sûres, à condition de laisser sécher la plaie avant de planter.

Les autres méthodes

Bouturage : D’avril à fin juin, couper une tige latérale de 15 à 30 cm, ôter les feuilles du bas et laisser sécher la coupe une semaine à l’ombre. La planter dans un mélange sec de terreau et de sable ou de pouzzolane, sous abri ou dehors à mi-ombre, et n’arroser qu’après 2 semaines : l’enracinement prend 3 à 6 semaines.

Semis :

SemerPossible au printemps à l’intérieur, graines posées en surface d’un mélange sableux et juste voilées de sable fin, vers 20 à 25 °C : la levée prend 2 à 4 semaines. Les graines récoltées près d’autres aloès donnent souvent des hybrides, et le plant met plusieurs années à fleurir.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : l’aloès refuse son propre pollen, et les deux doivent fleurir ensemble. Il faut un second pied issu d’une autre plante (un rejet du même pied ne compte pas), visité par les insectes, ce qui reste rare en hiver hors du Midi. Les capsules brunissent et s’ouvrent en mars-avril sur des graines noires ailées, à garder au sec et au frais et à semer dans l’année. Des graines du commerce sont plus sûres pour avoir l’espèce pure.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines (Phytophthora, Pythium, Fusarium) se reconnaît à une base molle et brunâtre, des feuilles ternes qui se déchaussent ; il faut dépoter, recouper jusqu’au tissu sain, laisser cicatriser et replanter au sec. Des taches foliaires brunes cerclées apparaissent en atmosphère confinée et humide, à traiter en aérant et en supprimant les feuilles atteintes. Les taches noires liégeuses dues au froid humide ne se soignent pas mais restent superficielles.

Parasites fréquents : L’acarien des aloès (Aceria aloinis) provoque des excroissances verruqueuses en chou-fleur sur les feuilles et les hampes, appelées « cancer de l’aloès » : il faut couper largement les parties atteintes et les évacuer en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage, aucun produit ne rattrape une galle formée. Les cochenilles farineuses forment des amas blancs cotonneux à l’aisselle des feuilles et les cochenilles à bouclier de petites pastilles grises, à retirer au coton imbibé d’alcool à 70° puis, si besoin, à traiter avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Pucerons sur les hampes florales et limaces sur les jeunes rejets complètent la liste.

Prévention : Espacer les arrosages, ne jamais mouiller le cœur de la rosette et garantir un substrat drainant écartent l’essentiel des problèmes. Inspecter les aisselles des feuilles à chaque arrosage et isoler 3 semaines toute plante nouvellement acquise, l’acarien se propageant par contact et par outils. Désinfecter le sécateur entre deux sujets et éviter les plantations trop serrées, qui retiennent l’humidité.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxicité faible à modérée : le gel translucide du centre de la feuille est traditionnellement utilisé, mais le latex jaune situé juste sous l’épiderme contient des anthraquinones (aloïne, barbaloïne) fortement laxatives et irritantes pour les muqueuses. Son ingestion est déconseillée, en particulier aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants.

Toxicité animaux : L’espèce figure parmi les Aloe classés toxiques pour le chien, le chat, le cheval et les petits rongeurs, toujours à cause du latex. L’ingestion de quelques bouchées de feuille suffit à déclencher des troubles digestifs chez un chat ou un petit chien.

Symptômes : Chez l’animal, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, abattement, perte d’appétit et parfois urines foncées. Chez l’homme, crampes intestinales et diarrhée après ingestion du latex, et plus rarement une irritation ou une dermatite de contact chez les personnes sensibles.

Précautions : Porter des gants pour tailler, laisser le latex s’écouler puis rincer les mains, et tenir les feuilles coupées hors de portée des animaux. En cas d’ingestion par un animal, appeler un vétérinaire ou un centre antipoison en précisant le nom de la plante.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les agaves, echeverias et aeoniums partagent exactement les mêmes exigences de sol sec et de plein soleil, et leurs rosettes basses mettent en valeur le port en candélabre. Lavande et romarin acceptent la même sécheresse, prolongent la floraison sur l’année et attirent les pollinisateurs. Un couvre-sol de Delosperma ou de Drosanthemum tapisse le pied sans concurrencer les racines superficielles.

Associations à éviter : Hortensias, fougères et hostas exigent un sol constamment frais, un régime d’arrosage qui fait pourrir le collet de l’aloès. La menthe et les vivaces traçantes envahissent la souche et retiennent l’humidité contre la base. Le gazon arrosé en bordure immédiate pose le même problème, et une haie dense prive la plante du soleil dont elle a besoin.

Conseil : Composez le massif autour d’un paillage minéral commun, gravier ou pouzzolane sur 5 cm : il maintient les collets au sec, limite les adventices et sert de fil conducteur visuel. Regroupez alors les plantes par besoin en eau plutôt que par esthétique, afin qu’un seul régime d’arrosage convienne à tout le massif.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en grand pot, dehors en plein soleil du printemps à l'automne et hivernage hors gel dans une véranda, une serre froide ou une pièce fraîche et très lumineuse. Plante grasse arbustive gélive, qui ne reste en pleine terre toute l'année que sur le littoral méditerranéen.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 10 à 15 jours ; d’octobre à mars : tous les 1 à 2 mois Arroser abondamment en une fois, puis laisser le substrat sécher complètement avant de recommencer. Verser au pied sans remplir le cœur des rosettes, où l'eau stagnante fait pourrir les jeunes feuilles.attendre que la motte soit sèche à cœur
Inspection parasitaireUtile De novembre à mars : toutes les 2 à 3 semaines ; d’avril à octobre : toutes les 4 à 6 semaines Chercher les amas blancs cotonneux des cochenilles farineuses, qui se cachent entre les feuilles serrées du cœur. Les tamponner une à une avec un coton imbibé d'alcool à 70 °C.aisselles des feuilles et départs de tiges
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : dès qu'il reste de l'eau dans la soucoupe après un arrosage ou une pluie Les racines charnues supportent très mal de baigner, même une journée. C'est la première cause de perte chez cette plante.vider immédiatement, sans laisser de fond
RempotageUtile De mi-mars à mi-mai, tous les 3 ans Rempoter dans un pot large, lourd et bien percé, à peine plus grand que le précédent. Attendre une semaine avant le premier arrosage pour laisser cicatriser les racines abîmées.moitié terreau, moitié sable grossier ou pouzzolane
Taille de structureUtile D’avril à juin, tous les 2 ans Raccourcir les tiges devenues longues et nues, très fréquentes chez cette plante buissonnante, pour la remettre en forme. La tête coupée s'enracine facilement après 1 à 2 semaines de séchage à l'air libre.couteau propre, coupe nette
Division de touffeUtile D’avril à juin, tous les 2 ans Détacher les rejets qui partent de la base et encombrent le pied, en dégageant délicatement la motte. Laisser sécher la plaie 2 à 3 jours avant de rempoter chaque rejet à part.rejets déjà pourvus de racines
Sortie au printempsUtile De mi-avril à fin maiDès que : quand les nuits ne descendent plus sous 5 °C Un été passé dehors resserre les rosettes et rougit joliment les dents du bord des feuilles. Prévoir un pot lourd, un sujet âgé étant très déséquilibré par le haut.emplacement ensoleillé et bien aéré
Acclimatation à la lumièreEssentiel De mi-avril à mi-juinDès que : pendant les 2 à 3 semaines qui suivent la sortie Augmenter la part de soleil direct par paliers, sur une quinzaine de jours. Une plante sortie brutalement au plein soleil se marque de taches brunes sèches, définitives sur des feuilles qui durent plusieurs années.d'abord à l'ombre claire
Rentrée à l'automneEssentiel De début octobre à mi-novembreDès que : dès que les nuits repassent sous 5 °C Ne pas attendre les premières gelées, qui éclatent les feuilles gorgées d'eau. Inspecter la plante et le dessous du pot avant de la rentrer, pour ne pas introduire de parasites.rentrer avec un substrat déjà sec
Repos secEssentiel De novembre à février Un hivernage frais et presque sec est ce qui déclenche les épis de fleurs orangées du milieu de l'hiver. Une pièce chauffée donne des tiges étirées, des feuilles molles et aucune floraison.entre 17 °C, en pleine lumière

Autres Aloe