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Succulente · Asphodélacées

Aloès dentelle Aloe aristata

Aussi appelé : Aloès aristé, Lace aloe, Torch plant

L’aloès dentelle est une petite succulente d’Afrique du Sud et du Lesotho, aux feuilles vert sombre piquetées de blanc et terminées par un fin filament. Sa rosette dépasse rarement 15 cm de haut, mais ses rejets forment en quelques années un coussin de 30 à 40 cm. C’est l’un des aloès les plus résistants au froid, jusqu’à -7 °C au sec, ce qui lui permet de rester dehors sur le pourtour méditerranéen dans un sol bien drainé. Ailleurs il hiverne à l’abri et en pleine lumière, car l’humidité au collet le tue plus sûrement que le gel.

Aloès dentelle (Aloe aristata)
Photo : Chhe (talk), Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Succulente
Famille
Asphodélacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-7 °C
Floraison
De mai à juillet
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 8b à 9a, l’un des aloès les plus résistants au froid : de courtes gelées jusqu’à -7 ou -10 °C passent si le substrat est parfaitement sec. C’est l’humidité hivernale, bien plus que le thermomètre, qui la tue, d’où l’hivernage à l’abri partout ailleurs que sur le pourtour méditerranéen drainé.

Dimensions : Rosette trapue de 10 à 15 cm de haut pour 15 à 20 cm de diamètre, hérissée de dents blanches molles et terminée par un long filament. Avec ses rejets, elle forme en quelques années un coussin de 30 à 40 cm, et la hampe florale monte à 40 ou 50 cm.

Floraison : De la fin du printemps au début de l’été, hampe de 40 à 50 cm portant des fleurs tubulaires orange rouge, sans parfum ; la rosette refleurit les années suivantes.

Substrat : Mélange minéral et drainant, un tiers de terreau, un tiers de sable grossier, un tiers de pouzzolane ou de pumice, avec un paillis de gravier au collet. pH neutre, de 6 à 7,5.

Exposition : Plein soleil dehors en été, lumière la plus vive possible derrière une vitre l’hiver. À l’ombre, la rosette s’étire, s’ouvre et perd ses dents blanches caractéristiques.

Arrosage : Toutes les 2 à 3 semaines d’avril à septembre, en trempant tout le substrat puis en le laissant sécher entièrement. De novembre à février, un arrosage léger par mois au plus, et rien du tout si elle hiverne entre 5 et 10 °C.

Durée de vie : Vivace succulente qui vit plusieurs dizaines d’années et se renouvelle d’elle-même par ses rejets. Contrairement aux agaves, la rosette ne meurt pas après avoir fleuri et refleurit les années suivantes.

Multiplication : Séparation des rejets au rempotage, d’avril à mi-juin, en laissant sécher les plaies 2 jours avant de rempoter.

Arrosage & entretien

Arrosage : Toutes les 2 à 3 semaines d’avril à septembre, en imbibant tout le volume puis en laissant sécher à cœur ; un arrosage par mois au plus de novembre à février, voire aucun en hivernage frais. Arrosez le matin, au pied, sans jamais remplir la rosette où l’eau stagne et fait pourrir le cœur.

Fertilisation : Engrais pour cactées, pauvre en azote, dilué de moitié, deux ou trois fois seulement entre mai et août. Aucun apport d’automne ni d’hiver, la plante étant alors totalement à l’arrêt.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans en mars ou avril, dans un pot de terre cuite à peine plus large que la rosette, le collet dégagé et couvert de gravier. Attendez 3 ou 4 jours avant le premier arrosage, le temps que les racines blessées cicatrisent.

Taille : Aucune taille. On tire simplement à la main les feuilles sèches de la base et on coupe la hampe défleurie au ras, pour ne pas laisser de moignon humide contre la rosette.

Exposition & substrat

Exposition : 6 heures de soleil direct au minimum pendant l’été dehors, et la lumière la plus vive possible pendant l’hivernage. Au printemps, l’acclimatation doit être progressive, une quinzaine de jours à l’ombre claire, faute de quoi la rosette se marque de brûlures brunes définitives.

Emplacement : Dehors de la mi-mai au début d’octobre, plein sud ou sud-ouest, contre un mur ou sous un avant-toit qui la protège des pluies prolongées. L’hiver, dans une pièce claire et fraîche entre 5 et 12 °C, véranda, cage d’escalier ou chambre non chauffée.

Substrat : Un tiers de terreau, un tiers de sable grossier non calcaire, un tiers de pouzzolane ou de pumice, surmonté d’1 cm de gravier. Les terreaux pour cactées du commerce gagnent tous à être allégés d’un tiers de matière minérale supplémentaire.

pH : De 6 à 7,5, autour de la neutralité. Elle est indifférente à une eau modérément calcaire, qui laisse simplement des traces blanches sur le feuillage.

Drainage : Trous de drainage larges, pas de soucoupe pleine, jamais de billes d’argile au fond d’un pot par ailleurs mal drainé. Des racines mouillées plus de 2 jours suffisent à déclencher la pourriture, qui est de très loin la première cause de mort de cette plante.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : d’avril à mi-juin, dépoter et détacher les rejets qui ceinturent la rosette en gardant quelques racines à chacun. Laisser sécher les plaies 2 jours, rempoter dans le mélange minéral habituel à peine humide, et ne reprendre les arrosages qu’au bout d’une semaine. L’espèce en produit beaucoup et la reprise est presque assurée.

Les autres méthodes

Bouturage : Elle se bouture mal : une feuille détachée pourrit le plus souvent, et la séparation des rejets la remplace avantageusement.

Semis :

SemerAu printemps, à l’intérieur, graines fraîches posées en surface d’un mélange sableux, juste voilées de sable fin, vers 20 à 25 °C : la levée prend 2 à 4 semaines. Elle s’hybride facilement avec les aloès et les gasterias voisins, si bien que des graines de jardin donnent souvent autre chose que la plante mère.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : il refuse son propre pollen, et les deux doivent fleurir ensemble. Il faut un second pied issu d’une autre plante, que les insectes visitent dehors. Les capsules mûrissent en été, 1 à 2 mois après la floraison, quand elles brunissent et s’ouvrent : récolter les graines noires et les garder au sec et au frais jusqu’au semis de printemps, car elles perdent vite leur faculté germinative au-delà d’un an. Faute de second pied, et pour éviter les hybrides, des graines du commerce sont plus sûres.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines, due au fusarium ou au pythium, suit un arrosage trop fréquent ou une pluie prolongée : la base brunit, devient molle, et la rosette finit par se détacher. Des taches noires ponctuelles apparaissent aussi sur les feuilles après un hiver à la fois froid et humide. Recoupez dans le tissu sain, laissez sécher la plaie plusieurs jours à l’air, puis replantez dans un mélange minéral sec, car aucun fongicide ne rattrape un collet atteint.

Parasites fréquents : La cochenille farineuse domine, en amas cotonneux à l’aisselle des feuilles basses et, plus sournoisement, sur les racines où elle se révèle au rempotage. On rencontre parfois la cochenille à bouclier, et l’araignée rouge dans une pièce chaude et sèche en hiver. Tamponnez à l’alcool sur un coton-tige, puis, si l’attaque persiste, traitez avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins » ; pour les racines, dépotez, rincez et rempotez en substrat neuf.

Prévention : Laissez le substrat sécher entièrement entre deux arrosages et ne laissez jamais d’eau dans la soucoupe. Isolez 3 semaines toute plante nouvellement acquise, la cochenille voyageant avec les succulentes du commerce. Profitez de chaque arrosage pour jeter un œil au creux des feuilles, là où tout commence.

Toxicité

Toxicité humaine : Le latex jaune qui perle sous l’épiderme contient des dérivés anthraquinoniques, aloïne en tête, fortement laxatifs et irritants pour le tube digestif. La plante n’est pas comestible et n’a rien à voir avec la pulpe d’Aloe vera préparée pour l’alimentation ; son amertume rend de toute façon l’ingestion volontaire improbable.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien et le chat, comme les autres aloès, par ces mêmes anthraquinones et par ses saponines. Sa teneur en aloïne est plus faible que celle d’Aloe vera, mais l’écart ne suffit pas à en faire une plante sûre dans un foyer où un chat mâchonne les pointes de feuilles.

Symptômes : Chez l’animal, vomissements, diarrhée, abattement et parfois coloration anormale des urines dans les heures qui suivent l’ingestion. Chez l’humain, crampes abdominales et diarrhée ; le latex frais peut irriter une peau sensible, sans gravité.

Précautions : Placez le pot hors de portée des animaux et des jeunes enfants, en hauteur plutôt qu’au sol pendant l’hivernage. Lavez-vous les mains après avoir coupé une feuille, et appelez un vétérinaire ou un centre antipoison en cas d’ingestion réelle.

Associations de plantes

Bonnes associations : L’echeveria partage exactement son régime, plein soleil, arrosages espacés et hivernage au sec à la même température. Le sedum retombant habille le bord de la coupe sans faire d’ombre à une rosette qui ne dépasse pas 15 cm. La haworthia, plus tolérante à une lumière un peu moindre, accepte le même substrat minéral et la même sécheresse hivernale.

Associations à éviter : Le sempervivum, qui lui ressemble pourtant beaucoup, réclame de passer l’hiver dehors au froid et se ramollit dans une pièce hivernée. Les fougères, calathéas et autres plantes à substrat maintenu frais imposent une humidité qui pourrirait son collet en quelques semaines. Un Aloe vera dans la même coupe finit par l’étouffer, son développement étant sans commune mesure.

Conseil : Plantez-la dans une coupe large et peu profonde, paillée de gravier, en laissant une dizaine de centimètres libres autour de la rosette pour les rejets à venir. L’ensemble sort et rentre d’un seul geste au printemps et à l’automne, ce qui évite d’oublier un pot dehors la nuit où le froid arrive.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Plante cultivée en pot dans un substrat minéral très drainant, dehors en plein soleil de la mi-mai au début d’octobre, hivernée dans une pièce claire et fraîche entre 5 et 12 °C. L’espèce est aujourd’hui classée Aristaloe aristata, hors du genre Aloe.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines ; d’octobre à mars : toutes les 4 à 8 semaines Arrosez abondamment, puis attendez que le substrat soit sec de part en part avant de recommencer, soit 2 à 3 semaines en belle saison. L’eau retenue entre les feuilles charnues fait pourrir le cœur, surtout le soir quand la température baisse.Trempage complet puis séchage total, jamais d’eau dans la rosette
Inspection parasitaireUtile De janvier à décembre : chaque mois Une fois par mois, écartez les feuilles du bas et regardez le collet, où les amas cotonneux se cachent. Profitez du rempotage pour inspecter aussi les racines, où la cochenille passe inaperçue jusqu’à ce que la plante stagne.Cochenilles farineuses à la base des feuilles et sur les racines
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : Dès qu’il reste de l’eau dans la soucoupe 10 minutes après un arrosage ou une averse Videz la soucoupe systématiquement, y compris en hiver où l’eau s’évapore très lentement. Chez une succulente, la mort par asphyxie racinaire est bien plus fréquente que la mort par soif.Une soucoupe pleine suffit à faire pourrir les racines en une semaine
RempotageUtile De mars à avril, tous les 2 ans Rempotez tous les 2 à 3 ans au redémarrage, dans un mélange minéral neuf, en gardant le collet bien dégagé sous un paillis de gravier. Laissez sécher 3 ou 4 jours avant le premier arrosage, le temps que les racines blessées cicatrisent.Pot en terre cuite à peine plus large que la rosette
Division de touffeOptionnel De début avril à mi-juin, tous les 2 ans Séparez au rempotage les rejets qui ceinturent la rosette mère, en conservant quelques racines à chacun. L’espèce drageonne beaucoup, et une touffe trop serrée garde l’humidité au collet en plus de s’étioler.Rejets détachés avec leurs racines, très nombreux chez cette espèce
Sortie au printempsEssentiel En mai Sortez le pot à la mi-mai, une fois les gelées tardives passées, dans un coin ensoleillé et abrité de la pluie battante. L’été dehors densifie la rosette et fait ressortir les dents blanches que l’intérieur efface.Après les dernières gelées, quand les nuits repassent durablement au-dessus de 8 °C
Acclimatation à la lumièreEssentiel De début mai à mi-juin Installez d’abord la plante à l’ombre lumineuse une quinzaine de jours, puis augmentez l’exposition progressivement. Une rosette passée d’un coup de la fenêtre au plein soleil se couvre de taches brunes de brûlure qui ne disparaîtront jamais.2 semaines à l’ombre claire avant le plein soleil
Mise à l'abri de la pluieEssentiel De début mai à mi-octobreDès que : Dès qu’une pluie s’installe plus de 2 jours de suite pendant que la plante est dehors Mettez le pot à couvert pendant les épisodes pluvieux prolongés, en particulier ceux de fin d’été. Un substrat détrempé plusieurs jours de suite déclenche la pourriture du collet, seule vraie cause de mort de cette espèce.Sous un avant-toit ou contre un mur, sans quitter la lumière
Engrais liquideOptionnel De début mai à mi-août Deux à trois apports d’engrais pauvre en azote suffisent pour toute l’année, toujours sur substrat déjà humide. Trop nourrie, la rosette s’allonge, se ramollit et perd sa silhouette trapue.Engrais cactées dilué de moitié, deux ou trois fois dans l’été
Rentrée à l'automneEssentiel De mi-septembre à fin octobre Rentrez le pot quand les nuits descendent vers 8 à 10 °C, après avoir inspecté le revers des feuilles. Ce n’est pas tant le froid que l’humidité automnale qui la met en danger, d’où une rentrée plutôt précoce.Avant les pluies d’automne, sans attendre la première gelée
Repos secEssentiel De novembre à février Gardez le substrat presque sec de novembre à février, dans une pièce fraîche et lumineuse. Ce repos frais et sec conditionne la floraison du printemps suivant et évite l’étiolement qu’entraîne un hiver chaud.Entre 5 et 12 °C, au sec, à la lumière la plus vive possible

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