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Succulente · Asphodélacées

Aloès savon Aloe maculata

Aussi appelé : Aloès tacheté, Soap aloe, Zebra aloe

L’aloès savon est une succulente d’Afrique australe aux larges rosettes plates, dont les feuilles vert bronze sont barrées de taches blanches et bordées de dents brunes. Chaque rosette mesure 25 à 35 cm de haut, et ses drageons forment peu à peu une colonie de 60 à 80 cm. Plus accommodant que la plupart des aloès, il accepte la mi-ombre légère, les sols calcaires et des gelées brèves à -5 °C, pourvu que le collet reste au sec. Au plein soleil il rougit sans souffrir et fleurit souvent deux fois dans la saison, en hampes ramifiées orange à corail.

Aloès savon (Aloe maculata)
Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Succulente
Famille
Asphodélacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-5 °C
Floraison
D’avril à août
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 9a, 8b en sol parfaitement drainé : de courtes gelées à -5 °C passent sans dommage, et jusqu’à -8 °C si la touffe est sèche et abritée de la pluie. Sous un hiver pluvieux, la même température la tue, l’humidité au collet comptant ici autant que le thermomètre.

Dimensions : Rosette large et plate de 25 à 35 cm de haut pour 30 à 45 cm de diamètre, feuilles vert bronze barrées de taches blanches en bandes, bordées de dents brunes fermes. Avec ses drageons, elle forme une colonie de 60 à 80 cm, et la hampe ramifiée monte de 60 cm à 1 m.

Floraison : Au printemps et en été, souvent deux fois dans la saison, hampe ramifiée chargée de fleurs tubulaires orange à rouge corail, sans parfum.

Substrat : Un tiers de terreau, un tiers de sable grossier, un tiers de pouzzolane ou de gravier, surmonté d’un paillis minéral. pH de 6 à 7,5, la plante acceptant très bien les sols calcaires du Midi.

Exposition : Plein soleil de préférence, mais elle supporte la mi-ombre légère mieux que la plupart des aloès, avec un feuillage alors plus vert et des taches moins marquées. Au soleil vif et au sec, la rosette se teinte de rouge orangé, ce qui est normal et non un signe de souffrance.

Arrosage : Tous les 10 à 14 jours d’avril à septembre, en trempant toute la motte puis en laissant sécher entièrement. Toutes les 5 à 6 semaines seulement de novembre à mars, et rien du tout pour un pied en pleine terre.

Durée de vie : Vivace succulente qui vit plusieurs décennies et se renouvelle sans fin par ses rejets. La rosette survit à sa floraison et refleurit les années suivantes, souvent deux fois dans la même saison.

Multiplication : Séparation des rejets autour de la rosette, d’avril à mi-juin, plaies séchées 2 ou 3 jours avant de replanter.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 10 à 14 jours en belle saison, en versant l’eau au pied jusqu’à ce qu’elle sorte par le drainage, puis rien tant que le substrat n’est pas sec de part en part. De novembre à mars, une fois toutes les 5 à 6 semaines suffit ; ses feuilles larges et épaisses stockent beaucoup plus d’eau que celles des petits aloès.

Fertilisation : Engrais pour cactées dilué de moitié, une fois par mois entre mai et la mi-août, trois apports par an au total. Rien ensuite : nourrie tard, la plante entre dans l’automne avec des tissus tendres qui craignent le froid.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans entre la fin mars et le début mai, dans un pot large et peu profond plutôt que dans un pot haut. Dégagez le collet, remplacez le substrat, puis attendez 3 ou 4 jours avant le premier arrosage.

Taille : Aucune taille à proprement parler : on tire les feuilles sèches de la base et on coupe au ras la hampe une fois défleurie. Divisez la touffe tous les 2 ans, les drageons finissant sinon par étouffer la rosette mère.

Exposition & substrat

Exposition : 6 heures de soleil direct et plus en été, mais 4 heures lui suffisent, ce qui la rend plus accommodante que la plupart des aloès. Après un hiver à l’intérieur, réexposez-la sur une quinzaine de jours : un passage direct au plein soleil de mai marque les feuilles de plages brunes durables.

Emplacement : Dehors de la mi-mai à début octobre, plein sud, pot surélevé pour que l’eau s’évacue ; l’hiver, dans une pièce claire et fraîche entre 5 et 12 °C. En pleine terre, réservez-la au littoral méditerranéen ou atlantique doux, sur une pente ou une butte exposée au sud.

Substrat : Un tiers de terreau, un tiers de sable grossier, un tiers de pouzzolane ou de pumice, avec 2 cm de gravier en surface. En pleine terre, corrigez une terre lourde sur au moins 40 cm de profondeur, faute de quoi le drainage de surface ne sert à rien.

pH : De 6 à 7,5 ; elle pousse sans broncher en terrain calcaire, contrairement à beaucoup de succulentes de collection. L’eau du robinet ne lui pose aucun problème.

Drainage : C’est le point décisif : racines superficielles et traçantes, très sensibles à l’asphyxie, dans un pot toujours percé et sans soucoupe pleine. Une semaine de pluie d’automne sur un substrat qui retient l’eau suffit à déclencher la pourriture du collet, première cause de mort de l’espèce.

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : d’avril à mi-juin, dépoter ou dégager à la bêche les rejets qui entourent la rosette, avec leurs racines. Laisser sécher les plaies 2 ou 3 jours à l’ombre, puis les replanter en pot ou en pleine terre drainée dans le Midi, sans arroser pendant une semaine. Très sûre, elle rajeunit aussi une touffe qui s’épuise.

Les autres méthodes

Bouturage : Elle se bouture mal : une feuille détachée pourrit le plus souvent, et les rejets, très nombreux, la remplacent avantageusement.

Semis :

SemerAu printemps, à l’intérieur, graines fraîches posées en surface d’un mélange sableux, juste voilées de sable fin, vers 20 à 25 °C : la levée prend 2 à 4 semaines. L’espèce s’hybride très facilement avec les autres aloès, si bien que des graines de jardin reproduisent rarement la plante mère.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : il refuse en grande partie son propre pollen. Il faut un second pied issu d’une autre plante, en fleur en même temps et visité par les insectes. Les capsules brunissent et s’ouvrent 1 à 2 mois après chaque floraison, en été ou en automne : récolter les graines noires et les garder au sec et au frais jusqu’au semis de printemps, car elles perdent vite leur faculté germinative au-delà d’un an. Pour l’espèce pure, des graines du commerce sont plus sûres que celles d’un jardin planté d’autres aloès.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines suit un excès d’eau ou une pluie prolongée : la base brunit, ramollit, et la rosette se détache d’un bloc. Des taches foliaires noires ou liégeuses apparaissent après un hiver froid et humide, sans gravité si la plante repart au sec. Recoupez dans le tissu sain, laissez sécher la plaie à l’air libre plusieurs jours, puis replantez au sec dans un mélange neuf.

Parasites fréquents : L’acarien de l’aloès, invisible à l’œil nu, provoque des excroissances en chou-fleur orangées sur le bord des feuilles et sur les hampes : c’est le problème le plus caractéristique de cette espèce. La cochenille farineuse s’installe au creux des feuilles basses et sur les racines, et les limaces découpent le bord des feuilles chez un pot posé au sol dehors. Contre l’acarien, aucun traitement ne rattrape une galle : coupez largement et brûlez, en désinfectant la lame entre deux coupes.

Prévention : Laissez sécher totalement entre deux arrosages, surélevez le pot et supprimez la soucoupe pendant l’été dehors. Inspectez une fois par mois le collet et le bord des feuilles, les galles étant beaucoup plus faciles à éliminer au début. Isolez 3 semaines toute plante nouvelle, l’acarien comme la cochenille arrivant avec les sujets du commerce.

Toxicité

Toxicité humaine : Le latex jaune situé sous l’épiderme contient des anthraquinones, aloïne en tête, puissamment laxatives et irritantes pour l’intestin, et la sève est riche en saponines qui moussent dans l’eau, d’où le nom d’aloès savon. Cette pulpe n’est pas alimentaire et ne se confond pas avec celle d’Aloe vera préparée pour la consommation.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien et le chat, comme les autres aloès, par ces anthraquinones et ces saponines. Les rongeurs domestiques et les oiseaux y sont également sensibles ; seule la faune d’Afrique australe la consomme sans dommage.

Symptômes : Chez l’animal, vomissements, diarrhée, abattement, perte d’appétit et parfois urines rougeâtres dans les heures suivant l’ingestion. Chez l’humain, crampes et diarrhée après ingestion, et simple irritation de la peau sensible au contact du suc frais.

Précautions : Tenez la touffe hors de portée des animaux et des jeunes enfants, en hauteur pendant l’hivernage à l’intérieur. Lavez-vous les mains après avoir coupé une feuille, et contactez un vétérinaire ou le centre antipoison en cas d’ingestion réelle.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le delosperma, couvre-sol succulent et rustique, partage son sol maigre et drainé et fleurit quand elle ne fleurit pas. Les sedums de rocaille et les echeverias demandent le même régime d’eau et supportent le même hivernage lumineux et frais. Une graminée sèche comme la stipe, en pleine terre au Midi, allège sa silhouette trapue sans lui prendre d’eau.

Associations à éviter : Hortensias, fougères et vivaces d’ombre imposent un sol frais en permanence, qui ferait pourrir son collet en quelques semaines. Les couvre-sol denses, lierre ou petite pervenche, retiennent l’humidité exactement là où elle ne doit pas rester. Évitez aussi de la serrer contre un agave ou un grand aloès arborescent, qui la recouvriront en deux ou trois saisons.

Conseil : Paillez toujours au gravier ou à la pouzzolane, jamais à l’écorce ou au compost, et plantez légèrement en hauteur pour que l’eau s’éloigne du collet. Groupez-la avec ses drageons dans une grande coupe : tout rentre et ressort d’un seul geste au printemps et à l’automne, et les rejets sont là pour renouveler la touffe.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe cultivée en pot large dans un substrat minéral très drainant, sortie en plein soleil de la mi-mai au début d’octobre et hivernée hors gel dans une pièce claire entre 5 et 12 °C. Sur le pourtour méditerranéen et le littoral atlantique doux, la même plante reste en pleine terre toute l’année si le sol est parfaitement drainé. L’espèce est aussi vendue sous son ancien nom Aloe saponaria.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 10 à 14 jours ; d’octobre à mars : toutes les 5 à 6 semaines Imbibez tout le volume de terre tous les 10 à 14 jours d’avril à septembre, puis laissez sécher complètement avant de recommencer. Pendant l’hivernage frais, un verre d’eau toutes les 5 à 6 semaines suffit à éviter que les racines ne se dessèchent, rien de plus.Arroser au pied, jamais dans la rosette où l’eau stagne entre les feuilles larges
Inspection parasitaireUtile De janvier à décembre : chaque mois Soulevez les feuilles du bas pour chercher les amas cotonneux, et surveillez toute excroissance en chou-fleur sur le bord d’une feuille ou sur une hampe. Cette déformation est l’œuvre de l’acarien de l’aloès, qui ne se traite pas : la partie atteinte se coupe et se brûle avant qu’il ne gagne la touffe entière.Une fois par mois : cochenilles au collet et galles de l’acarien de l’aloès
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : Dès qu’il reste de l’eau dans la soucoupe 10 minutes après un arrosage ou une averse Videz la soucoupe toute l’année, y compris en hiver où l’évaporation est presque nulle. Chez cette espèce au système racinaire traçant et superficiel, l’eau stagnante attaque d’abord le collet, et la rosette bascule avant qu’on ait compris.Retirer carrément la soucoupe pendant l’été dehors
RempotageUtile De mi-mars à mi-mai, tous les 2 ans Rempotez tous les 2 à 3 ans au démarrage de la végétation, dans un mélange minéral neuf, collet bien dégagé sous un paillis de gravier. Préférez la largeur à la profondeur : cette espèce colonise la surface du pot plutôt que de plonger.Pot large et peu profond, racines traçantes et drageons à loger
Division de touffeUtile De début avril à mi-juin, tous les 2 ans Séparez au rempotage les rejets qui entourent la rosette mère et laissez sécher les plaies 2 ou 3 jours avant de replanter. Chez cette espèce particulièrement drageonnante, une touffe qu’on ne divise jamais s’épuise, ne fleurit plus et garde l’humidité au cœur.Drageons très nombreux, à détacher avec leurs propres racines
Sortie au printempsEssentiel En mai Sortez le pot à la mi-mai dans un coin très ensoleillé, en le surélevant sur des cales pour que l’eau de pluie s’évacue. L’été dehors est ce qui donne les bandes blanches nettes et la teinte bronze du feuillage, que l’intérieur efface en une saison.Une fois les gelées tardives passées, quand les nuits tiennent au-dessus de 8 °C
Acclimatation à la lumièreUtile De début mai à mi-juin Exposez progressivement après l’hivernage, en commençant par un emplacement lumineux mais non brûlant. Les feuilles larges et plates de cette espèce prennent des plages brunes de brûlure qui restent visibles jusqu’à ce que la feuille soit remplacée, soit 2 ou 3 ans.10 à 15 jours à l’ombre claire avant le plein soleil d’été
Engrais liquideOptionnel De début mai à mi-août Trois apports répartis entre mai et août suffisent largement, toujours sur substrat déjà humide. Une touffe trop nourrie fabrique des feuilles molles et pâles, qui se couchent et masquent le collet.Engrais cactées dilué de moitié, une fois par mois au plus
Fleurs fanéesOptionnel De mi-mai à fin septembreDès que : Dès que toutes les fleurs d’une hampe sont tombées Coupez la hampe défleurie à sa base, sans laisser de moignon qui pourrirait contre les feuilles. La touffe peut refleurir dans la même saison si elle est bien exposée, contrairement à ce qui se passe chez les agaves.Hampe ramifiée à bouquets aplatis, coupée au ras de la rosette
Arrêt de l'engraisUtile De mi-août à fin avril Cessez tout apport à partir de la mi-août. Les tissus gorgés d’azote en fin de saison résistent nettement moins bien au froid et à l’humidité de l’automne.
Rentrée à l'automneEssentiel En octobre Rentrez le pot en octobre, dans une pièce claire et fraîche, après avoir inspecté le dessous des feuilles et le collet. Hors des régions à hiver doux, c’est autant la pluie froide que le gel qui condamne une touffe laissée dehors.Avant que les nuits ne descendent sous 5 °C, feuillage sec de préférence

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