Plante à bulbe · Renonculacées
Anémone de Grèce Anemone blanda
Aussi appelé : Anémone des Balkans, Grecian windflower
L’anémone de Grèce est une petite vivace à tubercule du sud-est de l’Europe et de Turquie, qui ouvre au soleil de mars et avril ses marguerites bleu violet, roses ou blanches. Haute de 10 à 15 cm, elle forme peu à peu un tapis sous les arbres caducs, dont elle profite de la lumière avant leur feuillaison. Le froid ne la menace pas : c’est l’humidité de l’été, pendant son repos, qui fait disparaître les tubercules, d’où la nécessité d’un sol léger et très drainant. Toute la plante est toxique, à garder en tête si des enfants ou des animaux fréquentent le jardin.
- Type
- Plante à bulbe
- Famille
- Renonculacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 5, les tubercules supportent environ -25 °C en sol drainé. C’est l’humidité de l’été, pendant leur repos, et non le froid de l’hiver, qui les fait disparaître.
Dimensions : 10 à 15 cm de haut pour 15 à 20 cm d’étalement par pied. Le tapis s’élargit lentement d’année en année, par les tubercules et par semis spontané.
Floraison : En mars et avril, petites marguerites bleu violet, roses ou blanches qui s’ouvrent au soleil ; toute la plante est toxique.
Substrat : léger, humifère, très drainant, du genre terre de sous-bois mêlée de sable. pH idéal entre 6 et 7,5, le calcaire ne la gêne pas.
Exposition : soleil de printemps à mi-ombre. Sa place naturelle est sous les arbres caducs, dont elle profite de la lumière avant leur feuillaison.
Arrosage : aucun la plupart des années. Un arrosage hebdomadaire de mars à mai seulement si le printemps est sec, et strictement rien de juin à septembre.
Durée de vie : vivace à tubercule. Un pied vit une dizaine d’années, mais la colonie se renouvelle seule par semis et devient permanente si on ne la dérange pas.
Multiplication : Division des tubercules d’une touffe dense en août-septembre, ou semis dès la récolte en mai-juin, dehors à l’ombre.
Arrosage & entretien
Arrosage : rien pendant l’essentiel de l’année. De mars à mai, un arrosage par semaine au maximum, et seulement si la terre est sèche sur 3 cm. De juin à septembre, repos sec absolu : arroser un tubercule endormi est la façon la plus sûre de le perdre.
Fertilisation : pas d’engrais. 2 cm de terreau de feuilles étalés en octobre suffisent à nourrir la colonie pour l’année.
Rempotage : en pleine terre, rien, sinon une division des touffes tous les 4 ou 5 ans pendant le repos d’été. En pot, renouveler substrat et tubercules tous les 2 ans à l’automne, car un pot chauffe et sèche plus brutalement qu’une bordure.
Taille : aucune. Ne pas couper le feuillage avant qu’il ait complètement jauni, c’est lui qui recharge le tubercule, et ne pas supprimer les fleurs fanées si l’on veut que le tapis s’étende tout seul.
Exposition & substrat
Exposition : 4 à 6 heures de soleil en mars et avril, c’est tout ce qui compte. L’ombre de l’été ne la dérange pas puisqu’elle a déjà disparu quand les arbres se couvrent.
Emplacement : extérieur toute l’année, sous arbres caducs, en pelouse, en bordure, en rocaille, et très bien aussi en potée large et peu profonde.
Substrat : terre de jardin légère, terreau de feuilles et sable en parts à peu près égales. Les tubercules se plantent de septembre à novembre, à 5 cm de profondeur et 8 à 10 cm les uns des autres, après un trempage de 12 heures dans l’eau tiède qui les réhydrate et accélère nettement la reprise.
pH : 6,0 à 7,5, une des rares vivaces de sous-bois qui se moque du calcaire.
Drainage : impératif, et surtout l’été. Un sol qui reste humide en juillet fait pourrir les tubercules au repos : c’est de très loin la première cause d’échec, avant toute maladie et tout parasite.
Multiplication
Division : d’août à fin septembre, soulever la touffe à la fourche-bêche et casser les tubercules en morceaux portant chacun un œil. Les replanter aussitôt dehors à 5 cm de profondeur, à 10 cm d’écart. Des gants, la plante est toxique et irrite la peau. C’est le moyen le plus rapide et le plus sûr d’étendre le tapis.
Les autres méthodes
Bouturage : Elle ne se bouture pas.
Semis :
SemerDe mi-mai à fin juin, aussitôt les graines récoltées, les semer en caissette laissée dehors à l’ombre, couvertes de 2 à 3 mm de terreau sableux, sans les laisser sécher. La levée vient au printemps suivant et la première fleur 2 à 3 ans plus tard ; les graines reproduisent l’espèce, mais les couleurs se mélangent.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les insectes fécondent ses fleurs, plus sûrement si plusieurs pieds fleurissent côte à côte. Surveiller les têtes de graines de mi-mai à fin juin : elles sont mûres quand elles jaunissent et se détachent au moindre toucher, et tombent vite si on tarde. Ces graines ne se conservent pas, et pour une couleur précise mieux vaut acheter des tubercules de la couleur voulue.
Maladies & parasites
Maladies courantes : rares sur cette espèce. La seule vraiment sérieuse est la pourriture du tubercule en sol lourd et humide, qui ne se voit qu’au printemps suivant, par une absence de pousse. Des taches ou une rouille apparaissent parfois sur le feuillage en fin de cycle, sans aucune conséquence puisqu’il jaunit juste après.
Parasites fréquents : les limaces coupent les boutons au ras du sol en février et mars, au moment le plus vulnérable. Mulots et campagnols déterrent les tubercules fraîchement plantés à l’automne. Quelques pucerons sur le feuillage au printemps, jamais graves.
Prévention : planter dans un sol franchement drainant règle presque tout. Poser un grillage à maille fine sur les tubercules à la plantation là où les rongeurs sont nombreux. Surveiller les limaces dès la fin février, pas en avril quand la floraison est déjà entamée.
Toxicité
Toxicité humaine : toxique, comme toutes les Renonculacées, dans toutes ses parties. Sa sève contient de la protoanémonine, irritante pour la peau et les muqueuses ; l’ingestion est rare car le goût est immédiatement brûlant.
Toxicité animaux : toxique pour le chien, le chat et le cheval. La plante est si petite qu’un animal en avale difficilement beaucoup, mais les tubercules laissés sur le sol pendant une plantation attirent les chiens fouineurs.
Symptômes : brûlure de la bouche, salivation, vomissements et diarrhée après ingestion. Au contact prolongé de la sève fraîche, rougeur, démangeaison et parfois cloques sur la peau.
Précautions : porter des gants pour manipuler les tubercules et pour retirer le feuillage sec. Ne pas laisser un chiot fouiller la bordure au printemps. La plante séchée n’est plus irritante, seule la sève fraîche l’est.
Associations de plantes
Bonnes associations : les narcisses botaniques nains, qui fleurissent en même temps et partagent le même repos sec en été. Les muscaris et les scilles, de la même taille et du même calendrier, pour un tapis bleu continu. Une fougère ou un hosta planté à côté, qui se déploie en juin et comble l’emplacement laissé nu.
Associations à éviter : les vivaces arrosées tout l’été comme l’hortensia, l’astilbe ou la ligulaire, qui rendent le repos sec impossible. Les couvre-sol denses, pervenche, lierre, géranium à gros rhizome, qui étouffent une plante de 10 cm. Les annuelles repiquées chaque mai dans la même bordure, dont le plantoir hache les tubercules invisibles.
Conseil : planter par poignées de vingt ou trente tubercules jetés au sol et enterrés là où ils tombent, l’effet est infiniment plus naturel qu’un alignement. Et marquer l’emplacement d’une étiquette ou d’un galet : de juin à février, absolument rien ne signale qu’il y a quelque chose là.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Tubercules installés en pleine terre à 5 cm de profondeur, en sol léger, humifère et très drainant, sous des arbres caducs ou en bordure, au soleil de printemps.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Inspection parasitaire | De mi-février à mi-avril | Les pousses sortent au ras du sol et se font tondre en une nuit ; un tour au crépuscule après une pluie douce suffit à voir les dégâts arriver. |
| Floraison | De mars à avril | La floraison passe avant que les arbres caducs ne se couvrent : c’est la lumière de mars et d’avril qui compte pour elle, pas celle de l’été. |
| Arrosage | De mars à mai | N’arroser que si le printemps est franchement sec, le temps de la floraison et de la montée du feuillage ; les pluies ordinaires suffisent largement. |
| Repos sec | De mi-mai à mi-septembre | Laisser le feuillage jaunir et disparaître de lui-même en mai et juin, c’est lui qui recharge le tubercule. Ensuite plus aucun apport d’eau jusqu’aux pluies de septembre, car un tubercule endormi en terre humide pourrit. |
| Semis | De mi-mai à fin juin | Semer aussitôt récolté en caissette laissée à l’ombre : la levée vient au printemps suivant et la première fleur 2 à 3 ans plus tard. |
| Division de touffe | D’août à septembre, tous les 4 ans | Profiter du repos d’été pour soulever une touffe devenue dense et la fragmenter, c’est le moyen le plus rapide d’étendre le tapis. |
| Paillage | De début octobre à mi-novembre | Un voile léger à l’automne nourrit la colonie et marque un emplacement que plus rien ne signale entre juin et février ; un paillis épais étoufferait des tubercules posés si près de la surface. |