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Vivace · Renonculacées

Anémone du Japon Anemone hupehensis

Aussi appelé : Anémone d’automne, Anémone de Chine, Japanese anemone

Malgré son nom, l’anémone du Japon est une vivace rhizomateuse originaire de Chine, qui porte d’août à octobre des fleurs en coupe rose tendre à cœur doré sur de longues tiges légères. Elle atteint 60 à 90 cm en fleur et, par ses drageons, forme une colonie qui s’élargit chaque année. Elle se plaît à la mi-ombre lumineuse, dans un sol profond, frais et riche en humus qui ne soit pas gorgé d’eau l’hiver. Peu exigeante une fois installée, elle convient aux massifs de fin d’été à condition de lui laisser de la place ; toute la plante est toxique.

Anémone du Japon (Anemone hupehensis)
Photo : Acabashi, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Renonculacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-30 °C
Floraison
D’août à octobre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4 à 8, la souche supporte environ -30 °C si le sol n’est pas gorgé d’eau en hiver.

Dimensions : 60 à 90 cm de hauteur en fleur pour 40 à 60 cm d’étalement la première fois, mais la plante drageonne et forme une colonie qui s’élargit chaque année.

Floraison : D’août à octobre, fleurs en coupe rose tendre à cœur doré, sans parfum, sur de longues tiges légères ; toute la plante est toxique.

Substrat : Sol profond, frais et riche en humus, terre de jardin amendée de compost et allégée si elle est très argileuse ; pH idéal de 6 à 7,5.

Exposition : Mi-ombre lumineuse, l’exposition qui lui va le mieux ; le plein soleil ne convient que si le sol reste frais tout l’été.

Arrosage : Arrosage suivi la première année et lors des sécheresses estivales, de l’ordre de 10 litres par mètre carré chaque semaine ; une fois installée, elle se contente de la pluie sauf canicule.

Durée de vie : Vivace rhizomateuse, 10 à 15 ans au même endroit. Elle s’étend par drageons et se rajeunit d’elle-même.

Multiplication : Prélèvement d’éclats en bordure de touffe de mars à avril, ou bouture de racine en hiver sous abri froid.

Arrosage & entretien

Arrosage : Du printemps à la floraison d’automne, garder le sol frais par des arrosages copieux et espacés au pied, jamais sur le feuillage. En hiver, aucun apport : la souche au repos redoute bien plus l’excès d’eau que le froid.

Fertilisation : Une couche de compost mûr ou de fumier décomposé en surface au début du printemps suffit pour l’année. Éviter les engrais riches en azote, qui font de belles feuilles et peu de fleurs.

Rempotage : En pleine terre, la plante déteste être déplacée et met 2 ans à repartir : ne la bouger qu’en cas de nécessité, au printemps. En pot, rempoter tous les 2 à 3 ans au printemps dans un contenant profond, en démêlant peu les racines.

Taille : Couper les hampes fanées au fur et à mesure pour prolonger la floraison. Rabattre le feuillage à ras en fin d’hiver plutôt qu’en automne, les touffes sèches protégeant la souche du gel.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre lumineuse, avec 3 à 5 heures de soleil doux, de préférence le matin. Le soleil brûlant de l’après-midi jaunit le feuillage dès que le sol vient à sécher.

Emplacement : Plante d’extérieur uniquement, en massif, en lisière ou au pied d’une haie ; les expositions est et nord-ouest lui conviennent le mieux. Elle apprécie un abri contre les vents forts qui couchent ses longues hampes florales.

Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche et riche en humus, amendée de compost et de feuilles décomposées ; en pot, un mélange de terreau, terre franche et un tiers de matière drainante. Elle tolère l’argile à condition qu’elle ne reste pas détrempée l’hiver.

pH : Optimum entre 6 et 7,5, donc de légèrement acide à neutre. Les sols franchement calcaires sont supportés mais donnent une végétation moins vigoureuse.

Drainage : Drainage indispensable en hiver, période où la souche pourrit facilement dans un sol froid et asphyxiant. Un sol lourd se travaille en profondeur avec du compost, et une plantation en léger relief écarte le risque d’eau stagnante.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : de mars à fin avril, prélever à la bêche des éclats en bordure de touffe, ou des drageons, chacun avec un morceau de racine charnue et quelques pousses, plutôt que de couper le cœur. Les replanter aussitôt dehors à la même profondeur et arroser. Des gants, la plante est toxique. Le prélèvement d’éclats en bordure de touffe : sûr, mais la plante boude souvent un an ou deux avant de refleurir.

Les autres méthodes

Bouturage : La bouture de racine réussit bien : de décembre à février, couper des tronçons de racine charnue de 5 cm, les coucher dans une caissette de terreau et de sable, couverts de 1 cm, et la garder sous abri froid. Les pousses apparaissent au printemps, et les plants se mettent en place à l’automne.

Semis :

SemerPeu pratiqué : les graines sont rares et peu fertiles, et celles d’un cultivar ne le reproduisent pas.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : issus de semis différents, sinon les têtes restent presque vides. On en obtient peu : les têtes cotonneuses mûres en octobre-novembre portent surtout des graines vides, et celles d’un cultivar ne le reproduisent pas. Les rares graines pleines se sèment fraîches ; en pratique, la bouture de racine et la division sont bien plus sûres.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium couvre le feuillage d’un feutrage blanc en fin d’été, surtout en sol sec ; les anthracnoses et taches foliaires forment des macules brunes cerclées. Le mal le plus caractéristique reste l’anguillule foliaire, un nématode qui dessine des plages brun noir nettement délimitées par les nervures, sans traitement curatif. Supprimer et évacuer les feuilles atteintes, et traiter l’oïdium au soufre ou à la décoction de prêle dès les premiers signes.

Parasites fréquents : Les limaces et escargots dévorent les jeunes pousses au printemps, laissant des trous et des traînées de mucus. Les pucerons colonisent les hampes florales et les boutons, qui deviennent poisseux et se déforment. Les otiorhynques rongent les feuilles en encoches et leurs larves les racines des sujets en pot ; barrières et pièges pour les mollusques, jet d’eau, sinon insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », pour les pucerons, nématodes auxiliaires contre les larves d’otiorhynque.

Prévention : Espacer les touffes pour que l’air circule et arroser au pied, jamais sur le feuillage et jamais le soir. Maintenir le sol frais sous un paillis, l’oïdium s’installant surtout sur les plantes assoiffées. Éliminer les débris végétaux en fin de saison et ne jamais mettre au compost un feuillage suspect d’anguillules.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion et irritante au contact, comme toutes les renonculacées : elle contient de la ranunculine, qui libère de la protoanémonine dans les tissus frais. Toutes les parties sont concernées, la sève surtout ; le séchage fait perdre cette toxicité.

Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le cheval, ainsi que pour les herbivores d’élevage. Les intoxications sérieuses restent rares, le goût âcre et brûlant décourageant les animaux dès les premières bouchées.

Symptômes : À l’ingestion, brûlure de la bouche, salivation abondante, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée parfois sanglante. Au contact, rougeur, démangeaison et, sur peau sensible ou exposition prolongée, petites cloques.

Précautions : Porter des gants pour tailler ou diviser la touffe et se laver les mains ensuite, en évitant de se toucher les yeux. Apprendre aux enfants à ne pas porter fleurs ou feuilles à la bouche, et consulter un médecin ou un vétérinaire en cas d’ingestion.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les fougères et les hostas partagent son goût de la mi-ombre et du sol frais, et leur feuillage habille le bas de ses hampes dégarnies. Les graminées légères comme Hakonechloa ou Miscanthus fleurissent en même temps et accompagnent bien ses fleurs simples. Les hydrangeas lui offrent un fond d’arbuste et la mi-ombre exacte qu’elle recherche.

Associations à éviter : Les plantes de terrain sec et pauvre en plein soleil, lavande, thym ou ciste, réclament l’inverse de ses besoins et souffrent de l’arrosage qu’elle demande. Les petites vivaces lentes de rocaille ou les jeunes couvre-sol fragiles se font étouffer par ses drageons en deux ou trois saisons. Éviter aussi le pied immédiat des arbres à racines traçantes, bouleau ou érable, dont la concurrence l’assèche.

Conseil : Réservez-lui un espace où son extension ne gêne personne, ou cernez la touffe d’une barrière anti-rhizome enterrée sur 30 cm. En l’associant à des compagnes d’été comme les astilbes ou les géraniums vivaces, vous obtenez un massif fleuri de juin aux premières gelées.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au jardin, en massif ou en lisière, à mi-ombre ou au soleil non brûlant, dans un sol frais, profond et humifère. Vivace très rustique, longue à s'installer puis franchement traçante par ses racines.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à juin : tous les 8 à 12 jours ; de juillet à septembre : tous les 4 à 7 jours Le sol doit rester frais pendant la montée des tiges florales, faute de quoi les boutons avortent et le feuillage brunit sur les bords. Un pied installé depuis plusieurs années résiste bien mieux à la sécheresse qu'une jeune plantation.au pied, copieusement
Fleurs fanéesUtile De mi-août à fin octobre : tous les 7 à 12 jours Supprimer les fleurs fanées prolonge la floraison jusqu'aux premières gelées. Laisser les dernières former leurs bourres cotonneuses décoratives, qui tiennent une partie de l'hiver.couper juste sous la fleur passée
Inspection parasitaireUtile De début avril à mi-juin : tous les 7 à 12 jours ; de mi-juin à fin septembre : toutes les 2 à 4 semaines Les limaces découpent les pousses tendres du printemps et peuvent raser une jeune plantation en une nuit. Surveiller ensuite les taches noirâtres entre les nervures, signe des nématodes des feuilles par temps humide.jeunes feuilles et revers du feuillage
RabattageUtile De mi-février à fin mars Nettoyer les tiges sèches et le vieux feuillage juste avant l'apparition des nouvelles pousses. Laisser la touffe en place tout l'hiver protège un peu la souche et nourrit les oiseaux.couper à 5 cm du sol
Division de touffeUtile De mars à avril, tous les 4 ans Prélever des éclats en périphérie avec un fragment de racine charnue, plus sûrs qu'une division du cœur de la touffe. La reprise est lente et la plante boude souvent un an ou deux avant de refleurir.diviser au printemps, jamais en automne
Compost, amendementUtile De début mars à mi-avril Apporter 2 ou 3 cm de compost bien décomposé au départ de végétation. Cette plante gourmande fleurit nettement plus en sol riche et frais.griffé en surface, sans blesser les racines
Gourmands et rejetsEssentiel D’avril à septembreDès que : dès qu'une pousse apparaît hors de la place attribuée à la touffe Une touffe bien installée émet des drageons à 1 m du pied et gagne rapidement sur ses voisines. Couper au ras du sol ne fait que la ramifier davantage, il faut suivre la racine et l'arracher entière.extraire le drageon avec son départ racinaire
PaillageEssentiel De mi-avril à fin mai Étaler un paillis organique sur un sol déjà humide pour conserver la fraîcheur jusqu'à la floraison d'automne. C'est le geste qui remplace le mieux les arrosages répétés en été.5 cm, écartés du cœur de la touffe
Palissage, tuteurageOptionnel De début août à mi-octobreDès que : quand les hampes dépassent 1 m ou se couchent après un orage Les longues tiges florales s'inclinent sous les pluies d'automne, surtout en situation ombragée. En plein vent, un support léger installé avant la floraison passe inaperçu.tuteur discret ou branchages

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