Plante d’intérieur · Aracées
Anthurium Anthurium andraeanum
Aussi appelé : Anthure, Flamant rose, Langue de feu, Flamingo flower
L’anthurium est une aracée des forêts humides de Colombie et d’Équateur, cultivée pour ses spathes vernissées rouges, roses ou blanches, qui tiennent plusieurs semaines. En appartement, il forme une touffe de 40 à 60 cm qui fleurit presque toute l’année. Il demande surtout une lumière vive sans soleil direct, de la chaleur, une eau non calcaire et un substrat très aéré d’écorces, proche de celui des orchidées. L’eau qui stagne dans la soucoupe, l’air sec et les pièces qui descendent sous 13 °C le font dépérir.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Aracées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 13 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 11 à 12, plante non rustique sous nos climats. Elle souffre dès 13 °C et ne survit pas sous 10 °C.
Dimensions : 40 à 60 cm de haut en pot, parfois 70 cm, pour 30 à 50 cm d’étalement. La touffe s’élargit lentement par rejets latéraux.
Floraison : Presque toute l’année en intérieur, spathes vernissées rouges, roses ou blanches entourant un spadice dressé, sans parfum, qui tiennent plusieurs semaines ; la plante est toxique par ingestion.
Substrat : Mélange très aéré d’écorces de pin fines, fibre de coco ou tourbe blonde et perlite, à la manière d’un substrat d’orchidée allégé. pH idéal entre 5,5 et 6,5.
Exposition : Lumière vive mais toujours filtrée, jamais de soleil direct qui brûle le feuillage vernissé et décolore les spathes.
Arrosage : Environ une fois par semaine en été, tous les 10 à 15 jours en hiver, en laissant sécher les deux premiers centimètres du substrat. Eau non calcaire à température ambiante, et vidange systématique de la soucoupe.
Durée de vie : Vivace d’intérieur, 5 à 10 ans. Rempoter et diviser tous les 2 à 3 ans évite l’épuisement du pied.
Multiplication : Séparation des rejets latéraux au rempotage, de mars à mi-mai, tenus quelques semaines à l’étouffée.
Arrosage & entretien
Arrosage : D’avril à septembre, arroser abondamment une fois par semaine dès que la surface du substrat est sèche, avec une eau douce et tempérée. En hiver, espacer à tous les 10 à 15 jours et compenser l’air sec par des brumisations ou un lit de billes d’argile humides.
Fertilisation : Apporter un engrais liquide pour plantes fleuries, riche en potassium et pauvre en calcaire, dilué de moitié toutes les 2 à 3 semaines de mars à septembre. Suspendre totalement en hiver, un excès de sels brûle les racines charnues.
Rempotage : Tous les 2 ans au printemps, dans un pot à peine plus grand car l’anthurium fleurit mieux légèrement à l’étroit. Enterrer les racines aériennes de la base sans enfouir le cœur de la touffe.
Taille : Aucune taille de formation, seulement le nettoyage des feuilles jaunies et des hampes florales fanées, coupées à la base au sécateur propre. Cette suppression régulière relance la floraison, quasi continue toute l’année.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive et tamisée pendant 6 à 8 heures par jour, sans un seul rayon de soleil direct aux heures chaudes. Trop d’ombre supprime la floraison, trop de soleil marque les feuilles de taches brunes.
Emplacement : Culture en intérieur toute l’année sous nos latitudes, idéalement devant une fenêtre est ou à 2 m en retrait d’une baie sud ou ouest. Une salle de bains lumineuse lui convient parfaitement grâce à l’humidité ambiante.
Substrat : Mélange épiphyte drainant : un tiers d’écorces de pin fines, un tiers de fibre de coco ou tourbe blonde, un tiers de perlite, avec éventuellement un peu de sphaigne. Le terreau de jardin seul, trop compact, asphyxie ses racines charnues.
pH : Entre 5,5 et 6,5, donc légèrement acide. Une eau calcaire fait remonter ce pH et provoque un jaunissement internervaire.
Drainage : Drainage impératif : pot percé, couche de billes d’argile au fond et soucoupe vidée un quart d’heure après l’arrosage. L’eau stagnante entraîne pourriture racinaire et jaunissement rapide du feuillage.
Multiplication
Séparation des rejets : de mars à mi-mai, au rempotage, dépoter et séparer à la main les rejets latéraux munis de racines. Rempoter chacun dans un petit pot de substrat aéré et le tenir à l’étouffée sous un sac transparent quelques semaines, à l’intérieur vers 20 à 25 °C, à la lumière filtrée. Des gants, la sève irrite la peau. Sûre, si chaque éclat a ses racines.
Les autres méthodes
Bouturage : Une tête de tige dégarnie, coupée sur 10 à 15 cm sous deux ou trois racines aériennes, s’enracine dans de la sphaigne humide à l’étouffée, à l’intérieur vers 22 à 25 °C, en 4 à 6 semaines.
Semis :
SemerUn amateur ne le sème pas : les anthuriums du commerce sont des cultivars hybrides, qui ne donnent pas de graines sans pollinisation à la main et que le semis ne reproduit pas. Ses cultivars se multiplient par division ou bouture de tête.
Récolter les grainesPas de graines en culture : en appartement, ses spadices ne se fécondent pas seuls. Chaque spadice offre ses fleurs femelles avant que son propre pollen soit mûr, et il faut porter au pinceau le pollen d’un second spadice décalé, puis attendre 6 mois ou plus que les baies mûrissent. Les graines, à semer fraîches, ne reproduisent pas le cultivar : la division et la bouture de tête restent les voies normales.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La bactériose à Xanthomonas, maladie majeure de l’espèce, dessine des taches huileuses translucides à bord jaune sur les feuilles puis un noircissement des nervures : il faut isoler et détruire le sujet, aucun traitement curatif n’existe. L’anthracnose (Colletotrichum) noircit et dessèche le spadix, et se traite en supprimant les inflorescences atteintes. La pourriture racinaire à Phytophthora ou Pythium, liée à l’excès d’eau, impose un rempotage d’urgence en substrat neuf après parage des racines molles.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses forment des amas cotonneux à l’aisselle des pétioles et se retirent au coton imbibé d’alcool à 70°. Les thrips argentent les feuilles et déforment les spathes, les araignées rouges installent de fines toiles quand l’air est sec : doucher le feuillage à l’eau tiède ou traiter avec un savon insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », en répétant tous les 8 jours. Pucerons et cochenilles à bouclier apparaissent plus ponctuellement sur les jeunes pousses.
Prévention : Maintenir une hygrométrie de 60 à 80 % et une bonne circulation d’air, sans mouiller le feuillage le soir, ce qui décourage à la fois bactéries et acariens. Désinfecter le sécateur entre chaque plante et mettre tout nouvel achat en quarantaine 3 semaines. Éviter les excès d’azote et l’eau stagnante dans la soucoupe, deux portes d’entrée classiques.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante toxique par ingestion en raison des raphides d’oxalate de calcium insoluble présents dans toutes ses parties, feuilles, tiges, spathe et sève. L’intoxication reste bénigne dans la grande majorité des cas, mais elle est douloureuse et particulièrement à surveiller chez le jeune enfant.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat, les rongeurs et les oiseaux, l’anthurium figure sur les listes vétérinaires de plantes d’intérieur dangereuses. Les chats, attirés par les feuilles brillantes, sont les plus souvent concernés.
Symptômes : À l’ingestion : sensation immédiate de brûlure des lèvres et de la bouche, gonflement des muqueuses, hypersalivation, difficulté à avaler, parfois vomissements ; l’œdème pharyngé, rare, peut gêner la respiration. Au contact, la sève provoque rougeur, démangeaison et irritation cutanée ou oculaire.
Précautions : Placer la plante hors de portée des enfants et des animaux, porter des gants pour tailler ou rempoter et se laver les mains ensuite. En cas d’ingestion, rincer la bouche, faire boire de l’eau ou du lait, ne pas faire vomir et appeler un centre antipoison ou un vétérinaire.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le spathiphyllum, cousin d’Araceae, partage exactement les mêmes besoins de lumière tamisée, de chaleur et d’humidité, et prolonge la floraison blanche à côté des spathes rouges. Le calathea ou le maranta apportent un feuillage graphique et profitent du microclimat humide créé par le groupe. Les fougères, aspleniums ou phlébodiums, complètent l’étage bas et retiennent l’humidité autour des pots.
Associations à éviter : Les cactées et succulentes réclament un substrat sec et du plein soleil, un arrosage commun tuerait l’un ou l’autre. La sansevieria et le zamioculcas, très tolérants à la sécheresse, pourrissent dans le substrat maintenu frais de l’anthurium. Les aromatiques méditerranéennes comme le romarin ou la lavande, exigeant soleil direct et sol drainant calcaire, dépérissent dans ces conditions.
Conseil : Rassembler ces plantes tropicales sur un même grand plateau de billes d’argile humides : l’évaporation crée une bulle d’hygrométrie de 60 à 70 % dont toutes profitent, sans jamais laisser les pots tremper dans l’eau. Espacer légèrement les feuillages pour que l’air circule et limiter ainsi les maladies.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pot à l'intérieur toute l'année, devant une fenêtre lumineuse sans soleil direct, dans une pièce chauffée entre 43 °C. Plante tropicale à racines semi-épiphytes, très gélive, qui souffre déjà sous 15 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 4 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 8 à 12 jours | Arroser dès que les deux premiers centimètres du substrat sont secs, en mouillant toute la motte puis en laissant bien égoutter. Une eau calcaire brunit progressivement la pointe des feuilles et ternit les spathes. |
| Brumisation | De mi-octobre à mi-avril : tous les 1 à 2 jours ; de mi-avril à mi-octobre : tous les 3 à 5 jours | Cette plante réclame une atmosphère humide et brunit du bord des feuilles dans l'air sec du chauffage. Éviter de mouiller les spathes, qui se tachent, et doubler l'effet avec un plateau de billes d'argile humides. |
| Engrais liquide | De mi-mars à fin septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Nourrir pendant la croissance, toujours sur un substrat déjà humide, car cette plante fleurit presque toute l'année. Un excès de sels brûle la pointe des feuilles, aussi vaut-il mieux rincer le substrat à l'eau claire tous les 2 mois. |
| Dépoussiérage du feuillage | De janvier à décembre : toutes les 2 à 4 semaines | Essuyer les feuilles brillantes, que la poussière ternit vite en appartement. C'est aussi l'occasion de repérer les premiers parasites sous le limbe. |
| Inspection parasitaire | De mi-octobre à fin mars : toutes les 1 à 2 semaines ; de début avril à mi-octobre : toutes les 3 à 4 semaines | Les araignées rouges profitent de l'air sec du chauffage et couvrent le feuillage de fines piqûres claires. Chercher aussi les amas blancs cotonneux des cochenilles farineuses, à tamponner au coton imbibé d'alcool à 70 °C. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Les grosses racines charnues pourrissent vite si elles baignent, et le feuillage jaunit alors par la base. C'est de loin la première cause d'échec en appartement. |
| Fleurs fanées | De janvier à décembre | Retirer les fleurs passées et les feuilles jaunies concentre l'énergie sur les nouvelles pousses. Une lame propre évite d'infecter la souche par la plaie. |
| Rempotage | De début mars à mi-mai, tous les 2 ans | Rempoter dans un pot à peine plus grand, en enterrant un peu les racines aériennes formées au-dessus du substrat. Un terreau classique et compact asphyxie les racines et fait cesser la floraison. |
| Division de touffe | De début mars à mi-mai, tous les 3 ans | Séparer à la main les rejets latéraux au moment du rempotage, plutôt que de laisser la touffe s'épaissir et fleurir moins. Rempoter chaque éclat dans un petit contenant et le tenir à l'étouffée quelques semaines. |
| Déplacement saisonnier | De mi-octobre à fin mars | Rapprocher la plante de la fenêtre compense la faible lumière hivernale, sans laisser les feuilles toucher la vitre froide. Un séjour sous 15 °C fait cesser la floraison pour plusieurs mois. |