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Plante d’intérieur · Aracées

Anthurium Anthurium scherzerianum

Aussi appelé : Anthurium de Scherzer, Anthurium queue de cochon, Flamingo flower, Pigtail anthurium

L’Anthurium scherzerianum est une Aracée des forêts humides du Costa Rica, plus compacte que l’anthurium des fleuristes : 30 à 40 cm de haut, des feuilles étroites et une spathe rouge vif d’où sort un spadice orangé tordu en tire-bouchon. Il fleurit de février à juillet en appartement, entre 18 et 22 °C. Il demande une lumière vive sans soleil direct, un mélange d’écorce très aéré et une eau non calcaire, versée dès que le premier centimètre est sec. Le froid sous 12 °C, le terreau seul et l’eau stagnante dans la soucoupe le font dépérir.

Anthurium (Anthurium scherzerianum)
Photo : Louis van Houtte, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Aracées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
12 °C
Floraison
De février à juillet
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 10 à 12, aucune résistance au gel. Elle vit entre 18 et 22 °C et apprécie même 6 semaines à 15 ou 16 °C en début d’hiver, mais souffre dès que le thermomètre passe sous 12 °C.

Dimensions : 30 à 40 cm de hauteur pour autant d’étalement, soit une plante nettement plus compacte qu’Anthurium andraeanum. Ses feuilles sont étroites et lancéolées, jamais en forme de cœur, et sa spathe ronde porte un spadice tordu en tire-bouchon.

Floraison : De février à juillet en appartement, parfois plus longtemps : spathe ovale rouge vif, plus rarement rose ou blanche, d’où sort un spadice orangé tordu en tire-bouchon, sans parfum. Toute la plante est toxique par ses cristaux d’oxalate.

Substrat : Mélange d’épiphyte très aéré : écorce de pin fine, fibre de coco ou tourbe et perlite à parts voisines. pH de 5,5 à 6,5, un terreau seul asphyxie ses racines charnues.

Exposition : Lumière vive sans soleil direct, derrière un voilage ou devant une fenêtre à l’est. Le soleil de midi brûle le feuillage, l’ombre supprime la floraison.

Arrosage : Tous les 4 à 7 jours d’avril à septembre, tous les 10 à 14 jours en hiver, à l’eau non calcaire. Arroser dès que le premier centimètre est sec, puis vider la soucoupe.

Durée de vie : Vivace, 8 à 10 ans en pot, davantage si elle est rempotée tous les 2 ans et divisée quand la souche se dégarnit.

Multiplication : Division de la souche au rempotage, de mars à mai, éclats tenus quelques semaines à l’étouffée au chaud.

Arrosage & entretien

Arrosage : Eau non calcaire à température de la pièce, versée jusqu’à ce qu’elle s’écoule, puis soucoupe vidée un quart d’heure après. Tous les 4 à 7 jours d’avril à septembre, tous les 10 à 14 jours d’octobre à mars, toujours au vu du substrat et non du calendrier.

Fertilisation : Engrais pour plantes fleuries à demi-dose, toutes les 2 à 3 semaines d’avril à septembre, sur un substrat déjà humide. Aucun apport d’octobre à mars, pendant le repos.

Rempotage : Tous les 2 ans en mars ou avril, dans un pot à peine plus grand, avec un mélange à base d’écorce. Laisser les racines aériennes à l’air libre plutôt que de les enterrer, et ne pas enfoncer le collet.

Taille : Couper à la base, au fil de l’année, les hampes dont la spathe a verdi puis bruni. Retirer de même les feuilles jaunies et les baies orangées, qui épuisent la plante.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive et diffuse, 4 à 6 heures de clarté franche, jamais de soleil direct d’avril à septembre. Le soleil doux du matin en hiver ne lui nuit pas.

Emplacement : Intérieur toute l’année, fenêtre à l’est ou fenêtre au sud voilée, loin d’un radiateur et des courants d’air. Une salle de bains éclairée lui convient particulièrement bien.

Substrat : Un tiers d’écorce de pin fine, un tiers de fibre de coco ou de tourbe, un tiers de perlite, avec quelques morceaux de charbon de bois. C’est un mélange d’orchidée enrichi plutôt qu’un terreau.

pH : De 5,5 à 6,5, franchement acide. Une eau calcaire fait monter le pH du substrat et jaunir le feuillage entre les nervures.

Drainage : Vital, car les racines charnues pourrissent en quelques jours dans l’eau stagnante. Pot percé, couche de billes d’argile au fond et soucoupe systématiquement vidée.

Multiplication

Méthode conseillée

Division : de mars à mai, au rempotage, dépoter et séparer à la main ou au couteau propre des éclats portant chacun quelques feuilles et des racines. Rempoter chacun dans le mélange d’épiphyte habituel et le tenir quelques semaines à l’étouffée sous un sac transparent, à l’intérieur vers 20 à 22 °C, à la lumière filtrée. Des gants, la sève irrite la peau. Sûre, et elle rajeunit une touffe qui se dégarnit.

Les autres méthodes

Bouturage : Elle se bouture mal : sa tige courte ne donne guère de bouture, et la division la remplace avantageusement.

Semis :

SemerUn amateur ne la sème pas : les plantes du commerce sont des cultivars, qui ne font pas de graines sans pollinisation à la main et que le semis ne reproduit pas.

Récolter les grainesPas de graines en culture : les plantes du commerce sont des cultivars, dont les spadices ne se fécondent pas seuls en appartement, et le semis ne les reproduirait pas. La division de la souche les multiplie à l’identique.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture des racines, provoquée par un excès d’eau, se voit à un feuillage qui jaunit et à une base molle : dépoter, couper les racines brunes et rempoter dans un mélange neuf. L’anthracnose et la brûlure bactérienne (Xanthomonas) tachent les feuilles de brun cerné de jaune quand l’eau stagne sur le limbe ; supprimer les feuilles atteintes et brumiser le matin, pour que le feuillage sèche avant la nuit. Des pointes brunes et sèches signalent un air trop sec ou une eau trop calcaire, pas une maladie.

Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses s’installent à l’aisselle des feuilles et sur les racines aériennes, à retirer au coton imbibé d’alcool à 70 degrés. L’araignée rouge tisse une toile fine entre le pétiole et le limbe dès que l’air chauffé descend sous 40 pour cent d’humidité, et cède à des brumisations répétées. Les thrips déforment les jeunes feuilles et argentent la spathe, bien plus difficiles à déloger.

Prévention : Inspecter le revers des feuilles toutes les 2 à 3 semaines pendant la saison de chauffe, une fois par mois le reste de l’année. Maintenir l’humidité de l’air en hiver, période où tous les ravageurs prospèrent. Isoler 15 jours toute plante nouvellement rapportée avant de la placer près des autres.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxique par irritation. Toutes les parties contiennent des cristaux d’oxalate de calcium insolubles qui brûlent la bouche et la gorge dès la mastication, ce qui limite heureusement les quantités avalées.

Toxicité animaux : L’ASPCA classe les anthuriums toxiques pour le chien et le chat. Un animal qui mordille une feuille ressent une douleur immédiate et s’arrête en général de lui-même.

Symptômes : Après ingestion, brûlure et gonflement des lèvres, de la langue et de la gorge, salivation abondante, difficulté à déglutir et parfois vomissements. Au contact, rougeurs et démangeaisons sur une peau sensible, et irritation douloureuse si de la sève atteint l’œil.

Précautions : La placer hors de portée des jeunes enfants et des animaux, et porter des gants pour la tailler ou la rempoter. Rincer longuement la bouche ou l’œil en cas de contact, et appeler un centre antipoison si une gêne respiratoire apparaît.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le spathiphyllum et le philodendron, aracées comme elle, demandent la même lumière tamisée, la même chaleur et le même substrat aéré. Les fougères d’intérieur, nephrolepis ou asplenium, entretiennent autour d’elles l’humidité de l’air dont toutes profitent. Le guzmania ou une petite phalaenopsis complètent un groupe qui s’arrose et se nourrit de la même façon.

Associations à éviter : Cactées et plantes grasses veulent le soleil direct et un substrat sec entre deux arrosages : l’arrosage de l’une noierait l’autre. Le yucca et le ficus réclament plus de lumière et se contentent d’un air sec, si bien que le compromis ne convient à personne. Toute plante rapportée sans quarantaine, les cochenilles passant d’un feuillage à l’autre dès qu’ils se touchent.

Conseil : Grouper trois ou quatre plantes tropicales sur un même plateau de billes d’argile humides fait monter l’humidité locale de dix à quinze points, ce qui vaut mieux qu’une brumisation pressée. Laisser un espace entre les feuillages pour que l’air circule et que les ravageurs ne passent pas de l’un à l’autre. Tourner le plateau d’un quart de tour chaque semaine, pour que les hampes restent droites.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Plante cultivée en pot à l’intérieur toute l’année, devant une fenêtre à l’est ou derrière un voilage, dans une pièce tenue entre 18 et 22 degrés.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 4 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 10 à 14 jours Arroser quand le premier centimètre du mélange est sec au doigt, jamais sur un rythme fixe. Les racines charnues supportent bien mieux un léger manque qu’un excès.eau non calcaire à température de la pièce, versée jusqu’à ce qu’elle s’écoule
BrumisationUtile De début octobre à mi-avril : tous les 1 à 2 jours L’air des pièces chauffées tombe sous 40 pour cent d’humidité et brunit la pointe des feuilles. Cette espèce, au feuillage étroit et coriace, y résiste mieux qu’Anthurium andraeanum sans pour autant s’en passer.eau non calcaire, sur le feuillage seulement, car la spathe se tache
Engrais liquideUtile D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines Un mélange à base d’écorce est pauvre : sans apport régulier en saison, la plante fait des feuilles et plus de spathes. Les apports s’arrêtent d’octobre à mars.engrais pour plantes fleuries à demi-dose, sur un substrat déjà humide
Dépoussiérage du feuillageUtile De janvier à décembre : chaque mois Essuyer les feuilles une fois par mois, la poussière ternissant leur brillant et réduisant la lumière qu’elles captent. Les produits lustrants bouchent les stomates et font plus de mal que de bien.chiffon doux humide, sans produit lustrant
Inspection parasitaireUtile D’octobre à mars : toutes les 2 à 3 semaines ; d’avril à septembre : chaque mois Regarder le revers des feuilles de plus près pendant la saison de chauffe, quand l’air sec fait exploser les populations d’araignées rouges. Une toile fine entre le pétiole et le limbe les trahit avant qu’on ne les voie.cochenilles farineuses à l’aisselle des feuilles, araignées rouges par air sec
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : de l’eau encore présente dans la soucoupe un quart d’heure après l’arrosage Vider la soucoupe sans exception, car les racines d’anthurium pourrissent en quelques jours dans l’eau stagnante. Le geste compte autant en hiver, où le substrat sèche beaucoup plus lentement.
Fleurs fanéesUtile De janvier à décembreDès que : une spathe qui verdit puis brunit sur les bords Une spathe tient 2 à 3 mois avant de se ternir, et la retirer évite la formation de baies qui épuisent la plante. Les baies orangées déjà nouées se suppriment de la même façon.couper la hampe à sa base, au ras du feuillage, avec une lame propre
RempotageEssentiel De mars à avril, tous les 2 ans Rempoter avant la reprise de croissance, en dégageant les racines aériennes plutôt qu’en les enterrant. Un pot trop large retient l’eau et fait pourrir la souche.écorce de pin fine, fibre de coco et perlite à parts voisines, dans un pot à peine plus grand
Repos secUtile De mi-novembre à mi-janvier Ce passage au frais avec des arrosages espacés est ce qui déclenche la vague de spathes du printemps. Sans lui, la plante garde son feuillage mais ne refleurit guère.6 semaines entre 15 et 17 degrés, loin d’un radiateur, sans engrais

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