Plante d’intérieur · Aracées
Anthurium Anthurium crystallinum
Aussi appelé : Anthurium cristal, Anthurium cristallin, Crystal anthurium
L’Anthurium crystallinum est une Aracée des sous-bois humides d’Amérique centrale et du nord de l’Amérique du Sud, cultivée pour ses grandes feuilles en cœur au velours vert sombre, nervées d’argent. En appartement, il forme une touffe de 40 à 60 cm. Il demande surtout une humidité de l’air constante, une lumière vive filtrée et un substrat d’écorce et de sphaigne, sans terreau. L’air sec, le soleil direct sur le velours et l’eau calcaire le font souffrir : il convient à qui peut lui offrir une vitrine, une serre d’appartement ou une salle de bains lumineuse.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Aracées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 15 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Exigeante
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 11 à 12, gélive, confortable entre 45 °C.
Dimensions : 40 à 60 cm, feuillage velouté nervé d’argent.
Floraison : occasionnelle, une spathe étroite verte ou violacée sans éclat, bien loin des anthuriums à fleurs ; la plante se cultive pour son feuillage velouté. Toute la plante est toxique à l’ingestion.
Substrat : écorce de pin, sphaigne et perlite, sans terreau, pH 5,5 à 6,5.
Exposition : lumière vive et filtrée, jamais de soleil direct sur le velours.
Arrosage : tous les 4 à 6 jours en saison, tous les huit à douze en hiver, à l’eau douce.
Durée de vie : Vivace d’intérieur, 5 à 10 ans, à condition d’une humidité de l’air constante qui conditionne sa vie plus que son âge.
Multiplication : Séparation des rejets au rempotage, de mars à mai, ou bouture de tête à racines aériennes, à l’étouffée au chaud.
Arrosage & entretien
Arrosage : garder le substrat frais sans le détremper, à l’eau douce et tempérée. Une eau calcaire tache définitivement le velours des feuilles.
Fertilisation : un quart de dose à chaque arrosage d’avril à septembre : un substrat d’écorce ne retient presque rien, mieux vaut nourrir très peu et très souvent.
Rempotage : tous les 2 ans, dans un mélange grossier où l’on voit les racines ; un terreau ordinaire les asphyxie en quelques mois.
Taille : couper les hampes florales dès qu’une spathe verte apparaît, pour garder l’énergie au feuillage.
Exposition & substrat
Exposition : 4 à 6 heures de lumière vive et diffuse, à travers un voilage ou à 1 m d’une fenêtre est.
Emplacement : intérieur toute l’année, sous cloche ou dans une pièce humide ; c’est l’hygrométrie, plus que la lumière, qui décide de sa réussite.
Substrat : épiphyte et grossier, écorce, sphaigne et perlite, sans terre.
pH : entre 5,5 et 6,5.
Drainage : total et immédiat. Le substrat draine si vite que la soucoupe se remplit souvent, ce qui donne un faux sentiment de sécurité.
Multiplication
Séparation des rejets : de mars à mai, au rempotage, dépoter et séparer à la main les rejets munis de racines. Les rempoter dans un mélange d’écorce, de sphaigne et de perlite, et les tenir quelques semaines à l’étouffée sous un sac transparent, à l’intérieur vers 22 °C, à la lumière filtrée. Des gants, la sève irrite la peau. Sûre, si chaque éclat a ses racines.
Les autres méthodes
Bouturage : Une tête de tige devenue haute, coupée sur 10 à 15 cm sous deux ou trois racines aériennes, s’enracine dans de la sphaigne humide à l’étouffée, à l’intérieur vers 22 à 25 °C, en 4 à 6 semaines.
Semis :
SemerUn amateur ne le sème pas en pratique : la plante ne fait de graines qu’après pollinisation à la main, et les graines fraîches, rares, perdent vite leur faculté germinative.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : s’il porte deux spadices décalés. Chaque spadice offre ses fleurs femelles avant que son propre pollen soit mûr : il faut le féconder au pinceau avec le pollen d’un second spadice décalé, du même pied ou d’un autre. Les baies violacées mûrissent 6 à 8 mois plus tard et se détachent d’elles-mêmes. Les graines se sèment aussitôt, débarrassées de leur pulpe, car elles ne se conservent pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : dépérissement lent par asphyxie racinaire quand le substrat est trop fin, la cause la plus fréquente d’échec. Nouvelles feuilles avortées et bords secs quand l’air descend sous soixante pour cent d’humidité.
Parasites fréquents : thrips, qui laissent des plages argentées et déforment les feuilles en formation, et cochenilles sur les pétioles. Sur une plante à quatre ou cinq feuilles, chaque dégât est visible des mois.
Prévention : maintenir l’humidité par une cloche ou un plateau humide plutôt qu’en brumisant le limbe, et inspecter les feuilles en formation chaque semaine.
Toxicité
Toxicité humaine : la sève contient de l’oxalate de calcium, irritant pour la bouche, la gorge et la peau.
Toxicité animaux : toxique pour le chien et le chat.
Symptômes : douleur et gonflement de la bouche, salivation, vomissements ; rougeurs après contact prolongé avec la sève.
Précautions : gants pour le rempotage et la coupe des hampes, mains lavées ensuite, plante hors de portée des animaux.
Associations de plantes
Bonnes associations : l’alocasia et le calathea réclament la même humidité élevée et le même substrat aéré, et se cultivent ensemble en terrarium ou en vitrine. Une sphaigne vivante en surface du pot entretient l’humidité qu’il exige.
Associations à éviter : toute plante supportant l’air sec d’un appartement, dont le voisinage ne fera que masquer le vrai besoin de celle-ci. Éviter les cactées et les succulentes, opposées en tout point.
Conseil : le traiter comme une plante de vitrine et non de salon : sous soixante pour cent d’humidité, il survit sans jamais faire les grandes feuilles veloutées pour lesquelles on l’achète.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pot, en intérieur, sous une lumière vive et filtrée, dans un substrat d’écorce et de sphaigne et sous une hygrométrie élevée. Espèce cultivée pour son feuillage velouté nervé d’argent, et non pour ses fleurs.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 4 à 6 jours ; d’octobre à mars : tous les 8 à 12 jours | Les racines sont épiphytes : elles veulent de l’eau souvent et de l’air toujours. Une eau calcaire tache définitivement le velours des feuilles. |
| Brumisation | De janvier à décembre : tous les 1 à 2 jours | Sous soixante pour cent d’humidité, les nouvelles feuilles sortent avortées et le bord des anciennes sèche. Une cloche ou un plateau humide vaut mieux qu’un brumisateur, qui marque le limbe. |
| Engrais liquide | De début avril à mi-septembre : toutes les 1 à 2 semaines | Un substrat d’écorce ne retient presque rien : mieux vaut nourrir très peu et très souvent que fortement de temps en temps. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : toutes les 1 à 2 semaines | Cochenilles et thrips, ces derniers laissant des plages argentées et déformant les feuilles en formation. Sur une plante à quatre ou cinq feuilles, chaque dégât compte. |
| Dépoussiérage du feuillage | De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines | Le velours retient la poussière et ne se lave pas : un chiffon humide couche les poils et laisse des traces qui ne partent plus. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Le substrat aéré draine vite, ce qui fait remplir la soucoupe plus souvent qu’avec un terreau, et donne un faux sentiment de sécurité. |
| Fleurs fanées | De janvier à décembre | La floraison est insignifiante et détourne de l’énergie que la plante mettrait dans une feuille de plus, qui est ce qu’on lui demande. |
| Renouvellement du substrat | De mi-mars à mi-mai, tous les 2 ans | Un terreau ordinaire asphyxie ces racines en quelques mois, et c’est la cause la plus fréquente de dépérissement. Le mélange doit rester grossier et laisser voir les racines. |