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Légume · Brassicacées

Rutabaga Brassica napus

Aussi appelé : Chou-navet, Chou de Siam, Navet de Suède, Swede

Le rutabaga est un légume-racine né d’un croisement ancien entre chou et navet, cultivé de longue date dans le nord de l’Europe pour sa grosse racine charnue. Ses fanes montent à 40 à 60 cm et sa racine atteint 10 à 15 cm de diamètre, soit 400 g à 1,5 kg pièce ; on le sème de mai à juillet pour le récolter d’octobre à décembre. Il demande surtout une terre profonde et fraîche, sans fumier frais, et des arrosages réguliers et copieux en été. Très rustique, il supporte -10 °C et gagne même en goût après les premières gelées blanches.

Rutabaga (Brassica napus)
Photo : Jan Kops, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Légume
Famille
Brassicacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-10 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Très rustique, zone USDA 3 à 9 : les plants supportent -10 °C et les racines restent saines en terre sous un paillage épais, ce qui permet de récolter au fur et à mesure jusqu’en décembre. Les premières gelées blanches améliorent même son goût.

Dimensions : Feuillage de 40 à 60 cm de haut pour autant d’étalement ; la racine atteint 10 à 15 cm de diamètre, soit 400 g à 1,5 kg pièce.

Floraison : Aucune en culture : le rutabaga s’arrache avant l’hiver. Laissé en place, il monte au printemps suivant en grappes de fleurs jaunes à quatre pétales, et la racine devient creuse et fibreuse.

Substrat : Terre profonde, fraîche et humifère, ameublie sur 30 cm, sans cailloux ni fumier frais, pH 6 à 7.

Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum ; une ombre légère en milieu de journée est tolérée dans le Midi.

Arrosage : Régulier et copieux, 10 à 15 litres par mètre carré tous les 3 à 5 jours en été, tous les 7 à 10 jours en septembre et octobre.

Durée de vie : Bisannuelle cultivée en annuelle : semée de mai à juillet, récoltée d’octobre à décembre, elle monterait à graines au printemps suivant si on la laissait en place.

Multiplication : Semis en place de mai à début juillet, de préférence en juin, puis éclaircissage à 20 ou 25 cm sur le rang.

Arrosage & entretien

Arrosage : Arroser au pied, le matin ou le soir, sans mouiller le feuillage, à raison de 10 à 15 litres par mètre carré. Tous les 3 à 5 jours en été, tous les 7 à 10 jours ensuite ; un paillage divise ces apports par deux.

Fertilisation : Du compost bien décomposé, 3 à 4 kg par mètre carré, incorporé au printemps avant le semis. Ni fumier frais ni engrais azoté, qui font fourcher les racines et poussent le feuillage au détriment de la racine.

Rempotage : Sans objet : le rutabaga se sème en place, ou se repique une seule fois, très jeune, au stade quatre à cinq feuilles. Son pivot supporte mal d’être dérangé ensuite.

Taille : Aucune taille, mais un éclaircissage indispensable à 20 ou 25 cm sur le rang, dès que les plants ont trois feuilles. Sans lui, on récolte des racines de la taille d’une noix.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum, sur une planche dégagée.

Emplacement : Extérieur uniquement, au potager ou dans un grand bac d’au moins 40 cm de profondeur. Ce n’est en aucun cas une culture d’intérieur.

Substrat : Terre profonde, fraîche et riche en humus, enrichie de compost bien décomposé avant le semis, jamais de fumier frais.

pH : Entre 6 et 7 ; en dessous de 6, chauler à l’automne précédent pour limiter la hernie du chou.

Drainage : Sol frais mais ressuyé, jamais détrempé. L’eau stagnante d’automne fait pourrir le collet et rend la racine inconsommable.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : dehors, en place, de mai à début juillet, semer clair en lignes espacées de 40 cm, graines couvertes de 1 à 2 cm de terre : elles lèvent en 5 à 10 jours dès 10 °C, plus vite vers 20 °C. Éclaircir à 20 ou 25 cm sur le rang dès trois feuilles ; un semis en pépinière se repique très jeune, sans casser le pivot. Les variétés anciennes donnent des graines fidèles si l’on laisse monter quelques racines au printemps suivant, loin du colza qui s’y croise. Le semis en place, de préférence en juin, pour que la racine grossisse à l’automne ; il réussit presque à coup sûr.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles. Replanter au printemps une dizaine de belles racines conservées l’hiver : elles fleurissent en avril et mai, fécondées par les abeilles, et plusieurs pieds gardent à la variété sa vigueur. Couper les tiges en juillet quand les siliques jaunissent, avant qu’elles n’éclatent, les finir de sécher sous abri, puis battre pour libérer les graines, qui restent bonnes 4 à 5 ans au sec et au frais. Les graines d’une variété hybride ne reproduisent pas la plante : celles du commerce sont alors plus sûres.

Les autres méthodes

Bouturage : Il ne se bouture pas : c’est un légume racine qui se multiplie uniquement par ses graines.

Division et autres méthodes : Aucune : la racine est unique et ne donne ni rejet ni éclat ; seul le semis le multiplie.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La hernie du chou déforme les racines en renflements et fait flétrir les plants au soleil ; il n’existe aucun traitement, seules une rotation de 5 à 6 ans et un chaulage limitent le risque. Le mildiou et l’alternariose tachent le feuillage en automne humide sans compromettre la racine. L’oïdium reste bénin à ce stade de la culture.

Parasites fréquents : L’altise crible les jeunes feuilles de petits trous ronds et peut anéantir un semis en quelques jours de sécheresse. La mouche du chou pond au collet et son asticot creuse la racine, sans que rien ne se voie avant l’arrachage. Piérides, noctuelles et limaces complètent la liste, avec les pucerons cendrés au cœur des plants.

Prévention : Poser un voile anti-insectes dès le semis et le laisser jusqu’en septembre : c’est la seule protection réellement efficace contre la mouche. Respecter une rotation d’au moins 4 ans sans crucifère sur la planche. Arroser et pailler, car une terre qui reste fraîche décourage les altises.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité : c’est un légume racine dont on consomme aussi les jeunes feuilles cuites. Comme toutes les crucifères, il contient des glucosinolates qui, crus, en très grande quantité et de façon répétée, gênent le fonctionnement de la thyroïde.

Toxicité animaux : Sans danger pour le chien et le chat en petite quantité, cuit et sans assaisonnement, même s’il fermente et ballonne facilement. Chez les ruminants et les lapins, une ration massive de fanes de crucifères provoque anémie et troubles thyroïdiens.

Symptômes : Chez l’humain, tout au plus des ballonnements et des gaz après un repas copieux. Chez un animal nourri de fanes en excès, abattement, urines foncées et perte d’appétit.

Précautions : Cuire la racine, ce qui réduit les glucosinolates, et écarter simplement les parties molles ou moisies. Donner les fanes aux animaux avec modération, en complément et jamais comme ration de base.

Associations de plantes

Bonnes associations : La capucine, semée en bordure, attire altises et pucerons loin du rang. Laitues et épinards occupent l’espace entre les lignes pendant les 6 semaines où le feuillage ne couvre pas encore le sol. Pois et fèves de la culture précédente laissent l’azote dont il a besoin, sans l’excès qui ferait fourcher les racines.

Associations à éviter : Les autres crucifères, choux, navets, radis et roquette, partagent la hernie et la mouche du chou et concentrent les attaques sur la planche. Le fraisier et les alliacées, ail et oignon, voisinent mal avec les choux dans la pratique potagère. La pomme de terre, gourmande en eau et en place, l’étouffe en fin d’été.

Conseil : Semez fin juin plutôt qu’en mai. La racine grossit alors dans la fraîcheur de l’automne, tandis qu’un semis précoce donne une chair fibreuse et piquante, quand il ne monte pas à graines.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture au potager en pleine terre, en plein soleil, dans une planche ameublie sur 30 cm et enrichie de compost mûr avant le semis.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De juin à août : tous les 3 à 5 jours ; de septembre à octobre : tous les 7 à 10 jours Arroser copieusement et surtout régulièrement, sans mouiller le feuillage. C’est l’irrégularité, plus que la sécheresse elle-même, qui rend la chair fibreuse et piquante et fait éclater les racines après une pluie.10 à 15 litres par mètre carré, au pied
Compost, amendementUtile De mars à avril Incorporer un compost bien décomposé avant le semis, jamais de fumier frais. Le fumier frais fait fourcher les racines et pousse le feuillage au détriment de la racine.3 à 4 kg par mètre carré, compost mûr uniquement
SemisEssentiel De début mai à mi-juillet Semer clair, de préférence en juin, puis éclaircir à 20 ou 25 cm sur le rang dès trois feuilles. Semé trop tôt, le rutabaga monte à graines ou devient fibreux avant l’automne, qui est la saison où sa racine grossit.en place ou en pépinière, 1 cm de profondeur, lignes à 40 cm
Traitement préventifEssentiel De début mai à mi-septembre Couvrir la planche d’un filet fin dès le semis et le laisser en place jusqu’en septembre. C’est la seule protection réellement efficace contre la mouche du chou, dont l’asticot creuse la racine sans que rien ne se voie avant l’arrachage.voile anti-insectes posé dès le semis
Inspection parasitaireUtile De début mai à mi-octobre Regarder les jeunes feuilles deux fois par semaine après la levée. Criblées de petits trous ronds, ce sont les altises, et un semis attaqué à ce stade ne rattrape jamais son retard.altises et limaces à la levée, chenilles ensuite
Mise en place des plantsUtile De juin à juillet Repiquer très jeune, sans casser le pivot, et arroser copieusement dans la foulée. Passé ce stade, la racine s’installe mal et reste chétive.repiquage des plants de pépinière au stade 4 à 5 feuilles
PaillageEssentiel De mi-juin à fin juillet Pailler dès que les plants ont quatre feuilles. Le sol garde sa fraîcheur, les arrosages se divisent par deux et les altises délaissent une planche qui ne sèche pas.5 cm de tonte sèche ou de paille, posés après un arrosage
Fructification, récolteEssentiel D’octobre à décembre Arracher au fur et à mesure des besoins d’octobre à décembre, quand la racine dépasse la taille d’un poing. Les premières gelées blanches la rendent plus sucrée, mais passé la fin décembre elle devient ligneuse.arrachage des racines de 8 à 12 cm de diamètre
Protection des racinesUtile De novembre à décembre Couvrir le rang d’un paillis épais à l’entrée de l’hiver pour continuer à récolter malgré le gel. Sans lui, la terre prise en masse interdit tout arrachage pendant des semaines.10 cm de paille ou de feuilles sèches sur le rang

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