Légume · Brassicacées
Chou Brassica oleracea
Aussi appelé : Chou potager, Chou cultivé, Chou commun, Cabbage
Le chou descend du chou sauvage des côtes d’Europe, et cette seule espèce a donné le chou pommé, le chou-fleur, le brocoli, le chou de Bruxelles, le kale et le chou-rave. Un chou pommé fait 30 à 60 cm de haut pour 40 à 60 cm d’étalement ; le chou de Bruxelles et le kale montent à 1 m. Il demande surtout une terre profonde, riche et fraîche, plutôt calcaire, et des arrosages abondants et réguliers, tous les 2 à 3 jours en été. Sa résistance au froid dépend du type : -15 °C pour le kale, -10 °C pour le chou pommé d’hiver, -5 °C pour le chou-fleur et le brocoli.
- Type
- Légume
- Famille
- Brassicacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -10 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 6 à 9 pour l’espèce, mais tout dépend du type cultivé. Le kale et les choux frisés d’hiver encaissent -15 °C et s’adoucissent au gel, le chou pommé d’hiver tient -10 °C, le chou-fleur et le brocoli plafonnent vers -5 °C.
Dimensions : 30 à 60 cm de haut pour 40 à 60 cm d’étalement pour un chou pommé. Le chou de Bruxelles et le kale montent à 1 m, le chou-rave reste sous 30 cm.
Floraison : Aucune en culture : le chou se récolte avant sa floraison, qui n’arrive qu’au printemps de la seconde année en grappes de fleurs jaune pâle à quatre pétales. Brocoli et chou-fleur se mangent justement en boutons, avant qu’ils ne s’ouvrent.
Substrat : Terre profonde, riche, fraîche et bien pourvue en calcium. pH de 6,5 à 7,5, l’optimum autour de 7 : le chou est l’un des rares légumes qui préfère franchement le calcaire.
Exposition : Plein soleil, 6 heures minimum. Une ombre légère l’après-midi rend service aux semis d’été, qui montent moins vite.
Arrosage : Abondant et régulier, 10 à 15 L/m² tous les 2 à 3 jours en été, tous les 7 à 10 jours à l’automne.
Durée de vie : Bisannuelle conduite en annuelle : on récolte la première année, la floraison n’arrive que la seconde. Quelques formes, chou de Daubenton ou kale perpétuel, sont réellement vivaces et durent 4 à 5 ans.
Multiplication : Semis en pépinière ou en terrine de mars à début juin, puis repiquage en place 5 à 6 semaines plus tard.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en été, copieusement et au pied, tous les 7 à 10 jours en automne. La terre ne doit jamais sécher complètement : c’est l’alternance sec puis détrempé qui fend les pommes formées.
Fertilisation : 3 à 4 kg/m² de compost mûr enfouis avant la plantation, puis un apport azoté ou un purin d’ortie dilué tous les 15 jours de juin à début août. On coupe tout apport dès que la pomme se ferme.
Rempotage : Sans objet en pleine terre. En bac, comptez 30 litres et 40 cm de profondeur pour un seul plant, avec un substrat renouvelé chaque année.
Taille : Aucune, sauf les feuilles basses jaunies que l’on retire pour priver limaces et pucerons cendrés d’abri. Le chou de Bruxelles fait exception : on l’étête fin septembre pour que toutes les pommes grossissent ensemble.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures directes. Sous 4 heures de lumière, les pommes ne se forment pas et le plant reste en feuilles.
Emplacement : Au potager toute sa vie, dans une planche qui n’a porté aucune crucifère depuis 4 à 5 ans. Orientation sud ou sud-ouest, à l’abri du vent dominant qui couche les choux hauts.
Substrat : Terre profonde, argilo-limoneuse, enrichie de compost et tassée après plantation. Un sol sableux réclame un paillage et beaucoup plus d’eau pour donner la même pomme.
pH : De 6,5 à 7,5. Sous 6, la hernie du chou s’installe durablement et la planche devient inutilisable pour toute la famille.
Drainage : Sol frais en permanence mais jamais gorgé d’eau. En terrain lourd, une légère butte au pied évite que le collet ne pourrisse pendant l’hiver.
Multiplication
Semis : de mars à début juin, dehors en pépinière ou sous abri en terrine vers 15 à 18 °C, en lignes distantes de 10 cm, graines couvertes de 1 cm : la levée prend 5 à 10 jours. Semer clair, car des plants serrés filent et pomment mal. Les variétés anciennes se reproduisent fidèlement si aucun autre chou ne fleurit à proximité, tous se croisant entre eux ; les hybrides F1, non. Le semis en pépinière ou en terrine, de mars à début juin selon le type de chou, puis le repiquage 5 à 6 semaines plus tard : c’est la voie de presque tous les choux.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le chou est autostérile. Il faut laisser fleurir au printemps de la seconde année au moins 6 pieds de la même variété, que les abeilles fécondent entre eux. Couper les hampes en juillet et août quand les siliques jaunissent, les faire sécher sous abri sur un drap, puis battre ; les graines restent bonnes 4 à 5 ans au sec et au frais. Pour un hybride F1 ou un seul pied à faire grainer, acheter les graines reste la seule voie fiable.
Les autres méthodes
Bouturage : Le chou cultivé ne se bouture pas. Seuls les choux vivaces, chou de Daubenton et kale perpétuel, qui grainent peu, se bouturent de pousses latérales de 10 à 15 cm au printemps ou en fin d’été, piquées en terre fraîche, dehors à l’ombre : elles racinent en 3 à 4 semaines.
Division et autres méthodes : Aucune : la plante a une tige et une racine uniques ; seuls les choux vivaces se renouvellent, par bouture.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La hernie du chou renfle les racines en grosses galles, le plant flétrit au moindre soleil et ne pomme jamais ; aucun traitement n’existe, seuls la rotation longue et le chaulage protègent. Le mildiou et l’alternariose tachent le feuillage par temps doux et humide, et se limitent en espaçant les plants et en arrosant au pied. La fonte des semis emporte les jeunes plants dans une pépinière trop arrosée ou trop dense.
Parasites fréquents : La piéride du chou pond des amas d’œufs jaunes sous les feuilles en juillet-août ; ses chenilles se ramassent à la main ou se traitent jeunes au Bacillus thuringiensis. L’altise crible les jeunes plants de petits trous ronds au printemps sec : arroser le feuillage la freine. La mouche du chou pond au collet et ses asticots sectionnent les racines, le puceron cendré forme des colonies grises au cœur de la pomme.
Prévention : Un filet anti-insectes à mailles fines, posé le jour du repiquage et laissé jusqu’à la récolte, règle à lui seul la piéride, l’altise et la mouche. Tenez une rotation de 4 à 5 ans sans aucune crucifère, radis compris. Un plant vigoureux et régulièrement arrosé encaisse ce qu’un plant assoiffé ne supporte pas.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune, c’est un légume consommé depuis l’Antiquité, feuilles, pomme, tige et fleurs comprises. Mangé cru en très grande quantité au quotidien, il reste seulement goitrogène chez les personnes carencées en iode.
Toxicité animaux : Sans danger pour le chien et le chat en petite quantité, où il provoque surtout des gaz. Donné en abondance et durablement, ses glucosinolates gênent la thyroïde ; chez les ruminants et les lapins, une ration faite surtout de choux provoque ballonnements et anémie.
Symptômes : Après un excès : flatulences, ballonnements, selles molles. Le feuillage et la sève ne provoquent aucune irritation au contact.
Précautions : Cuisez le chou destiné à un animal et n’en donnez qu’une petite part occasionnelle. Rien de particulier au potager : c’est une plante que les enfants peuvent toucher et goûter sans risque.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le céleri branche, la tomate et les aromatiques odorantes (thym, sauge, romarin, menthe) brouillent l’odeur des feuilles dont la piéride et la mouche du chou se servent pour trouver leur cible. La laitue et l’épinard occupent l’espace entre les jeunes plants jusqu’à ce que les choux se rejoignent, et sont récoltés avant de gêner. La capucine joue la plante-piège : les pucerons s’y installent plutôt que sur le chou.
Associations à éviter : Radis, navet, roquette et moutarde sont des crucifères comme lui : les réunir, c’est installer la hernie du chou et les altises pour des années. La fraise supporte mal ce voisin très gourmand qui l’ombrage et lui prend l’eau. L’ail et l’oignon redoutent la fumure fraîche et copieuse dont le chou a besoin, et végètent à son pied.
Conseil : Tenez un plan de votre potager d’une année sur l’autre. La rotation de 4 à 5 ans est la seule vraie protection contre la hernie, et personne ne se rappelle en mai ce qui poussait là il y a 3 ans.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Chou pommé cultivé au potager en pleine terre, plein soleil, sol profond enrichi de compost, plants élevés en pépinière puis repiqués ; les choux d’hiver se sèment 1 à 2 mois plus tard.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | En mai : tous les 3 à 5 jours ; de juin à août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à octobre : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement plutôt que souvent, en maintenant la terre fraîche sans interruption. Une sécheresse suivie d’une grosse pluie fait éclater les pommes déjà formées, et la fente ne se referme pas. |
| Inspection parasitaire | De mai à septembre : tous les 3 à 7 jours | Retourner les feuilles une à deux fois par semaine et écraser les pontes avant l’éclosion des chenilles. Passé ce stade, seul le Bacillus thuringiensis agit encore, et uniquement sur de jeunes chenilles. |
| Compost, amendement | De mi-février à mi-avril | Incorporer un compost bien décomposé dans les quinze premiers centimètres, un mois avant la plantation. Le chou est l’un des légumes les plus gourmands du potager, mais une matière organique fraîche attire la mouche du chou. |
| Semis | De début mars à mi-juin | Semer clair en pépinière ou en terrine à 15-18 °C, en lignes distantes de 10 cm et à 1 cm de profondeur. Un semis serré donne des plants filés qui ne pomment jamais correctement. |
| Mise en place des plants | De début mai à mi-juillet | Repiquer 5 à 6 semaines après le semis, racines pralinées et plant enfoncé jusqu’aux premières feuilles pour qu’il s’enracine sur la tige. Serrés, les choux se font de l’ombre et donnent des pommes de la taille d’un poing. |
| Traitement préventif | De début mai à mi-septembre | Poser un voile anti-insectes sur arceaux le jour même de la plantation et une collerette de carton au pied de chaque plant. Le filet arrête la piéride et l’altise, la collerette empêche la mouche du chou de pondre au collet. |
| Paillage | En juin | Pailler quand la terre est réchauffée et bien humide, sans tasser la matière contre la tige. Le sol reste frais entre deux arrosages, ce qui est exactement ce que le chou demande pour pommer. |
| Engrais liquide | De début juin à mi-août | Apporter un engrais azoté ou un purin d’ortie dilué toutes les 2 semaines pendant la croissance des feuilles, puis cesser dès que la pomme se ferme. Un azote tardif donne une pomme lâche qui se conserve mal. |
| Correction du pH | D’octobre à décembre, tous les 3 ans | Chauler à l’automne la planche destinée aux choux, 3 mois au moins avant la fumure pour ne pas brûler l’azote du compost. Un sol tenu autour de pH 7 freine la hernie du chou, qui prospère en terre acide et qu’aucun traitement ne rattrape. |