Arbre fruitier · Rutacées
Mandarinier Citrus reticulata
Aussi appelé : Tangerinier, Mandarin orange
Le mandarinier est un agrume persistant originaire du sud de la Chine, cultivé pour ses fruits à peau fine qui se pèlent à la main en plein hiver. Il forme un arbre de 3 à 5 m en pleine terre dans le Midi ; ailleurs, il se garde en pot, où il atteint 1 à 2 m. Il demande le plein soleil, un substrat bien drainé, une eau peu calcaire et un hivernage au frais dans la pièce la plus lumineuse. Ses fleurs blanches au parfum de fleur d’oranger embaument le printemps ; en pot, il se rentre avant les premières gelées, ses racines n’ayant pas la protection de la pleine terre.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Rutacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -5 °C
- Floraison
- De mars à mai
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 9 à 11 : un sujet adulte en pleine terre supporte de brèves gelées vers -5 °C, mais un pot se rentre avant les premières gelées, ses racines étant bien plus exposées.
Dimensions : 1 à 2 m de haut en pot, et 3 à 5 m de haut et d’étalement en pleine terre dans le Midi.
Floraison : De fin mars à fin mai, des fleurs blanches cireuses en bouquets, au parfum intense de fleur d’oranger.
Substrat : Terreau pour agrumes, ou mélange de terreau, de terre de jardin et de sable, bien drainé, de pH 6 à 7.
Exposition : Plein soleil en été, et la pièce la plus lumineuse possible pendant l’hivernage.
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en plein été, tous les 4 à 7 jours au printemps et à l’automne, tous les 10 à 15 jours en hivernage au frais, avec une eau peu calcaire.
Durée de vie : Arbre fruitier persistant qui vit plusieurs décennies, souvent plus de 50 ans en pleine terre.
Multiplication : Marcottage aérien d’un rameau de mai à juillet, bien plus sûr chez le mandarinier que la bouture.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en plein été, tous les 4 à 7 jours au printemps et à l’automne, tous les 10 à 15 jours en hivernage au frais, dès que le terreau est sec sur 2 à 3 cm. Préférer l’eau de pluie, et ne jamais laisser d’eau dans la soucoupe.
Fertilisation : Un engrais liquide pour agrumes, avec fer et magnésium, toutes les 2 à 3 semaines de la mi-mars à septembre. Rien pendant l’hivernage.
Rempotage : Tous les 3 ans en mars, avant la reprise, dans un pot à peine plus large garni de billes d’argile et d’un terreau pour agrumes. Les autres années, remplacer au printemps les trois à cinq premiers centimètres de terreau.
Taille : Une taille légère en fin d’hiver, après la récolte, pour ôter le bois mort, les branches qui se croisent au centre et les pousses trop longues. Couper au ras tout rejet né sous le point de greffe, qui épuiserait l’arbre.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour en été, et le maximum de lumière en hiver. À la sortie, l’habituer 8 à 10 jours à la mi-ombre avant le plein soleil.
Emplacement : Dehors de mai à octobre, contre un mur au sud et à l’abri du vent, puis à l’intérieur dans un local lumineux entre 5 et 12 °C. La pleine terre ne se tente que sur le littoral méditerranéen et en Corse.
Substrat : Un terreau pour agrumes, ou un mélange de terreau, de terre de jardin et de sable grossier, sur un fond de billes d’argile.
pH : Légèrement acide à neutre, de 6 à 7 : au-delà, le fer se bloque et les feuilles jaunissent entre les nervures.
Drainage : Excellent drainage obligatoire, car des racines qui baignent pourrissent et font tomber les feuilles. Surélever le pot sur des cales et vider la soucoupe après chaque arrosage.
Multiplication
Marcottage aérien : de mai à juillet : sur un rameau de 1 cm de diamètre, ôter un anneau d’écorce de 1 cm, entourer de sphaigne humide sous un film plastique ligaturé, puis sevrer après 2 à 3 mois. Il réussit bien mieux que la bouture chez le mandarinier, et le plant fructifie aussitôt. Les mandariniers du commerce sont greffés.
Les autres méthodes
Bouturage : Difficile : de juin à août, rameaux semi-aoûtés de 10 à 15 cm, en terreau et perlite, à l’étouffée vers 25 °C, en lumière vive sans soleil direct, avec de l’hormone de bouturage, facultative mais utile ici. L’enracinement demande 8 à 10 semaines, avec une réussite faible.
Semis :
SemerPépins frais semés au printemps à l’intérieur, couverts de 1 cm, à 20 à 25 °C, pour une levée en 2 à 4 semaines. Beaucoup de mandarines donnent des plants proches de la mère, mais la fructification attend 6 à 8 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : le mandarinier se féconde le plus souvent seul ; certaines mandarines, comme la clémentine, restent toutefois sans pépins quand aucun autre agrume ne fleurit à côté. Prendre les pépins d’un fruit bien mûr, les rincer et les semer sans les laisser sécher. Ils perdent vite leur faculté germinative : quelques semaines au plus dans un papier humide au réfrigérateur.
Division et autres méthodes : La greffe en écusson, en été, demande de l’expérience.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La chlorose, feuilles jaunes aux nervures vertes, trahit un manque de fer dû à l’eau calcaire : un engrais pour agrumes riche en fer et l’eau de pluie la corrigent. La fumagine, dépôt noir sur les feuilles, se développe sur le miellat des cochenilles et disparaît avec elles. L’excès d’eau provoque la pourriture des racines et la gommose, un suintement de gomme à la base du tronc.
Parasites fréquents : Les cochenilles, plates et brunes ou cotonneuses, s’installent le long des nervures et des rameaux, surtout pendant l’hivernage ; on les retire au coton imbibé d’alcool ou on traite à l’huile blanche. Les pucerons déforment les jeunes pousses au printemps, et les araignées rouges ternissent le feuillage à l’abri quand l’air est sec. Dans le Midi surtout, la mineuse creuse des galeries argentées dans les jeunes feuilles en fin d’été.
Prévention : Hiverner au frais et à la lumière plutôt qu’au chaud, et inspecter les feuilles tous les 8 à 15 jours. Arroser à l’eau peu calcaire, vider les soucoupes et nourrir régulièrement pendant la pousse.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité notable : le fruit est comestible, et seule l’huile essentielle de l’écorce et des feuilles peut irriter une peau sensible.
Toxicité animaux : Comme les autres agrumes, feuilles, écorce et rameaux sont toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux, par leurs huiles essentielles et leurs psoralènes. La pulpe du fruit, elle, n’est pas dangereuse.
Symptômes : Chez l’animal, vomissements, diarrhée et abattement après ingestion de feuilles ou d’écorce, parfois une irritation de la peau. Chez l’homme, rougeurs ou démangeaisons après un contact prolongé avec l’écorce, sur une peau sensible.
Précautions : Empêcher chiens et chats de mâchonner feuilles et écorces tombées, surtout pendant l’hivernage dans la maison. Porter des gants pour une taille importante si l’on a la peau sensible.
Associations de plantes
Bonnes associations : Des capucines en pot voisin attirent les pucerons et les détournent des jeunes pousses. Le thym, le romarin ou la lavande en pots voisins aiment le même plein soleil et attirent pollinisateurs et insectes auxiliaires. Le citronnier ou le kumquat partagent son hivernage et ses soins, ce qui simplifie l’arrosage et la surveillance.
Associations à éviter : Les couvre-sols et les annuelles plantés dans son bac lui volent eau et engrais et gardent le collet humide. Un laurier-rose ou un hibiscus infestés de cochenilles ou d’aleurodes, hivernés à côté de lui, lui transmettent leurs parasites. En pleine terre, les grands arbres qui l’ombragent le privent de la lumière dont ses fruits ont besoin pour mûrir.
Conseil : Laisser la surface du bac nue ou couverte d’un paillis minéral, qui garde le collet sec et facilite le surfaçage de printemps.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en grand pot, dehors en plein soleil de mai à octobre puis hiverné dans un local lumineux et frais entre 5 et 12 °C, la pleine terre restant réservée au littoral méditerranéen et à la Corse.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 4 à 7 jours ; de juin à août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à octobre : tous les 4 à 7 jours ; de novembre à mars : tous les 10 à 15 jours | Arroser à fond dès que le terreau est sec sur 2 à 3 cm, sans jamais laisser la motte se dessécher entièrement ni rester détrempée. Une eau très calcaire, donnée tout l’été, finit par jaunir les feuilles entre les nervures. |
| Engrais liquide | De mi-mars à fin septembre : toutes les 2 à 3 semaines | L’ajouter à l’eau d’arrosage de la reprise de la végétation à la fin de l’été, puis plus rien pendant l’hivernage. En pot, le terreau s’épuise vite et les carences se lisent aussitôt sur des feuilles pâles. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : toutes les 1 à 2 semaines | Chercher les cochenilles plates ou cotonneuses surtout pendant l’hivernage, les pucerons sur les pousses de printemps et, dans le Midi, les galeries argentées de la mineuse sur les jeunes feuilles en fin d’été. Des feuilles collantes ou noircies de fumagine signalent des cochenilles au-dessus. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe un quart d’heure après l’arrosage : des racines qui baignent pourrissent, et le feuillage jaunit puis tombe, surtout en hiver au frais. |
| Taille de structure | De mi-février à fin mars | Supprimer le bois mort et les branches qui se croisent au centre, raccourcir les pousses trop longues, et couper au ras tout rejet né sous le point de greffe. Une taille sévère se paie d’une saison sans fleurs ni fruits. |
| Rempotage | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Rempoter à la sortie de l’hiver, avant la pousse, dans un pot de quelques centimètres plus large seulement : un pot trop grand reste humide au centre et fait pourrir les racines. |
| Surfaçage | De début mars à mi-avril | Gratter les trois à cinq premiers centimètres de terreau et les remplacer par du terreau neuf pour agrumes : c’est le seul apport de substrat frais d’un sujet qui reste plusieurs années dans le même bac. |
| Floraison | De mi-mars à fin mai | Garder un arrosage régulier pendant la floraison et la formation des fruits : un coup de sec fait tomber fleurs et jeunes fruits, dont une partie chute de toute façon naturellement au début de l’été. |
| Sortie au printemps | De mi-avril à fin mai | Installer d’abord le pot 8 à 10 jours à mi-ombre : après l’hiver sous abri, le feuillage brûle au premier soleil franc. |
| Rentrée à l'automne | De mi-octobre à fin novembre | Une véranda non chauffée ou une serre froide conviennent : au chaud et dans la pénombre, le mandarinier perd ses feuilles et se couvre de cochenilles. |
| Fructification, récolte | De novembre à février | Les fruits mûrissent pendant l’hivernage, de novembre à février selon les variétés, et ne progressent plus une fois cueillis : en goûter un avant de récolter les autres. |