Arbuste · Cornacées
Cornouiller blanc Cornus alba
Aussi appelé : Cornouiller de Sibérie, Cornouiller à bois rouge, Red-barked dogwood
Le cornouiller blanc est un arbuste caduc de Sibérie et du nord de la Chine, cultivé moins pour ses fleurs crème de mai que pour ses jeunes rameaux rouge vif, qui colorent le jardin tout l’hiver. Il forme une touffe de 2 à 3 m de haut et autant de large, moitié moins si on la recèpe chaque hiver. Il s’accommode de toute terre restant fraîche, même lourde ou calcaire, et ne craint aucun froid en France. Pour garder un bois bien coloré, il lui faut le plein soleil et le recépage régulier d’une partie des branches.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Cornacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 2 à 8 : l’arbuste supporte -30 °C sans le moindre dommage. Aucune protection n’est nécessaire en France métropolitaine.
Dimensions : 2 à 3 m de hauteur pour autant d’étalement en 5 ans, moitié moins si la touffe est recépée chaque hiver.
Floraison : de mai à début juin, petits corymbes blanc crème sans grand éclat, suivis de baies blanc bleuté en fin d’été ; l’arbuste se cultive surtout pour ses rameaux rouges en hiver.
Substrat : Tout sol ordinaire restant frais, y compris lourd ou calcaire, pH de 5,5 à 7,5.
Exposition : Plein soleil pour la couleur du bois, mi-ombre acceptée en région chaude.
Arrosage : Sol frais exigé les deux premières années ; ensuite, seules les sécheresses prolongées demandent un apport.
Durée de vie : Arbuste vivace, 25 à 40 ans. Le recépage d’une partie des branches chaque hiver entretient les jeunes pousses colorées.
Multiplication : Bouturage de tronçons de bois de 20 cm de novembre à février, enfoncés en pleine terre, ou marcottage des branches basses.
Arrosage & entretien
Arrosage : Un arrosage copieux tous les 7 à 10 jours d’avril à septembre pendant l’installation, puis plus rien sauf canicule. En bac, la motte ne doit jamais sécher complètement.
Fertilisation : Une pelletée de compost mûr griffée au pied en fin d’hiver couvre les besoins de l’année. Le recépage annuel justifie cet apport, un engrais minéral n’ajouterait rien.
Rempotage : En pleine terre, planter de l’automne au début du printemps, hors période de gel. En bac, rempoter tous les 3 ans en mars, dans un contenant d’au moins 50 L.
Taille : Recéper les tiges à 20 cm du sol en février ou début mars, avant le débourrement. Seul le bois de l’année est franchement rouge, et une touffe jamais taillée grisaille en 3 ans.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au moins : c’est la lumière qui fixe l’intensité du rouge sur l’écorce. La mi-ombre est tolérée mais donne un bois plus terne.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en isolé, en haie libre ou en bord de bassin. Une place visible depuis la maison tire le meilleur parti d’un arbuste qui se regarde en hiver.
Substrat : Sol ordinaire, même argileux, à condition qu’il reste frais ; l’arbuste réussit dans les terres humides où beaucoup d’autres échouent.
pH : De 5,5 à 7,5, acide à légèrement calcaire, sans exigence particulière.
Drainage : Peu exigeant, c’est même l’un des rares arbustes à tolérer un sol temporairement détrempé. Seul un engorgement permanent en été finit par l’affaiblir.
Multiplication
Bouturage : de novembre à février, hors période de gel, prélever sur les rameaux de l’année des tronçons ligneux de 20 cm, coupés sous un œil. Les enfoncer aux trois quarts dans la terre du jardin ou dans un mélange de terreau et de sable, dehors, à l’abri des vents froids. Ils s’enracinent au printemps suivant et se transplantent à l’automne. Le bouturage de bois sec de novembre à février, directement dehors en pleine terre, est la méthode la plus simple et réussit presque systématiquement. C’est aussi celle qui reproduit fidèlement ses cultivars à bois coloré ou à feuillage panaché, comme le marcottage.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPossible mais peu utile : semer les noyaux dehors en terrine dès la récolte en automne, à 1 cm de profondeur, l’hiver se chargeant du passage au froid ; la levée se fait au printemps, parfois le suivant. Les graines ne reproduisent pas les cultivars.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les insectes le fécondent, mais plusieurs pieds proches donnent davantage de baies. Les baies blanc bleuté mûrissent en septembre et octobre ; on les récolte bien colorées, avant les oiseaux. Les noyaux dépulpés se sèment frais, sans les laisser sécher, sinon ils mettent une année de plus à lever.
Division et autres méthodes : Marcottage par couchage : les rameaux qui touchent le sol s’enracinent d’eux-mêmes ; en mars, en coucher un dans une rigole de 10 cm, le fixer d’un crochet et le recouvrir de terre en laissant sortir l’extrémité, puis le sevrer l’hiver suivant. Une vieille touffe se divise aussi à la bêche en fin d’hiver, chaque éclat gardant des racines et quelques tiges.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’anthracnose tache les feuilles de brun cerclé de pourpre par printemps humide, et l’oïdium les couvre d’un feutre blanc en fin d’été. Aucune des deux ne met l’arbuste en danger. Le recépage annuel et le ramassage des feuilles tombées suffisent presque toujours à en venir à bout.
Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les jeunes pousses au printemps et se reconnaissent aux feuilles qui s’enroulent. Des cochenilles peuvent s’installer sur les vieilles tiges jamais taillées. Un jet d’eau puissant ou un brossage des tiges en vient le plus souvent à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Le recépage annuel est la meilleure prévention : il renouvelle entièrement le bois et aère la touffe. Éviter d’arroser sur le feuillage et espacer les sujets d’au moins 1 m cinquante en haie libre.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible : les baies blanches ne sont pas comestibles et peuvent provoquer des troubles digestifs si l’on en mange plusieurs. Le feuillage et l’écorce ne présentent aucun risque.
Toxicité animaux : Le genre Cornus n’est pas répertorié comme toxique pour le chien, le chat ni le cheval. L’ingestion de baies reste susceptible de provoquer un trouble digestif passager.
Symptômes : Nausées, vomissements ou diarrhée après ingestion d’une quantité notable de fruits. Aucun effet cutané n’est décrit au contact des tiges ou des feuilles.
Précautions : Apprendre aux enfants que ces baies blanches ne se mangent pas, leur aspect les y invitant. Ramasser les fruits tombés dans un jardin fréquenté par de jeunes enfants.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les saules à bois coloré et les cornouillers à bois jaune composent avec lui un tableau d’hiver que rien d’autre ne donne à cette saison. Les graminées comme les miscanthus prennent le relais visuel en automne. Les bulbes de printemps occupent le pied pendant que la touffe recépée est encore nue.
Associations à éviter : Les végétaux à racines traçantes, bambous non cespiteux en tête, prennent le dessus sur sa souche drageonnante. Les plantes de rocaille exigeant un sol sec ne supporteront pas la fraîcheur qu’il réclame. Les grands conifères persistants le priveraient de la lumière dont dépend la couleur du bois.
Conseil : Planter par groupes de trois sujets identiques plutôt qu’en pieds isolés dispersés : l’effet de masse en hiver est sans commune mesure. Le recépage se fait alors d’un seul geste, sur toute la touffe.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste de pleine terre, en sol ordinaire restant frais, dans un jardin de plaine.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à septembre : tous les 7 à 10 jours ; d’octobre à avril : tous les 20 à 30 jours | Le cornouiller blanc aime les sols frais et souffre des sécheresses prolongées. Un sujet installé depuis 3 ans se passe d’arrosage, sauf canicule. |
| Inspection parasitaire | De mai à septembre : tous les 14 à 21 jours | Surveiller les pucerons sur les jeunes pousses et les taches brunes de l’anthracnose par temps humide. Une touffe aérée par le recépage attrape beaucoup moins. |
| Rabattage | De mi-février à fin mars | Recéper les tiges à 20 cm du sol. Seul le bois de l’année prend cette couleur rouge vif, et une touffe jamais rabattue grisaille en 3 ans. |
| Compost, amendement | En mars | Griffer une pelletée de compost mûr en surface, au pied de la touffe. Le recépage annuel puise dans les réserves, et ce seul apport y suffit. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Étaler 5 cm d’écorces ou de compost au pied, sans toucher les tiges. Le paillage garde la fraîcheur que cet arbuste réclame tout l’été. |
| Floraison | De début mai à mi-juin | Petits corymbes blancs sans grand éclat, suivis de baies blanc bleuté en fin d’été. On ne les supprime pas, les oiseaux s’en chargent. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à fin novembre | Ramasser les feuilles tombées au pied si des taches sont apparues dans l’année. Les spores d’anthracnose passent l’hiver dans la litière. |
| Bouturage | De début novembre à mi-février | Prélever des tronçons de 20 cm et les enfoncer aux trois quarts en terre, à l’abri des vents froids. La reprise est presque systématique au printemps suivant. |
Cultivars connus
Cornus alba 'Elegantissima', Cornus alba 'Gouchaultii', Cornus alba 'Miracle', Cornus alba 'Sibirica Variegata', Cornus alba 'Sibirica'. Leur entretien est celui de l’espèce, sauf mention contraire dans les conseils ci-dessus.