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Arbuste · Cornacées

Cornouiller mâle Cornus mas

Aussi appelé : Cornouiller jaune, Cornillier, Cornier, Cornelian cherry

Le cornouiller mâle est un grand arbuste caduc d’Europe centrale et méridionale qui se couvre dès février, sur le bois nu, de petits pompons jaune d’or, précieux pour les abeilles en sortie d’hiver. Il pousse lentement jusqu’à 4 à 6 m et donne ensuite des fruits rouges comestibles, les cornouilles. Il se plaît dans tout sol profond et drainé, même argileux ou franchement calcaire, et se passe d’arrosage une fois installé. Il lui faut le plein soleil pour bien fructifier, et de la patience : un sujet semé ne produit que vers 5 à 8 ans.

Cornouiller mâle (Cornus mas)
Photo : Johann Georg Sturm (Painter: Jacob Sturm), Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Cornacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-25 °C
Floraison
De février à mars
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Parmi les plus rustiques des arbustes de jardin, zones USDA 4 à 8, soit -25 à -30 °C sur sujet installé. Ses fleurs de février tiennent encore à -5 ou -7 °C, ce qui lui vaut de fructifier même après un hiver rude.

Dimensions : 4 à 6 m de haut, jusqu’à 8 m sur un vieux sujet, pour 3 à 5 m d’étalement. La croissance est lente, 20 à 30 cm par an, et la silhouette met une quinzaine d’années à se former.

Floraison : De février à fin mars, sur le bois nu, une profusion de petits pompons jaune d’or au parfum léger, très précieux pour les abeilles en sortie d’hiver.

Substrat : Tout sol de jardin profond, même argileux ou franchement calcaire, frais mais drainé. pH de 6,0 à 8,0, avec une aisance particulière en terrain calcaire.

Exposition : Plein soleil pour une vraie récolte de fruits, 6 heures au moins. Il accepte la mi-ombre légère, où il fleurit bien mais fructifie deux fois moins.

Arrosage : 15 à 20 L tous les 7 à 10 jours en juillet et août, pendant les trois premières années. Ensuite il est autonome et ne réclame plus rien, sauf sécheresse exceptionnelle.

Durée de vie : Arbuste ou petit arbre caduc, exceptionnellement longévif : on cite couramment 100 à 200 ans. Il entre en production vers 5 à 8 ans de semis, 3 ou 4 ans sur un plant greffé ou marcotté.

Multiplication : Marcottage par couchage d’une branche souple en mars et avril, sevrée au printemps suivant ; le semis demande deux hivers.

Arrosage & entretien

Arrosage : 15 à 20 L en cuvette tous les 10 à 12 jours de fin mai à juin, tous les 7 à 10 jours en juillet et août, les trois premières années seulement. Passé ce délai, son enracinement profond lui fait traverser les étés secs sans le moindre apport.

Fertilisation : Deux seaux de compost mûr étalés sous le houppier en mars, une année sur deux, sans enfouir. Éviter tout engrais azoté, qui fait du bois au détriment des glomérules floraux de février.

Rempotage : Sa taille adulte le rend peu adapté au pot ; en bac de 100 litres minimum, renouveler les dix premiers centimètres de substrat chaque printemps et rempoter tous les 3 à 4 ans en mars. En pleine terre, le transplanter passé 4 ans est une mauvaise idée, son enracinement pivotant supportant mal l’arrachage.

Taille : Fin mars ou avril, juste après la floraison, pour ne sacrifier ni les fleurs ni les fruits qui en découlent. S’en tenir au bois mort et à un éclaircissage léger, car avec 20 à 30 cm de pousse par an une erreur met 5 ans à se rattraper.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 heures et plus, pour des fruits nombreux et sucrés. La mi-ombre légère lui convient également, mais divise la récolte.

Emplacement : Extérieur en pleine terre, en isolé, en haie libre ou en lisière, sans protection d’aucune sorte. Toutes les orientations conviennent, et il encaisse le vent comme l’air des villes mieux que la plupart des fruitiers.

Substrat : Terre de jardin profonde, y compris lourde ou caillouteuse, enrichie d’un peu de compost à la plantation. Une fois installé, il n’attend aucun substrat particulier.

pH : De 6,0 à 8,0. Le calcaire ne le gêne pas du tout, contrairement aux cornouillers à fleurs qui y jaunissent.

Drainage : Un drainage correct suffit : il tolère la fraîcheur et les sols un peu lourds nettement mieux qu’un cotonéaster. Seule une eau stagnante permanente, en fond de cuvette argileuse, lui est fatale.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : en mars ou avril, dehors, coucher une jeune branche souple dans une rigole de 15 cm, entailler légèrement l’écorce au point enterré, la fixer d’un crochet et recouvrir de terre en laissant sortir l’extrémité. La sevrer au printemps suivant. Le marcottage par couchage en mars et avril est la voie la plus sûre pour reproduire un pied à gros fruits, et réussit dans la plupart des cas. La marcotte, enracinée en un an, fructifie dès 3 ou 4 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Il réussit mal sur cette espèce. Pour essayer, prélever en juin ou juillet des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous abri, à l’étouffée et à l’ombre, avec une hormone de bouturage facultative ; l’enracinement prend 8 à 10 semaines quand il se fait.

Semis :

SemerSemer les noyaux dépulpés dès la récolte à l’automne, dehors en terrine ou en pleine terre, à 2 cm de profondeur. Ils réclament deux hivers de froid et ne lèvent qu’au deuxième printemps ; les plants ne fructifient qu’à 5 à 8 ans. Les graines reproduisent l’espèce, pas les qualités d’un pied à gros fruits.

Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : l’arbuste se féconde mal lui-même, et un pied isolé fructifie peu. Les cornouilles sont mûres en août et septembre, quand elles virent au rouge sombre et tombent d’elles-mêmes ; on en retire les noyaux, à semer frais sans les laisser sécher. Un second pied à proximité, d’une autre origine, et les abeilles de février assurent une bonne fructification.

Division et autres méthodes : Les variétés fruitières se greffent en écusson en août sur un jeune semis de cornouiller mâle.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Il est remarquablement sain. L’anthracnose qui ravage les cornouillers à fleurs américains, Cornus florida en tête, ne l’atteint pratiquement pas, et c’est l’une de ses grandes qualités. Tout au plus un oïdium en fin d’été humide ou quelques taches foliaires sans gravité, qui n’appellent aucun traitement.

Parasites fréquents : Les pucerons s’installent parfois sur les jeunes pousses en avril, sans conséquence pour un sujet établi. Les cochenilles forment des écailles brunes sur le vieux bois des arbustes âgés ou mal aérés. En bac, l’otiorhynque découpe les feuilles en demi-lunes et ses larves rongent les racines : c’est le seul vrai problème rencontré sur cette espèce.

Prévention : Aérer légèrement le centre du houppier tous les 3 ou 4 ans, juste après la floraison. Ramasser les feuilles tachées à l’automne plutôt que de les laisser au pied. Arroser au sol et jamais sur le feuillage, ce qui écarte l’essentiel.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune. Les fruits, appelés cornouilles, sont comestibles et consommés de longue date en gelées, sirops, chutneys et liqueurs ; leur acidité avant complète maturité est un désagrément gustatif, pas une toxicité.

Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat et le cheval. Un chien qui croque des fruits tombés ne risque rien, hors l’encombrement digestif que donneraient plusieurs gros noyaux avalés.

Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit pour cette espèce. Une consommation importante de fruits encore verts se montre simplement astringente et constipante, ce qui se règle en attendant qu’ils blettissent.

Précautions : Attendre que les fruits se détachent seuls, moment où ils sont à la fois sûrs et bons. Ne pas le confondre avec le cornouiller sanguin, Cornus sanguinea, aux fruits noirs, amers et purgatifs, qui fleurit en mai et non en février.

Associations de plantes

Bonnes associations : Un second cornouiller mâle d’une autre origine, à une dizaine de mètres au plus : l’espèce est autofertile, mais la pollinisation croisée double facilement la récolte. Le noisetier et le prunellier dans une haie libre, qui partagent ses exigences et étalent les floraisons de janvier à avril. Les bulbes précoces au pied, perce-neige et crocus, qui profitent de la lumière avant la feuillaison et prolongent la ressource pour les abeilles.

Associations à éviter : Les grands arbres à racines traçantes, érable, bouleau, peuplier, qui lui prennent l’eau et la lumière d’été et freinent une croissance déjà lente. Les massifs arrosés quotidiennement, qui entretiennent une humidité permanente autour de son collet. Une haie de conifères taillée juste au sud, qui lui volerait le soleil rasant dont dépend sa floraison de février.

Conseil : Garder sous le houppier une bande d’herbe fauchée court, ou étendre une toile au moment de la récolte. Les cornouilles mûres tombent toutes en quelques jours à la mi-septembre et se perdent dans l’herbe haute avant qu’on ait le temps d’y revenir.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet en pleine terre, en isolé ou en haie libre, dans un sol de jardin profond même argileux ou calcaire, au soleil ou à mi-ombre légère ; les arrosages ne concernent que les trois premières années.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mi-mai à fin juin : tous les 10 à 12 jours ; de juillet à août : tous les 7 à 10 jours Le cornouiller mâle pousse lentement et met 3 ans à s’installer ; c’est pendant cette période qu’un été sec le fait décrocher. Ensuite son enracinement profond lui fait traverser les étés seul, sauf sécheresse exceptionnelle.15 à 20 L en cuvette, les trois premières années seulement
Inspection parasitaireUtile De mai à août : tous les 15 à 20 jours Une inspection espacée suffit, car contrairement aux cornouillers à fleurs américains le Cornus mas n’est pratiquement pas touché par l’anthracnose. Pucerons de printemps et cochenilles du vieux bois sont ses seuls visiteurs réguliers.jeunes pousses au printemps, vieux bois pour les cochenilles
Bois mort et feuilles abîméesUtile De janvier à décembreDès que : dès qu’un rameau reste sec et sans bourgeon au débourrement du printemps Sur un arbuste aussi sain, un rameau mort vient presque toujours d’une concurrence à l’intérieur d’un houppier trop dense, pas d’une maladie. Le supprimer rend de la lumière aux ramifications qui porteront les fleurs.coupe nette au ras du départ, sans laisser de chicot
FloraisonUtile De février à mars La floraison de février, quand presque rien d’autre ne fleurit, est la première ressource de nectar et de pollen de l’année pour les abeilles sorties d’hivernage. Elle encaisse -5 à -7 °C sans être détruite, ce qui explique qu’il fructifie même après un hiver rude.glomérules jaune d’or sur bois nu, avant toute feuille
Compost, amendementOptionnel En mars, tous les 2 ans Un compost mûr une année sur deux suffit largement à ce fruitier peu exigeant. Éviter tout engrais azoté, qui fait pousser du bois au détriment des glomérules floraux de février.deux seaux étalés sous le houppier, sans enfouir
Taille après floraisonUtile De mi-mars à fin avril Intervenir juste après la floraison pour ne sacrifier ni les fleurs de l’année ni les fruits qui en découlent. Avec 20 à 30 cm de pousse par an, une taille trop franche met 5 ans à se rattraper.éclaircissage léger du centre seulement, jamais de rabattage sévère
MarcottageOptionnel De mi-mars à fin avril, tous les 2 ans Le marcottage par couchage est la voie la plus sûre pour reproduire un pied à gros fruits, le semis réclamant deux hivers de stratification avant de lever. Le bouturage, lui, réussit mal sur cette espèce.rameau bas couché, blessé et buté, sevré au bout de 12 à 18 mois
PaillageUtile De début avril à mi-mai Pailler avant les chaleurs pour garder le sol frais pendant les 3 années d’installation, période où un été sec peut faire décrocher un jeune sujet. Le paillis se retire du pied de l’arbuste sur une dizaine de centimètres.7 cm de broyat ou de feuilles mortes, en couronne dégagée du tronc
Fructification, récolteUtile De mi-août à mi-octobre Récolter quand les fruits se détachent au moindre choc, mi-septembre en général : avant blettissement ils sont acides et astringents. Étendre une toile sous l’arbuste évite de les perdre dans l’herbe, car ils tombent tous en quelques jours.cornouilles rouge sombre, cueillies blettes ou ramassées au sol

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