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Légume · Cucurbitacées

Potiron Cucurbita maxima

Aussi appelé : Citrouille, Potimarron, Giraumon, Courge d’hiver, Winter squash

Le potiron est une grosse courge originaire d’Amérique du Sud, cultivée chez nous en annuelle pour ses fruits de garde, de 3 à 15 kg selon la variété. Ses tiges courent sur 3 à 5 m et chaque pied occupe 4 à 6 m², ce qui le réserve aux potagers spacieux. Il réclame surtout du soleil, une terre très riche en compost et des arrosages copieux au pied en été. À l’ombre ou dans un été trop court, ses fruits mûrissent rarement avant les gelées.

Potiron (Cucurbita maxima)
Photo : Janeznovak, CC BY 2.5, via Wikimedia Commons
Type
Légume
Famille
Cucurbitacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
0 °C
Floraison
De juin à septembre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Aucune, c’est une annuelle gélive que -1 °C détruit en une nuit. Elle se cultive en annuelle partout, des zones USDA 3 à 11, et cesse simplement de pousser en dessous de 12 °C.

Dimensions : Tiges coureuses de 3 à 5 m, feuillage de 50 à 60 cm de haut. Compter 4 à 6 m² de sol par pied, et des fruits de 3 à 15 kg selon la variété.

Floraison : De juin à septembre, de grandes fleurs en trompette jaune orangé, comestibles, sans parfum notable ; les mâles s’ouvrent avant les femelles qui portent le futur fruit.

Substrat : Terre profonde, meuble, fraîche et très riche en matière organique, pH 6 à 7. Elle réclame plus de compost que n’importe quel autre légume du potager.

Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour au minimum. À mi-ombre les fleurs nouent mal et les fruits mûrissent rarement avant les gelées.

Arrosage : 10 à 15 litres par pied tous les 2 à 3 jours en juillet et août, au pied et jamais sur les feuilles. On espace nettement en septembre pour la conservation.

Durée de vie : Annuelle stricte, un cycle de 4 à 5 mois, du semis d’avril à la récolte de septembre. Elle meurt avec la première gelée et se ressème chaque année.

Multiplication : Semis en godets sous abri chauffé en avril, ou en place à partir de la mi-mai dans un sol au-dessus de 15 °C.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 3 à 4 jours en mai et juin, tous les 2 à 3 jours en juillet et août, puis tous les 10 jours environ à partir de septembre. Arroser le matin, au goulot et au pied : une feuille mouillée le soir attrape l’oïdium.

Fertilisation : Deux à trois pelletées de compost mûr au fond du trou de plantation, ce qui couvre l’essentiel du cycle. À partir de juillet, un engrais liquide riche en potasse tous les 15 jours pendant que les fruits grossissent.

Rempotage : Sans objet en pleine terre. En bac, il faut au moins 50 litres et un substrat entièrement renouvelé chaque année, la plante épuisant son volume en une seule saison.

Taille : Facultative, mais utile au nord de la Loire : pincer chaque tige deux feuilles après le dernier fruit conservé, et se limiter à deux ou trois fruits par pied. Supprimer les fruits noués après la mi-août, qui n’auront pas le temps de mûrir.

Exposition & substrat

Exposition : 6 à 8 heures de soleil direct, davantage au nord de la Loire. C’est la durée d’ensoleillement qui décide de la taille des fruits.

Emplacement : Extérieur uniquement, au potager, orientation sud ou sud-ouest, à l’abri des vents froids qui déchirent les grandes feuilles. Prévoir 4 m² de sol libre par pied, ou un coin où les tiges peuvent courir sans gêner.

Substrat : Terre de jardin profonde, enrichie de compost ou de fumier bien décomposé, gardant la fraîcheur. Un vieux tas de compost de l’année précédente lui convient à merveille.

pH : 6 à 7, légèrement acide à neutre. Elle tolère jusqu’à 7,5 sans souffrir visiblement.

Drainage : Sol frais mais drainant. Le collet doit rester sec : c’est là que s’installe la pourriture quand on arrose en pluie sur la couronne de feuilles.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : en avril, à l’intérieur ou sous abri chauffé, semer 2 graines par godet de 10 cm, à 2 à 3 cm de profondeur, la pointe vers le bas, à 18 à 25 °C : la levée prend 6 à 10 jours. Dehors, semer en place à partir de la mi-mai jusqu’à fin mai, 3 graines par poquet, quand le sol dépasse 15 °C, sinon la graine pourrit. Les variétés non hybrides se reproduisent si aucune autre courge de la même espèce (potimarron, giraumon) n’a fleuri à proximité. Le semis, en godets sous abri chauffé en avril ou directement en place à partir de la mi-mai, est la seule méthode et réussit presque toujours dans un sol bien réchauffé. Le semis sous abri fait gagner 6 semaines.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles, que les abeilles fécondent. Prendre les graines d’un potiron récolté bien mûr, en septembre ou octobre, et laissé encore quelques semaines au sec ; les rincer et les sécher à l’ombre. Les abeilles croisent les potirons avec potimarrons et giraumons voisins : pour une variété pure, fermer la veille une fleur femelle et une fleur mâle, les féconder soi-même le matin, puis refermer la femelle. Au sec et au frais, les graines restent bonnes 5 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Il ne se bouture pas en pratique.

Division et autres méthodes : Aucune : c’est une annuelle qui meurt à la première gelée.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’oïdium couvre les feuilles d’un feutrage blanc dès juillet et abrège la saison ; traiter en préventif à la prêle ou au soufre mouillable et supprimer les feuilles atteintes. Le mildiou marque le feuillage de plages brunes par temps humide. La pourriture du collet suit un arrosage en pluie ou un sol détrempé et ne se rattrape pas.

Parasites fréquents : Les limaces dévorent les jeunes plants en mai, souvent en une seule nuit, et c’est le seul moment vraiment risqué. Les pucerons noirs colonisent le revers des feuilles et les extrémités de tiges. L’araignée rouge apparaît en été sec, repérable à la fine toile sous un feuillage décoloré.

Prévention : Arroser au pied le matin, espacer les pieds d’au moins 1,5 m pour que l’air circule, et ne pas replanter de cucurbitacée au même endroit avant 4 ans. Protéger les jeunes plants pendant leurs trois premières semaines. Ramasser tout le feuillage à l’automne, l’oïdium y passe l’hiver.

Toxicité

Toxicité humaine : La chair et les graines d’un potiron de variété cultivée sont comestibles et sans danger. Le vrai risque vient des fruits amers : un potiron issu d’un semis spontané, ou d’une fleur pollinisée par une coloquinte voisine, peut concentrer des cucurbitacines réellement toxiques.

Toxicité animaux : Non toxique pour le chien, le chat, le cheval et les rongeurs domestiques. La chair cuite est même couramment donnée aux chiens pour son effet sur le transit.

Symptômes : Un fruit à cucurbitacines se signale par une amertume violente dès la première bouchée, suivie de vomissements et d’une diarrhée abondante dans les heures qui suivent. Aucune toxicité par contact, même si les poils raides des tiges irritent un peu les avant-bras.

Précautions : Goûter un petit morceau cru avant de cuisiner un potiron dont on ne connaît pas l’origine, et jeter le fruit entier s’il est amer : la cuisson ne détruit pas les cucurbitacines. Ne jamais ressemer les graines d’un potiron récolté au jardin si des courges d’ornement poussaient à proximité.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le maïs et le haricot grimpant forment avec lui le trio des trois sœurs : le maïs sert de tuteur, le haricot fixe l’azote, le potiron couvre le sol et étouffe les adventices. La capucine détourne les pucerons noirs de son feuillage. La bourrache attire les abeilles, indispensables ici puisque chaque fruit demande qu’une fleur femelle soit fécondée par une fleur mâle.

Associations à éviter : La pomme de terre a exactement les mêmes besoins en eau et en azote, et les deux se concurrencent durement. Les autres cucurbitacées, courgette et concombre en tête, se transmettent l’oïdium de proche en proche. Le fenouil freine la croissance de presque tous ses voisins de potager.

Conseil : Semer deux pieds plutôt qu’un et n’en garder qu’un si les deux réussissent. Un semis de potiron rate plus souvent qu’on ne le croit, et fin juin il est trop tard pour recommencer.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Pied en pleine terre au potager, installé dans un trou garni de compost, en plein soleil et à l’abri des vents froids, sous climat tempéré français.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mi-mai à fin juin : tous les 3 à 4 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 3 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 8 à 12 jours Arroser copieusement au pied le matin, puis espacer nettement à partir de septembre pour que les fruits mûrissent et se conservent. Une feuille mouillée le soir attrape l’oïdium en 3 jours de temps lourd.10 à 15 litres par pied en plein été, au goulot, jamais sur le feuillage
SemisEssentiel D’avril à mai Semer sous abri chauffé en avril pour gagner 6 semaines, ou directement en place à partir de la mi-mai. En dessous de 15 °C la graine pourrit au lieu de lever.trois graines par godet de 10 cm, posées sur la tranche, à 20 °C
Compost, amendementEssentiel D’avril à mai Enrichir largement le trou de plantation avant d’y installer le plant. C’est le légume le plus gourmand du potager : il doit fabriquer plusieurs kilos de fruits en 4 mois.deux à trois pelletées de compost mûr ou de fumier décomposé au fond du trou
Mise en place des plantsEssentiel De mi-mai à mi-juin Mettre les plants au potager après les saints de Glace, quand plus aucune gelée n’est à craindre. Un potiron touché par -1 °C ne repart jamais.un pied tous les 1,5 à 2 m, collet légèrement surélevé
PaillageUtile En juin Pailler dès que les tiges commencent à courir, pour garder la terre fraîche et espacer les arrosages. Glisser un support sous chaque fruit dès qu’il atteint la taille d’un poing, sinon il pourrit par en dessous.paille épaisse au sol, et une tuile ou une planchette sous chaque fruit
PincementOptionnel De mi-juin à mi-août Pincer la tige au-delà du fruit retenu pour concentrer la sève sur un petit nombre de potirons. Sans pincement la plante en noue davantage, tous plus petits et mûrs plus tard.deux feuilles après le dernier fruit conservé, deux ou trois fruits par pied
Traitement préventifUtile De mi-juin à fin août Traiter en préventif contre l’oïdium dès que les nuits fraîchissent en été, avant l’apparition du moindre feutrage blanc. Une fois les feuilles couvertes, aucun traitement ne les rend au vert.décoction de prêle ou soufre mouillable, tous les 10 à 15 jours
Engrais liquideUtile De juillet à août Apporter de la potasse pendant que les fruits grossissent, et pas avant. Un excès d’azote donne des mètres de tiges et des potirons qui restent petits.engrais riche en potasse, type tomate, tous les 15 jours
Fructification, récolteEssentiel De septembre à octobre Récolter avant la première gelée, en gardant quelques centimètres de pédoncule attachés au fruit. Un potiron cueilli trop tôt, ou sans son pédoncule, ne passe pas l’hiver au sec.pédoncule sec et liégeux, écorce qui résiste à l’ongle

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