Légume · Cucurbitacées
Courge musquée Cucurbita moschata
Aussi appelé : Courge butternut, Doubeurre, Courge muscade, Butternut squash
La courge musquée, dont la butternut est la forme la plus connue, vient d’Amérique tropicale et se cultive chez nous en annuelle pour sa chair orange et sucrée. Haute de 40 à 60 cm, elle s’étale sur 2 à 4 m par pied, sauf les variétés buissonnantes qui se contentent d’environ 1,50 m. Elle exige un plein soleil strict, une terre très riche et un long été, son cycle durant 5 à 6 mois. Elle réussit mieux dans les régions chaudes ; à mi-ombre ou après un été frais, ses fruits ne mûrissent pas.
- Type
- Légume
- Famille
- Cucurbitacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 1 °C
- Floraison
- De juillet à septembre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Aucune. Annuelle gélive détruite dès 0 °C, dont la croissance s’arrête déjà sous 10 °C ; elle se cultive en annuelle partout, des zones USDA 3 à 11.
Dimensions : 40 à 60 cm de haut mais 2 à 4 m d’étalement par pied ; compter 1 à 2 m² au sol par plante. Les variétés dites buissonnantes se contentent d’environ 1,50 m.
Floraison : De juillet à septembre, de grandes fleurs en trompette jaune orangé, comestibles, sans parfum notable ; les femelles portent à leur base l’ébauche de la courge.
Substrat : Terre profonde, meuble, très riche en matière organique, fraîche et drainée. Deux à trois seaux de compost ou de fumier décomposé par pied.
Exposition : Plein soleil strict, 7 à 8 heures directes ; à mi-ombre les fruits nouent mal et ne mûrissent pas.
Arrosage : 15 à 20 L par pied et par semaine en juillet et août, en deux ou trois passages au pied. On espace en septembre pour concentrer les sucres.
Durée de vie : Annuelle, 5 à 6 mois du semis à la récolte. Le fruit, lui, se conserve 6 à 10 mois vers 15 °C.
Multiplication : Semis en godets sous abri en avril, 6 semaines avant une mise en place de mi-mai à début juin.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 3 à 4 jours après la mise en place, tous les 2 à 3 jours en pleine chaleur, toujours au pied et jamais sur le feuillage. On passe à 8 ou 10 jours en septembre, puis on arrête 2 semaines avant la récolte.
Fertilisation : Fumure de fond généreuse au printemps, puis engrais liquide riche en potasse tous les 15 jours dès la nouaison. Éviter l’azote après juin, qui donne de la feuille et une courge aqueuse.
Rempotage : Sans objet, la plante passe du godet à sa place définitive à la mi-mai. En bac, il faut au moins 50 L de terreau par pied et un arrosage quotidien.
Taille : Étêter en juillet les tiges portant 3 ou 4 fruits noués, deux feuilles au-dessus du dernier. Supprimer ensuite les fleurs nouées après le 10 août, qui n’auront pas le temps de mûrir.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 7 à 8 heures directes par jour. La butternut demande de la chaleur cumulée plus encore que de la lumière crue, et c’est ce qui limite sa culture en altitude.
Emplacement : Extérieur uniquement, au potager, exposé sud ou sud-ouest, à l’abri des vents qui cassent les tiges. Une place le long d’un mur chaud avance la récolte d’une quinzaine de jours.
Substrat : Terre de jardin profonde amendée de compost mûr ou de fumier de l’automne précédent ; un ancien tas de compost lui convient à merveille. Elle supporte mal un sol tassé et froid.
pH : De 6,0 à 7,0, l’optimum vers 6,5. Un sol franchement acide la bloque.
Drainage : Sol frais mais drainant, les racines pourrissant vite en terre gorgée d’eau. Un paillage épais règle l’essentiel en gardant l’humidité sans excès.
Multiplication
Semis : en avril, à l’intérieur ou sous abri chauffé, semer 2 graines par godet de 8 cm, à 2 à 3 cm de profondeur, à 20 à 25 °C : la levée prend une semaine environ, puis l’on ne garde que le plant le plus vigoureux. La mise en place se fait de mi-mai à début juin, quand les nuits restent au-dessus de 10 °C. Les variétés non hybrides se reproduisent si aucune autre courge musquée n’a fleuri à proximité. Le semis en godets sous abri en avril, environ 6 semaines avant la mise en place, est la méthode la plus sûre et réussit très bien. Semée trop tôt directement dehors, la graine pourrit dans une terre froide.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles, que les abeilles fécondent. Prendre les graines d’une courge récoltée bien mûre, à la peau dure, en septembre ou octobre, et attendre quelques semaines avant de l’ouvrir ; rincer et sécher les graines à l’ombre. Les abeilles croisent les courges musquées entre elles : pour une variété pure, fermer une fleur femelle la veille et la féconder soi-même avec une fleur mâle de la même variété. Au sec et au frais, les graines restent bonnes 5 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Elle ne se bouture pas en pratique.
Division et autres méthodes : Aucune : c’est une annuelle tuée par le premier gel.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium est quasi certain à partir de fin juillet, feutrage blanc sur le dessus des feuilles ; il se traite préventivement à la décoction de prêle ou au soufre mouillable tous les 10 jours. Le mildiou des cucurbitacées donne des taches jaunes anguleuses lors des étés humides, et se limite en ne mouillant jamais le feuillage. La pourriture du collet suit presque toujours un arrosage versé à la base du pied.
Parasites fréquents : Pucerons noirs au revers des jeunes feuilles, à déloger au jet d’eau, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Araignées rouges par temps chaud et sec, reconnaissables aux piqûres décolorées et aux fines toiles ; l’humidité ambiante les freine. Les limaces s’attaquent aux jeunes plants dans les 15 jours suivant la mise en place.
Prévention : Espacer réellement les pieds d’au moins 1 m pour que l’air circule sous le feuillage. Arroser le matin, au goulot, sans jamais mouiller les feuilles. Respecter une rotation de 4 ans sans cucurbitacée sur la même planche.
Toxicité
Toxicité humaine : La chair et les graines sont comestibles et sans danger, y compris crues. Le seul risque réel vient des cucurbitacines : une courge au goût amer, issue d’une graine ressemée ou d’un croisement avec une coloquinte ornementale, provoque une intoxication sévère.
Toxicité animaux : La chair cuite est sans danger pour le chien comme pour le chat, et sert même de régulateur digestif. Le feuillage rêche n’est pas toxique mais irrite la bouche, si bien que les animaux n’y touchent pas.
Symptômes : Une courge amère ingérée donne en quelques heures nausées, vomissements et diarrhée violents, parfois une chute de cheveux différée de 2 à 3 semaines. Le contact avec les tiges velues ne provoque que des démangeaisons passagères.
Précautions : Goûter un morceau cru avant de cuisiner et jeter tout fruit amer sans rien en garder : la cuisson ne détruit pas les cucurbitacines. Ne jamais ressemer les graines d’une courge du potager si des courges décoratives ont poussé à proximité l’année précédente.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le maïs, qui monte au-dessus d’elle sans lui disputer le sol, et le haricot à rames qui fixe l’azote : c’est le trio des Trois Sœurs. La capucine attire les pucerons noirs sur ses propres tiges et joue la plante-piège. Les œillets d’Inde en bordure tiennent les nématodes à distance.
Associations à éviter : Les autres cucurbitacées, courgette, concombre et melon, qui partagent l’oïdium et se le renvoient tout l’été. La pomme de terre, aussi gourmande et qui occupe le même volume de sol au même moment. Le fenouil, qui gêne la croissance de presque tout ce qui l’entoure.
Conseil : Semer une phacélie à l’automne sur la planche prévue, la coucher au printemps et planter les butternuts dedans. La matière verte se décompose exactement au moment où les racines en ont besoin, et le sol reste couvert jusqu’à ce que le feuillage prenne le relais.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture au potager en pleine terre, plein soleil, sol profond fumé l’automne précédent, plants élevés sous abri puis mis en place après les gelées.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mai à fin juin : tous les 3 à 4 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 3 jours ; en septembre : tous les 8 à 10 jours | Arroser toujours au pied, au goulot, le matin, et jamais sur le feuillage. Un feuillage mouillé le soir est la porte d’entrée de l’oïdium, qui décide de la fin de la culture. |
| Compost, amendement | De début mars à mi-mai | Enfouir superficiellement une fumure généreuse à l’emplacement prévu, au moins un mois avant la mise en place. La butternut est une des plus gourmandes du potager et ne rattrape jamais un sol pauvre. |
| Semis | En avril | Semer en godet de 8 cm environ 6 semaines avant la date de mise en place, puis ne garder que le plant le plus vigoureux. Semée directement dehors trop tôt, la graine pourrit dans une terre sous 12 °C. |
| Mise en place des plants | De mi-mai à mi-juin | Mettre en place dès que les nuits se tiennent au-dessus de 10 °C, sans casser la motte, en ménageant une cuvette d’arrosage. Chaque pied court sur 2 à 4 m et l’espacement se décide maintenant. |
| Paillage | En juin | Pailler épais dès que le sol est chaud, puis isoler chaque courge de la terre nue quand elle atteint la taille d’un poing. Posé à même un sol humide, le dessous du fruit pourrit avant la récolte. |
| Inspection parasitaire | De début juin à mi-septembre | Retourner quelques feuilles une fois par semaine, en commençant par celles du cœur de la touffe où l’air circule le moins. Sur un feuillage aussi large, une colonie installée se remarque trop tard. |
| Traitement préventif | De mi-juin à fin août | Pulvériser une décoction de prêle ou du soufre mouillable tous les 10 jours, par temps couvert, avant l’apparition du feutrage blanc. Traité une fois installé, l’oïdium ralentit mais ne recule plus. |
| Pincement | En juillet | Étêter les tiges portant déjà trois ou quatre fruits noués, pour que la plante nourrisse ceux-là au lieu d’en lancer d’autres. Sous notre climat, un fruit noué après le 10 août n’a plus le temps de mûrir. |
| Engrais liquide | De juillet à août | Apporter une dilution potassique, type purin de consoude, dès que les premiers fruits grossissent. L’azote à ce stade donne de la feuille et une courge aqueuse qui ne se conservera pas l’hiver. |
| Fructification, récolte | De mi-septembre à fin octobre | Récolter par temps sec en laissant 5 cm de pédoncule, impérativement avant la première gelée annoncée. Une butternut touchée par le gel ne se conserve plus, même intacte à l’œil. |