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Plante d’intérieur · Asparagacées

Bambou de la chance Dracaena sanderiana

Aussi appelé : Bambou porte-bonheur, Bambou chinois, Dracéna de Sander, Lucky bamboo

Malgré son nom, le bambou de la chance n’est pas un bambou mais un dracéna d’Afrique centrale, vendu en tiges droites, tressées ou en spirale. Il atteint 60 cm à 1 m en culture et vit en intérieur toute l’année, entre 18 et 25 °C, car il souffre dès 12 °C. Il demande une lumière vive mais tamisée : le soleil direct tache ses feuilles de beige, une pièce moyennement éclairée ralentit beaucoup sa pousse. En pot, une tige dépasse 10 ans, alors qu’elle s’épuise en 2 à 5 ans dans un simple vase d’eau.

Bambou de la chance (Dracaena sanderiana)
Photo : Toby Lee Spiegel from United States, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Asparagacées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
12 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 10 à 11, plante non rustique qui souffre dès 12 °C et meurt en dessous de 10 °C. En France métropolitaine elle reste en intérieur toute l’année, entre 18 et 25 °C.

Dimensions : 60 cm à 1 m en culture courante et jusqu’à 1,50 m avec le temps, pour 30 à 45 cm d’étalement ; les tiges vendues tressées ou en spirale restent plus basses.

Floraison : Pratiquement jamais en appartement : on la cultive pour ses tiges et son feuillage, et les rares fleurs blanchâtres n’apparaissent que sur de vieux sujets en conditions tropicales.

Substrat : terreau plantes vertes allégé d’un tiers de sable grossier ou de perlite ; en vase, de simples galets propres et de l’eau douce.

Exposition : lumière vive mais tamisée, jamais de soleil direct qui marque les feuilles de plages beiges. Elle supporte une pièce moyennement éclairée, au prix d’une croissance très lente.

Arrosage : en pot, tous les 5 à 7 jours d’avril à septembre et tous les 10 à 14 jours d’octobre à mars ; en vase, renouveler l’eau tous les 8 à 15 jours.

Durée de vie : vivace ; en pot une tige dépasse couramment 10 ans, alors qu’une tige laissée en simple vase d’eau s’épuise plutôt en 2 à 5 ans.

Multiplication : Bouturage de têtes ou de tronçons de tige dans un verre d’eau, de mai à août, à l’intérieur vers 20 °C.

Arrosage & entretien

Arrosage : en pot, attendre que les deux premiers centimètres de terreau soient secs, soit tous les 5 à 7 jours d’avril à septembre et tous les 10 à 14 jours d’octobre à mars. En vase, garder 5 cm d’eau au-dessus des racines et la renouveler entièrement tous les 8 à 15 jours, toujours avec une eau de pluie ou déminéralisée.

Fertilisation : engrais plantes vertes dilué au dixième de la dose, toutes les 6 à 8 semaines d’avril à septembre, et rien le reste de l’année. En vase, une goutte à chaque renouvellement suffit, car les sels s’accumulent vite et jaunissent le feuillage.

Rempotage : tous les 2 ans au printemps, dans un pot à peine plus large, quand les racines orangées sortent par le fond. En culture en eau, on ne rempote pas : on rince le vase et on remplace les galets à la même période.

Taille : couper la tête 1 cm au-dessus d’un nœud entre avril et juin fait repartir deux ou trois pousses sous la coupe. Cacheter la plaie à la cire de bougie, et retirer au fil des mois les feuilles jaunies en les tirant à leur base.

Exposition & substrat

Exposition : lumière vive tamisée, l’équivalent d’1 m en retrait d’une fenêtre est ou nord. Aucun soleil direct : une heure de plein midi derrière une vitre suffit à brûler le feuillage.

Emplacement : intérieur toute l’année, à l’abri des courants d’air et loin d’un radiateur. Une fenêtre est ou nord lui convient ; devant une baie sud, reculer de 2 m ou filtrer par un voilage.

Substrat : terreau plantes vertes additionné d’un tiers de sable grossier ou de perlite pour le drainage. En culture en eau, galets ou billes d’argile rincés, sans le moindre apport de terre.

pH : 6 à 6,5, légèrement acide. Une eau calcaire fait dériver le substrat vers le neutre et brunit les pointes à la longue.

Drainage : indispensable en pot, avec un trou de drainage et une couche de billes d’argile au fond. La soucoupe se vide après chaque arrosage, hiver compris, sous peine de pourriture des racines en quelques jours.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : de mai à août, coupez une tête ou un tronçon de tige de 10 à 15 cm, ôtez les feuilles du bas et placez-le dans un verre d’eau claire renouvelée chaque semaine, ou dans un terreau allégé de perlite. Gardez-le à l’intérieur vers 20 °C, en lumière tamisée sans soleil direct : les racines apparaissent en 3 à 6 semaines. Respectez le sens de la tige, car un tronçon planté à l’envers ne s’enracine jamais. La reprise est presque assurée.

Les autres méthodes

Semis :

Semerun amateur ne le sème pas : la plante ne fleurit pratiquement jamais en appartement et les graines sont introuvables.

Récolter les grainesPas de graines en culture : il ne fleurit pratiquement jamais en appartement, et le commerce n’en propose pas. Toutes les nouvelles tiges viennent du bouturage ou de la séparation d’un pot de plusieurs tiges.

Division et autres méthodes : un pot de plusieurs tiges se divise au rempotage, d’avril à juin, à l’intérieur : dépotez, démêlez les racines et rempotez chaque tige avec les siennes. Une tige étêtée relance des pousses latérales, que l’on coupe à 10 cm pour les bouturer à leur tour.

Maladies & parasites

Maladies courantes : les pointes brunes et sèches ne sont pas une maladie mais la réaction au fluor et au chlore de l’eau du robinet, aggravée par l’air sec ; passer à l’eau de pluie ou déminéralisée règle la question. La pourriture des racines et de la base de la tige, qui devient molle et malodorante, suit un excès d’eau ou une soucoupe jamais vidée. Des taches brunes cerclées de jaune signalent une fusariose ou une anthracnose, favorisées par l’eau qui stagne sur les feuilles.

Parasites fréquents : l’araignée rouge tisse de fines toiles au revers et à l’aisselle des feuilles pendant la période de chauffe, et laisse un feuillage piqueté de gris. Les cochenilles farineuses forment des amas cotonneux aux aisselles, à retirer à l’alcool sur un coton-tige. Les thrips argentent les jeunes feuilles et déforment les pousses.

Prévention : relever l’hygrométrie avec un lit de billes d’argile humides coupe court à l’araignée rouge. Dépoussiérer les feuilles toutes les 2 semaines permet de repérer une colonie avant qu’elle s’installe. Isoler 15 jours toute plante nouvellement rentrée à la maison.

Toxicité

Toxicité humaine : faiblement toxique, aucune intoxication humaine sérieuse n’étant documentée ; le nom de bambou n’y change rien, ce n’est pas un bambou et rien ne s’y mange. La sève peut légèrement irriter une peau sensible.

Toxicité animaux : nettement toxique pour le chat et le chien, à cause des saponines contenues dans les feuilles et les tiges, et elle figure comme telle chez l’ASPCA. Le chat est le plus exposé parce qu’il mordille volontiers les feuilles rubanées.

Symptômes : chez l’animal, vomissements parfois sanglants, salivation abondante, perte d’appétit et abattement, avec des pupilles dilatées chez le chat. Chez l’humain, au pire une gêne digestive passagère après ingestion d’un fragment.

Précautions : placer le vase ou le pot hors d’atteinte des chats, en hauteur ou dans une pièce qui leur reste fermée. En cas d’ingestion par un animal, appeler un vétérinaire en nommant le Dracaena sanderiana plutôt que le bambou de la chance, souvent cru inoffensif.

Associations de plantes

Bonnes associations : en composition d’intérieur, le spathiphyllum et le pothos demandent la même lumière tamisée et la même eau douce, et acceptent le même pot. L’aglaonéma partage sa tolérance à la pénombre et apporte un feuillage large qui contraste avec ses rubans. Un chlorophytum en suspension au-dessus occupe une autre strate sans lui disputer la lumière.

Associations à éviter : cactus et succulentes réclament un soleil direct et un substrat sec qui lui sont contraires, et ne partagent ni le même pot ni le même rythme d’arrosage. Le calathéa, qui exige une hygrométrie très élevée, oblige à une brumisation intensive qui tache ses feuilles dès que l’eau est calcaire. Éviter aussi le voisinage d’une plante déjà porteuse d’araignées rouges, qui passent d’un feuillage à l’autre en quelques jours.

Conseil : si vos tiges vivent en simple vase d’eau depuis plus de 2 ans et stagnent, repiquez-les en terreau drainant. Elles retrouvent une croissance franche en une saison, là où l’eau claire finit toujours par les épuiser.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Tiges conduites en intérieur toute l’année, en vase d’eau sur galets ou en pot de terreau drainant, devant une fenêtre lumineuse sans soleil direct.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 5 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 10 à 14 jours En pot, laisser sécher les deux premiers centimètres de terreau avant d’arroser, et espacer d’octobre à mars quand la croissance s’arrête. En vase, garder 5 cm d’eau au-dessus des racines et la renouveler entièrement tous les 8 à 15 jours.Eau de pluie ou déminéralisée : le fluor et le chlore du robinet brunissent les pointes.
BrumisationUtile De mi-octobre à mi-avril : tous les 2 à 3 jours ; de mi-avril à mi-octobre : tous les 5 à 7 jours L’air sec de la période de chauffe brunit les pointes des feuilles avant tout autre symptôme, et la brumisation compense en partie. Poser le pot sur un lit de billes d’argile humides fait mieux et tient toute la journée.Eau douce à température ambiante, le matin, jamais d’eau calcaire qui tache le feuillage.
Dépoussiérage du feuillageUtile De janvier à décembre : toutes les 2 semaines Les feuilles rubanées et cirées retiennent la poussière, qui réduit la lumière reçue par une plante déjà installée loin de la fenêtre. Le geste sert aussi de contrôle : c’est là qu’on voit les premières toiles d’araignées rouges.Chiffon humide, toutes les 2 semaines, une feuille à la fois en soutenant le revers.
Rotation du potUtile De janvier à décembre : toutes les 2 semaines La tige se courbe franchement vers la fenêtre, et c’est d’ailleurs ainsi que les producteurs obtiennent les spirales du commerce. Tourner régulièrement garde une silhouette droite si c’est ce que l’on veut.Un quart de tour toutes les 2 semaines.
Inspection parasitaireUtile De mi-octobre à mi-avril : toutes les 1 à 2 semaines ; de mi-avril à mi-octobre : toutes les 3 à 4 semaines L’air sec de la période de chauffe est exactement ce que cherche l’araignée rouge, d’où un contrôle hebdomadaire d’octobre à avril, à contre-jour. Une cochenille isolée se retire à l’alcool sur un coton-tige.Araignées rouges au revers, cochenilles farineuses à l’aisselle des feuilles.
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : Dans l’heure qui suit chaque arrosage, dès qu’il reste de l’eau dans la soucoupe Les racines charnues du dracaena pourrissent en quelques jours dans une soucoupe pleine, et la base de la tige devient molle avant que le feuillage ne montre quoi que ce soit. Vider systématiquement, y compris entre novembre et février où l’on arrose pourtant peu.
Engrais liquideUtile D’avril à septembre Un apport toutes les 6 à 8 semaines d’avril à septembre suffit largement, et rien du tout d’octobre à mars. En vase d’eau, une seule goutte à chaque renouvellement : les sels s’accumulent vite et jaunissent le feuillage.Engrais plantes vertes dilué au dixième de la dose indiquée.
RempotageUtile D’avril à mai, tous les 2 ans Rempoter au début de la reprise, quand les racines orangées sortent par le trou de drainage. En culture en eau on ne rempote pas : on rince le vase et on remplace les galets à la même période.Pot à peine plus large, terreau plantes vertes allégé d’un tiers de sable grossier ou de perlite.
Taille de structureOptionnel D’avril à juin Sectionner la tête d’une tige la fait repartir en deux ou trois pousses sous la coupe, ce qui densifie un sujet dégarni du bas. Le faire au début de la période de croissance pour que le départ soit rapide.Couper 1 cm au-dessus d’un nœud, outil désinfecté, plaie cachetée à la cire.
BouturageOptionnel De mai à août La tête prélevée s’enracine en 3 à 6 semaines dans un verre d’eau claire renouvelée, à 20 °C et à la lumière tamisée. Un tronçon mis à l’envers ne donne rien, le sens de la tige ne se rattrape pas.Tronçon de 10 à 15 cm portant au moins deux nœuds, le haut repéré avant la coupe.

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