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Plante d’intérieur · Moracées

Caoutchouc Ficus elastica

Aussi appelé : Figuier élastique, Figuier caoutchouc, Arbre à caoutchouc, Ficus caoutchouc, Rubber plant

Le caoutchouc est un figuier d’Asie du Sud et du Sud-Est, dont le latex blanc servait autrefois à produire du caoutchouc. Arbre de 30 m dans la nature, il forme en appartement un sujet de 2 à 3 m aux grandes feuilles épaisses et luisantes, qui gagne 30 à 50 cm par an en bonnes conditions. Il demande une lumière vive sans soleil de midi, de la chaleur et des arrosages espacés : l’excès d’eau est la première cause de perte. Robuste, il convient aux débutants ; son latex irrite la peau, et l’on taille avec des gants.

Caoutchouc (Ficus elastica)
Photo : Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Moracées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
12 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 10 à 12 : la plante souffre dès 12 °C et gèle sous 5 °C. En France, culture en intérieur toute l'année, avec une température idéale de 18 à 25 °C.

Dimensions : Jusqu'à 30 m en milieu naturel tropical, mais 2 à 3 m de hauteur pour 1 à 1,5 m d'étalement en pot d'appartement. Sa croissance est rapide, de 30 à 50 cm par an en bonnes conditions.

Floraison : Aucune visible : ses fleurs minuscules sont enfermées dans de petites figues qui ne se forment pas en appartement. Son latex est irritant et toxique.

Substrat : Mélange riche et drainant : terreau pour plantes vertes, fibre de coco ou tourbe et 20 à 30 % de perlite ou de sable grossier. pH légèrement acide à neutre, entre 6 et 7.

Exposition : Lumière vive mais indirecte ; il tolère la mi-ombre, au prix d'une croissance ralentie et de panachures moins marquées chez les formes colorées.

Arrosage : Un arrosage par semaine environ en été, quand les 2 à 3 premiers centimètres du substrat sont secs, en trempant toute la motte. Espacer à tous les 10 à 15 jours en hiver, l'excès d'eau étant la première cause de perte.

Durée de vie : Vivace ligneuse, 20 à 50 ans en pot. En pleine terre tropicale il dépasse largement le siècle.

Multiplication : Marcottage aérien de début mai à fin juillet, à l’intérieur, ou bouturage de tête à l’étouffée au chaud.

Arrosage & entretien

Arrosage : D'avril à septembre, arroser une fois par semaine à l'eau non calcaire tempérée, en attendant que les 2-3 premiers centimètres soient secs, puis vider la soucoupe. En hiver, espacer à tous les 10 à 15 jours ; des feuilles basses qui jaunissent et tombent signalent presque toujours un excès d'eau.

Fertilisation : Engrais liquide pour plantes vertes légèrement azoté (type NPK 10-8-7), dilué de moitié, tous les 15 jours de mars à septembre. Suspendre totalement en automne et en hiver pour éviter l'accumulation de sels dans le substrat.

Rempotage : Tous les 2 ans au printemps pour les jeunes sujets, puis tous les 3 à 4 ans, dans un pot de 3 à 5 cm de diamètre supplémentaire seulement. Pour les grands sujets devenus intransportables, remplacer chaque printemps les 5 premiers centimètres de terreau (surfaçage).

Taille : Tailler au printemps pour limiter la hauteur et favoriser la ramification, en coupant juste au-dessus d'un nœud : la plante rejettera en dessous. Porter des gants, le latex blanc s'écoulant abondamment ; épongez la plaie ou tamponnez-la à l'eau tiède pour stopper l'écoulement.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive indirecte, soit 6 à 8 heures de clarté par jour, avec tout au plus un peu de soleil doux le matin. Le soleil direct de midi brûle le limbe, tandis qu'une lumière insuffisante étire les entre-nœuds et fait chuter les feuilles basses.

Emplacement : Plante d'intérieur exclusivement sous climat français, à installer devant une fenêtre est ou ouest, ou à 1-2 m d'une baie sud voilée. Sortie estivale possible à la mi-ombre de juin à septembre, à l'abri du vent et des courants d'air froid.

Substrat : Mélange aéré et nourrissant, par exemple 50 % de terreau pour plantes vertes, 25 % de fibre de coco et 25 % de perlite ou d'écorces fines. Un peu de compost mûr soutient sa croissance vigoureuse.

pH : Optimum entre 6 et 7, du légèrement acide au neutre. Une eau trop calcaire finit par provoquer chloroses et taches blanchâtres sur le feuillage.

Drainage : Drainage impératif : pot percé, couche de billes d'argile au fond et soucoupe systématiquement vidée après arrosage. L'eau stagnante entraîne l'asphyxie racinaire, le jaunissement puis la chute massive des feuilles.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage aérien : de début mai à fin juillet, sous une feuille, retirer un anneau d’écorce de 2 cm, l’entourer de mousse de sphaigne humide sous un film plastique bien ligaturé. Les racines apparaissent en 1 à 2 mois : couper sous la motte, rempoter, et la plante mère repart sous la coupe. Il réussit presque toujours et récupère une belle tête sur un sujet dégarni du bas.

Les autres méthodes

Bouturage : De mai à juillet, avec des gants (le latex est irritant et toxique), couper une tête de 15 à 20 cm avec 2 ou 3 feuilles, ou un tronçon de tige portant un œil et sa feuille roulée ; laisser couler puis rincer le latex. Piquer dans un mélange de terreau et de perlite, sous un sac plastique, à l’intérieur, à 22 à 25 °C et à la lumière sans soleil ; l’hormone de bouturage est facultative. Les racines se forment en 4 à 8 semaines.

Semis :

SemerNon : il ne forme pas de figues en appartement et ses graines sont introuvables.

Récolter les grainesPas de graines en culture : ses figues ne sont fécondées que par une petite guêpe tropicale propre à l’espèce, absente chez nous, et la plante n’en forme pas en appartement. Le marcottage aérien et le bouturage prennent le relais.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture racinaire (Pythium, Phytophthora) se manifeste par un jaunissement des feuilles basses, un ramollissement du collet et une odeur de moisi, presque toujours liée à un arrosage excessif. Des taches foliaires bactériennes (Xanthomonas) ou fongiques (Cercospora) forment des macules brunes cerclées de jaune, parfois translucides, par temps confiné. Supprimer les feuilles atteintes, rempoter dans un substrat neuf et drainant, espacer les arrosages et traiter au cuivre en préventif.

Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses (amas cotonneux aux aisselles) et les cochenilles à bouclier (pastilles brunes le long de la nervure centrale) sont les plus fréquentes, accompagnées d'un miellat collant et de fumagine noire. Les araignées rouges, favorisées par l'air sec du chauffage, piquettent le limbe de gris et tissent de fines toiles ; thrips et pucerons attaquent plus rarement les jeunes pousses. Tamponner les cochenilles à l'alcool à 70°, puis essuyer les deux faces des feuilles avec une éponge humide et doucher le feuillage à l’eau tiède contre les araignées rouges, en répétant tous les 7 jours.

Prévention : Dépoussiérer les grandes feuilles à l'éponge humide tous les 15 jours : c'est à la fois un contrôle sanitaire et une aide à la photosynthèse. Maintenir une hygrométrie de 50 à 60 % et une bonne circulation d'air, sans courant d'air froid. Arroser modérément à l'eau non calcaire, vider la soucoupe, et isoler quelques semaines toute plante nouvellement acquise.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxicité modérée liée au latex blanc présent dans toutes les parties (feuilles, tiges, racines), riche en enzymes protéolytiques (ficine) et en furocoumarines. Ce latex est aussi un allergène reconnu, avec des réactions croisées possibles chez les personnes allergiques au latex naturel ou au syndrome latex-fruits.

Toxicité animaux : Répertorié comme toxique pour le chien et le chat par les organismes vétérinaires, du fait de ce même latex irritant. Les jeunes animaux qui mâchonnent les feuilles sont les plus exposés.

Symptômes : L'ingestion provoque une irritation buccale, une hypersalivation, des vomissements et une diarrhée ; le contact cutané entraîne rougeurs, démangeaisons et parfois dermatite chez les sujets sensibles. Une projection de latex dans l'œil cause une conjonctivite douloureuse.

Précautions : Porter des gants pour tailler ou bouturer, se laver les mains ensuite sans se toucher les yeux, et nettoyer immédiatement le latex tombé sur la peau ou le sol. Placer la plante hors de portée des animaux et contacter un vétérinaire ou un centre antipoison en cas d'ingestion.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les plantes vertes tropicales de mêmes exigences (Monstera, Philodendron, Epipremnum, Dracaena) apprécient la même lumière indirecte et un arrosage espacé, formant un ensemble cohérent. Les fougères et le Spathiphyllum, plus bas, habillent le pied d'un sujet devenu haut et dégarni tout en relevant l'hygrométrie. Le Sansevieria ou le Zamioculcas, très tolérants, complètent bien un coin de pièce moins lumineux.

Associations à éviter : Les succulentes et cactées (Echeveria, Aloe, Opuntia) réclament un plein soleil et un substrat très sec, incompatibles avec ses besoins. Les Marantacées (Calathea, Maranta) et les fougères délicates exigent une hygrométrie très élevée et un substrat constamment frais, difficile à concilier avec son arrosage espacé dans un même pot. Enfin, ne le plantez pas dans le même contenant qu'une petite plante à croissance lente : ses racines vigoureuses envahiraient tout le volume.

Conseil : Cultivez chaque plante dans son propre pot, puis regroupez-les dans une même corbeille ou sur un plateau : chacune garde son rythme d'arrosage tout en profitant du microclimat plus humide du groupe. Placez le Ficus en fond de scène, sa silhouette verticale et ses grandes feuilles brillantes servant d'arrière-plan aux feuillages plus fins et plus bas.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pot à l'intérieur toute l'année, dans une lumière vive mais sans soleil brûlant, entre 18 et 24 degrés, à l'abri des courants d'air et jamais en dessous de 12 degrés.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 8 à 12 jours ; d’octobre à mars : tous les 15 à 20 jours Laisser sécher la moitié du substrat avant d'arroser, ses feuilles épaisses lui permettant de bien supporter un oubli. Des feuilles basses qui jaunissent et tombent en série traduisent presque toujours un arrosage excessif.eau non calcaire à température ambiante, en mouillant toute la motte
Dépoussiérage du feuillageEssentiel De janvier à décembre : toutes les 2 à 3 semaines Les larges feuilles vernissées se couvrent vite d'un voile de poussière qui ternit leur brillance et freine la photosynthèse. Éviter les produits lustrants du commerce, qui obstruent les stomates.chiffon doux humide, en soutenant la feuille de l'autre main
Rotation du potUtile De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines Sans rotation, la tige s'incline nettement vers la fenêtre et les feuilles ne se développent que d'un côté. Tourner le pot sur place ne pose aucun problème, contrairement à un changement de pièce.un quart de tour sur place, toujours dans le même sens
Engrais liquideUtile De début avril à mi-septembre : toutes les 3 à 4 semaines Fertiliser uniquement pendant la période de croissance, puis suspendre les apports de l'automne à la fin de l'hiver. Un excès de sels brunit le bord des feuilles.engrais pour plantes vertes dilué de moitié, sur substrat déjà humide
Inspection parasitaireEssentiel De janvier à décembre : toutes les 2 à 3 semaines Les cochenilles à bouclier s'alignent le long des nervures et laissent un feuillage collant puis noirci de fumagine. Les araignées rouges apparaissent en air chauffé et sec, à déloger par une douche du feuillage à l'eau tiède.examiner le revers des feuilles, la nervure centrale et l'aisselle des rameaux
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : dès que de l'eau est constatée dans la soucoupe après un arrosage Les racines pourrissent si le pot baigne, ce qui reste la première cause de dépérissement de cette plante. Le danger est maximal en hiver, quand la croissance s'arrête.vider dans la demi-heure qui suit
Taille de structureUtile De mars à mai Étêter au printemps est le seul moyen d'obtenir une plante ramifiée, cette espèce poussant sinon en une tige unique. Le latex blanc s'écoule abondamment et longuement : le tamponner au papier absorbant et protéger le sol.couper juste au-dessus d'une cicatrice de feuille, avec des gants et une lame propre
RempotageUtile De mi-mars à mi-mai, tous les 2 ans Rempoter au printemps quand les racines emplissent le volume, sans passer à un contenant beaucoup plus grand. Un pot stable est indispensable pour un sujet haut au feuillage lourd.terreau riche allégé de perlite et d'écorce, dans un pot lourd et bien percé
SurfaçageOptionnel De mi-mars à fin avril Sur les grands sujets devenus impossibles à rempoter, ce renouvellement annuel de la surface apporte des éléments frais. Il évacue aussi les sels d'engrais et les dépôts calcaires accumulés.retirer les trois premiers centimètres de substrat et les remplacer par du terreau neuf
MarcottageOptionnel De mai à juillet Le marcottage aérien permet de récupérer une belle tête sur un sujet devenu trop haut et dégarni du bas. Les racines apparaissent en 1 à 2 mois, après quoi la marcotte se sépare et se met en pot.inciser légèrement la tige, entourer de sphaigne humide maintenue par un film plastique

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