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Plante d’intérieur · Moracées

Figuier lyre Ficus lyrata

Aussi appelé : Ficus lyre, Figuier à feuilles de lyre, Fiddle-leaf fig

Le figuier lyre est un ficus des forêts d’Afrique de l’Ouest, devenu l’une des plantes d’intérieur les plus recherchées pour ses grandes feuilles vernissées en forme de lyre. Arbre de 12 à 15 m dans la nature, il reste chez nous un sujet de 2 à 3 m en pot, qui demande surtout de la lumière et de la régularité. Il convient à qui sait attendre que le substrat sèche avant d’arroser ; les déplacements et les courants d’air le font bouder.

Un figuier lyre en pot, aux grandes feuilles vernissées en forme de lyre
Photo : Morrisjm, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Moracées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
12 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 10 à 12 : la plante souffre dès 12-13 °C et gèle sous 5 °C. En France, culture en intérieur toute l'année, avec un optimum de 18 à 24 °C et sans courants d'air froid.

Dimensions : Jusqu'à 12-15 m dans son aire d'origine ouest-africaine, mais 2 à 3 m de hauteur pour 1 à 1,5 m d'étalement en pot d'appartement. Ses feuilles en forme de lyre atteignent 30 à 45 cm de long.

Floraison : Aucune visible : ses fleurs minuscules sont enfermées dans des figues qui ne se forment pas en intérieur. Son latex est irritant et toxique.

Substrat : Mélange riche, aéré et drainant : terreau pour plantes vertes, fibre de coco et 25 à 30 % de perlite ou d'écorces fines. pH légèrement acide à neutre, entre 6 et 7.

Exposition : Lumière vive indirecte, la plus abondante possible ; il supporte mal la mi-ombre franche, qui provoque la chute des feuilles basses.

Arrosage : Un arrosage par semaine environ en été, lorsque les 3 à 5 premiers centimètres du substrat sont secs, en trempant toute la motte puis en vidant la soucoupe. Espacer à tous les 10 à 15 jours en hiver.

Durée de vie : Vivace ligneuse, 15 à 30 ans en intérieur. Il supporte mal les déplacements, qui le fatiguent plus que l’âge.

Multiplication : Marcottage aérien de début mai à fin juillet, à l’intérieur, ou bouturage de tête à l’étouffée au chaud.

Arrosage & entretien

Arrosage : D'avril à septembre, arroser abondamment une fois par semaine à l'eau non calcaire tempérée, dès que les 3 à 5 premiers centimètres sont secs, jusqu'à écoulement par les trous de drainage. En hiver, espacer à tous les 10 à 15 jours ; des taches brunes au centre des feuilles trahissent un excès d'eau, des bords secs et croustillants un manque.

Fertilisation : Engrais liquide pour plantes vertes riche en azote (type NPK 3-1-2), dilué de moitié, tous les 15 jours de mars à septembre. Suspendre en automne et en hiver, et rincer le substrat à grande eau une fois par an pour évacuer les sels accumulés.

Rempotage : Tous les 2 ans au printemps pour les jeunes sujets, puis tous les 3 ans, dans un pot de 3 à 5 cm de diamètre supplémentaire seulement. Pour les grands sujets, un simple surfaçage annuel des 5 premiers centimètres suffit.

Taille : Tailler au printemps ou au début de l'été pour limiter la hauteur et déclencher la ramification, en coupant juste au-dessus d'un nœud ou d'une cicatrice foliaire. Porter des gants et éponger le latex blanc qui s'écoule abondamment de la plaie.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive indirecte et généreuse, 8 à 10 heures de forte clarté par jour, avec éventuellement un peu de soleil doux le matin. Le soleil direct de midi brûle le limbe par plages brunes, tandis qu'un manque de lumière fait tomber les feuilles du bas.

Emplacement : Plante d'intérieur exclusivement en France, à placer juste devant une fenêtre est, ou à 1 m d'une baie sud ou ouest voilée. Éviter les couloirs d'entrée, la proximité d'un radiateur et les portes ouvertes en hiver : il déteste les variations brutales et perd ses feuilles au moindre stress.

Substrat : Mélange nourrissant et bien aéré, par exemple 50 % de terreau pour plantes vertes, 25 % de fibre de coco et 25 % de perlite ou d'écorces de pin fines. Un peu de compost mûr soutient la croissance de ses grandes feuilles.

pH : Optimum entre 6 et 7, du légèrement acide au neutre. Une eau d'arrosage trop calcaire provoque à terme chloroses et dépôts blanchâtres.

Drainage : Drainage impératif : pot percé, billes d'argile au fond et soucoupe systématiquement vidée après arrosage. L'eau stagnante entraîne la pourriture des racines, qui se traduit par des taches brunes sur les feuilles puis leur chute rapide.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage aérien : de début mai à fin juillet, sous une feuille, retirer un anneau d’écorce de 2 cm, l’entourer de mousse de sphaigne humide sous un film plastique bien ligaturé. Les racines apparaissent en 1 à 2 mois : couper sous la motte, rempoter, et la plante mère repart sous la coupe. C’est la méthode la plus sûre, et elle récupère une belle tête sur un sujet dénudé à la base.

Les autres méthodes

Bouturage : De mai à juillet, avec des gants (le latex est irritant et toxique), couper une tête ou un tronçon de tige de 15 à 20 cm portant au moins un œil et une ou deux feuilles, laisser couler puis rincer le latex. Piquer dans un mélange de terreau et de perlite, sous un sac plastique, à l’intérieur, à 22 à 25 °C et à la lumière vive sans soleil ; l’hormone de bouturage, facultative, aide. Les racines se forment en 6 à 8 semaines, et une feuille seule, sans œil, racine mais ne donne jamais de tige.

Semis :

SemerNon : il ne forme pas de figues en intérieur et ses graines sont introuvables.

Récolter les grainesPas de graines en culture : ses figues ne sont fécondées que par une petite guêpe tropicale propre à l’espèce, absente chez nous, et la plante n’en forme pas en intérieur. Le marcottage aérien et le bouturage prennent le relais.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture racinaire (Pythium, Phytophthora) est le problème numéro un : feuilles marquées de taches brun foncé partant du centre ou de la base, jaunissement puis chute, avec des racines molles et brunes. Les taches foliaires bactériennes (Xanthomonas) forment des macules brunes irrégulières cerclées de jaune, souvent sur les jeunes feuilles. Retirer les feuilles atteintes, rempoter dans un substrat neuf et drainant en supprimant les racines pourries, espacer les arrosages et traiter au cuivre en préventif.

Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses (amas cotonneux aux aisselles) et à bouclier (pastilles brunes le long des nervures) laissent un miellat collant suivi de fumagine noire. Les araignées rouges, favorisées par l’air sec du chauffage, piquettent le limbe de gris et tissent de fines toiles au revers ; thrips et pucerons déforment plus rarement les jeunes pousses. Tamponner les cochenilles à l’alcool à 70° et doucher le feuillage, en répétant tous les 7 jours pendant 3 semaines, puis, en recours, traiter avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Prévention : Ne pas déplacer la plante et lui offrir un emplacement stable, très lumineux, à température constante : la plupart de ses problèmes viennent du stress. Dépoussiérer les grandes feuilles à l'éponge humide tous les 15 jours, ce qui permet d'inspecter le revers et améliore la photosynthèse. Arroser modérément à l'eau non calcaire, vider la soucoupe, assurer une hygrométrie de 50 à 60 % et mettre en quarantaine toute nouvelle plante.

Toxicité

Toxicité humaine : Toxicité modérée due au latex blanc contenu dans toutes les parties (feuilles, pétioles, tiges), riche en ficine et en furocoumarines irritantes. Ce latex est un allergène reconnu, avec des réactions croisées possibles chez les personnes sensibles au latex naturel.

Toxicité animaux : Répertorié comme toxique pour le chien, le chat et les rongeurs par les organismes vétérinaires, à cause de ce même latex. Les animaux qui mâchonnent les feuilles ou les tiges sont les plus exposés.

Symptômes : L'ingestion entraîne irritation buccale, hypersalivation, vomissements et diarrhée ; le contact cutané provoque rougeurs, démangeaisons et parfois une dermatite de contact aggravée par le soleil. Une projection de latex dans l'œil déclenche une conjonctivite douloureuse.

Précautions : Porter des gants pour tailler ou bouturer, se laver les mains ensuite sans se toucher les yeux, et essuyer aussitôt le latex tombé sur la peau ou le sol. Placer la plante hors de portée des enfants et des animaux, et contacter un vétérinaire ou un centre antipoison en cas d'ingestion.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les plantes vertes tropicales de mêmes exigences (Monstera deliciosa, Philodendron, Dracaena, Strelitzia nicolai) apprécient la même lumière vive indirecte et un arrosage espacé. Les fougères d'intérieur et le Spathiphyllum, plus bas, habillent le pied d'un sujet devenu haut et élèvent l'hygrométrie ambiante. Un Epipremnum ou un Chlorophytum au sol complète la scène sans concurrencer ses besoins en lumière.

Associations à éviter : Les succulentes et cactées exigent un plein soleil et un substrat très sec, incompatibles avec son arrosage régulier. Les Marantacées (Calathea, Ctenanthe) et les fougères délicates réclament une ombre lumineuse et une humidité constante, à l'opposé de son besoin de forte luminosité. Enfin, ne partagez jamais son pot avec une autre plante : ses racines vigoureuses occupent tout le volume et il déteste être dérangé.

Conseil : Gardez chaque plante dans son propre pot et regroupez-les sur un plateau de billes d'argile humides : chacune conserve son rythme d'arrosage tout en profitant du microclimat plus humide. Placez le Ficus lyrata au point le plus lumineux de la pièce et laissez-y définitivement : sa hantise du déplacement est la première cause de chute de feuilles.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pot à l'intérieur toute l'année, à un emplacement fixe très lumineux mais sans soleil brûlant, entre 18 et 24 degrés, loin des radiateurs et des courants d'air.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 7 à 10 jours ; d’octobre à mars : tous les 12 à 18 jours Attendre que les trois à cinq premiers centimètres de substrat soient secs, puis arroser abondamment et laisser égoutter. Des taches brunes au cœur des feuilles trahissent un excès d'eau, tandis que des bords secs et cassants signalent la soif.eau non calcaire à température ambiante, en mouillant uniformément toute la motte
Dépoussiérage du feuillageEssentiel De janvier à décembre : toutes les 2 à 3 semaines Les feuilles immenses et gaufrées retiennent énormément de poussière, ce qui réduit sensiblement la photosynthèse d'une plante déjà exigeante en lumière. Éviter les produits lustrants, qui obstruent les stomates.chiffon doux humide, en soutenant la feuille de l'autre main
Rotation du potUtile De janvier à décembre : toutes les 2 à 4 semaines Cette rotation équilibre la ramure, qui se tourne sinon entièrement vers la fenêtre. Elle ne doit jamais devenir un déménagement, cette plante réagissant à tout changement d'emplacement par une chute massive de feuilles.un quart de tour sur place, sans changer la plante de pièce ni d'emplacement
Engrais liquideUtile De début avril à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines Fertiliser uniquement pendant la période de croissance, puis suspendre les apports de l'automne à la fin de l'hiver. Un excès de sels brunit le bord des feuilles.engrais pour plantes vertes dilué de moitié, sur substrat déjà humide
Inspection parasitaireEssentiel De janvier à décembre : toutes les 2 à 3 semaines Les cochenilles à bouclier s'installent le long des nervures et laissent un feuillage collant, tandis que les araignées rouges prolifèrent en air chauffé et sec. Les traiter au coton alcoolisé ou à l'huile horticole dès leur apparition.examiner le revers des feuilles, les nervures saillantes et l'aisselle des rameaux
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : dès que de l'eau est constatée dans la soucoupe après un arrosage Les racines pourrissent rapidement si le pot baigne, ce qui reste la première cause de perte de cette plante. Le danger est maximal en hiver, quand la croissance est arrêtée.vider dans la demi-heure qui suit
Taille de structureUtile De début mars à mi-mai Étêter au printemps force la plante à se ramifier, sans quoi elle pousse en une tige unique jusqu'au plafond. La sève blanche qui s'écoule est irritante pour la peau et tache durablement les sols.couper la tige au-dessus d'un nœud, avec des gants, puis éponger la sève laiteuse
RempotageUtile De mi-mars à mi-mai, tous les 2 ans Rempoter au printemps quand les racines occupent tout le volume, en perturbant la motte le moins possible. Un contenant stable est indispensable pour un sujet haut et lourdement feuillu.terreau riche allégé de perlite et d'écorce, dans un pot lourd et bien percé
SurfaçageOptionnel De mi-mars à fin avril Sur les grands sujets devenus impossibles à rempoter, ce renouvellement annuel de la surface apporte des éléments nutritifs frais. Il élimine aussi les sels accumulés et les dépôts calcaires.retirer les trois premiers centimètres de substrat et les remplacer par du terreau neuf
MarcottageOptionnel De mai à juillet Le marcottage aérien permet de récupérer une belle tête sur un sujet devenu trop haut et dénudé à la base. Les racines apparaissent en 1 à 2 mois, après quoi la marcotte se sépare et se met en pot.inciser légèrement la tige, entourer de sphaigne humide et de film plastique

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