Arbuste · Lamiacées
Lavande vraie Lavandula angustifolia
Aussi appelé : Lavande officinale, Lavande fine, Lavande à feuilles étroites, Lavande commune, English lavender
La lavande vraie est un sous-arbrisseau des montagnes sèches du sud-ouest de l’Europe, dont les épis bleu violacé offrent de la mi-juin à fin juillet le parfum le plus fin du genre. Elle forme une boule de 40 à 50 cm de feuillage, 70 à 80 cm en fleur. Elle demande un plein soleil, un sol maigre, caillouteux et très drainant, et deux tailles par an pour vivre 8 à 10 ans. Rustique jusqu’à -20 °C en terre sèche, elle meurt souvent en sol lourd et humide, où son collet pourrit.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Lamiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- De juin à juillet
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 6, jusqu’à -20 °C en sol sec et drainé : c’est de loin la plus rustique des lavandes, bien au-delà du lavandin. En terre lourde et humide, le même pied ne passe souvent pas -10 °C, car c’est la pourriture du collet qui le tue, pas le froid.
Dimensions : 40 à 50 cm de haut en feuillage, 70 à 80 cm épis compris, pour un étalement équivalent.
Floraison : De la mi-juin à fin juillet, en épis serrés bleu violacé portés sur de fines hampes, au parfum doux et très fin, le plus recherché de toutes les lavandes.
Substrat : Maigre, caillouteux, très drainant, plutôt calcaire, avec un tiers de sable ou de gravier dans le mélange. pH de 6,5 à 8, l’optimum se situant au-dessus de 7.
Exposition : Plein soleil sans discussion, 6 à 8 heures minimum. À mi-ombre elle s’étire, fleurit peu et perd son parfum.
Arrosage : Aucun en pleine terre une fois installée. La première année et en pot, tous les 10 à 15 jours en été, substrat sec en profondeur avant chaque apport.
Durée de vie : Sous-arbrisseau vivace, 8 à 10 ans quand elle est taillée deux fois par an, 3 ou 4 seulement si on ne la taille pas.
Multiplication : Bouturage de rameaux semi-aoûtés de fin août à fin septembre, dans du sable à l’ombre, juste après la taille.
Arrosage & entretien
Arrosage : Un arrosage tous les 10 à 15 jours en été la première année, puis plus rien en pleine terre, même en juillet. En pot, attendre que le substrat soit sec en profondeur, arroser au pied sans mouiller le feuillage, et vider la soucoupe aussitôt.
Fertilisation : Aucun engrais, c’est la règle : l’azote donne une pousse molle, peu parfumée et gélive. Une poignée de compost mûr tous les 2 ou 3 ans suffit largement en sol très pauvre.
Rempotage : En pot, tous les 3 ans en mars, dans un contenant de terre cuite percé à peine plus large. Mélange d’un tiers de terre de jardin, un tiers de sable grossier et un tiers de gravier, jamais de terreau pur qui se tasse et reste détrempé.
Taille : Deux passages par an, et c’est ce qui décide de sa durée de vie. Les hampes défleuries se rabattent en juillet ou août, puis la touffe se reforme en boule en mars, sans jamais entamer le bois gris dont la lavande ne repart pas.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil toute la journée, 6 à 8 heures au minimum. C’est une plante de garrigue : moins de lumière, ce sont moins d’épis, des tiges qui s’allongent et une huile essentielle plus pauvre.
Emplacement : Extérieur uniquement, elle ne vit pas en appartement. Une exposition sud ou ouest, en bordure d’allée ou sur un talus, à l’abri des vents froids chargés d’humidité.
Substrat : Pauvre, sec, caillouteux, filtrant. Terre de jardin allégée d’un tiers de sable grossier et de gravier, sans apport de terreau ni de fumier.
pH : De 6,5 à 8, avec un optimum entre 7 et 7,5. Elle prospère en terrain calcaire, ce qui la distingue de bien des vivaces de massif.
Drainage : C’est le point décisif, avant le froid et avant le soleil. En sol argileux, planter sur une butte de 20 à 30 cm et incorporer du gravier au fond du trou ; en pot, un trou de drainage large, une couche de billes ou de tessons, et jamais d’eau qui stagne dans la soucoupe.
Multiplication
Bouturage : de fin août à fin septembre, prélever sur des rameaux sans fleurs des boutures de 8 à 10 cm, à talon de préférence, et ôter les feuilles de la moitié inférieure. Les piquer dans du sable ou un mélange de sable et de terreau, dehors à l’ombre ou sous châssis froid, à garder à peine frais : elles s’enracinent en 6 semaines. Hiverner sous châssis et planter au printemps. Le bouturage semi-aoûté, juste après la taille : les boutures racinent avec une très bonne réussite. C’est aussi la seule façon de reproduire une variété nommée et de remplacer les vieux pieds avant qu’ils ne se dénudent.
Les autres méthodes
Semis :
SemerAu printemps, à l’intérieur ou sous abri, après 3 à 4 semaines de froid au réfrigérateur dans du sable humide, graines laissées en surface à la lumière ou à peine couvertes, à 15 à 20 °C. La levée prend 2 à 4 semaines et reste irrégulière. Le semis donne l’espèce avec des plants variables, jamais une variété nommée.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Laisser quelques épis sur le pied et les couper en août ou septembre, quand ils sont secs et bruns ; les secouer au-dessus d’un papier pour faire tomber les petites graines noires. Des pieds de variétés différentes se croisent entre eux. Au sec et au frais, les graines se gardent 2 à 3 ans ; les sachets du commerce de l’espèce ou des lignées de semis sont plus homogènes.
Division et autres méthodes : Marcottage en butte au printemps, dehors : recouvrir le centre d’un vieux pied de terre sableuse jusqu’à mi-hauteur des rameaux, garder frais, puis détacher à l’automne les rameaux enracinés. Pas de division : la souche ligneuse ne se partage pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines, en sol mal drainé ou trop arrosé, est de très loin la première cause de mort : le pied brunit d’un coup et ne repart pas. Le dépérissement à phytoplasme, transmis par une cicadelle, fait jaunir puis sécher le pied par secteurs, sans traitement possible, et le sujet atteint doit être arraché. Le botrytis grise les hampes lors d’un printemps pluvieux.
Parasites fréquents : La cécidomyie de la lavande pond dans les jeunes rameaux, dont la larve creuse l’écorce : le rameau sèche isolément, alors que ses voisins restent verts. La cicadelle Hyalesthes obsoletus est discrète mais c’est elle qui véhicule le dépérissement. En dehors de ces deux-là, la lavande est remarquablement peu attaquée, son parfum tenant la plupart des ravageurs à distance.
Prévention : Drainer, surélever, et ne pas pailler avec de la matière organique qui garde le collet humide. Tailler chaque année pour aérer le cœur de la touffe, couper largement en dessous d’un rameau desséché et sortir les débris du jardin. Arracher sans hésiter un pied dépérissant, qui sert de réservoir au reste de la bordure.
Toxicité
Toxicité humaine : Sans danger : les fleurs se consomment en petite quantité, en sucre parfumé, en biscuits ou dans un mélange d’herbes. Seule l’huile essentielle, très concentrée, ne s’avale pas pure et ne s’applique pas telle quelle sur la peau, encore moins sur celle d’un nourrisson.
Toxicité animaux : La plante au jardin ne présente pas de risque sérieux, même si l’ASPCA la classe légèrement toxique pour le chien, le chat et le cheval en raison du linalol et de l’acétate de linalyle qu’elle contient. L’huile essentielle, elle, est réellement dangereuse pour le chat, qui l’élimine mal : ni diffusion prolongée, ni application sur le pelage.
Symptômes : Une ingestion importante de feuillage peut provoquer nausées, vomissements et perte d’appétit chez le chien ou le chat, sans gravité en règle générale. Le contact avec la plante ne provoque rien, hormis de rares réactions allergiques au parfum chez les personnes sensibles.
Précautions : Rien de particulier au jardin, y compris avec de jeunes enfants ou un chien. Ranger les flacons d’huile essentielle hors de portée et éviter d’en diffuser dans une pièce où vit un chat.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les rosiers, compagnons classiques : mêmes besoins de soleil, la lavande habille leur pied dégarni et attire les auxiliaires qui s’occupent des pucerons. Le thym, la santoline et le romarin partagent exactement son sol maigre et sec, ce qui évite l’arrosage de compromis qui tue toujours quelqu’un. La perovskia et l’achillée prennent le relais de floraison en août, quand les épis sont coupés.
Associations à éviter : Hortensias, rhododendrons et azalées demandent un sol acide et constamment frais, l’exact inverse : l’un des deux meurt toujours. Les hostas et les fougères imposent un arrosage régulier qui fait pourrir le collet de la lavande. Et un gazon arrosé automatiquement à moins d’1 m produit le même résultat, en plus sournois.
Conseil : En terre lourde, planter au printemps plutôt qu’à l’automne, sur une petite butte de 20 cm, pour que le pied ait une saison entière avant son premier hiver humide. Espacer de 50 à 60 cm : une bordure trop serrée retient l’humidité au cœur des touffes.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pleine terre en sol maigre et caillouteux, ou grand pot de terre cuite percé, en plein soleil et hors des terres lourdes qui restent humides l’hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début juin à mi-septembre : tous les 10 à 15 jours | Arroser tous les 10 à 15 jours le premier été, le temps de l’enracinement, puis seulement en pot quand le substrat est sec en profondeur. Une lavande installée en pleine terre meurt bien plus souvent d’un excès d’eau que d’une sécheresse. |
| Inspection parasitaire | De mai à juillet : toutes les 2 à 3 semaines | Surveiller les rameaux qui sèchent isolément au moment de la floraison : ils trahissent la cécidomyie, ou le dépérissement transmis par la cicadelle, et se coupent bien en dessous de la zone atteinte. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe sans attendre, hiver compris : les racines de lavande noircissent en quelques jours dans une eau stagnante et froide. |
| Taille de structure | De début mars à mi-avril | Reformer la boule une fois les fortes gelées passées, en laissant toujours 2 ou 3 cm de pousse verte : la lavande ne repart jamais du vieux bois nu. Sans cette taille, le pied s’ouvre en couronne et se dégarnit en 3 ans. |
| Rempotage | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Rempoter en début de printemps dans un pot de terre cuite à peine plus large, dans un mélange très minéral : le terreau seul reste détrempé, se tasse et étouffe le collet. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Un paillis de gravier renvoie la chaleur et garde le collet sec, alors qu’un paillis végétal (écorce, tonte, paille) y retient l’humidité et fait pourrir la touffe. |
| Floraison | De mi-juin à fin juillet | Couper les épis le matin, la rosée évaporée, dès que les premières fleurs du bas s’ouvrent : c’est le moment où le parfum tient le mieux au séchage. |
| Taille après floraison | De juillet à août | Rabattre les hampes défleuries dès la fin de la floraison, sans entamer le bois gris, pour que le pied reparte compact et durcisse ses jeunes pousses avant l’hiver. |
| Bouturage | De mi-août à fin septembre | Piquer des boutures semi-aoûtées dans du sable à l’ombre après la taille d’été : elles racinent en 6 semaines et permettent de remplacer les vieux pieds avant qu’ils ne se dénudent. |
| Mise à l'abri de la pluie | De novembre à février | Adosser le pot à un mur, sous un débord de toit et surélevé sur cales, pendant les pluies froides : c’est l’humidité hivernale, pas le gel, qui tue la lavande vraie. |