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Arbuste · Lamiacées

Lavande papillon Lavandula stoechas

Aussi appelé : Lavande à toupet, Lavande stéchade, Lavande maritime, Lavande d’Espagne, Spanish lavender

La lavande papillon est un sous-arbrisseau des maquis du pourtour méditerranéen, reconnaissable aux plumets de bractées violettes qui coiffent ses épis courts d’avril à fin juin. Plus basse et plus ronde que la lavande vraie, elle mesure 40 à 70 cm pour 50 à 80 cm d’étalement. Elle demande un plein soleil et un sol pauvre, sableux et très drainant, non calcaire, car elle est calcifuge, contrairement à la lavande vraie. C’est la moins rustique des lavandes, jusque vers -10 °C : au nord de la Loire, elle se protège l’hiver ou se cultive en pot.

Lavande papillon (Lavandula stoechas)
Photo : Jean-Pol GRANDMONT, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Lamiacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-10 °C
Floraison
D’avril à juin
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 8, soit -7 à -10 °C, et seulement en sol parfaitement drainé. C’est la moins rustique des lavandes : au nord de la Loire elle se protège l’hiver ou se cultive en pot.

Dimensions : 40 à 70 cm de hauteur pour 50 à 80 cm d’étalement à maturité. Elle reste plus basse et plus ronde que la lavande vraie.

Floraison : D’avril à fin juin, en épis courts violet foncé coiffés d’un plumet de bractées violettes, au parfum camphré, avec une remontée possible de fin août à octobre après la taille de juin.

Substrat : Sol pauvre, caillouteux, sableux et très drainant, sans amendement riche. Son particularisme est d’être calcifuge : pH de 5,5 à 7, au contraire de la lavande officinale qui se plaît en terrain calcaire.

Exposition : Plein soleil, 6 heures minimum, et le plus exposé possible. À l’ombre elle file, ne fleurit pas et pourrit au premier hiver humide.

Arrosage : En pot, tous les 8 à 12 jours au printemps et tous les 5 à 7 jours en juillet et août ; rien en hiver. En pleine terre, seule l’année de plantation demande des apports.

Durée de vie : Sous-arbrisseau vivace, beau 5 à 8 ans. Elle se dégarnit de la base plus vite que la lavande vraie et se remplace par bouturage plutôt que par rajeunissement.

Multiplication : Bouturage semi-aoûté en août et septembre sous châssis, ou semis au printemps à l’abri, l’espèce se reproduisant fidèlement.

Arrosage & entretien

Arrosage : Attendre que le substrat soit sec sur 3 ou 4 cm, puis mouiller toute la motte d’un coup et laisser l’eau s’écouler sans soucoupe. Comptez 8 à 12 jours au printemps, 5 à 7 jours en plein été, 12 à 15 jours en septembre et octobre, rien de novembre à mars.

Fertilisation : Aucune. L’engrais lui fait un feuillage mou, peu parfumé et sensible au froid ; en pot, le renouvellement du substrat tous les 2 ou 3 ans suffit largement.

Rempotage : Tous les 2 à 3 ans en mars ou avril, dans un pot de terre cuite à peine plus large, avec un terreau sans calcaire allégé d’un tiers de sable grossier sur un lit de billes d’argile. Le collet se place légèrement au-dessus du substrat.

Taille : Une taille par an, en juin juste après la première floraison, en rabattant d’un tiers les pousses de l’année sans jamais entamer le bois nu. Supprimez ensuite les épis fanés au fil de l’été, et arrêtez fin septembre pour que les jeunes pousses durcissent avant l’hiver.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil sans compromis, 6 à 8 heures par jour. Elle vient des garrigues de Provence et de Corse et supporte la réverbération d’un mur ou d’une terrasse.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en rocaille, en bordure ou en pot sur une terrasse orientée au sud. En pot, placez-la au sec sous un avant-toit pendant les pluies d’hiver sans la priver de lumière.

Substrat : Terre pauvre et caillouteuse, ou un mélange de terreau et de sable grossier par tiers en pot. Bannissez le compost, le terreau riche et tout amendement calcaire.

pH : De 5,5 à 7, l’optimum se situant vers 6,5. Au-delà de 7,5 elle jaunit entre les nervures et dépérit lentement, alors que la lavande vraie s’en accommode très bien.

Drainage : Le point décisif de sa culture : l’eau ne doit jamais stagner, ni au pied ni sous le pot. En terre lourde, plantez-la sur une butte de 15 à 20 cm avec du gravier au fond du trou, car elle meurt d’humidité hivernale bien avant de mourir de froid.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : en août et septembre, ou au printemps sur des pousses non fleuries, prélever des boutures de 7 à 10 cm, à talon si possible, et ôter les feuilles du bas. Les piquer dans un mélange de sable et de terreau sans calcaire, sous châssis ou en serre froide, à l’ombre, à peine humide : elles s’enracinent en 4 à 6 semaines. Hiverner hors gel et planter au printemps. Le bouturage semi-aoûté, après la taille : la réussite est bonne et les jeunes plants remplacent les vieux pieds qui se dégarnissent.

Les autres méthodes

Semis :

SemerAu printemps, à l’intérieur ou sous abri, graines à peine couvertes d’un voile de sable, à 15 à 20 °C : elles lèvent en 2 à 3 semaines, sans préparation. L’espèce se reproduit assez fidèlement et se ressème parfois seule ; les variétés nommées, non.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les épis fanés mûrissent en juillet et août : les couper secs et les frotter au-dessus d’un papier pour récolter les petites graines brunes. Au sec et au frais, elles restent bonnes 2 à 3 ans.

Division et autres méthodes : Marcottage en butte au printemps : recouvrir la base du pied de sable humide jusqu’à mi-hauteur des rameaux et détacher à l’automne ceux qui ont raciné. Pas de division : la souche ligneuse ne se partage pas.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture racinaire à Phytophthora est de loin la première cause de perte : le pied brunit, se dessèche d’un bloc et ne se soigne pas, seul le drainage prévient. La chlorose calcaire jaunit le feuillage entre les nervures en sol trop calcaire, et se corrige en acidifiant l’arrosage ou en rempotant hors calcaire. Le dépérissement à phytoplasme, transmis par une cicadelle, fait décliner la touffe en une saison et impose de l’arracher.

Parasites fréquents : La cécidomyie de la lavande creuse les rameaux, qui brunissent un à un alors que le reste du pied va bien ; il faut couper sous la galerie et brûler. La cicadelle écumeuse laisse un amas de mousse blanche à l’aisselle des feuilles, sans aucune gravité, qui s’enlève au jet d’eau. Pucerons et cochenilles restent exceptionnels sur une plante aussi aromatique.

Prévention : Plantez sur butte en sol drainant, paillez de gravier et non d’écorce, et gardez le collet sec. Taillez chaque année pour aérer le cœur de la touffe et éviter le feutrage humide qui abrite les pourritures. Renouvelez le pied par bouturage tous les 5 ou 6 ans plutôt que d’essayer de le rajeunir.

Toxicité

Toxicité humaine : La plante n’est pas dangereuse au toucher ni par ingestion accidentelle de quelques feuilles. En revanche, contrairement à la lavande vraie, elle ne s’utilise pas en cuisine : elle est riche en camphre et en fenchone, et son huile essentielle est neurotoxique à forte dose, déconseillée chez la femme enceinte et le jeune enfant.

Toxicité animaux : Les lavandes sont classées toxiques pour le chien, le chat et le cheval à cause du linalol et de l’acétate de linalyle. Le risque réel reste faible car la plante est très peu appétente, mais l’huile essentielle, elle, est nettement dangereuse pour le chat.

Symptômes : Par ingestion notable chez l’animal, perte d’appétit, salivation, vomissements et parfois troubles nerveux. Chez l’humain, l’huile essentielle pure provoque occasionnellement une dermatite de contact, la plante fraîche presque jamais.

Précautions : Ne faites pas d’infusion ni de préparation culinaire avec cette espèce et réservez ces usages à Lavandula angustifolia. N’appliquez et ne diffusez jamais son huile essentielle en présence d’un chat.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le ciste et l’hélichryse partagent exactement ses exigences, sol maigre, acide à neutre et sec, et fleurissent dans la même saison qu’elle. Le thym et la santoline lui font une bordure basse sans lui prendre d’eau. Le romarin rampant tient le devant d’une rocaille avec le même arrosage, c’est-à-dire presque aucun.

Associations à éviter : Hortensias, hostas et fougères demandent un sol frais et riche qui la fait pourrir en un hiver. Les rosiers de massif, arrosés et fumés régulièrement, lui imposent un régime qu’elle ne supporte pas. Évitez aussi la bordure de pelouse arrosée l’été, et les massifs amendés à la chaux ou au calcaire broyé, qui la chlorosent alors qu’ils conviendraient à une lavande vraie.

Conseil : Vérifiez le pH avant de la planter, c’est le geste qui distingue sa réussite de son échec : sur un sol calcaire, plantez Lavandula angustifolia et gardez la papillon pour un pot au substrat choisi. Une butte de gravier et un collet dégagé valent toutes les protections hivernales.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Sujet cultivé dehors toute l’année, en pleine terre dans un sol pauvre, non calcaire et très drainant, ou en pot de terre cuite sans soucoupe, au plein soleil.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à juin : tous les 8 à 12 jours ; de juillet à août : tous les 5 à 7 jours ; de septembre à octobre : tous les 12 à 15 jours N’arroser qu’une fois le substrat sec sur 3 ou 4 cm, en mouillant toute la motte d’un coup puis en laissant l’excédent s’écouler. L’hiver, ne rien donner du tout : c’est l’humidité froide, bien plus que le gel, qui tue la lavande papillon.rythme du pot ; en pleine terre, seule l’année de plantation demande de l’eau
PaillageUtile De mars à avril Étaler 2 à 3 cm de gravier autour du pied, qui renvoie la chaleur et garde le collet sec. Un paillis d’écorce ou de tonte ferait exactement l’inverse et pourrirait la base de la touffe.paillis minéral uniquement, gravier ou pouzzolane
RempotageUtile De mars à avril, tous les 2 ans Rempoter à la sortie de l’hiver dans un contenant à peine plus large, en terre cuite pour que la motte respire, avec un bon lit de billes d’argile au fond. Placer le collet un peu au-dessus du niveau du substrat.terreau sans calcaire, allégé d’un tiers de sable grossier
FloraisonUtile D’avril à juin Les épis coiffés de leurs bractées violettes ouvrent au printemps et non en plein été, ce qui fait de cette lavande la première ressource des abeilles du massif. Une remontée de fin août à octobre suit la taille de juin.un mois et demi plus tôt que la lavande vraie, dès mars dans le Midi
Fleurs fanéesUtile De mai à septembreDès que : dès que les bractées du sommet brunissent et se dessèchent Ôter les épis passés au fil de la saison entretient la remontée et évite que la plante s’épuise à monter en graines. Arrêter fin septembre pour laisser les jeunes pousses durcir avant les premiers froids.couper juste sous l’épi, sans entamer le bois
Inspection parasitaireUtile De mai à août Chercher la cécidomyie, qui fait brunir un rameau entier alors que le reste de la touffe va bien, et couper le rameau atteint en dessous de la galerie. L’amas de mousse blanche de la cicadelle écumeuse, lui, est inoffensif et part au jet d’eau.rameaux qui sèchent isolément, amas mousseux à l’aisselle des feuilles
Taille après floraisonEssentiel De début juin à mi-juillet Rabattre d’un tiers les pousses de l’année en gardant toujours quelques feuilles sous la coupe, pour tenir la touffe en boule compacte. C’est cette taille qui déclenche la remontée de fin d’été et retarde de plusieurs années le moment où le pied se dégarnit.jamais dans le bois nu : elle ne repart pas du vieux bois
Mise à l'abri de la pluieUtile De mi-octobre à fin marsDès que : si le pot reste exposé aux pluies d’hiver ou si la soucoupe retient l’eau Reculer le pot sous un avant-toit dès les pluies d’automne, sans le priver de lumière ni de froid. Une motte détrempée pendant 3 mois fait pourrir les racines avant même que le gel n’intervienne.pied de mur abrité, pot calé sur cales pour l’égouttage
Voile d'hivernageEssentiel De début novembre à mi-marsDès que : dès qu’une gelée inférieure à -7 °C est annoncée Couvrir la touffe d’un voile respirant en le retirant dès le redoux, car c’est la lavande la moins rustique du genre et elle abandonne vers -8 à -10 °C. Le voile enveloppe aussi le pot, dont la motte gèle bien plus vite que la pleine terre.au nord de la Loire, la protection est la règle et non l’exception

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