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Arbre · Magnoliacées

Magnolia à grandes fleurs Magnolia grandiflora

Aussi appelé : Grand magnolia, Magnolier à grandes fleurs, Magnolia persistant, Laurier-tulipier, Southern magnolia

Le magnolia à grandes fleurs est un arbre persistant du sud-est des États-Unis, aux grandes feuilles vernissées, dont les fleurs blanc crème de 20 à 30 cm embaument le jardin de juin à septembre. Lent au départ, il atteint chez nous 8 à 15 m de haut pour 5 à 10 m d’étalement et vit couramment plus d’un siècle. Il demande un sol profond, frais et riche en humus, et des arrosages copieux en été les trois premières années. Les vents froids brûlent ses grandes feuilles et les jeunes sujets craignent les fortes gelées : il lui faut un jardin vaste et abrité.

Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora)
Photo : Riverbanks Outdoor Store from New Port Richey, FL, United States, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbre
Famille
Magnoliacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-15 °C
Floraison
De juin à septembre
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 7 à 9 ; un arbre installé supporte environ -15 °C, les jeunes sujets souffrant plus tôt, surtout sous un vent glacial.

Dimensions : 8 à 15 m de haut en France pour 5 à 10 m d’étalement, avec une croissance lente les premières années.

Floraison : De juin à début septembre : très grandes fleurs blanc crème en coupe, de 20 à 30 cm, au parfum puissant et citronné.

Substrat : Sol profond, frais, riche en humus et bien drainé, au pH de 5,5 à 7,5 ; il tolère un peu de calcaire, mieux que la plupart des magnolias.

Exposition : Plein soleil ou mi-ombre, à l’abri des vents froids qui brûlent ses grandes feuilles.

Arrosage : Copieux tous les 7 à 10 jours en juillet et août les trois premières années, puis seulement en cas de sécheresse prolongée.

Durée de vie : Vivace ligneuse à feuillage persistant, qui dépasse couramment 100 ans.

Multiplication : Marcottage simple d’une branche basse au printemps, sevré au bout de 1 à 2 ans ; la bouture d’été réussit mal.

Arrosage & entretien

Arrosage : Les trois premières années, arroser copieusement au pied, de 10 à 20 L, tous les 7 à 10 jours en juillet et août et tous les 10 à 15 jours en mai, juin et septembre. Ensuite, la pluie suffit hors sécheresse prolongée, et aucun arrosage n’est utile en hiver.

Fertilisation : Un apport de compost mûr griffé en surface en mars suffit, sans bêcher au pied. Un arbre installé n’a pas besoin d’engrais, et l’azote en excès donnerait des feuilles au détriment des fleurs.

Rempotage : En pleine terre, il n’y en a pas ; un jeune sujet en bac se rempote tous les 2 ou 3 ans au printemps, en ménageant la motte, car ses racines charnues cassent facilement. Il finit toujours par réclamer la pleine terre, où il vit bien mieux qu’en pot.

Taille : Elle n’est pas nécessaire : de fin avril à fin mai, à la reprise de la végétation, on supprime seulement le bois mort et les rameaux gelés. Les grosses coupes cicatrisent mal et sont à éviter.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil ou mi-ombre lumineuse : 5 à 6 heures de soleil direct par jour au moins lui assurent une floraison abondante. Dans le Midi, une ombre légère aux heures chaudes ne le gêne pas.

Emplacement : En extérieur et en pleine terre, à l’abri des vents froids du nord et de l’est ; dans la moitié nord de la France, un mur exposé au sud ou à l’ouest le protège. Prévoir la place d’un grand arbre, à bonne distance des façades.

Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche et riche en humus, enrichie de compost à la plantation. Les terres lourdes qui restent gorgées d’eau lui conviennent mal.

pH : De 5,5 à 7,5 ; il supporte un sol légèrement calcaire, mais jaunit en terre très crayeuse, où le fer lui devient inaccessible.

Drainage : Indispensable, car l’eau stagnante asphyxie ses racines charnues et les fait pourrir. En sol argileux, planter sur une légère butte plutôt qu’en cuvette.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : marcottage simple d’avril à juin : entailler une branche basse sous un nœud, l’enterrer à 10 cm dans une cuvette de terreau, la maintenir par un crochet et garder la terre fraîche. L’enracinement demande 1 à 2 ans avant le sevrage ; la greffe reste l’affaire des pépiniéristes. Le marcottage simple, lent mais le plus sûr pour un amateur.

Les autres méthodes

Bouturage : Difficile : en juillet et août, prélever des tiges semi-aoûtées de 15 cm avec un talon, blesser légèrement la base sur 2 cm, réduire de moitié les deux feuilles gardées et piquer dans un mélange de terreau et de perlite. Sous abri, à l’étouffée, avec une chaleur de fond de 20 à 25 °C et l’hormone de bouturage en facultatif, les racines demandent 2 à 3 mois, et une bouture sur trois réussit au mieux.

Semis :

SemerEn octobre, extraire les graines rouges des cônes, retirer leur enveloppe charnue et les garder 3 mois au réfrigérateur dans du sable humide, sans jamais les laisser sécher. Semer en mars sous abri, à 1 cm de profondeur et à 18 à 20 °C : la levée prend 4 à 8 semaines. Les plants reproduisent l’espèce, mais ne fleurissent qu’au bout de 10 à 15 ans.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, pollinisées par des coléoptères. Les fruits en forme de cône s’ouvrent en septembre ou octobre et laissent pendre leurs graines rouges, à cueillir aussitôt. Un sujet jeune ne fleurit, et donc ne graine, qu’au bout de 10 à 15 ans. Les graines meurent en quelques semaines si elles sèchent : elles se gardent seulement en sable humide au réfrigérateur jusqu’au semis, et les cultivars ne se reproduisent pas ainsi.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Après un printemps humide, des taches brunes ou noires sur les feuilles trahissent des champignons foliaires sans gravité ; ramasser les feuilles atteintes suffit le plus souvent. Un jaunissement entre des nervures restées vertes signale une chlorose ferrique en sol calcaire, que corrige un apport de chélate de fer. En sol détrempé, un dépérissement général annonce une pourriture des racines, que seul un meilleur drainage prévient.

Parasites fréquents : Les cochenilles forment de petits boucliers bruns ou des amas cotonneux sur les rameaux et sous les feuilles, et leur miellat noircit le feuillage de fumagine. On les brosse, puis on traite à l’huile de paraffine en fin d’hiver si elles reviennent. Les autres ravageurs le délaissent presque toujours.

Prévention : Planter dans un sol drainant et ne jamais biner au pied, où courent ses racines superficielles. Ramasser les feuilles tachées et pailler chaque printemps entretiennent un arbre vigoureux. Dans les régions froides, l’abriter des vents d’hiver évite des brûlures du feuillage souvent prises pour une maladie.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue par ingestion. Ses feuilles contiennent toutefois des lactones sesquiterpéniques, comme le parthénolide, qui peuvent provoquer un eczéma de contact chez les personnes déjà allergiques aux Astéracées (chrysanthème, camomille, arnica).

Toxicité animaux : Aucune toxicité connue pour les chiens, les chats ou les chevaux.

Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit. Chez une personne sensibilisée, rougeurs, démangeaisons et petites vésicules apparaissent 1 à 2 jours après avoir manipulé le feuillage.

Précautions : Aucune précaution particulière pour la plupart des jardiniers. Les personnes allergiques aux Astéracées porteront des gants pour tailler ou ramasser les feuilles.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les camélias et les hortensias aiment comme lui un sol frais et riche en humus, et prospèrent à la mi-ombre en lisière de sa ramure. Plus près du tronc, des vivaces d’ombre sèche comme l’épimédium ou le géranium à grosses racines couvrent le sol sans exiger de bêchage. Les hellébores s’y plaisent aussi et fleurissent en hiver, quand le magnolia n’offre que son feuillage.

Associations à éviter : Un potager ou des massifs d’annuelles à son pied obligent à bêcher là où courent ses racines superficielles. Les bambous traçants envahissent sa zone racinaire et lui disputent l’eau. Les plantes de plein soleil, lavandes ou rosiers, s’étiolent sous son ombre dense et persistante.

Conseil : Garder autour du tronc une couronne de paillis d’au moins 1 m et installer les couvre-sols au-delà, plutôt que de pousser la pelouse jusqu’au pied. Ses vieilles feuilles, broyées à la tondeuse au printemps, font un bon paillis pour ces plantations.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbre planté en pleine terre, au soleil ou à mi-ombre, à l’abri des vents froids, dans un sol profond, frais et bien drainé.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à juin : tous les 10 à 15 jours ; de juillet à août : tous les 7 à 10 jours ; en septembre : tous les 10 à 15 jours Un arrosage copieux de 10 à 20 L au pied vaut mieux que de petits apports, car ses racines charnues et superficielles souffrent vite du sec.les trois premières années, ensuite seulement par sécheresse prolongée
Compost, amendementUtile En mars Cet apport entretient le sol riche en humus où il pousse le mieux ; un arbre installé n’a besoin d’aucun autre engrais.compost mûr griffé en surface, sans bêcher au pied
PaillageUtile En avril Le paillis garde au frais ses racines superficielles pendant l’été et dispense de biner au pied, travail qu’elles supportent mal.écorces ou feuilles broyées, sans toucher le tronc
Bois mort et feuilles abîméesUtile De mi-avril à fin mai Il se passe de taille : on attend la reprise de la végétation pour voir ce que l’hiver a tué. Les grosses coupes cicatrisent mal, mieux vaut s’en abstenir.rameaux secs ou gelés, coupés au ras d’une ramification saine
Ramassage des feuilles mortesOptionnel De mi-avril à fin juin Il renouvelle son feuillage surtout au printemps et lâche alors ses plus vieilles feuilles : ce jaunissement n’est pas une maladie. Les ramasser évite qu’elles étouffent une pelouse.vieilles feuilles coriaces, lentes à se décomposer
FloraisonOptionnel De début juin à mi-septembre Un sujet issu de semis peut attendre une dizaine d’années ses premières fleurs, quand un sujet bouturé ou greffé fleurit bien plus jeune.grandes fleurs blanc crème très parfumées, qui s’échelonnent
Voile d'hivernageUtile De décembre à févrierDès que : quand un froid sous -10 °C est annoncé sur un sujet planté depuis moins de 3 ans Installé, il supporte environ -15 °C, mais un jeune sujet perd feuilles et rameaux sous un vent glacial.voile en deux épaisseurs sur la ramure, retiré au redoux

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