Arbuste · Magnoliacées
Magnolia de Soulange Magnolia × soulangeana
Aussi appelé : Magnolia de Soulange-Bodin, Magnolia tulipe, Saucer magnolia
Le magnolia de Soulange est un hybride obtenu en France au début du XIXe siècle, l’un des magnolias les plus plantés pour ses grandes coupes blanches lavées de rose pourpre, ouvertes de mi-mars à fin avril avant les feuilles. Il devient avec les années un grand arbuste ou un petit arbre de 4 à 8 m, presque aussi large que haut. Il veut une terre profonde, fraîche, humifère et peu calcaire, au soleil ou à mi-ombre légère. Son bois résiste à -25 °C, mais une gelée de printemps brunit les fleurs ouvertes.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Magnoliacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 9 : le bois supporte environ -25 °C, mais une gelée de printemps, même légère, brunit les fleurs ouvertes.
Dimensions : 4 à 8 m de haut et presque autant de large à maturité, en grand arbuste à plusieurs troncs ou en petit arbre, avec une croissance moyenne.
Floraison : De mi-mars à fin avril, avant les feuilles, en grandes coupes blanches lavées de rose pourpre à la base, légèrement parfumées ; quelques fleurs reviennent parfois en été.
Substrat : Terre profonde, fraîche, riche en humus et bien drainée, au pH de 5,5 à 7 ; en sol calcaire, son feuillage jaunit.
Exposition : Soleil ou mi-ombre légère, à l’abri des vents froids et loin des creux où stagnent les gelées de printemps.
Arrosage : Les trois premières années, 20 litres environ au pied tous les 5 à 8 jours en juillet et août, un peu moins souvent en mai, juin et septembre ; ensuite, seulement par sécheresse prolongée.
Durée de vie : Arbuste ou petit arbre caduc, vivace et de longue vie, qui dépasse couramment 50 ans.
Multiplication : Marcottage simple d’une branche basse au printemps ; le semis ne reproduit pas cet hybride.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les trois premières années, versez 20 litres environ au pied tous les 8 à 12 jours en mai et juin, tous les 5 à 8 jours en juillet et août, et tous les 10 à 15 jours en septembre. Ensuite, il ne s’arrose plus que par sécheresse prolongée, toujours copieusement et au pied.
Fertilisation : Les premières années, un engrais organique pour plantes de terre de bruyère, griffé en surface en mars, soutient sa pousse. Un arbre installé se nourrit du paillis qui se décompose, et l’azote en excès le pousserait en feuilles au détriment des fleurs.
Rempotage : Aucun en pleine terre, où il se plante à l’automne ou en mars, dans un trou large garni de compost, sans enterrer la motte plus profondément qu’en pot. Il se déplace très mal une fois installé : mieux vaut choisir sa place définitive dès la plantation.
Taille : Elle se limite au bois mort et aux branches cassées ou qui se croisent, de juillet à début septembre, quand ses coupes saignent peu. Une taille sévère le fait repartir en rejets vigoureux et le prive de fleurs pendant plusieurs années.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre claire, avec au moins 6 heures de lumière directe par jour ; trop à l’ombre, il s’étire et fleurit peu.
Emplacement : En extérieur et en pleine terre, en isolé, en lui réservant un cercle de 6 à 8 m de diamètre, car il s’étale presque autant qu’il monte. Abritez-le des vents froids et évitez les fonds de vallée, où les gelées tardives détruisent les fleurs.
Substrat : Une terre de jardin profonde et riche en humus, enrichie de compost ou de terreau de feuilles à la plantation. Il tolère une terre argileuse, pourvu qu’elle ne reste pas gorgée d’eau.
pH : De 5,5 à 7, idéalement légèrement acide ; en terre calcaire, ses feuilles jaunissent faute de fer assimilable.
Drainage : Un sol frais mais jamais détrempé : dans une terre gorgée d’eau, ses grosses racines manquent d’air et pourrissent. En terre lourde, plantez la motte légèrement au-dessus du niveau du sol.
Multiplication
Marcottage par couchage : marcottage simple d’avril à juin : entailler une branche basse sous un nœud, la coucher à 10 cm de profondeur dans une cuvette de terreau et la maintenir par un crochet. La sevrer au bout de 1 à 2 ans ; la greffe reste l’affaire des pépiniéristes. Le marcottage simple reproduit fidèlement l’arbre et réussit bien chez l’amateur.
Les autres méthodes
Bouturage : Délicat : en juin et juillet, piquer des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, la base blessée sur 2 cm, dans un mélange de terreau et de perlite, sous abri, à l’étouffée et au chaud, vers 20 à 25 °C. L’hormone de bouturage, facultative, aide la reprise, qui demande 8 à 12 semaines et reste incertaine.
Semis :
SemerSans intérêt pour l’amateur : hybride, il donne peu de graines fertiles, et les plants ne reproduisent ni sa fleur ni ses cultivars.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : fruits plus nombreux près d’un autre magnolia. Hybride, il ne forme que de rares fruits aux graines rouges peu fertiles, et ses semis ne redonnent ni sa fleur ni ses cultivars. Inutile d’en chercher dans le commerce : le marcottage reste la seule voie fidèle.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Par printemps humide, des taches brunes ou noires, parfois cernées de jaune, marquent les jeunes feuilles : dues à des champignons ou à une bactérie, elles restent sans gravité, et ramasser les feuilles atteintes suffit. En terre calcaire, des feuilles jaunes aux nervures encore vertes révèlent une chlorose ferrique, que le chélate de fer corrige pour la saison. En sol détrempé, des branches qui dépérissent l’une après l’autre signalent une pourriture des racines, que seul un meilleur drainage prévient.
Parasites fréquents : Des cochenilles se fixent parfois sur les jeunes rameaux, en coques brunes collées à l’écorce ; leur miellat poisse les feuilles, qui se couvrent ensuite d’un dépôt noir de fumagine. Grattez-les à la brosse dès leur découverte et, si l’attaque persiste, pulvérisez en fin d’hiver une huile de paraffine portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Le bon emplacement fait l’essentiel : un sol qui s’égoutte, un abri contre les vents froids, et aucun outil qui retourne la terre sous sa ramure. Renouvelez le paillis chaque printemps et arrosez copieusement les premiers étés pour garder l’arbre vigoureux. Réservez les coupes à l’été, avec des outils désinfectés, pour limiter les entrées de maladies.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité n’est connue chez l’homme, ni pour les feuilles, ni pour les fleurs, ni pour l’écorce.
Toxicité animaux : Aucune toxicité connue pour les chiens, les chats ou les chevaux ; l’ASPCA classe d’ailleurs non toxique son proche parent, le magnolia étoilé.
Symptômes : Aucun symptôme d’intoxication n’est décrit. Au pire, un chien qui mâchonne des feuilles ou des pétales tombés peut avoir l’estomac dérangé quelques heures.
Précautions : Rien de particulier : sa place près d’une aire de jeux ou d’un enclos ne pose aucun problème.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les anémones des bois et les scilles tapissent le sol sous sa ramure encore nue et fleurissent avec lui, puis s’effacent sans gêner ses racines. En lisière de sa couronne, pieris et camélias trouvent la même terre fraîche et acide que lui et prolongent la saison des fleurs. Les cyclamens de Naples prennent le relais à l’automne, à l’ombre sèche sous ses branches.
Associations à éviter : Une pelouse tondue jusqu’au tronc lui dispute l’eau, et la tondeuse ou la débroussailleuse blessent son écorce fine. Les vivaces qu’il faut diviser tous les 3 ans, comme les asters ou les phlox, obligent à retourner la terre où courent ses racines charnues. Les cyprès de Leyland et autres conifères à croissance rapide, plantés trop près, lui volent la lumière et assèchent le sol.
Conseil : Plantez-le devant un fond sombre, haie d’if ou mur de pierre, qui fait ressortir ses fleurs claires et l’abrite du vent.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Grand arbuste ou petit arbre caduc planté en pleine terre, en isolé, au soleil ou à mi-ombre légère, dans une terre profonde, fraîche, riche en humus et non calcaire, à l’abri des vents froids.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : tous les 8 à 12 jours ; de juillet à août : tous les 5 à 8 jours ; en septembre : tous les 10 à 15 jours | Verser 20 litres environ au pied, lentement, pour mouiller toute la motte et non la seule surface. |
| Engrais à libération lente | En mars | Cet apport soutient la pousse d’un jeune sujet ; un arbre installé s’en passe, et l’azote en excès le pousserait en feuilles plutôt qu’en boutons. |
| Floraison | De mi-mars à fin avril | Une gelée sur les fleurs ouvertes les brunit en une nuit sans nuire à l’arbre ; quelques fleurs isolées reviennent parfois en été. |
| Paillage | En avril | Ses racines charnues courent à faible profondeur : le paillis leur garde la fraîcheur et remplace le binage, qui les blesserait. |
| Correction du pH | De mi-avril à fin août | Ce jaunissement trahit un sol trop calcaire, où le fer lui devient inaccessible ; le chélate reverdit le feuillage pour la saison, l’apport de terre acide limite la rechute. |
| Inspection parasitaire | De juin à août | Un miellat collant ou une fumagine noire sur les feuilles les trahit ; grattées dès leur apparition, elles ne s’installent pas. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De début juillet à mi-septembre | En été, ses coupes saignent peu et cicatrisent mieux qu’en fin d’hiver ; une taille sévère le ferait repartir en rejets vigoureux, au détriment des fleurs. |