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Vivace · Malvacées

Mauve musquée Malva moschata

Aussi appelé : Mauve musc, Mauve à odeur de musc, Musk mallow

La mauve musquée est une vivace sauvage d’Europe, que l’on croise au bord des chemins et dans les prés secs. Elle forme chez nous une touffe ramifiée de 60 à 90 cm, couverte de juin à septembre de fleurs en coupe rose tendre ou blanches, au léger parfum de musc, que les abeilles visitent sans relâche. Elle veut du soleil et une terre drainée, même pauvre, caillouteuse ou calcaire, et se passe presque d’eau dès la deuxième année. Elle ne vit que 3 à 5 ans, mais ses semis spontanés la maintiennent au jardin ; seule une terre détrempée l’hiver la met en danger.

Mauve musquée (Malva moschata)
Photo : Drojat, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Vivace
Famille
Malvacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-34 °C
Floraison
De juin à septembre
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 8, la souche supporte environ -34 °C sans protection particulière dans un sol drainé.

Dimensions : 60 à 90 cm de hauteur pour 40 à 60 cm d’étalement à maturité, port buissonnant et ramifié.

Floraison : De juin à septembre, fleurs en coupe rose tendre ou blanches, au léger parfum musqué, très mellifères.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, légère et bien drainée, même pauvre, caillouteuse ou calcaire ; pH idéal de 6,0 à 7,5.

Exposition : Plein soleil de préférence ; la mi-ombre claire est tolérée, au prix d’une floraison plus clairsemée et de tiges qui s’étirent.

Arrosage : Un arrosage copieux par semaine la première année, le temps que la racine pivotante s’installe. Ensuite la mauve musquée se passe presque totalement d’eau, sauf canicule prolongée.

Durée de vie : Vivace de courte vie, 3 à 5 ans. Elle se ressème seule et se maintient ainsi indéfiniment dans un massif.

Multiplication : Semis en place ou en godets d’avril à début juin ; elle se ressème aussi d’elle-même.

Arrosage & entretien

Arrosage : Au printemps et en été, arroser au pied tous les 8 à 10 jours la première année seulement, puis uniquement lors des sécheresses marquées. En automne et en hiver, aucun apport : l’excès d’humidité sur la souche est la principale cause de perte.

Fertilisation : Aucune fertilisation n’est nécessaire, la plante fleurit mieux en sol pauvre. Tout au plus un demi-seau de compost mûr griffé au pied tous les 2 ou 3 ans, un excès d’azote donnant des tiges molles qui versent.

Rempotage : C’est une vivace de pleine terre dont la racine pivotante supporte mal le transplantage passé la première année. En pot, choisir un contenant profond d’au moins 30 cm et renouveler le substrat au printemps tous les 2 ans, sans casser la motte.

Taille : Rabattre les tiges de moitié juste après la première vague de floraison, fin juillet, pour déclencher une remontée en septembre. Couper le tout à 5 cm du sol en fin d’hiver, et supprimer les fleurs fanées si l’on veut éviter les semis spontanés, très généreux.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, avec au moins 6 heures de lumière directe par jour pour des tiges trapues et une floraison dense. Elle accepte la mi-ombre lumineuse, mais s’étiole et fleurit moins.

Emplacement : Plante d’extérieur exclusivement, à installer en massif, en bordure ou en prairie fleurie, dans une exposition sud ou ouest. Un emplacement aéré, jamais confiné entre deux murs, limite fortement la rouille.

Substrat : Terre de jardin ordinaire, plutôt légère et pauvre, sableuse ou caillouteuse, éventuellement calcaire. En pot, un mélange de terre franche, de terreau et d’un tiers de sable grossier ou de pouzzolane convient parfaitement.

pH : Optimum entre 6,0 et 7,5, avec une bonne tolérance jusqu’à 8,0 en sol calcaire.

Drainage : Le drainage doit être franc, surtout en hiver. Un sol lourd et gorgé d’eau provoque la pourriture du collet et de la racine pivotante, cause de disparition la plus fréquente ; en terre argileuse, planter sur une butte ou incorporer du gravier.

Multiplication

Méthode conseillée

Semis : d’avril à début juin, semer dehors en place ou en godets, graines couvertes de 3 à 5 mm ; à 15 à 20 °C, la levée prend 1 à 3 semaines. Les graines reproduisent l’espèce, et la forme blanche en grande partie ; la plante se ressème aussi d’elle-même. Le semis, simple et sûr, en place ou en godets pour ménager la racine pivotante.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les fruits en forme de petites galettes se récoltent d’août à octobre quand ils brunissent, et s’égrènent à la main en quartiers. Un seul pied donne des graines en abondance ; pour garder la forme blanche pure, la cultiver loin des pieds roses. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes 3 ans.

Les autres méthodes

Bouturage : Possible pour garder une forme précise, comme la blanche : en avril, piquer des pousses de la base de 8 cm dans un mélange de terreau et de sable, sous abri et à l’ombre. Les racines se forment en 3 à 4 semaines.

Division et autres méthodes : Délicate, la racine pivotante supportant mal d’être coupée : si on la tente, de la mi-mars à fin avril, détacher à la bêche un éclat muni d’une bonne racine et le replanter aussitôt. Mieux vaut renouveler les pieds par semis.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La rouille des malvacées (Puccinia malvacearum) est la menace principale : pustules brun orangé au revers des feuilles et taches jaunes décolorées sur le dessus, jusqu’à la défoliation. Supprimer et détruire les feuilles atteintes dès les premiers signes, rabattre sévèrement les sujets très touchés, et traiter le cas échéant à la bouillie bordelaise ou au soufre en préventif au printemps. On observe aussi des taches foliaires (Colletotrichum) et la pourriture du collet en sol lourd et humide.

Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les jeunes pousses et les boutons, se repérant aux amas verts ou noirs et au miellat collant ; un jet d’eau en vient le plus souvent à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les altises de la mauve (Podagrica) criblent le feuillage de petits trous ronds sans compromettre la plante, et les chenilles de la belle-dame (Vanessa cardui) grignotent quelques feuilles, ce que l’on peut tolérer puisque la mauve est leur plante hôte. Par temps chaud et sec, les acariens peuvent bronzer le feuillage.

Prévention : Espacer les plants de 40 à 50 cm et arroser strictement au pied, tôt le matin, sans mouiller le feuillage. Ramasser et évacuer toutes les feuilles mortes à l’automne, car la rouille hiverne dessus, et éloigner les roses trémières et lavatères qui servent de réservoir. Renouveler la touffe par semis tous les 3 ou 4 ans, cette vivace étant naturellement de courte vie et les vieux pieds étant les plus sensibles.

Toxicité

Toxicité humaine : Espèce non toxique : feuilles jeunes, fleurs et graines immatures sont traditionnellement consommées, comme chez les autres mauves. Consommée en grande quantité, elle reste sans danger réel mais son mucilage a un effet légèrement laxatif.

Toxicité animaux : Aucune toxicité connue pour le chien, le chat ou le cheval, et la mauve musquée ne figure pas parmi les plantes signalées comme toxiques pour eux. Chez les herbivores de rente, les mauves peuvent accumuler des nitrates en sol très fertilisé, ce qui rend déconseillé un pâturage massif et exclusif.

Symptômes : En cas d’ingestion importante, on peut observer des selles molles ou une diarrhée passagère, sans gravité. Aucun effet irritant notable au contact de la sève ou du feuillage, seuls les poils fins des tiges pouvant provoquer une gêne cutanée chez les personnes très sensibles.

Précautions : Ne récolter pour la consommation que des plants non traités, loin des bords de route, et bien identifier la plante avant tout usage alimentaire. Rincer les mains après une longue séance de taille, par simple précaution.

Associations de plantes

Bonnes associations : L’achillée millefeuille et la népéta partagent exactement ses besoins (plein soleil, sol pauvre et drainé, peu d’eau) et prolongent la floraison mellifère du massif. Les graminées légères comme la stipe ou le calamagrostis soutiennent physiquement ses tiges souples et masquent la base qui se dégarnit en fin d’été. Une échinacée ou une rudbeckia prend le relais en août, quand la mauve musquée marque une pause entre ses deux vagues.

Associations à éviter : La rose trémière et la lavatère, malvacées elles aussi, partagent la même rouille et transforment le massif en foyer d’infection permanent. Les vivaces d’ombre fraîche comme les hostas, les astilbes ou les fougères imposent des arrosages réguliers qui font pourrir sa racine pivotante. Les couvre-sols denses et étalés, type géranium macrorrhizum en nappe, étouffent ses semis spontanés et confinent l’air à la base des tiges.

Conseil : Plantez-la par groupes de trois, espacés de 45 cm, au milieu de compagnes à port rigide qui lui servent de tuteurs naturels et évitent le tuteurage. Laissez mûrir quelques capsules de graines en fin de saison : les semis spontanés renouvellent d’eux-mêmes la colonie, cette vivace étant de courte durée de vie.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au jardin, en massif, bordure ou prairie fleurie, au soleil ou à mi-ombre légère, dans un sol ordinaire et bien drainé. Vivace indigène très rustique, de vie assez brève, qui se renouvelle par ses semis spontanés.

GesteQuandComment
Fleurs fanéesEssentiel De début juin à mi-septembre : tous les 7 à 12 jours Supprimer les fleurs passées prolonge nettement la floraison, qui s'arrête dès que la plante monte en graines. Laisser quelques tiges se former en fin d'été si l'on souhaite des semis spontanés, très abondants chez cette plante.couper au-dessus d'une feuille bien formée
ArrosageUtile De juin à août : tous les 8 à 14 jours Un pied installé traverse l'été sans arrosage grâce à sa racine pivotante profonde. N'intervenir qu'en sécheresse prolongée ou la première année, en mouillant copieusement une seule fois.au pied, sans mouiller le feuillage
Inspection parasitaireEssentiel De mai à septembre : tous les 7 à 12 jours Chercher les petites pustules orangées de la rouille de la mauve, qui apparaissent d'abord sur le feuillage inférieur par temps humide. Retirer et jeter les feuilles atteintes dès les premières taches, sans les mettre au compost.revers des feuilles du bas
Division de touffeOptionnel De mi-mars à fin avril, tous les 3 ans Diviser une touffe âgée reste délicat, la racine pivotante supportant mal d'être coupée. Préférer le semis pour multiplier cette plante ou renouveler une potée.reprise souvent difficile
SemisUtile De début avril à mi-juin La plante vivant peu d'années, il faut renouveler régulièrement les pieds pour maintenir la présence au jardin. Les jeunes plants supportent mal la transplantation à cause de leur racine pivotante.semer clair, en place et à peine recouvert
Palissage, tuteurageUtile De mi-mai à fin aoûtDès que : quand les tiges dépassent 60 cm ou après un orage qui les couche Les touffes fleuries se couchent facilement sous la pluie et le vent, surtout en sol riche. Un support léger installé avant la floraison passe inaperçu une fois la plante développée.tuteur discret ou branchages en fagot
RabattageUtile En juillet Rabattre après la première vague de fleurs relance une seconde floraison en fin d'été. Le geste redonne aussi une touffe compacte, la plante ayant tendance à s'étaler et à se coucher après juin.couper la touffe au tiers de sa hauteur
Ramassage des feuilles mortesUtile De mi-octobre à fin novembre Ramasser et éliminer tout le feuillage tombé, qui porte les spores de la rouille jusqu'au printemps suivant. Ce seul geste réduit fortement les attaques de l'année d'après.ne pas mettre au compost

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