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Arbuste · Éricacées

Rhododendron Rhododendron catawbiense

Aussi appelé : Rhododendron de Catawba, Rosage, Catawba rhododendron

Le rhododendron de Catawba est un arbuste à feuillage persistant des montagnes des Appalaches, dans l’est des États-Unis, et l’une des espèces les plus rustiques du genre, à l’origine de nombreux hybrides de jardin. Il forme un buisson dense et arrondi de 2 à 3 m en tous sens, couvert en mai-juin de gros bouquets lilas pourpré. Il exige une terre de bruyère ou un sol franchement acide, frais et humifère, et la mi-ombre à l’abri des vents desséchants. Le calcaire lui est fatal, et toute la plante est toxique.

Rhododendron (Rhododendron catawbiense)
Photo : Kor!An (Андрей Корзун), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Type
Arbuste
Famille
Éricacées
Exposition
Mi-ombre
Température minimale
-30 °C
Floraison
De mai à juin
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 4 à 5, jusqu’à -30 °C ; c’est l’une des espèces les plus rustiques du genre, et la souche de nombreux hybrides de jardin.

Dimensions : 2 à 3 m de hauteur pour autant d’étalement, en arbuste dense et arrondi, atteints en une quinzaine d’années.

Floraison : En mai-juin : gros bouquets de fleurs en entonnoir lilas pourpré, parfois rose lilacé ou blanc, sans parfum notable. Toute la plante est toxique, fleurs comprises.

Substrat : Terre de bruyère ou sol franchement acide, humifère, frais et léger ; le calcaire lui est fatal.

Exposition : Mi-ombre, à l’abri du soleil brûlant et des vents froids et desséchants.

Arrosage : Régulier avec une eau non calcaire, ses racines superficielles ne descendant pas chercher l’eau en profondeur.

Durée de vie : Arbuste vivace très longévif : 100 ans et plus en sol acide et frais, où il ne demande presque rien.

Multiplication : Marcottage simple d’une branche basse au printemps, sevré après 1 à 2 ans ; la bouture d’août reprend difficilement.

Arrosage & entretien

Arrosage : Tous les 4 à 6 jours en été, à l’eau de pluie de préférence, en mouillant largement la surface plutôt qu’en profondeur. Ne pas relâcher en juillet et en août : c’est là que se forment les boutons de l’année suivante.

Fertilisation : Un engrais pour plantes de terre de bruyère au printemps, de fin mars à fin avril, et rien d’autre. Un excès brûle les racines fines qui courent en surface.

Rempotage : Tous les 3 ans au printemps en bac, dans un mélange de terre de bruyère et d’écorces de pin. En pleine terre, un surfaçage annuel de terreau de feuilles remplace tout rempotage.

Taille : Presque aucune. Casser les fleurs fanées à la main juste après la floraison, en prenant garde aux deux bourgeons qui pointent en dessous, et se contenter d’ôter le bois mort.

Exposition & substrat

Exposition : Mi-ombre, 3 à 4 heures de soleil doux le matin. Le plein soleil de l’après-midi brûle le feuillage et raccourcit la floraison, l’ombre totale la supprime.

Emplacement : Extérieur, en lisière de sous-bois ou au nord d’un bâtiment, abrité des vents d’est qui dessèchent les feuilles persistantes en hiver.

Substrat : Terre de bruyère mélangée à du terreau de feuilles et à des écorces de pin, très aérée et retenant la fraîcheur.

pH : Entre 4,5 et 5,5 impérativement. Au-delà de 6, la chlorose s’installe et ne se corrige que provisoirement.

Drainage : Drainage indispensable, en sol souple et jamais compacté. Ses racines fines et superficielles pourrissent vite dans un sol lourd et détrempé, et il vaut mieux le planter légèrement en butte.

Multiplication

Méthode conseillée

Marcottage par couchage : marcottage simple au printemps : courber une branche basse, entailler l’écorce en dessous, l’enterrer à 10 cm dans de la terre de bruyère, la fixer d’un crochet et la sevrer après 1 à 2 ans. Le marcottage simple au printemps, lent mais sûr ; la bouture est difficile chez ce rhododendron, et le semis ne reproduit pas les hybrides qui en descendent. Porter des gants, toute la plante est toxique.

Les autres méthodes

Bouturage : Difficile : en août ou septembre, prélever des tiges aoûtées de 10 cm avec un talon, blesser la base sur 2 cm, l’hormone de bouturage étant ici très utile, et les piquer dans un mélange de terre de bruyère et de perlite. À l’étouffée sous abri, avec une chaleur de fond de 20 °C, l’enracinement prend 3 à 4 mois pour une reprise faible.

Semis :

SemerEn février ou mars, à l’intérieur, semer les graines très fines en surface, à la lumière, sur terre de bruyère tamisée humide, sous couvercle à 18 à 20 °C ; la levée prend 3 à 4 semaines et la floraison attend 5 à 7 ans. Les graines reproduisent l’espèce si elles viennent d’un pied isolé, jamais les hybrides.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des bourdons. Les capsules brunissent en octobre ou novembre ; on les cueille juste avant qu’elles ne s’ouvrent, on les laisse sécher dans un sachet de papier, et les graines se gardent au réfrigérateur, au sec, 1 à 2 ans. Les bourdons qui fécondent les fleurs les croisent volontiers avec les rhododendrons hybrides voisins : seules les graines d’un pied isolé, ou d’un fournisseur spécialisé, donnent l’espèce.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le phytophthora, pourriture racinaire de sol lourd et humide, fait flétrir puis brunir un rameau entier ou la plante complète, sans traitement possible. La chlorose ferrique, feuilles jaunes à nervures vertes, trahit un sol trop calcaire ou une eau d’arrosage dure. Planter en butte et arroser à l’eau de pluie préviennent les deux.

Parasites fréquents : Le tigre du rhododendron piquette le dessus des feuilles de points blancs et laisse au revers des déjections noires luisantes. L’otiorhynque découpe des encoches régulières au bord des feuilles, et sa larve dévore les racines. Les nématodes auxiliaires arrosés au sol en fin d’été traitent le second.

Prévention : Assurer un sol acide, léger et jamais gorgé d’eau, pailler généreusement d’écorces sans toucher le collet, et ne jamais bêcher à son pied, ce qui détruirait ses racines superficielles.

Toxicité

Toxicité humaine : Très toxique. Toutes les parties contiennent des grayanotoxines, y compris le nectar : le miel produit à partir de ses fleurs, dit miel fou, provoque des intoxications documentées.

Toxicité animaux : Gravement toxique pour le chien, le chat, et surtout pour les chèvres, moutons et chevaux, chez qui l’ingestion de quelques feuilles peut être mortelle.

Symptômes : Salivation abondante, vomissements, douleurs abdominales, puis troubles cardiaques avec ralentissement du rythme, chute de tension, faiblesse et convulsions dans les cas graves.

Précautions : Ne jamais laisser les chutes de taille à portée d’herbivores, ne pas le planter dans un enclos à animaux, et consulter en urgence dès qu’une ingestion est suspectée. C’est l’une des plantes de jardin les plus dangereuses pour le bétail.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les azalées, camélias et pieris, mêmes exigences de sol acide, frais et de mi-ombre, avec des floraisons qui se succèdent de février à juin. Les fougères et les hostas, qui couvrent son pied sans concurrencer ses racines de surface. Les érables du Japon, compagnons naturels dans les massifs de terre de bruyère.

Associations à éviter : Toutes les plantes de sol calcaire, lavande, buis, œillets, qui demanderaient un amendement calcaire fatal au rhododendron. Les vivaces à racines pivotantes plantées trop près, dont l’installation obligerait à bêcher son pied.

Conseil : Pailler largement d’écorces de pin plutôt que de planter quoi que ce soit dans le premier mètre : ses racines occupent les vingt premiers centimètres du sol, et tout ce qui s’y plante, s’y bêche ou s’y piétine l’affaiblit durablement.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre, à mi-ombre et à l’abri du vent, en terre de bruyère ou en sol acide, frais et bien drainé.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De mai à septembre : tous les 3 à 5 jours ; d’octobre à avril : tous les 12 à 18 jours Les racines sont fines et courent en surface : elles sèchent en 2 jours de vent. Les boutons de l’année suivante se formant en juillet et en août, c’est là qu’un manque d’eau coûte le plus cher.eau de pluie, jamais d’eau calcaire
Inspection parasitaireUtile De mai à septembre : toutes les 2 à 4 semaines Les encoches sont l’œuvre de l’adulte, sans gravité ; ce sont ses larves, invisibles, qui rongent les racines et font dépérir la plante d’un coup.otiorhynque : encoches en demi-lune sur le bord des feuilles
PaillageEssentiel De mi-mars à fin avril Le paillis remplace tout binage : un simple coup de griffe casse les racines qui courent à quelques centimètres sous la surface.écorces de pin ou aiguilles, 8 cm, sans jamais bêcher au pied
Engrais à libération lenteUtile De mi-mars à fin avril Un apport unique au printemps couvre l’année entière ; plus tard, il relancerait des pousses tendres que le premier gel abîmerait.engrais pour terre de bruyère, jamais après le mois de juin
Correction du pHUtile D’avril à septembreDès que : quand le feuillage jaunit entre les nervures restées vertes Ce jaunissement dit que le sol est trop calcaire et que la plante ne peut plus absorber le fer. Sans correction, le pied dépérit en deux ou trois saisons.arrosages au chélate de fer, et eau de pluie exclusivement
Fleurs fanéesEssentiel De mi-mai à fin juin Ôter les fleurs passées avant qu’elles ne montent en graines double presque la floraison de l’année suivante. Le sécateur est à proscrire : les bourgeons neufs sont juste sous la hampe.casser la hampe fanée à la main, sans abîmer les deux bourgeons du dessous
Ombrage estivalOptionnel De juin à aoûtDès que : quand le soleil de l’après-midi brûle le feuillage d’un jeune sujet Des plages brunes sur le dessus des feuilles trahissent un coup de soleil, souvent aggravé par une motte sèche.toile d’ombrage ou plantation d’un voisin plus haut

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