Plante d’intérieur · Éricacées
Azalée des fleuristes Rhododendron simsii
Aussi appelé : Azalée d’intérieur, Azalée de l’Inde, Azalée indica, Azalée en pot, Indian azalea
L’azalée des fleuristes est un arbuste à feuillage persistant de Chine et de Taïwan, vendu chez nous en pot pour sa floraison d’hiver. Elle forme une boule compacte de 30 à 60 cm, couverte de décembre à avril de grandes fleurs simples ou doubles, souvent frangées. Elle demande une pièce fraîche entre 12 et 18 °C, une terre de bruyère et des arrosages fréquents à l’eau de pluie, sans jamais laisser sécher la motte. Souvent jetée après la floraison, elle vit 10 à 20 ans si elle passe l’été dehors et l’hiver au frais.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Éricacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 5 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Exigeante
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 9, soit environ -5 °C en pointe sur un sujet installé et abrité, et rien de plus. En pot la motte gèle avant la plante : ne pas descendre sous 5 °C, la floraison se tenant le mieux entre 12 et 18 °C.
Dimensions : 30 à 60 cm en tous sens en pot, la silhouette compacte des azalées de fleuriste. En pleine terre sous climat doux et en 20 ans, elle atteint 1,50 m.
Floraison : De décembre à avril en intérieur frais, de grandes fleurs simples ou doubles, roses, rouges, saumon, blanches ou bicolores, souvent frangées, sans parfum. Toute la plante est toxique, pour l’homme comme pour les animaux.
Substrat : Terre de bruyère, volontiers coupée d’un tiers d’écorce fine et de terreau de feuilles, souple et acide. pH idéal de 4,5 à 5,5, jamais au-dessus de 6.
Exposition : Mi-ombre claire, c’est-à-dire très lumineux sans soleil direct de midi : derrière une fenêtre voilée l’hiver, sous un arbre clair ou au nord d’un mur l’été.
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en fleurs, presque tous les jours en pot au cœur de l’été, tous les 4 à 5 jours en septembre et octobre, à l’eau de pluie exclusivement. Peu à la fois mais souvent : la motte reste fraîche sans jamais baigner.
Durée de vie : Vivace ligneuse, souvent jetée après sa floraison alors qu’elle vit 10 à 20 ans dès lors qu’elle passe l’été dehors et l’hiver au frais.
Multiplication : Bouturage de pousses semi-aoûtées après la floraison, de mai à juillet, à l’étouffée vers 20 °C.
Arrosage & entretien
Arrosage : Eau de pluie ou déminéralisée, tous les 2 à 3 jours pendant la floraison hivernale, tous les jours ou presque en pot au cœur de l’été, tous les 4 à 5 jours en septembre et octobre. Si la motte s’est asséchée et repousse l’eau, la réhumecter par un bassinage d’un quart d’heure, l’arrosage par le dessus n’y suffit plus.
Fertilisation : Engrais liquide pour plantes de terre de bruyère tous les 15 jours, de la mi-avril au début d’août seulement. Arrêt net ensuite : passé août, l’azote empêche le bois de mûrir et les boutons de se former.
Rempotage : Tous les 2 ans, en avril ou mai après la floraison, dans un pot un seul diamètre plus large et en terre de bruyère. Griffer le pourtour de la motte, très feutrée, et garder le collet au ras du substrat.
Taille : Juste après la floraison, entre avril et le début de mai, raccourcir d’un tiers les rameaux trop longs et ôter les fleurs fanées. Plus rien après juin, puisque les boutons de l’année suivante se forment en juillet.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive sans soleil direct aux heures chaudes ; 2 à 3 heures de soleil doux du matin lui conviennent très bien. Le plein soleil de juillet brûle le feuillage et cuit la motte en pot.
Emplacement : Intérieur d’octobre à mai, dans une pièce claire et fraîche de 12 à 15 °C, à l’écart des radiateurs. Dehors de la mi-mai à la fin de septembre, à mi-ombre au nord ou à l’est d’un mur, abritée du vent.
Substrat : Terre de bruyère additionnée d’écorce de pin fine et de terreau de feuilles pour l’aération. Ni terre de jardin calcaire ni terreau universel, qui la condamnent à court terme.
pH : De 4,5 à 5,5. Au-delà de 6, le fer devient indisponible et les feuilles jaunissent entre des nervures restées vertes.
Drainage : Racines fines et superficielles, qui veulent une motte fraîche mais aérée : lit de billes d’argile au fond, soucoupe et cache-pot vidés après chaque arrosage. L’eau stagnante ouvre la porte au phytophthora, qui fait flétrir la plante entière sans que la motte soit sèche.
Multiplication
Bouturage : de mai à fin juillet, prélever des pousses semi-aoûtées de 5 à 8 cm, garder 3 ou 4 feuilles au sommet et piquer dans un mélange de terre de bruyère et de perlite à parts égales. Sous sac transparent, à la lumière sans soleil direct et à 20 à 22 °C, l’enracinement prend 6 à 10 semaines ; l’hormone de bouturage est facultative. La bouture semi-aoûtée après la floraison, de mai à juillet, à l’intérieur ou sous abri, à l’étouffée ; la réussite est moyenne à bonne. Porter des gants, toute la plante est toxique.
Les autres méthodes
Semis :
SemerUn amateur ne le sème pas : les azalées des fleuristes sont des hybrides que les graines ne reproduisent pas.
Récolter les grainesPas de graines en culture : en intérieur, sans insectes, les fleurs souvent doubles de ces hybrides ne forment pas de capsules, et les rares graines ne reproduiraient pas la variété. On la multiplie par bouture ou par marcottage.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps, en pot : courber une branche basse vers un godet voisin rempli de terre de bruyère, l’y enterrer à 3 cm après avoir entaillé l’écorce et la sevrer quand elle repart, après 6 mois à un an.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La chlorose ferrique est le trouble le plus fréquent : feuilles jaune pâle à nervures vertes, provoquée par l’eau calcaire ou un substrat trop neutre, à corriger par l’eau de pluie et un chélate de fer. Le phytophthora, favorisé par l’eau stagnante, fait flétrir feuilles et rameaux d’un bloc et ne se soigne pas, seul le drainage le prévient. En atmosphère confinée, le botrytis marque les fleurs de taches brunes molles : aérer et retirer les fleurs touchées.
Parasites fréquents : Les araignées rouges piquettent le feuillage de gris dans l’air chaud et sec des pièces chauffées. Dehors l’été, le tigre du rhododendron laisse un piquetage pâle sur le dessus des feuilles et des points noirs vernissés dessous. L’otiorhynque découpe des encoches en demi-lune sur les bords et ses larves dévorent les racines dans le pot, à traiter par nématodes auxiliaires en août ou septembre.
Prévention : Pièce fraîche l’hiver, mi-ombre aérée l’été, et eau de pluie du premier au dernier arrosage. Retourner quelques feuilles chaque semaine pendant l’été dehors, où tout se joue en 15 jours. Ne jamais laisser une soucoupe pleine.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante franchement toxique, comme tous les rhododendrons : toutes ses parties contiennent des grayanotoxines, feuilles, fleurs, rameaux et nectar compris. Le miel issu de ses fleurs est lui-même toxique.
Toxicité animaux : Dangereuse pour le chien, le chat, le cheval, le lapin et les oiseaux. Quelques feuilles suffisent à intoxiquer un petit animal : l’ingestion est une urgence vétérinaire.
Symptômes : Brûlure de la bouche, salivation abondante, vomissements et diarrhée, puis faiblesse, ralentissement du cœur et chute de tension ; troubles du rythme et convulsions dans les cas graves. Le contact cutané, lui, reste sans conséquence notable.
Précautions : Placer la plante hors de portée des enfants et des animaux, ramasser les fleurs tombées au sol et se laver les mains après une taille. Ne jamais employer ses rameaux comme pique ou bâton à mâcher, et tenir les herbivores domestiques à l’écart du pot quand il est dehors.
Associations de plantes
Bonnes associations : Hortensia, hosta et fougères de jardin, qui partagent sa mi-ombre, son sol acide et son eau non calcaire : l’été dehors, ils se posent au même endroit et s’arrosent au même arrosoir. Un camélia ou un pieris en pot voisin prolonge la floraison de l’hiver au printemps. Une couverture de mousse ou d’écorce fine sur le pot garde la motte fraîche.
Associations à éviter : Lavande, romarin et ciste, plantes de plein soleil et de sol sec et calcaire, dont les besoins sont l’exact contraire. En pleine terre, éviter les vivaces gourmandes à fortes racines, géraniums vivaces ou graminées, qui épuisent la couche superficielle dont elle dépend. Ne pas poser le pot au pied d’un mur neuf, dont le mortier relargue de la chaux dans les eaux de ruissellement.
Conseil : Récupérer l’eau de pluie et réserver un arrosoir aux seules plantes de terre de bruyère. Un seul été d’eau du robinet calcaire installe la chlorose, qu’il faut ensuite une saison entière pour effacer.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet acheté en fleurs et cultivé en pot dans de la terre de bruyère, gardé l’hiver dans une pièce claire et fraîche autour de 12 à 15 °C, puis sorti à mi-ombre au jardin ou sur un balcon abrité pendant la belle saison.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De novembre à mars : tous les 2 à 3 jours ; d’avril à mai : tous les 3 à 4 jours ; de juin à août : tous les 1 à 2 jours ; de septembre à octobre : tous les 4 à 5 jours | Maintenir la motte fraîche sans excès, l’azalée n’ayant aucune réserve : une seule journée de motte sèche en pleine floraison fait tomber fleurs et boutons d’un coup. |
| Inspection parasitaire | De juin à septembre : chaque semaine ; d’octobre à mai : toutes les 2 à 3 semaines | Retourner quelques feuilles à chaque passage : le tigre du rhododendron laisse un piquetage pâle dessus et des points noirs vernissés dessous, l’otiorhynque des encoches en demi-lune sur le bord du limbe. |
| Bassinage | De janvier à décembre | Immerger le pot jusqu’au collet et attendre la fin des bulles, puis égoutter longuement : une motte de terre de bruyère desséchée repousse l’eau et seul le bassinage la réhumecte. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider l’eau résiduelle : les racines fines et superficielles de l’azalée s’asphyxient vite, et le phytophthora s’installe dans une motte qui baigne. |
| Correction du pH | De mars à octobre | Corriger dès les premiers signes, car au-dessus de pH 6 l’azalée ne prélève plus le fer : la chlorose s’installe en une saison et finit par emporter la plante. |
| Taille après floraison | De début avril à mi-mai | Rééquilibrer la silhouette juste après la chute des dernières fleurs et supprimer les rameaux grêles : les boutons de l’hiver suivant se forment dès juillet et une taille tardive les emporte. |
| Engrais liquide | De mi-avril à mi-août | Nourrir pendant la seule période de pousse puis s’arrêter au début d’août, pour laisser le bois mûrir et les boutons se former : un apport tardif donne des pousses molles et aucune fleur. |
| Rempotage | De mi-avril à fin mai, tous les 2 ans | Rempoter après la floraison, un seul diamètre au-dessus, en griffant le pourtour de la motte très feutrée pour que les racines acceptent de quitter leur ancien volume. |
| Sortie au printemps | De mi-mai à mi-juin | Sortir la plante une fois les dernières gelées passées, au pied d’un mur au nord ou sous un arbre clair, le pot enterré ou calé à l’ombre : cet été dehors est ce qui lui fait refaire des boutons. |
| Rentrée à l'automne | De mi-septembre à fin octobre | Rentrer avant les premières gelées, après quelques nuits fraîches qui achèvent la formation des boutons : dans une pièce chaude et sèche, les boutons avortent et tombent sans s’ouvrir. |
| Fleurs fanées | De début décembre à mi-avril | Retirer les fleurs fanées au fur et à mesure pendant toute la floraison : la plante cesse alors de nourrir des capsules de graines et ouvre les boutons suivants. |