Arbuste · Éricacées
Azalée du Japon Rhododendron obtusum
Aussi appelé : Azalée japonaise, Azalée naine, Azalée persistante, Azalée de Kurume, Japanese azalea
L’azalée du Japon est un petit rhododendron à feuillage persistant venu du Japon, d’où sont issues les azalées naines dites de Kurume. Elle forme en une dizaine d’années un coussin de 60 cm à 1 m, plus large que haut, que la floraison d’avril à mai couvre entièrement de petites fleurs roses, rouges, saumon, mauves ou blanches. Elle exige une terre de bruyère sans la moindre trace de calcaire, de l’eau de pluie et l’ombre l’après-midi. Ses racines superficielles sèchent très vite en été, et le plein soleil brûle ses feuilles.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Éricacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -18 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 6, soit environ -18 °C pour les variétés courantes ; plusieurs cultivars à grandes fleurs s’arrêtent à -12 ou -15 °C. C’est le feuillage persistant qui grille au vent glacé bien avant que les racines ne gèlent.
Dimensions : 60 cm à 1 m en une dizaine d’années, rarement 1,50 m, pour un étalement toujours supérieur à la hauteur. En pot, elle dépasse rarement 50 cm.
Floraison : D’avril à mai, une floraison qui couvre entièrement le feuillage de petites fleurs en entonnoir, roses, rouges, saumon, mauves ou blanches selon les variétés, sans parfum. Toute la plante, fleurs et nectar compris, est toxique.
Substrat : Terre de bruyère, ou mélange d’écorce de pin compostée et de terreau de feuilles, sans la moindre trace de calcaire. pH 4,5 à 5,5 impérativement.
Exposition : Mi-ombre claire : le soleil du matin, l’ombre à partir du début d’après-midi. Le plein soleil d’été roule et brûle les feuilles persistantes.
Arrosage : À l’eau de pluie, tous les 2 à 4 jours de juin à août, tous les 5 à 7 jours au printemps. Les racines occupent les dix premiers centimètres du sol et sèchent donc très vite.
Durée de vie : Arbuste vivace à feuillage persistant, qui vit 30 à 50 ans en pleine terre. En pot, comptez une dizaine d’années si les rempotages suivent.
Multiplication : Bouturage de pousses semi-aoûtées en juin et juillet, à l’étouffée en terre de bruyère, ou marcottage au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Eau de pluie uniquement, tous les 2 à 4 jours de juin à août, tous les 5 à 7 jours au printemps et à l’automne, tous les 15 à 30 jours l’hiver hors gel. Arroser lentement au pied jusqu’à traverser toute la motte, plutôt qu’un peu chaque jour.
Fertilisation : Un unique apport d’engrais à libération lente pour plantes de terre de bruyère, en mars ou début avril. Plus rien après juillet, sous peine de pousses tendres détruites par le premier gel.
Rempotage : Tous les 3 ans en pot, juste après la floraison, dans un contenant à peine plus large. Démêler à la main la motte feutrée, qui finit par repousser l’eau au lieu de l’absorber.
Taille : Supprimer les fleurs fanées au fur et à mesure en mai, puis raccourcir les rameaux trop longs dans les 3 semaines qui suivent la floraison. Passé la mi-juillet, toute taille emporte les boutons de l’année suivante.
Exposition & substrat
Exposition : Mi-ombre lumineuse, avec 3 à 4 heures de soleil doux le matin. Sous le soleil de 14 h en juillet, le limbe se roule et brunit sur les bords en une seule journée.
Emplacement : Extérieur toute l’année, orientation est ou nord-est, à l’abri des vents froids et desséchants. Le pied d’un mur exposé à l’est ou la lisière d’un bosquet lui conviennent parfaitement.
Substrat : Terre de bruyère, écorce de pin compostée et terreau de feuilles, avec un tiers de sable grossier en pot. Une terre de jardin calcaire ne convient pas, même corrigée.
pH : 4,5 à 5,5. Au-dessus de 6, le fer devient inassimilable et la chlorose apparaît en quelques semaines.
Drainage : Sol frais en permanence mais jamais détrempé, les radicelles pourrissant vite en eau stagnante. En pot, couche drainante au fond et soucoupe vidée après chaque arrosage.
Multiplication
Bouturage : de juin à fin juillet, prélever des pousses semi-aoûtées de 5 à 8 cm, garder 3 ou 4 feuilles au sommet et piquer dans un mélange de terre de bruyère et de perlite à parts égales. Sous châssis ou sous sac transparent, à l’ombre et vers 20 °C, l’enracinement prend 6 à 8 semaines ; hiverner sous abri froid. La bouture semi-aoûtée reprend bien ; c’est aussi la façon de reproduire chaque variété. Porter des gants, toute la plante est toxique.
Les autres méthodes
Semis :
SemerUn amateur ne le sème guère : les azalées du Japon cultivées sont des hybrides que les graines ne reproduisent pas.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs simples nouent parfois grâce aux insectes, les doubles sont stériles. Les petites capsules brunissent en automne et libèrent des graines très fines. Ces graines d’hybrides donnent des plantes différentes de la mère : pour garder une variété, on passe par la bouture ou le marcottage.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : courber une branche basse, l’enterrer à 5 cm dans de la terre de bruyère après avoir entaillé l’écorce, la fixer d’un crochet et la sevrer un an plus tard.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La chlorose ferrique jaunit le limbe entre des nervures restées vertes, à corriger par un chélate de fer et le retour à l’eau de pluie. Le phytophthora fait flétrir une branche entière d’un coup en sol mal drainé, et ne se soigne pas une fois déclaré. La galle de l’azalée boursoufle feuilles et fleurs en excroissances charnues pâles, à couper et à évacuer.
Parasites fréquents : Le tigre du rhododendron pique le dessous des feuilles et laisse un feuillage gris piqueté de déjections noires luisantes ; doucher le dessous des feuilles en mai et juin, sur les jeunes larves, sinon recourir à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». L’otiorhynque découpe des encoches en demi-lune au bord des feuilles, mais le vrai dégât vient de ses larves qui rongent les racines en pot, à combattre par nématodes en septembre. Les araignées rouges plombent le feuillage lors des étés secs.
Prévention : Pailler et garder le sol frais règle la moitié des problèmes, une azalée en soif étant toujours attaquée la première. Arroser au pied et jamais sur le feuillage en fin de journée. Retourner quelques feuilles tous les 10 jours de mai à septembre coûte une minute et fait gagner une saison.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique dans toutes ses parties, feuilles, fleurs, nectar et graines, par les grayanotoxines communes à tous les rhododendrons. Quelques feuilles suffisent à provoquer des troubles sérieux chez un enfant.
Toxicité animaux : Dangereuse pour le chien, le chat, le cheval, les chèvres, les moutons et le bétail en général. Le miel récolté sur de grands massifs de rhododendrons peut lui aussi être toxique.
Symptômes : Salivation abondante, vomissements et douleurs abdominales, puis ralentissement du rythme cardiaque, chute de tension, faiblesse et troubles nerveux. La sève provoque parfois une irritation de la peau lors d’une taille prolongée.
Précautions : Ne jamais laisser les rameaux taillés à portée d’un herbivore et les ramasser aussitôt. En cas d’ingestion, même minime, appeler un médecin ou un vétérinaire sans attendre l’apparition des symptômes.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les fougères de sous-bois, dryoptéris ou polystic, partagent exactement son ombre fraîche et son sol acide, et masquent le pied qui se dégarnit avec l’âge. L’hosta occupe le même étage sans la concurrencer, ses racines descendant plus bas que les radicelles de surface de l’azalée. L’érable du Japon lui fournit l’ombre légère dont elle a besoin et prend le relais en octobre, ce qui étale l’intérêt du massif.
Associations à éviter : Lavandes, sauges et cistes veulent un sol sec, drainé et souvent calcaire : l’un des deux y passera. Les arbustes à racines traçantes et gourmandes, lilas ou forsythia, assèchent la couche de surface où l’azalée puise absolument tout. Une bordure de buis taillé impose des apports calcaires et un sol tassé qui lui sont contraires.
Conseil : Plantez le collet à ras du sol, jamais enterré, dans une cuvette de terre de bruyère large d’au moins 50 cm : pour un système racinaire qui reste en surface, c’est la largeur qui compte et non la profondeur.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet installé en pleine terre dans une poche de terre de bruyère ou en grand pot, à mi-ombre claire, abrité du soleil de l’après-midi et des vents froids desséchants.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à mai : tous les 5 à 7 jours ; de juin à août : tous les 2 à 4 jours ; de début septembre à mi-novembre : tous les 7 à 10 jours ; de mi-novembre à fin février : tous les 15 à 30 jours | Arroser à l’eau de pluie sans jamais laisser la motte sécher, les racines tenant dans les dix premiers centimètres du sol et ne pouvant pas chercher plus bas. En pot, contrôler du doigt tous les jours en juillet et août. |
| Inspection parasitaire | De mai à septembre : tous les 10 à 15 jours ; d’octobre à avril : tous les 1 à 2 mois | Retourner quelques feuilles en saison chaude : le tigre du rhododendron pique par en dessous et laisse un feuillage gris ponctué de déjections noires luisantes. Les morsures en demi-lune sur le pourtour signalent l’otiorhynque, dont les larves rongent les racines en pot. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe systématiquement, les racines fines de l’azalée asphyxiant en quelques jours dans une eau qui stagne. C’est la première cause de perte en pot, devant le froid. |
| Engrais à libération lente | De début mars à mi-avril | Un seul apport à libération lente au démarrage de la végétation, avant la floraison. Rien après juillet, les pousses tardives n’auraient pas le temps de durcir avant les gelées. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Renouveler le paillis acide au printemps pour garder les racines superficielles fraîches tout l’été et freiner l’évaporation. C’est ce qui évite un arrosage sur deux en juillet. |
| Correction du pH | D’avril à septembre | Corriger dès les premiers jaunissements par un chélate de fer et un surfaçage de terre de bruyère. Laissée en place, la chlorose fait décliner le sujet en deux saisons. |
| Fleurs fanées | De début mai à mi-juin | Retirer les fleurs fanées à la main dès qu’elles brunissent, pour éviter une fructification qui épuise un jeune sujet. Les bourgeons de l’année suivante démarrent juste en dessous. |
| Taille après floraison | En juin | Raccourcir les rameaux qui rompent la silhouette dans les 3 semaines qui suivent la chute des fleurs. Tailler plus tard supprimerait purement et simplement la floraison de l’an prochain. |
| Rempotage | En juin, tous les 3 ans | Rempoter tous les 3 ans après la floraison, la motte feutrée et très dense finissant par repousser l’eau au lieu de l’absorber. Garder le collet exactement au même niveau qu’avant. |
| Protection des racines | De mi-novembre à mi-mars | Emballer le pot ou l’adosser à un mur dès les premières gelées, une motte prise en glace ne fournissant plus d’eau à un feuillage persistant qui continue de transpirer. En pleine terre, le paillage suffit. |