Succulente · Crassulacées
Joubarbe toile d'araignée Sempervivum arachnoideum
Aussi appelé : Joubarbe aranéeuse, Joubarbe araignée, Cobweb houseleek
La joubarbe toile d’araignée est une petite succulente des montagnes d’Europe, des Pyrénées aux Alpes, dont les rosettes sont couvertes de fins poils blancs tissés comme une toile. Ses rosettes de 2 à 5 cm, les plus petites des joubarbes courantes, forment un tapis dense de 20 à 30 cm, d’où s’élèvent en juillet et août des fleurs rose vif. Elle demande surtout du plein soleil, un substrat minéral très pauvre et presque aucun arrosage. Rustique jusqu’à -25 °C, elle ne craint que l’humidité de l’hiver et convient aux rocailles, aux murets et aux auges.
- Type
- Succulente
- Famille
- Crassulacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De juillet à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5, jusqu’à -25 °C, à condition d’un hivernage au sec.
Dimensions : Rosette de 2 à 5 cm seulement, la plus petite des joubarbes courantes, formant un tapis dense de 20 à 30 cm.
Floraison : En juillet et août, des fleurs étoilées rose vif à rouge carmin sur une courte hampe ; la rosette qui a fleuri meurt ensuite, remplacée par ses rejets.
Substrat : Minéral et très pauvre, gravier, sable grossier et un peu de terre franche, pH 6,5 à 7,5.
Exposition : Plein soleil, qui densifie la toile blanche caractéristique de l’espèce.
Arrosage : Presque nul. Un arrosage mensuel en pot l’été, aucun en pleine terre.
Durée de vie : Vivace monocarpique par rosette : chaque rosette meurt après avoir fleuri, mais la colonie est indéfinie grâce aux rejets.
Multiplication : Rosettes filles détachées au bout de leurs stolons d’avril à début juin et replantées aussitôt, à peine posées sur un substrat sableux.
Arrosage & entretien
Arrosage : Arrosez au pied et jamais sur les rosettes : l’eau retenue par la toile la fait pourrir. Rien du tout de l’automne au printemps.
Fertilisation : Aucune. Cette espèce de haute montagne se dégrade dans un sol enrichi, ses rosettes gonflant et perdant leur toile.
Rempotage : Tous les 3 ou 4 ans au printemps, dans un contenant large et peu profond. Les rejets nombreux garnissent vite la surface disponible.
Taille : Aucune. Ôtez la rosette mère desséchée après sa floraison estivale, les rejets refermant le trou en une saison.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures minimum. La toile s’épaissit avec la lumière et se raréfie à l’ombre, où les rosettes s’étirent.
Emplacement : Extérieur en permanence, en rocaille, fissure de muret ou auge de pierre. Une pente ou une position surélevée valent mieux qu’un sol plat.
Substrat : Deux tiers de matériaux minéraux, gravier ou pouzzolane, pour un tiers de terre. Un mélange trop terreux la fait disparaître en un hiver.
pH : De 6,5 à 7,5, le calcaire ne la gêne pas.
Drainage : Le point décisif. L’eau doit traverser immédiatement, et la toile ne doit jamais rester humide plus de quelques heures.
Multiplication
Séparation des rejets : d’avril à début juin, dehors, détacher les rosettes filles au bout de leurs stolons fins et les replanter aussitôt, à peine posées sur un substrat sableux. Les manipuler par la base pour ne pas arracher la toile, qui ne se reforme que sur les nouvelles feuilles. Détacher les rosettes filles au printemps, d’avril à début juin, est la méthode la plus simple et réussit presque toujours.
Les autres méthodes
Bouturage : la joubarbe ne se bouture pas au sens strict : ce sont ses rosettes filles, enracinées ou non, qui la multiplient.
Semis :
Semerpossible au printemps, sous abri, graines très fines laissées en surface à la lumière, levée en 2 à 3 semaines à 18 °C, mais rarement pratiqué. Les joubarbes se croisent facilement, et les plants ne reproduisent pas toujours l’espèce.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les fleurs d’une rosette se fécondent entre elles, grâce aux insectes. Seule une rosette qui fleurit donne des graines, puis meurt ; ses fleurs forment en septembre de petits fruits secs qui brunissent, à couper avec la hampe au-dessus d’un papier. Les graines, très fines, se gardent 2 ans au sec et au frais. Si d’autres joubarbes fleurissent à côté, les plants seront souvent hybrides : les graines du commerce sont plus sûres pour l’espèce pure.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture grise s’installe dans la toile quand elle reste mouillée, avec un feutrage brunâtre puis l’effondrement de la rosette. Retirez les rosettes atteintes sans attendre et abritez la potée de la pluie battante. Aucun traitement curatif ne rattrape une rosette déjà molle.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses se cachent sous la toile, où on les confond aisément avec elle : un amas plus dense et jaunâtre les trahit. Traitez au coton imbibé d’alcool à 70°. Les limaces s’attaquent aux rejets au printemps.
Prévention : Une couverture transparente en hiver, un substrat minéral et un arrosage strictement au pied suffisent à écarter presque tout.
Toxicité
Toxicité humaine : Non toxique, comme l’ensemble du genre Sempervivum.
Toxicité animaux : Sans danger connu pour les chiens, les chats et les petits mammifères domestiques.
Symptômes : Aucun décrit. Une ingestion importante pourrait au plus causer un inconfort digestif passager.
Précautions : Aucune particulière.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les autres joubarbes, les sédums rampants et les saxifrages de rocaille partagent son besoin de sécheresse et jouent des contrastes de texture avec sa toile. Le thym serpolet fleurit au moment où elle reste discrète. Toutes acceptent le même substrat minéral, ce qui rend la potée durable.
Associations à éviter : Tout ce qui réclame de l’eau, hostas, heuchères ou fougères, condamne la toile à pourrir. Évitez aussi les couvre-sols traçants, sedum acre compris, qui recouvrent en un été des rosettes de 3 cm.
Conseil : Réservez-lui le devant de la scène, en bord d’auge ou en fissure verticale, où l’on peut voir la toile de près. C’est un détail, il se perd dans une composition dense.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en extérieur toute l'année, en rocaille, muret, auge ou coupe peu profonde, en plein soleil et substrat très drainant et pauvre. Plante alpine rustique bien en dessous de -20 °C, qui ne se rentre jamais.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 15 à 25 jours | En pleine terre, la plante se contente des pluies et ne demande aucun arrosage. En auge ou en coupe, mouiller une seule fois copieusement quand les feuilles extérieures se plissent, en préservant la toile blanche qui couvre le cœur. |
| Gourmands et rejets | D’avril à septembre : toutes les 3 à 5 semaines | Les coussins très denses de cette plante se laissent vite envahir par les mousses et les jeunes semis spontanés. Extraire les indésirables un à un plutôt que de gratter, pour ne pas déchirer les toiles. |
| Inspection parasitaire | De début mai à mi-septembre : toutes les 3 à 5 semaines | Les amas blancs des cochenilles farineuses se cachent au collet et à la base des rosettes, qui jaunissent puis ramollissent sans cause apparente. Soulever une rosette suspecte pour vérifier ses racines, plutôt que de juger sur le duvet du cœur. |
| Division de touffe | De début avril à mi-juin, tous les 2 ans | Détacher les rosettes filles au bout de leurs stolons fins et les replanter aussitôt, à peine posées sur un substrat sableux. Les manipuler par la base pour ne pas arracher la toile, qui ne se reforme que sur les nouvelles feuilles. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 4 ans | Renouveler le substrat des potées quand il se tasse et se couvre de mousse, dans un contenant large et peu profond. Terminer par un paillage de gravillons, qui garde le collet au sec et met en valeur les coussins. |
| Fleurs fanées | De mi-juillet à fin septembre | Toute rosette qui fleurit meurt ensuite, en laissant un creux au milieu du coussin. Retirer la hampe et la rosette épuisée, puis rapprocher les jeunes rejets voisins pour combler le vide. |
| Mise à l'abri de la pluie | De mi-octobre à mi-mars | Le gel ne fait rien à cette plante, mais le duvet cotonneux du cœur retient l'eau et fait pourrir les rosettes en hiver humide. Un auvent ou un simple châssis ouvert suffit, sans jamais rentrer la plante au chaud. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à fin décembre | Une feuille morte collée sur un coussin le fait pourrir en quelques semaines d'hiver, d'autant que le duvet garde l'humidité. Dégager patiemment les rosettes une à une, sans arracher les toiles. |