Aromatique · Lamiacées
Serpolet Thymus serpyllum
Aussi appelé : Thym serpolet, Thym sauvage, Thym rampant, Wild thyme
Le serpolet est un thym sauvage d’Europe qui rampe en un tapis ras de 5 à 10 cm de haut et s’étale de 40 à 60 cm en 3 ans. De juin à août, ses fleurs rose pourpré le couvrent presque entièrement et attirent les abeilles, et il embaume quand on le foule. Il veut le plein soleil et une terre pauvre, sableuse et drainante, même siliceuse et un peu acide. Très rustique, vers -30 °C, il ne craint que l’humidité stagnante de l’hiver, et se dégarnit à l’ombre.
- Type
- Aromatique
- Famille
- Lamiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De juin à août
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : très rustique, zone USDA 4 dans la plupart des références, soit environ -30 °C. Ce n’est jamais le froid qui le fait disparaître sous nos climats, mais l’humidité stagnante de l’hiver.
Dimensions : un tapis ras de 5 à 10 cm de haut seulement, qui s’étale de 40 à 60 cm en 3 ans. Les hampes fleuries montent à 10 ou 15 cm en juin.
Floraison : De juin à août, un tapis de petites fleurs rose pourpré, parfois blanches ou carmin selon les formes, qui cache presque entièrement le feuillage. Le parfum aromatique est net quand on le foule, et la plante est l’une des plus mellifères du jardin sec.
Substrat : pauvre, sableux, caillouteux et drainant, pH 6 à 7,5. Contrairement au thym commun, franchement calcicole, le serpolet pousse d’abord sur les sables siliceux et supporte mieux une pointe d’acidité.
Exposition : plein soleil, 6 heures au minimum. À l’ombre, le tapis se dégarnit, s’allonge et perd son parfum.
Arrosage : très faible. En pleine terre, plus rien après la première année ; en pot, tous les 8 à 12 jours l’été en laissant sécher complètement entre deux.
Durée de vie : vivace, sous-arbrisseau, 4 à 6 ans avant que le centre se dégarnisse et se lignifie. On ne le rajeunit pas en taillant, on le renouvelle par marcottage.
Multiplication : Division des éclats enracinés du pourtour de la mi-mars à fin avril, ou marcottage des tiges couchées d’avril à fin mai.
Arrosage & entretien
Arrosage : la première année, tous les 10 à 12 jours de mai à septembre, le temps que les racines descendent ; ensuite plus rien en pleine terre. En pot, arroser quand le substrat est sec sur 3 cm et jamais sur un rythme fixe.
Fertilisation : aucune, et ce n’est pas une négligence. Un sol enrichi donne un tapis mou, peu parfumé et moins résistant au froid : le parfum vient de la pauvreté du sol.
Rempotage : tous les 3 ans au printemps, en terrine large et peu profonde, deux tiers de terreau pour un tiers de sable grossier, sur un lit de graviers. Profiter du rempotage pour prélever des éclats enracinés en périphérie.
Taille : rabattre d’un tiers juste après la floraison, en août, ce qui redonne un tapis dense avant l’hiver. Ne jamais tailler dans le bois nu, il ne repart pas.
Exposition & substrat
Exposition : plein soleil, 6 heures minimum, y compris en plein été. Il supporte sans broncher la réverbération d’un mur ou d’une dalle chaude.
Emplacement : dehors toute l’année, en rocaille, en bordure, en joint de dallage ou sur une terrasse au sud. Il n’a aucune place en intérieur, où il s’étiole en quelques semaines.
Substrat : mélange maigre et minéral, terre de jardin additionnée de sable grossier et de gravillons, sans compost. Un terreau riche et retenant l’eau est le plus sûr moyen de le perdre.
pH : 6 à 7,5, du légèrement acide au légèrement calcaire. Il s’accommode très bien du calcaire mais, à la différence du thym commun, il n’en a pas besoin.
Drainage : c’est le point critique de toute sa culture. Sur sol lourd, le planter sur une petite butte de 10 cm ou sur un lit de gravier, sans quoi le collet pourrit pendant l’hiver.
Multiplication
Division : de touffe, de la mi-mars à fin avril : prélever à la bêche des éclats déjà enracinés sur le pourtour et les replanter en sol sableux. La reprise est quasi totale et rajeunit le tapis.
Les autres méthodes
Bouturage : en mai et juin, prélever des pousses de 5 cm non fleuries et les piquer dans du sable humide, dehors à l’ombre ou sous châssis ; elles s’enracinent en 3 à 5 semaines.
Semis :
Semeren mars et avril, sous abri, graines très fines laissées en surface à la lumière, à 15 à 20 °C ; elles lèvent en 2 à 3 semaines. Elles reproduisent l’espèce, mais pas les formes à fleurs blanches ou carmin, qui se divisent.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : s’il porte des fleurs complètes ; un pied seulement femelle demande un voisin. Couper en août et septembre les tiges défleuries dont les calices ont séché, puis les secouer dans un sachet pour recueillir les graines, minuscules. Les abeilles fécondent les fleurs. Au sec et au frais, elles restent bonnes 2 à 3 ans.
Division et autres méthodes : Marcottage simple, d’avril à fin mai : poser une poignée de sable grossier sur une tige qui touche le sol, puis détacher le plant enraciné en septembre.
Maladies & parasites
Maladies courantes : la pourriture du collet et des racines (Rhizoctonia, Phytophthora) en sol humide est la seule maladie qui le tue vraiment, et elle ne se traite pas une fois installée. L’oïdium pose un voile blanc sur le feuillage en situation confinée et mal ventilée. La réponse aux deux est le drainage et l’air, pas un produit.
Parasites fréquents : l’araignée rouge grise le feuillage et tend de fines toiles par temps chaud et abrité. Les cicadelles piquent les jeunes pousses, et quelques cochenilles apparaissent parfois en pot. Aucun de ces trois ne met la plante en danger.
Prévention : espacer les plants pour que l’air circule et rabattre après floraison pour aérer le cœur de la touffe. Pailler au gravier et non à la matière organique, qui entretient l’humidité contre le collet. Éviter l’arrosage régulier par aspersion, qui mouille le feuillage sans profiter aux racines.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune. C’est une plante condimentaire et médicinale, consommée en feuilles fraîches ou séchées et en infusion, sans danger connu.
Toxicité animaux : la plante n’est pas toxique pour le chien ni pour le chat, et le thym figure parmi les plantes non toxiques de la liste de l’ASPCA. L’huile essentielle est une autre affaire : riche en phénols comme le thymol, elle est mal métabolisée par le chat et ne doit jamais lui être appliquée ni diffusée à proximité.
Symptômes : rien à l’ingestion de feuilles, sinon un trouble digestif passager si un animal en broute une grande quantité. Aucun effet au contact de la plante ; l’huile essentielle pure, elle, est irritante pour la peau et les muqueuses.
Précautions : plante sûre à laisser à portée d’un enfant ou d’un animal, y compris dans une rocaille de jardin fréquentée. Garder en revanche le flacon d’huile essentielle hors de portée, et ne pas en diffuser dans une pièce où vit un chat.
Associations de plantes
Bonnes associations : lavande, santoline et sauge officinale, qui réclament exactement le même sol maigre et drainé et le même plein soleil. Sedum et œillet de rocaille, qui restent bas et ne lui font pas d’ombre. Au potager, une bordure de serpolet près des choux, dont l’odeur désoriente la piéride.
Associations à éviter : la menthe, qui court sous terre et l’étouffe en une saison tout en exigeant un sol humide. Basilic, persil et cresson, qui imposent des arrosages fréquents mortels pour lui. Les couvre-sols vigoureux comme le lierre ou la pervenche, qui le recouvrent sans qu’il puisse réagir.
Conseil : le planter en haut d’une pente, sur un muret ou au bord d’une dalle plutôt qu’en creux de massif. C’est le seul endroit où l’eau de novembre ne s’arrête pas sur son collet.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Tapis installé en pleine terre, en rocaille, en bordure ou en joint de dallage, plein soleil et sol maigre drainant ; les fréquences d’arrosage valent pour la première année ou pour une terrine.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-juin : tous les 12 à 15 jours ; de mi-juin à fin août : tous les 8 à 12 jours ; en septembre : tous les 15 à 20 jours | Arroser copieusement puis laisser le substrat sécher complètement avant de recommencer. Un serpolet installé depuis 2 ans en pleine terre ne s’arrose plus du tout, même en canicule. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe immédiatement, en toute saison : une demi-heure les pieds dans l’eau ne gêne pas le serpolet, 3 jours suffisent à faire pourrir son collet. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Remettre 2 cm de gravier autour du collet au printemps : il garde la base au sec, renvoie la chaleur et évite que la pluie n’éclabousse de terre les feuilles du dessous. Un paillis organique ferait exactement le contraire et le ferait pourrir. |
| Division de touffe | De mi-mars à fin avril, tous les 4 ans | Quand le centre du tapis se dégarnit et se lignifie, prélever des éclats déjà enracinés sur le pourtour et les replanter ailleurs. C’est la seule façon de rajeunir la touffe, le bois nu du milieu ne refleurissant pas. |
| Marcottage | D’avril à mai | Le serpolet se marcotte seul dès qu’une tige touche un sol meuble : l’aider d’une poignée de sable grossier donne un plant enraciné en 6 semaines, à détacher en septembre. |
| Floraison | De début juin à mi-août | Laisser la floraison aller jusqu’au bout avant de tailler : c’est l’une des meilleures plantes à abeilles du jardin sec, et une touffe en fleur bourdonne du matin au soir. |
| Inspection parasitaire | De juin à août | Regarder le dessous des feuilles pendant les fortes chaleurs : un feuillage qui grisaille et de fines toiles signent l’araignée rouge, le seul parasite un peu régulier de cette plante. Une pulvérisation d’eau le matin, 3 jours de suite, la fait reculer. |
| Taille après floraison | De début août à mi-septembre | Rabattre dès les dernières fleurs fanées : la touffe a le temps de refaire un tapis dense avant l’hiver. Taillée plus tard, elle entre dans le froid à nu, et une coupe dans le vieux bois ne repart jamais. |
| Mise à l'abri de la pluie | De mi-octobre à mi-mars | Mettre les potées à l’abri de la pluie et non du froid : le serpolet encaisse -30 °C mais pas un substrat détrempé 3 mois d’affilée. |